ARVÈDE BARINE. Loco cil
les mouches » et d’ailleurs mourut avant d'avoir trouvé.
Lui-même eut toujours des « rêves oppressants » et, dès l’âge de dix ans, de véritables hallucinations. À quinze ans, il compose des poésies lyriques en grec, puis devient vagabond, commet « des excentricités de collégien mal équilibré » et a aussi « de petits accès de somnolence qui le prenaient à toute heure ». Il fréquente d’ignobles sociétés, étudie la philosophie, goûte à l’opium, arrive à prendre par jour dix à douze mille gouttes de laudanum, c’est-à-dire plusieurs verres à bordeaux. Après une courte « lune de miel du poison » il arrive aux hallucinations, à la paralysie morale, à l’idiotie. I! lutte en désespéré, mais roule toujours dans un goufire, au fond duquel il se voyait guetté par trois spectres : la folie, le suicide ou la combustion spontanée. Quand il met le feu à ses papiers et à ses livres, il ne veut pas qu'on jette de l'eau pour éteindre, de peur de les mouiller t.
Dans les mêmes articles Arvêpe Baine cite, comme ayant, à la même époque, «succombé à la tentation de l’opium, lord Erskine, le très pieux Wiccram WiLBERFORCE, « plusieurs autres personnages considérables » et surtout COLERIDGE, « cet illustre mangeur d'opium, auprès duquel les désordres de Quixcey n'étaient que jeux innocents » et dont Quincey luimême a étalé la vie intime.
Il se disputait avec sa femme, prenait «un individu à gages pour l'empêcher de force d'entrer chez le marchand d’opium » et passait « sur le corps de son homme »; il annonçait une conférence et ne s’y rendait pas ou s’endormait sur l’estrade ; il se levait le soir et apparaissait « en bonnet de nuit, avec plusieurs étages de mouchoirs par-dessus son bonnet »; il se mettait en traitement chez un médecin et le convertissait à l’opium
1. C’est Azrren DE Musser qui a le premier traduit en français la Confession d'un Anglais mangeur d’opium de Tomas pe Quincey ; opuscule dont CHarcoT a pu dire que « cela touche également à la littérature et à la
science ». (Chronique médicale, 1899, p. 32.)
VALEUR SOCIALE DES DEMIFOUS 175 S° HaLzer ! le célèbre physiologiste, « se croit poursuivi par les hommes, damné par Dieu pour la laideur de son âme et
pour ses livres hérétiques » et prend des doses énormes d'opium. |
JÉRÔME Carpax?, dont le père se croyait guidé par un esprit, eut lui-même, à cause de l’état astrologique du ciel au moment de sa naissance, beaucoup d’ennemis dont la plupart lui étaient inconnus, soit de nom, soit de visage. [l était visité et assisté par un esprit, qui l’avertissait et lui donnait des palpitations de cœur ; il avait des hallucinations de l’odorat...
Le même Jérôme Carpan « dit, dans son Autobiographie, qu’il ne pouvait se passer de souffrir et, quand cela lui arrivait, il sentait s'élever en lui une telle impétuosité que toute autre douleur lui semblait un soulagement. Aussi avait-il l’habitude dans cet état de mettre son corps à la torture jusqu’à en verser des larmes ». RiBor* à qui j'emprunte cette citation ajoute : &« il y aurait une curieuse étude de psychologie pathologique à faire d’après Le de vita propria de CaRpaN, qui était manifestement ce qu’on appelle de nos jours un névropathe et un déséquilibré ».
9 Newron * est devenu fou dans sa vieillesse ; il tient des discours incohérents et bizarres. En voiture, il se cramponne des deux mains et défie Villars qu’il veut « aller combattre dans les Cévennes ». Il écrit des lettres confuses et obscures qui indiquent le délire de la persécution et devient mélancolique.
Toute sa vie, il avait été seulement un distrait. On ne peut guère douter, dit ReGNaRp *, que NEwTON n’ait subi, en 1694,