‹ Demifous et demiresponsablesChapitre 76 sur 119 · ARVÈDE BARINE. Loco cit · texte numérisé non relu

ARVÈDE BARINE. Loco cit

Déjà petit et disgracié à sa naissance, il devient une « triste

loque humaine, si piteuse à voir parce qu'elle avait quelque

chose de risible à force d’être réduite à rien, fripée, recroque-

villée, lamentable. La servante portait Horruanx dans ses

bras comme un enfant au berceau. Il trouvait cela très drôle, car il trouva tout drôle, jusqu’à la fin. »

6° Epcar Poe ‘ boit l’alcool « en barbare », comme dit Bau- DELAIRE ; il saisit un plein verre, sans eau ni sucre, et l’avale d’un trait, sans le goûter. Et alors il à d'horribles hallucinations qu’il expose dans ses contes. Il vit par la pensée dans les tombeaux, en compagnie des vers et des cercueils, entend « causer les putréfactions » et sait « les sensations des déliquescences ».

Ecoutez cette entrée du Ver conquérant : « voyez, à travers la cohue des mimes, une forme rampante fait son entrée ! une chose rouge de sang qui vient en se tordant de la partie solitaire de la scène ! Elle se tord ! Avec des angoisses mortelles, les mimes deviennent sa pâture et les séraphins sanglotent en voyant les dents du ver mâcher des caillots de sang humain. »

« Une fois, sur le minuit lugubre... soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu'un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre... Je poussai alors le volet et, avec un tumultueux battement d'ailes, entra un majestueux corbeau digne des anciens jours. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s'arrêta pas, il n'hésita pas une minute; mais, avec la mine d’un lord ou d’une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre : il se percha, s'installa et rien de plus. » Et alors commence cette scène célèbre, si connue, dans laquelle l’auteur pose une série de questions, auxquelles le corbeau, invariablement et lugubrement, dans un « sanglot noir » comme dit Azpuonse Dauper, répond le fatidique Never

more. Jamais plus !

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