PRÉFACE VII
Ces cartes étant classées, décrites, fallait-il, ayant indiqué
les procédés des auteurs, pénétrer au dedans des documents, analyser chacun d’eux, détailler en études spéciales les résultats de l’examen? Fallait-il, résumant pour la France entière, d'époque en région, les renseignements obtenus, tenter une synthèse de notre évolution démographique? Grosse entreprise, mais bien lointaine parente de la cartographie! Plus tard, les circonstances aidant, l'exploration des documents statistiques d'archives et de bibliothèques pourra montrer les ressources offertes aux cartographes éventuels, ressources signalées déjà, pour les Archives nationales, par À. Demangeon (1); il appartiendra aux auteurs du futur Atlas de les mettre en œuvre. Des recherches encore, sur les cartes à grande et à moyenne échelle, viseront à assortir, selon les lieux et les temps, le chiffre au terrain, la statistique administrative aux indications de la nature, aux changements amenés par les inventions. Des incursions, à Paris et ailleurs, m'ont convaincu de l’importance de cette besogne, des difficultés que les recenseurs ont ménagées aux géographes, de l’impossibilité parfois, faute de documents ou de détails, d'opérer utilement sur place ou dans le passé.
; On comprend jusqu'où ce travail m'entraînerait. J'ai donc ajourné la seconde et non moins importante partie de ma tâche, celle où seront proposées, pour le cas spécial de la France, après examen des résultats obtenus jusqu'ici, les règles de la démocartographie considérée dans un esprit géographique.
Je m'’estimerai largement récompensé d’un travail dont aucun bibliographe ne saurait s’effrayer, si ce répertoire, précédé de son introduction, contribuait à guider les techniciens de tout ordre, collaborateurs du prochain Atlas démographique impatiemment attendu, à leur montrer ce qui existe, ce qui manque, ce qu’il faut achever, même et surtout ce que le géographe doit laisser au statisticien de bureau. Et il est à craindre que celui-ci n’ait longtemps encore la bonne part, à lui réservée par nos institutions, par nos habitudes et par le temps écoulé.
P. S. — Je dois exprimer ici ma bien vive gratitude à M. L. Gallois, qui, au cours des recherches préliminaires les plus ingrates, et parmi des contrariétés imprévues, m'a Constamment honoré de ses conseils, et à M. À. Demangeon, qui
(1) Les sources de la géographie de la France aux Archives nationales (1905).