‹ Demifous et demiresponsablesChapitre 56 sur 119 · ReGxarp. Génie el Folie. Réfutation d'un paradoxe · texte numérisé non relu

ReGxarp. Génie el Folie. Réfutation d'un paradoxe

3. Taéonone Wecaxiakorr. Savants, penseurs et artistes. Biologie et pathologie comparées, publié par Rapnaez Perrucer. Bibliothèque de philosophie contemporaine, 1899. Paris, F. Alcan.

4. GELINEAU. Penseurs el savants. Leurs maladies. Leur hygiène, préface de CaABaAnËs, 1904.

5. Max Nonpau. Psychophysiologie du génie el du talent, trad. AvGusTE Dierricu. Bibliothèque de philosophie contemporaine, 4#eédit., 1906, et Dégénérescence, même trad., même bibliothèque, 2 vol., 1894. Paris, F. Alcan.

6. Eriexxe RaBau». Le génie et les théories de Lombroso. Revue des Idées, 1905, p. 649.

7. L.-F. Lerur. Le génie, la raison et la folie. Le démon de Socrate. Application de la science psychologique à l'histoire, 4e édit., 1836 ; 2° édit. {avec une nouvelle préface), 1855.

ainsi que cela lui arriva au siège de Potidée et ailleurs. Bientôt ces extases prirent le caractère d’hallucinations plus tranchées, plus courtes, mais plus fréquentes; hallucinations du tact général, soit intérieur, soit extérieur; hallucinations de l’ouïe surtout et probablement aussi de la vue. SOcRATE ne douta plus de l’assistance de son Démon ou de son Dieu... A table, dans les rues d'Athènes, dans les camps, il s’arrêtait tout court, quelquelois sans motif apparent, d'autres fois à propos d’un éternuement venu de lui ou de l’un de ses voisins, et il agissait ou n’agissait pas suivant que l’éternuement avait eu lieu à sa droite ou à sa gauche. Mais 1} s’arrêtait surtout s'il avait entendu la voix du Dieu... Ces fausses perceptions ou ces hallucinations de SocrATE, qu'il prenait pour les inspirations de son démon familier, ne firent qu'augmenter à mesure qu'il avança en âge et sa croyance en Dieu qui les lui donnait en augmenta d'autant. Il finit même par se persuader que, par le fait de cette assistance divine, il pouvait, à distance. exercer une influence favorable sur les jeunes gens qui le fréquentaient et les conduire, par cette sorte de magnétisme moral, au but de ses efforts réformateurs... SOcRATE a pu demeurer ainsi, durant toute sa vie, le représentant et le martyr sans doute, mais, à coup sûr, l'expression au moins hallucinée de la raison, de la philosophie et de la vertu. »

Dès son plus jeune âge, Pascar ! «ne pouvait souffrir de voir de l’eau sans tomber dans des transports d’emportement très grands ; et... ne pouvait souffrir de voir son père et sa mère proches l'un de l’autre ». A un an, il tomba « dans une langueur semblable à ce qu'on appelle à Paris tomber en chartre » et faillit mourir. On persuada à ses parents qu'une sorcière lui avait jeté un sort. Celle-ci avoua, mais consentit à « mettre le sort » sur un chat qu’elle jeta par une fenêtre et qui mourut. Puis, par un enfant de moins de sept ans, elle fit cueillir

1. Lervr. L’Amulelle de Pascal pour servir à l'histoire des hallucinalions, 18#6.

en

VALEUR SOCIALE DES DEMIFOUS 137 avant le lever du soleil neuf feuilles de trois sortes d’herbes, en fit un cataplasme qu’on plaça sur le ventre de Pascaz qui « fut entièrement guéri et remis dans son embonpointt ».

« À dix ans, à propos du bruit d'une assiette, il crée une sorte de théorie acoustique; à douze, il découvre la géométrie qu'on lui cachait; à quinze, il compose un traité des sections coniques, où Descartes refusa de voir l'œuvre d’un esprit aussi jeune; sublime et prodigieux enfant qu'un soir, après une comédie jouée par des acteurs de son âge, la duchesse d'Aiguillon put montrer au cardinal de Richelieu comme étant déjà un grand mathématicien! » Et en même temps commencent ses souffrances pour ne plus finir. Il à dit « quelquefois que depuis l'âge de dix-huit ans il n'avait pas passé un Jour sans douleur ». |

À vingt-quatre ans (1647) «il se trouva dans une espèce de paralysie depuis la ceinture en bas, en sorte qu'il fut réduit à ne marcher qu'avec des potences; ses jambes et ses pieds devinrent froids comme du marbre... Pascaz fut environ trois mois à se remettre de cette maladie dont la nature semblait si irrémédiable; mais enfin il en guérit et recouvra complètement et pour toujours le libre exercice de ses membres ». A ce moment se placent « dix ans de travaux et de gloire » pendant lesquels paraissent, « à une seule exception près, tous ses travaux en physique et en mathématiques ». Mais pendant tout ce temps il ne cesse de souffrir ; il consulte plusieurs médecins, dont Descartes ?. II « fut saigné, baigné, purgé... ». Notamment, il ne pouvait « rien avaler de liquide, à moins qu'il ne fût chaud: encore ne le pouvait-il faire que goutte à goutte »; 11 avait «-une douleur de tête insupportable, une chaleur d'entrailles excessive et beaucoup d’autres maux »... « L'affaiblissement de sa santé devint extrême; on put croire sa Vie COMpromise. »

1. Ceci est pour montrer l'hérédité névropathique de PascaL. 2. « Dont on connait les prétentions à la science et presque à la pratique médicale. »

En octobre 1654!, accident du pont de Neuilly. Deux des quatre (ou six) chevaux du carrosse dans lequel se trouvait Pascaz prirent le mors aux dents et se précipitèrent vers le fleuve. Heureusement les traits se rompirent et les deux chevaux emportés tombèrent seuls dans le fleuve. « La voiture resta comme suspendue sur le bord. Cet accident, où Pascaz s'était vu si près de sa fin, fit sur lui une impression terrible. IL-eut, dit-on, beaucoup de peine à revenir d'un long évanouissement. »

Le 23 novembre 1654, il a une vision de dix heures'et demie du soir à minuit et demi. Cette vision est probablement rapportée dans l'écrit bizarre et incohérent avec des phrases inachevées qu'il porta, dès lors, constamment cousu dans son pourpoint; il recousait lui-même cette amulette mystique (le mot est de Coxporcer) dans son vêtement, toutes les fois qu’il en changeait. « À partir de cette époque, ses Journées, ses nuits de souffrance furent presque constamment troublées par la vue d’un précipice qui s’ouvrait brusquement à ses côtés. »

À trente ans il devient tout à fait valétudinaire ou plutôt voit ses. misères s’accroitre constamment. Et avec cela il publie Les Provinciales (1656-1657).

L'intrication des manifestations géniales et des manifestatations psychonévrosiques est continue et un violent et :persistant « mal.de dents » Fui fait résoudre le problème de la cycloide ou roulette (ce ‘qui le guérit de sa névralgie).

Sur ses manuscrits ébauchés (Pensées) on voit « l'esprit s'arrêter au milieu d’une idée, la plume au milieu d’une phrase, quelquefois même aumilieu d’un mot... les infinmités de Pascaz ne.lui donnaient plus un seul instant de reläche ».

Surviennent quatre années (1658 à 1662) de douleur et de défaillance. Les maux de tête sont continuels ; les troubles digestifs sont au plus haut degré. Il à des crises dans les-

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