‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 39 sur 310 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« Me voici à Plombières, j'y suis arrivée sans encombre seule avec Elzéar, et n'ai rencontré dans toute ma route qu'un âne avec la cocarde nationale, qui avait l'air tout fier de cette nouvelle parure! »

Elle retrouve à Plombières la vieille comtesse de Marsan. Comme le malheur rapproche et qu' a on éprouve un inexprimable plaisir à causer avec des gens qui pensent comme nous » , les deux dames ne se quittent guère et gémissent de compagnie sur les malheurs des temps; elles deviennent bientôt fort intimes.

C'est pendant leur séjour, le 14 juillet, qu'a eu Heu au Champ de Mars la fameuse fête de la Fédération qui, un instant, a paru ramener la concorde et réconcilier tous les Français.

Enfin, au mois de septembre, Mme de Sabran, malgré ses craintes, cède aux instances du chevalier et aux supplications de sa fille, qui est rentrée à Paris avec son mari et ses enfants, elle se décide à regagner la capitale.

Elle y mène pendant quelques mois une existence remplie de trouble et d'inquiétude, que seuls peuvent apaiser la tendresse de sa fille et les caresses de ses petits-enfants (i).

(i) Toutes les lettres citées dans ce chapitre et dans les suivants, sans indication particulière, sont inédites et font partie de la collection d'autographes du comte de Croze-Lemercier.

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