‹ Demifous et demiresponsablesChapitre 75 sur 119 · LomBroso. Loco cil. 2, Id" 2D1d · texte numérisé non relu

LomBroso. Loco cil. 2, Id" 2D1d

5° Horrmanx ! s’alcoolisa avec du vin « et du meïlleur ». Il y ajoutait, çà et là, un bol de punch, pour le plaisir de contempler le combat entre les salamandres et les gnomes qui habitent dans le sucre. » Au début, il recommande pour bien faire « la musique d'église les vieux vins de France ou du Rhin, pour l'opéra sérieux le meilleur Bourgogne, pour l’opéra-comique le champagne, pour les canzonettas les vins chaleureux d'Italie, et enfin, pour une composition éminemment romantique comme le don Juan, un verre modéré de la boisson issue du combat entre les salamandres et les gnomes ».

Bientôt il note après du « vin épicé » : « léger accès de pensées de mort ; fantômes. »

Il entend les couleurs, puis il entend les odeurs et voit les sons. « Le parfum de l’œillet rouge foncé agit sur lui avec une puissance extraordinaire et magique... il entend alors, comme dans un grand éloignement, les sons d’un cor s’enfler et s’affaiblir tour à tour. » Pendant une fièvre grave qu'il fait, il prend ses gardes-malades pour des instruments de musique: la flûte est un ami qui parle très bas et dont la voix a quelque chose de langoureux, le basson est un autre qui a une grosse voix de basse.

À certains jours, il croit « répandre dans l’obscurité une lueur phosphorescente ». Un jour, dans un salon très éclairé et plein de monde, il voit un gnome sortant du parquet. Seul, la nuit, assis à sa table de travail, il est entouré de spectres et de figures grimaçantes. « Les contes fantastiques se vivaient alors autour de lui avec tant de réalisme que l’effroi le prenait et qu’il allait réveiller sa femme. La patiente Micheline se levait, tirait son tricot et s’asseyait auprès de son mari pour le rassurer. » Il avait peur de devenir fou ; mais il considérait chaque conte qu’il écrivait comme une « purgation intellectuelle », une « saignée » qui dégageait son cerveau.

Page 1