VI PRÉFACE
statistiques officielles et dans les ouvrages des médecins et des économistes, des pédagogues et des financiers. Où trouver ces
cartes, ces plans assez peu accessibles, dont l’ensemble doit .
constituer l'Atlas démographique de France ? Une fois ces documents réunis, comment en user.sans les avoir examinés et comparés? Le privilégié mis à même de découvrir tant de pièces enfouies dans des revues, ouvrages et atlas, ou dispersées dans mille cartons plus ou moins classés, apprend par une longue et parfois cruelle expérience quel chaos elles forment, quels errements, quelle absence de direction leur seul aspect révèle, quelle fierté relative on éprouve à les montrer aux étrangers mieux nantis.
Pourtant elles sont nombreuses, ces feuiltes souvent peu dignes du nom de cartes. Si tard que se fût éveillée en France, à leur endroit, une curiosité bien modérée, comme toujours, dans le domaine géographique, ni les érudits ni les statisticiens n’avaient ménagé leurs efforts. Après les albums de la Statistique générale (1889 et 1907), les travaux parisiens de J. Bertillon (1887-89), les ouvrages de Levasseur (1876-1889), les thèses de géographie régionale élaborées depuis une trentaine d'années, sous les auspices de Vidal de La Blache et de ses émules, représentent un travail considérable. Le répertoire qui suit la présente étude permettra de s’en rendre compte, et plus encore des lacunes de la production.
Ouvrages d’ensemble, cartes générales de la population française, cartes spéciales à tel phénomène démographique, cartes régionales, plans de villes, je me suis attaché à ne rien négliger de ce qui pouvait, cartogramme sommaire ou plus sommaire croquis, fournir quelque lumière au chercheur. Et je voudrais n'avoir rien omis d’important. Des spécialistes exclusifs de la densité s’étonneront peut-être de voir mentionnées tant de cartes concernant des faits plus ou moins directement géographiques : je leur demande de n'oublier pas les raisons déterminantes de ces faits, raisons bien tirées du sol, du sous-sol, du climat, minerai ici et là céréales, neige en hiver qui réduit la fréquentation scolaire, main-d'œuvre trop rare en été, qui allonge démesurément les « vacances » du petit paysan, humidité point du tout étrangère à certaines maladies, concurrence industrielle qui surpeuple ou dépeuple, voies ferrées qui épousent les vallées et aspirent l’habitant autour de leurs gares suburbaïnes, frontière contre nature qui oblige aux grandes garnisons, sources thermales génératrices d’un peuplement saisonnier limité à certaines classes sociales.