ACTE I, SCÈNE I
ANTIOCHUS
Moi ? Je respecterai Tépouse de mon frère»
J'aî dû , secrètement jusqu^à vous parvenu ,
Terminer votre exif et rester inconnu.
La reine Fordonnait. Mais , en brisant vos chaînes ,
Étranger à Tamour, }e n'ai vu que vos peines.
J*espérais que les dieux , touchés de vos malheurs ,
Emprunteraient ma main pour essuyer vos pleurs :
Et que par ma prière une reine attendrie
Vous rendrait un époux , un père , une patrie.
Oui : quel que soit Tattrait que j^éprouve à vous voir.
Vous ai mer. est un crime , et vous plaindre un devoir»
De Torgueil des-Romains victime infortunée ,
Mon frère à votre sort unît sa destinée ;
Au temple, dé nos Dieux il vous jura sa (bi ;
H reçut vos sermens : ils sont sacrés pour mœ»
STRATONIGE;
Que de votre équité cette preuve m^est chère t Le ciel à vos. vertus devait uneautre mèreL.. Connaissez-moi , seigneur ! dès Venfance , à l'autet , Unie à .vofere aine par un nœud solennel ^ Près de lui je dus vivre ; et , de lui séparée , Je lui garde à jamais la foi que ^'ai jurée.
A mes premiers sermens Nicanor applaudit \ Le roi me lés dicta , le ciel les entendit.
Démétrius j soumis à cet usage antique.
Consacré par nos mœurs et par ta politique , Jeune encor comme moi, serra ce doux lieur Douze ans marquaient alors et son âge et le mien.. Au temple à mon époux f étais unie k peine , Quand Tordre du sénat , ou plutôt de la reine , Le poursuit, nous sépare aux yëùx'des immortels , Et le bannit k Rome en quittant leurs autels l
Il partit... Je Faimais, hélas! avec tendresse. Des transports amoureux ce n^était point Tivresse; C'était le devoir seul ; et , même dans ce jour , Je pleure mon époux , et j'ignore Famour.
Loin de lui si long-temps aux fers abandonnée, A l'opprobre , à la mort j'ai langui condanmée. Alors j'étais du moins heureuse en mes douleurs ; Je goûtais le plaisir de lui donner des pleurs. Depuis quinze ans , Texîl m'a ravi l'espérance De voir Démétrius , guidé par la vengeance , Abusant Laodice et trompant les Romains , Par miracle échappé de leurs barbares mains , Pour remonter au trône où son peuple l'appelle , Reparaître , attaquer une reine cruelle 5 Et , purgeant ses états de ce monstre odieux , Yenger , en l'immolant , moi , son père et les dieux.
ÀNTIOCHUS.
Madame ! con^uïandez à votre injuste haine.
Daignez , en ma présence , épargner votre reine. Quels njoms injurieux ose^-vous lui donner Z - Quand sa bonté pom' v0ua> bime à vous pardonner , Quand par elle aujourd'hui votre bonlieur coipnience > Oubliez ses rigueurs ^ songez è^ sa clémeœe.
STRATONICE
A sa clémence , prince ? Ardent à se venger ^
Son cœur à la vertu fut tptijours étranger.
Au trône encor sanglant seule elle osa prétep4'^^*
Pour y placer son fils, daigoe-t-elle en descendre?
Sa main , en vous offrant le sceptre d'un 4poux ^ '
Vous a-t-ellp attesté sa tendresse pour vojgiss ?
De la soif de régner qui toujours la dévore , ,
Ah! prince, craignez tout ^ crai|;ae;^ HcUç^o^re* . . .
ACTE I, ÇQJ^NE IL Favori dé la reine et seul pris d'elle admis , Il immola le père -, il veut peindre les fils. Oui , de son attentat j'aî \» preuve certaine. HéUodop^ , iei , par Tordra de la reine , A versé le poison dans le sein paternel....
(Arn|i^hus va pour parler. )
En la justifiant vous .feriez criminel.'
Je dirai plus : la JX^vfx qui YQUs priva d'un père ,
A sans doute dans Home immolé votre frère.
ANTIOCHUS
Démétrius?... Sojrtç^K dm trouble pu jis vous vçj ! Les dieux veiUçnt encore sui* lies joprs de mou roi. Il respire ! ah ! calmez vos injustes ala|*mes. Bannissez vos soupçoqa , et r^X^nez vps Urvneis , Stratonice ... en ces lieux la reine va venir. D'un frère qui m'est cher je veux Feniretenir. .
STRA.TOPf;G^.
S'il est vrai qu'il respire , ô justice éternelle ! Entends , entends les vœux du peuple qui l'appelle ! Exauce ma prière 1 écoute enfin ma voix !
Du glaive des Romains» sauve le fils des rois , O ciel ! et , pour punir sa marâtre jalouse , Rends à Démétrius son trône et son épouse !
( Elle sort & droite ; les gardes entrent par le fond. )