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DÉLIRES

Il est difficile, et d’ailleurs inutile, de définir le délire : tout le monde s’entend sur ce mot.

J'ai déjà parlé de l’idée obsédante, de l’idée fixe, qui est souvent une idée délirante. Le degré inférieur du délire est l’interprétation délirante. Le degré supérieur est le délire spontané.

On à proposé un grand nombre de classification des idées délirantes.

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SEGLAS propose les neuf groupes suivants : 1. idées d'humilité et de culpabilité (autoaccusation) et idées de ruine; 2. idées de persécution, 3. idées de défense (qui se rattachent aux précédentes); 4. idées de grandeur; 5. idées hypocondriaques ; 6. idées de négation; 7. idées d’énormité (que Coran» rattache plutôt au délire triste et aux idées hypocondriaques); 8. idées religieuses; 9. idées érotiques.

Roues pe Fursac réunit les n° 1, 5 et 6 sous le titre général d'idées mélancoliques; on peut y joindre le n° 7.

Réais adopte les six groupes suivants : 1. idées de satisfaction, de grandeur, de richesse, d'invention ; 2! idées d’humilité, de désespoir, d'incapacité, de ruine, d’indignité, d’autoaccusation ; 93. idées hypocondriaques, de négation, de transformation corporelle, d’énormité; 4. idées de persécution, de jalousie, de défense; 5. idées religieuses ou mystiques; 6. idées érotiques.

Ces diverses formes d'idée délirante peuvent se rencontrer chez les demifous, avec ce caractère constant ou de n'être pas très profondes ou surtout d’être limitées.

Et ici se pose la question, grave pour notre sujet, des délires partiels.

Les délires partiels ou systématisés (paranoïa, Verrückheit) «se manifestent primilivement par une déviation des fonctions intellectuelles, déviation, qui, par elle-même, ne comporte pas un véritable affaiblissement de l’intelligence et qui laisse intactes, au moins en apparence, les facultés logiques et de raisonnement. Le délire se présente comme un système limité à une série d'idées particulières, les opérations intellectuelles et l'intelligence dans son ensemble paraissant normales; c’est par là que le délire partiel s'oppose au délire généralisé (manie, mélancolie), qui attire tout d’abord l'attention par la perturbation générale de toutes les fonctions mentales ».

Cette conception actuelle du délire partiel diffère de l’ancienne (du temps d’EsquiroL) au point que, dans la science contemporaine, « ce caractère de trouble partiel n’est que

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relatif, il doit s'entendre de l'extension du délire et non de l'étendue de la lésion intellectuelle; le délire ne se manifeste qu'à propos de certaines séries d'idées, mais l’esprit est faussé dans son ensemble, il est incapable d'apprécier exactement et de rectifier les éléments faux qui l’envahissent! ».

Malgré tout, on comprend que cette forme de délire se rencontre chez les demifous, au moins dans certains cas et dans les premières périodes de leur maladie.

Je dirai enfin un mot du délire de rêve ou délire onirique de Réars, qui est aussi une forme fréquemment observée dans la demifolie.

Ce délire « naît et évolue dans le sommeil ; il est constitué par des associations fortuites d'idées, par des reviviscences hallucinatoires d'images et de souvenirs antérieurs, par des scènes de la vie familiale ou professionnelle, par des visions le plus souvent pénibles, par des combinaisons d'événements étranges, impossibles, éminemment mobiles et changeants, ou doués, au contraire, d'une certaine fixité, qui s'imposent plus ou moins complètement à la conviction. Au degré le plus faible, ce délire est exclusivement nocturne et momentané; il cesse au réveil et ne reparaît que le soir, soit dès le crépuscule, soit seulement plus tard, avec le vague assoupissement. À un degré plus marqué, il cesse encore au réveil, mais incomplètement et se reproduit dans la journée dès que le malade a les yeux fermés et somnole. Enfin, à son degré le plus élevé, le délire ne cesse pas au matin et il se continue le jour, tel quel, comme un véritable réve prolongé ». Ces malades « gardent souvent implantée dans leur esprit, plus ou moins longtemps après la guérison, quelque idée fausse isolée, obsédante, tenace, reliquat d’une des conceptions principales de leur rève hallucinatoire, sorte de monoïdéisme, d’idée fixe postonirique, identique au monoïdéisme, à l’idée fixe posthypnotique ».

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