‹ Demifous et demiresponsablesChapitre 72 sur 119 · PES · texte numérisé non relu

PES

VALEUR SOCIALE DES DEMIFOUS 163 Et plus loin :

A, noir corset velu des mouches éclatantes f.

Un autre dit :

A, claironne vainqueur en rouge flamboiement. E, soupir de la lyre, a la blancheur des ailes Séraphiques. Et l’I, fifre léger, dentelles

De sons clairs, est bleu célestement.

Mais l’archet pleure en O sa jaune mélodie

U, vide d'amour, à l’avril est pareil :

Vert comme le rameau de myrte que tu cueilles.

Et RENÉ Guiz dans son Traité du Verbe : « que surgissent maintenant les couleurs des voyelles, sonnant le mystère primordial. Colorées ainsi se prouvent à mon regard exempt d’antérieur aveuglement les cinq : À noir, E blanc, I bleu, 0 rouge, U jaune, dans la très calme beauté des cinq durables lieux s’épanouissant le monde au soleil. »

Pour MarrarmÉ cette corrélation des voyelles correspond « à une évolution progressive de nos sens élevés? ».

Dans le livre de Huysmaxs des Esseintes se donne un concert avec des sensations gustatives : « chaque liqueur correspondait, selon lui, comme goût, au son d’un instrument. Le curaçao sec, par exemple, à la clarinette dont le chant est aigrelet et velouté; le kummel au hautbois dont le timbre sonore nasille ; la menthe et l’anisette à la flûte, tout à la fois

4. Pour Vicror SÉGALEN. (Le double Rimbaud, Mercure de France, 1906, p. 486) « le sonnet intitulé Voyelles, indûment prôné comme une théorie d'art synesthésique, n’est en réalité qu'un rappel adolescent de premières sensations... Le mécanisme de ce hochet littéraire fut tel, à n’en pas douter, que nous l'explique ErNesr GauBerT (Mercure de France, 1er novembre 1904).

Mnbir- NN blanc: 1; rouge; Ù,vert, O;'bieu.….

Cela tout simplement parce que d'anciens abécédaires édités vers l'époque où Rimgaup épelait ses lettres comportent un À noir, illustré d'abeilles.

A, noir corselet velu des mouches éclatantes.…

Un L rouge; un U, vert; un O-couleur d'azur. L’E seul diffère ; il est jaune. » |

2. Voir aussi Jean CraAvièRe. L'audition colorée. Année psychologique, 1899, ON, -pi0E,

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sucrée et poivrée, piaulante et douce; tandis que, pour compléler l'orchestre, le kirsch sonne furieusement de la trompette; le gin et le wisky emportent le palais avec leurs stridents éclats de pistons et de trombones, l'eau-de-vie de marc fulmine avec les assourdissants vacarmes des tubas, pendant que roulent les coups de tonnerre dela cymbaleet de la caisse frappés à tour de bras dans la peau de la bouche par les yakis de Chio et les mastics !»

15° Bazzac! avait la manie ambulatoire. « Ce besoin de chansement était chez lui si prononcé que souvent ni ses parents ni ses amis ne connaissaient sa résidence essentiellement temporaire. C’est ainsi qu'il fut impossible de le trouver lorsqu'on l’appela pour faire son service dans la garde nationale*. Mais c'était surtout un mégalomane : il se classait lui-même parmi les « maréchaux de la littérature moderne » ; avec NaPpoLEON, Cuvier et O’ConxELz 1l formait le groupe des quatre hommes qui « auront eu dans le siècle une influence immense ». « J'aurai porté une société entière dans ma tête », écrit-1l à M°° Hanska ; «ce que NaPoLÉON avait commencé par épée, je l’achèverai par la plume ». « La conscience de sa srandeur débordait chez lui, écrit GEORGE Sanxp... [1 parlait toujours de lui, de lui seul... Un soir, ayant une belle robe de chambre neuve, il voulut sortir, ainsi habillé, une lampe à la main, pour exciter l’admiration du public. » — Son père, d’après Moreau DE Tours, resta vingt ans au lit sans motif et puis, sans motif aussi, reprit le cours de sa vie antérieure.

Dineror louait des voitures, les oubliait et payait des journées entières ; il oubliait aussi les heures, les jours. les mois, « même les personnes avec lesquelles 11 avait commencé à s’entretenir ; il continuait alors à leur débiter de véritables monologues, comme un somnambule ».

1. Voir le n° 10 de la Chronique médicale 1899, entièrement consacré par

tABANÈS à BaLzac à l'occasion du centenaire de sa naissance (20 mai 1799). 2. Fournier. Statue de Balzac à Tours. Citat. CABANÈS.

14° M°° px STAEL abusait de l’opium, voulait qu’on l'enveloppàt dans une fourrure avant de l’ensevetir et roulait « sans cesse entre ses doigts, quand elle était chez elle, de petites bandes de papier. Le valet de chambre avait ordre d’en laisser sur la cheminée une ample provision » (Morrau pe Tours).

M° Récamier ‘ a eu « des crises de nerfs et des étouffements » qui lui donnaient « l’agréable sensation d'être étranglée », une «toux opiniâtre », des extinctions de voix subites qui duraient quelques heures avec « spasme nerveux du larynx ».. tout cela fut considéré comme nerveux par le D' RécamiEr et guérit.

Je nomme, sans insister, quelques autres femmes supérieures, dont la névrose a été bien curieuse, comme la marquise pu DEFFAND, la duchesse DE CHAULNES, la princesse pr LAMBALLE, la marquise pu CnarTEeLET, M'° DE LESPINASSE ?.…

15° Vicror HuGo*, à quatorze ans, écrit sur son journal de collège : « je veux être CHATEAUBRIAND ou rien. » En 1818, dans un projet d'autobiographie il cherche « à se fabriquer une généalogie, à se découvrir une lignée d'ancèêtres ». Il signe, pour un collectionneur, la casquette avec laquelle il à quitté Paris après le coup d'État dans la nuit du 11 au 12 décembre 1851...

Louis VEUILLOT à bien mis en relief chez Vicror HuGo cèt « égoïsme intellectuel le plus absolu et par conséquent le plus irritable. C'est Ia maladie du moi“ ».

4. CaBanÈs. La cécité de Mme Récamier. Chronique médicale, 1906, p. 164.

2. Sur les maladies de CATHERINE DE Mépicis. Voir la Chronique médicale, 1900, p. 161.

3. CaBANÈSs. La mégalomanie (?) de Victor Hugo. Chronique médicale, 1902, p. 157 (et tout ce ne 5) et p. 242.

4. Dans certains vers de Vrcror Huco on retrouve de curieux rapprochements de mots par assonance comme dans les poésies des aliénés. Ainsi dans Le Roi s'amuse :

Sors !

Sortir, quand mon sort à ton sort est lié!

Je ne commettrai cependant pas l’irrévérence de rapprocher ce vers des

CuarLes Nopter !, d’après Baunix, « fut atteint, dès au sortir de sa prime jeunesse, de neurasthénie » (c'est le diagnostic de CaganËs et de FaBre de Commentry) «et il mourut de neurasthénie ou plutôt de l’état de débilité sénile anticipée, où sa neurasthénie, mal ou point soignée, l'avait conduit peu à peu ». Comme symptômes : « faiblesse générale, incapacité de tout travail, insomnie, maux de tête, névralgies multiples, troubles gastriques, troubles cardiaques, troubles sensitifs et

moteurs, exaltation, abattement, mélancolie, hypocondrie... »

ALEXANDRE Dumas? fils a eu, en 1859, une maladie « ultranerveuse ». Son père raconte « qu'Alexandre est très malade et que, depuis deux jours, il est à genoux au milieu de sa chambre, sans qu’on ait pu le décider à selever... Deux jours auparavant, ayant entendu son père ronfier dans une pièce voisine, cela avait produit sur ses nerîis une telle exaltation que la pensée lui était venue de tuer son père et qu’il n'avait pu y résister qu’en se mettant à genoux... Pendant un an encore, Dumas fils resta dans cet état de folie... Au sortir de cette maladie cérébrale, Dumas fut pris d'une crise violente de mysticisme ; à tout prix, il voulait se faire religieux... Enfin il triompha du mal... Disons pourtant qu’en 1875, après la Femme de Claude, il eut un nouvel accès de courte durée. »

16° De Cnirac, dit Juzes CLareTIE*, était « un maniaque de pornographie, scientifiquement un malade. Et de son réper-

suivants dus à un aliéné et cités par Récrs (La poésie dans les maladies mentales. L'Encéphale, 1906, p. 274) :

On peut tirer en s'amusant Deux sous d’un sel qui lave tout De soude, un sel qui lave tout 1. Charles Nodier médecin et malade. Chronique médicale, 1903, p. 165.

2. Une maladie mystérieuse d'Alexandre Dumas fils. Chronique médicale, 1906, p. 392.

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