‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 233 sur 310 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

nouvelle passion occupait sa vie, et l'absorbait presque complètement (i).

C'est à la fin de 1 8 1 1 que Chateaubriand s'était épris de la duchesse de Duras et avait commencé avec elle une intimité qui dura plusieurs années (2) .

Elle était la fille du comte de Kersaint, qui avait été un de nos plus vaillants marins. Député à la Convention, il avait voté contre la mort {du Roi et donné bruyamment sa démission. Aussi monta-t-il sur l'échafaud le 5 décembre 1793.

Pendant la Révolution et les premières années de l'Empire, Mme de Duras vécut retirée dans son château d'Ussé, se consacrant uniquement à l'éducation de ses deux filles. En 181 i, estimant qu'elle ne pouvait compléter leur éducation d'une façon convenable d?.'ii ce manoir éloigné, elle prit le parti de rentrer à Paris.

Peu après son retour, elle rencontra Chateaubriand chez M. de Las Cases, et tous deux s'éprirent l'un pour l'autre d'un grand attachement ; elle lui ouvrit son salon, où il trôna sans partage, et elle usa en sa faveur de toute l'influence politique qu'elle possédait.

Désormais René ne quitte plus Mme de Duras, jusqu'au jour où elle sera à son tour abandonnée et remplacée par Mme Récamier.

(i) A la fin de 1809, Chateaubriand avait loué un appartement rue Saint-Honoré, au coin de la rue Saint-Florentin, dans la même maison qu'habitait M. de Las-Cases.

(2) Claire de Coetnemnren Le Chat de Kersaint (i 777-1829).

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