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JULES CLARETIE. La vie à Paris. Temps, 16 mars

toire scandaleux il avait la prétention de faire un apostolat.…. De Cuarrac fut un demifou qui ne fit point le mal à demi. Et d’abord à lui-même. Il est mort de sa demifolie..., sur les planches en simulant un accès de delirium tremens, l’agonie réelle se substituant à l’agonie factice, le hoquet final arrivant là comme un tragique jeu de scène ».

ALBERT GLATIGNY !, dont on a reparlé beaucoup à propos du drame de Caruzze Menpès, « fut quelque chose comme le Ver- LAINE du second Empire... Il est de cette lignée des GRINGOIRE, des VizLon, des Assoucr, des ScarRow, de cette race des irréguliers et des hors la loi... C’était ce que les médecins appellent un itinérant ou un métatopomane... C'étaitun homme, avec une bizarrerie foncière de caractère ou plutôt d'humeur. C'était

‘un homme qui contenait en lui ce que le docteur GRASSET appelle un demifou ; mais c'était un homme droit, vaillant et loyal? ».

D. Supérieurs intellectuels étrangers.

1° Lu Tasse* est encore un lypemaniaque. Il raconte luimême ses hallucinations, surtout auditives (cris d'hommes et de femmes, rires de bêtes, chants, coups de sifflets, tintements, sons de cloches, battements d’horloges). Il croit voir un cavalier se jeter sur lui et le renverser par terre; ou s’imagine qu’il est couvert de bêtes immondes. Sous ces influences, il tire un jour un couteau et cherche à frapper un valet qui entrait dans la chambre. Son mal « a pour cause un art magigique », il parle de son «lutin », qui lui emporte ses lettres ou d’un « magicien » qui lui enlève son pain. Et il écrit tristement : « je ne nie pas que je sois fou. » — « Enfermé de 1579 à 1586 chez les moines de Sainte-Anne, qui paraissent

1. Emize FAGuET. La semaine dramatique. Journal des Débats, 19 mars 1906. 2. Voir aussi Camize PELzLeraN, Albert Glatigny. La Dépéche, 23 mars 1906.

3. VERGA. Lipemania del Tasso. Citat. Lomsroso. Voir aussi un article de ÆCaBAnès dans la Chronique médicale (cité 1900, p. 211).

avoir tenu une véritable maison de santé, il y manifesta tous les signes de la folie de persécution la plus complète, avec hallucinations de la vue et de l'ouïe, ayant tantôt affaire au diable, tantôt à la Vierge Marie, tantôt à un esprit follet qui lui enlève son pain, son dessert!. »

C'est à propos pu Tasse que MonrarGne (cité par LAUVRIÈRE) dit : « comme les grandes amitiés naissent des grandes inimitiés, des santés vigoureuses les mortelles maladies, ainsi des rares et vives agitations de nos âmes les plus excellentes manies et plus destracquées ; il n'y à qu’un demi-tour de cheville à passer de l’un à l’aultre. Aux actions des hommes insensés nous voyons combien proprement la folie convient avecques les plus vigoreuses opérations de nostre âme. Qui ne sçait combien est imperceptible le voisinage d'entre la folie avecques les gaillardes eslevations d’un esprit libre et les effects d’une vertu suprême et extraordinaire ? »

2° Frépéric Nierzscue ?, le philosophe qui a fait école en Allemagne el ailleurs, à été interné à plusieurs reprises dans des maisons de santé et est entré ensuite, comme dément incurable, dans l’établissement du Professeur BiINSWANGER à Iéna, où il était, dit Norpau, suivant ie dicton anglais, the right man in the right place.

D'après LicuTeNBERGER *, «c’est brusquement, sans transition », que « la nuit de la folie se ferma sur lui. Il fut frappé subitement, à Turin, dans les premiers jours de janvier 1889 ». Peut-être un critique médical trouverait-il des prodromes de ce mal dans certaines œuvres antérieures de ce « Prophête du Surhomme » et du « Retour éternel », voire même dans son œuvre capitale Ainsi parla Zarathusthra parue de 1883 à

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