‹ Démétrius: tragédie en cinq actesChapitre 3 sur 56 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

STRATONICE , ANTIOCHUS , gardes au fokd.

STRATONIGE, en entrant , désignant les gardes.

Ouis-jE libre en ces lieux? Suis-je captive encor?

( jlntiochus fait signe aux gardes de se retirer ; ils sortent. )

Vais-je dans ce palais retrouver Nicanor ?

Jl souffre loin de moi Texil et la misère.

Pourquoi nous séparer ? Seigneur ! il est mon père.

ANTIOCHUS

n vous sera rendu.

STRATONIGE,

Pourquoi me taire aussi Jusqu^au nom du mortel qui me conduit ici ? i

ANTIOCHUS

Je suis Antiocbus.

STRATONICE

Vous , le fils de la reine ?

Je doute si je veille , et je vous crois à peine

2 pl^fi^X^^XîjS. .. /, ,

L'impft6ya|>lé auteur des mtfux qitè j'ai «6u(fèfl9 Voîis à clonné le jour , et vous l)r]sez mes fers ! De votre aine proscrit la marâtre cruelle Au milieu de sa côûr pàl" \t>s èoihs ihè irappelle ! Pourrai-je y contempler sans torreur , sans efiroî Son tr6ne encore fumant du pur sang de mon roi ?

ANTIOCHUS

Madame !

BTRAT9P»1€E.

' O IraTiisoh ! ô crnne épouvantable !

J'^ai vu dans ce ^palais cette .reine coupable , Egalement fatale à votre frère , à vous , Dépouiller dé sfe^drohs le fils de son épéHt ; J'ai vu , pour désoler ce malheureux rivage , Des bàïbartîs, toi Vîs du nietri'tre, du ravage, Accourir à sa voix , et , de sang tout couverts , Dévaster nos cités et peupler nos déserts !

A]MTI0.GHU6.

Etonné â*un discours qùî m^àfflîge et in 'offensé ; D'une mère accusée embrassant la défense , J'ose 5 fier d'écarter vos soupçons odieux , Hautement démentir un bruit injurieux.

Rappelez-vous ces tem]p^ ^l *ié 'téiAnble et de haines , Où , faible , de l'état abandonnant les flèboa i De ses lâches Qatteurs t&Dti ffère ^avirouné , Par un traître inconnu périt empoisonné.

Il respirait encor^ mais son front vénérable Présentait du trépas l'image déplorable.

Ses yeux étaient mourtfiis et ée tournaient vers moi. Muet , je déplorais le destin de mon roj* Le ciel , s'il avait lu dans mon âme attendrie , Aux dépens de mes jours eût prolongé sa vie ! . . . Près de lui resté selil , je reçus efa ces lieux De mon père expirant les éternels adieux.

ACl*^ i, SCÈNE I. 3

La reine en son palais , éffaràvs\y éplorée , De ses gardes en deuil m'attendait: entourée. Je parais : sur son front une morne pâleur D'une épouse innocente attestait k douleur.

Je me jette à ses pieds devant Héliodore.

Elle me tend la main. Je crpis la voir encore Au trône f avec bonté , près d'elle me placer ; Me parer du bandeau, dans ses bras me presser ^ En frémissant pour moi dissiper mes alarmes ; Me baigner de 9çs pleurs en essayant mes larmes !>.. Connaissez donc la reine avant de la juger.

« Votre père .n'pst plufi; vivez pour le v,enger ^ » Me dît-elle. Vivez pour punir un impie ^ » Qui d'un roi que j'aimais vient de trancher la vie. » Déguisant sa fureur , et dans Tombre c^ché , » Ce traître à notre perte est sans cesse attaché. » Prévenons-le ! » i

STRATONICE

Quel est ce traître ?

ANTIOCHUS

Votre père.

STRATONICE

Nicanor ?

ANTIOCHUS

Pour réj^ner , il immola ?pn frère, . '

STftATOlflOE.

Et vous ayez pu croire ^ cet e^cè^ d'horreur? Vous !*.. fils de Séleucus , abjurez votre erreur. Quand de ce noir complot il dut être victime , Mon. père est par vous-même acc1;^sé d'un tel crime ! Kicanpr immoler et son frère et son roi î Vingt ans , dans les combats , il lui prouva sa foi. Affreuse calomnie! exécfaÛe tnystère!

4 !>ÉMÉTRIUS.

ANTIOCHUS

Quel est donc l^assassin ?

STRATOIVIGE.

Laodice !

ATÎTIOCHUS. ' •

Ma mère?

5TRATONICE.

Démétxius par elle à Rome est dans les fers \ Par elle Nicauor gémit dans nos déserts ; D^un père j d'un épouic, sa fureur me sépare.

AWTIOCHUS.

iNicanor est ici ^ la douleur vous égare.

STRATONICE

Mon père?... et mon époux , mon roi^ Démétrïus ?

ANTIOCHUS

En otage dans Rome , il n^en sortira plus.

STRATONICE

Il n^en sortira plus ? Cependant auprès d^elle , Après quinze ans d'exil , la reine me rappelle ? Ne puis-je , quand son fils a pressé mon retour , Apprendre quel motif me ramène à sa cour ? '

ANTIOCHUS

Avant d'être en ces lieux , 6ù j'ai dû voi& conduire , De son projet fatal je n'ai pu vous instruire. Elle veut qu'en ce jour , oûèKant voire époux , Vous ftccepties le nœud qui doit m'ûnir à vous.

STRATÔNICE.

Seigneur ! vous céderez aux lois de votre mère ?

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