‹ Demifous et demiresponsablesChapitre 50 sur 119 · Hystérie · texte numérisé non relu

Hystérie

Il y a une folie hystérique, qui est une complication et dont je n’ai pas à m'occuper ici.

Mais chez la plupart des hystériques non fous, il y a des stigmates psychiques qui en font souvent des demifous.

Dans ces cas, l’hystérie est bien toujours une maladie psychique (CHARCOT) ; mais ce n'est pas une maladie mentale. C'est seulement une maladie polygonale, une maladie du psy-

chisme inférieur, laissant intactes ou à peu près les fonctions psychiques supérieures.

C’est la pensée que j'ai développée avec Rauzrer ! en 1894 en précisant la formule corticocérébrale, de cette névrose. L’hystérique assiste souvent, avec les débris de sa personnalité consciente, aux dévergondages pathologiques de son subconscient ; mais il sait que c’est pathologique ; ïl ne croit pas ensuite que ce soit arrivé.

Pierre JANET comprend bien cela quand il dit : «toutes les maladies mentales ne se confondent pas les unes avec les autres... L’hystérique n’est pas une aliénée comme les autres. » Non seulement, ce n’est pas une aliénée comme les autres, mais le plus souvent ce n'est pas une aliénée du tout. C'est simplement une demifolle.

ReGis comprend dans ce groupe des troubles psychiques élémentaires des hystériques : l’état mental dans l’hystérie, les idées fixes subconscientes, les hallucinations oniriques.

1° Etat mental dans l’hystérie.

« Dès le jeune âge, les futures hystériques... sont pour la plupart des jeunes filles d’une grande vivacité intellectuelle, précoces à l'excès, impressionnables, coquettes, cherchant à fixer sur elles l'attention, habiles à feindre et à mentir, sujettes en outre aux terreurs nocturnes, aux rêves, aux cauchemars. L'hystérie une fois établie, l'état mental et moral de ses tributaires se caractérise principalement, du côté de l'intelligence, par une mobilité excessive qui fait que les malades n’ont aucun esprit de suite, aucune idée arrêtée et que, tout en étant capables de déployer, à l'occasion, une intelligence cultivée, brillante, souvent caustique, elles sont absolument hors d’état de mener à bien une chose sérieuse.

Avec cela une tendance très manifeste à la contradiction, à

A. Trailé pratique des maladies du système nerveux, ke édit., 1894, €. LT, p. 807. Voir aussi Leçons de Clinique médicale, 3° série, p. 230, et Hypnolisme et suggestion, p. 24.

la controverse, aux idées paradoxales, à toutes les opinions et théories qui peuvent les distinguer et les mettre en évidence, comme aussi à l’imitation, à la suggestibilité, à l’autosuggestion. Moralement l’état est le même. Caractère bizarre, capricieux, fantasque, mobile à l'excès ; sensibilité très vive et hors de proportion avec les événements; changements perpétuels et subits dans les sentiments, les affections ; enthousiasmes irréfléchis ; duplicité, mensonge, habileté à simuler, à tromper, à inventer ; fourberie; propension brusque et intempestive aux actes les plus pervers et les plus criminels, comme aux actions d'humanité, de bravoure et d'éclat les plus méritoires ; besoin constant de mouvement, de se donner en spectacle, d'occuper l'entourage, le public, la presse, et par conséquent de provoquer des coups de théâtre ou de tisser les fils d'un roman inextricable ; rêves habituels, imagés, vivants, à type mystique, érotique, professionnel, zoopsique, très analogues à ceux des alcooliques et retentissant fréquemment sur la vie éveillée (Pirres, ESCANDE DE MESSIÈRESs, Tissié, etc.)... Tous ces troubles qu'ils soient réunis au complet ou, ce qui est plus fréquent, en partie seulement, révèlent en somme chez l’hystérique un manqne absolu d'équilibre. Ils s’exagèrent presque toujours à l’occasion des divers événements de l'existence, surtout des grands processus de la vie génitale, comme grossesse, menstruation, ménopause. Chez l’homme, ils s'associent ordinairement à des symptômes de neurasthénie (Caæarcor, COLIN). »

2 Idées fixes subconscientes ou polygonales!.

« Ces idées fixes, dit RÉGIs, nées dans le subconscient nocturne ou diurne du sujet et non agrégées à sa personnalité principale, d'origine polygonale, comme dirait GRASSET, » influent cependant puissamment sur la vie psychique du sujet, sans qu'il puisse indiquer la cause des perturbations

psychiques qui se produisent.

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