CHAPITRE SIXIÈME
Nous l'avons déjà dit, les socialistes ne passionnent pas les masses par leurs systèmes ; ce qui le prouve, c'est que le seul socialisme compris par la généralité du peuple est le communisme. Encore
cette honteuse conception n'est-elle adoptée que par quelques ouvriers des villes ; car, dans les campagnes, le petit cultivateur comprend le socialisme comme l'amoindrissement de la fortune plus considérable de son voisin et le partage des champs qu'il possède. Les socialistes séduisent les populations en s'adressant à leur imagination, en faisant luire à leurs yeux un avenir brillant. Aux ouvriers placés au centre des plaisirs et du luxe des villes, ils disent : Vous monterez dans ces riches équipages, vous vous asseyerez dans ces théâtres, vous danserez à la clarté de ces mille lumières, vous vous reposerez sur ces étoffes soyeuses. Avec les campagnards qui aiment la terre, ils s'expriment autrement ; ils leur promettent l'agrandissement de leurs héritages, les moyens de remplacer leurs cabanes par des maisons plus belles, un travail moins long, car tout le monde travaillera ; il n'y a de véritable travail que celui des bras. Dieu n'en reconnaît pas d'autre. Ces chimères, préchées à deshom-
CONCLUSION. m
mes qui aspirent à les voir se réaliser, les enflamment facilement ; ils se croient sur le point de les saisir, et, malheureuses victimes de leurs illusions, ils ne tardent pas à toucher la misère. La richesse s'éloigne d'eux sitôt qu'ils veulent étendi'e la main pour la prendre, et ils marchent, ils marchent toujours, comme ces malheureux poursuivant dans le désert des lacs à eau limpide qui se présentent sans cesse à leurs regards éteints et à leurs bouches altérées.
La richesse ? Mais il faut bien peu en connaître les éléments pour s'imaginer qu'elle ne s'amoindrira pas au point de disparaître, lorsqu'il s'élèvera de toutes parts des clameurs contre les propriétés individuelles, lorsque partout il se dressera des obstacles contre l'accumulation des produits par un travail intelhgent. Ah ! la richesse ne s'enfouit pas ; il n'y a que des hommes sans pensées ou des hommes criminels qui puissent expliquer d'une ma-
in CONCLUSION.
nière aussi insensée ces malaises affreux qui frappent une nation, et répandent sur elle le fléau de la misère.
Les nations antiques, sauf quelques rares exceptions, ne connaissaient guère que la richesse qui s'attache à la terre. Elles n'étreignaient pas, comme les peuples modernes, toutes les mers ; elles n'étendaient pas leurs bras d'un pôle à l'autre. Les richesses territoriales étaient à peu près les seules qui créassent des revenus constants, et, lorsqu'un grand malheur fondait sur ces nations, lorsqu'une guerre, lorsqu'une commotion politique les bouleversait , les richesses qui constituaient le bien-être général se ressentaient à peine de la crise. En est-il de même aujourd'hui? Aujourd'hui que l'industrie puise dans sa vie de la veille les moyens de renaître le lendemain ; que les mille relations des peuples enfantent partout des projets sur lesquels reste, pendant des années entières, suspen-
due la fortune ou la ruine ; que des hommes hardis embrassent dans leurs vastes conceptions les productions des divers climats et des peuples semés sur toute la surface de notre globe.
La richesse mobilière et manufacturière a pris de nos jours un développement extraordinaire qui atteste la supériorité de la société moderne sur les sociétés antiques. La principale richesse, aujourd'hui, est celle que l'homme a créée. Consultez le budget des nations ; voyez ce qui leur donne des revenus, ce qui leur donne de la force ; comparez cette île que l'on appelle l'Angleterre, à ces royaumes qui couvrent des continents, et demandez-vous où un peuple si petit à son berceau, si grand dans son expansion sur tout le globe, a puisé les moyens de réduire les nations les plus fières de leur puissance territoriale? Ouvrez le budget de la France, cette noble rivale de la nation anglaise dans les conquêtes de l'intelligence, et demandez- vous où
est sa richesse. Est-ce à son sol si riche et si fertile qu'elle demande les revenus qui constituent sa prépondérance ? Non, car sur un budget de quatorze cents millions, le sol lui donne à peine deux cent quatre-vingts millions ; tout le reste est prélevé sur le travail producteur de Thomme.
A la moindre commotion, à la moindre menace, l'homme se replie sur lui-même, il ralentit son travail; la richesse mobilière et manufacturière s'affaisse, et les productions du sol, cessant d'être appropriées par l'homme à mille usages différents, perdent de plus en plus de leur valeur. La portion la plus considérable de la richesse nationale étant diminuée en quantité, il y a dépréciation dans la fortune générale du pays, moindre part pour chacun, et par suite misère pour un grand nombre.
Cette conséquence immédiate et instantanée de tout mouvement violent rend fort difficile la direc-
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tion des nations modernes, car leur marche rapide dans les voies du progrès créant chaque jour des besoins moraux et matériels, ressentis avant qu'il soit possible de les satisfaire, les livre à d'incessantes révolutions. Que faire en présence de l'impuissance matérielle qui nous enchaîne, et jette la société dans des convultions perpétuelles, en paralysant ses forces au moment même où on lui demande de plus grands efforts? Les difficultés s'accumulent, elles se produisent chaque jour plus intenses, et, ce n'est pas en niant des aspirations naturelles, naissant forcément de la générahsation des connaissances humaines, que l'on parviendra à les conjurer ?
La démocratie, nous l'avons dit, est le classement de tous les citoyens d'un état d'après les facultés diverses dont Dieu les a dotés. Ce classement, essentiellement variable, doit respecter jusqu'aux positions transmises d'une génération à Tau-
tre, sous peine de briser le cœur de l'homme, de tuer chez lui la plus noble des facultés, celle qui prolonge sa vie en le faisant renaître dans les êtres qu'il aime, en lui présentant comme but de son émulation un temps où il n'existera plus. La démocratie n'est pas tenue de protéger l'homme dans ses faiblesses, de suppléer aux facultés de son intelligence, de l'enlacer dans un cercle qui l'empêche de descendre, comme le faisaient naguère les aristocraties pour quelques individus ; mais elle doit s'efforcer de donner à chacun les moyens d'atteindre à la place que son intelligence lui assigne, et faire en sorte qu'il y n'y ait plus d'hommes rivés par l'ignorance ou par des impossibiUtés matérielles à des existences tellement abaissées, que le cœur cesse de battre, la tête de penser, faute de pouvoir obtenir la nourriture la plus grossière. Jamais société ainsi organisée n'a encore paru dans le monde ; mais jamais non plus un peuple tout entier n'a marché comme aujourd'hui vers une sorte d'égalité devant l'in-
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struction, égalité qui ne laissera plus aux prises que les forces intellectuelles ou corporelles, réparties par la nature à chaque homme avec une diversité merveilleuse.
C'est un devoir de la société envers tous ses membres d'éclairer leur intelligence, mais avant qu'elle le remplisse, il faut qu'elle trouve le moyen de satisfaire leurs besoins matériels, afin que cette instruction, en inspirant à l'homme des idées et des désirs inconnus, ne soit pas pour lui le germe d'un tourment qui ne prendrait fin qu'avec la vie. La société ne se modifie que par le lent travail d'une suite de générations. Le but vers lequel elle marche se montre plus distinct tous les jours.
On a parlé d'égalité devant la fortune; mot révolutionnaire jeté au peuple par un homme descendu de négation en négation jusqu'à des idées d'égalité absolue, contre lesquelles proteste malgré
lui son immense orgueil. Pourquoi n'a-t-on pas parlé d'égalité devant la force, d'égalité devant l'intelligence ? Ces mots correspondent cependant au mot fortune. Des hommes plus conséquents que M. Proudlion ont posé cette hypothèse d'égalité des intelligences, hypothèse plus difficile à vérifier pour des hommes simples que celle de l'égalité des forces. Les hommes dans cette conception ne différant plus entre eux que par l'éducation, l'humanité ne formerait plus qu'un troupeau dont quelques animaux seraient éduqués par le berger.
Ces divagations de l'esprit humain doivent servir d'enseignement, et montrer la nécessité de donner une direction intelligente à la société. Il est impossible de régler tous les rapports qui doivent exister entre les membres d'une grande nation, d'en prévoir toutes les conséquences. Ces rapports se modifient avec le temps, et il n'y a que des hommes ignorant tout ce qui se passe dans la vie,
les mille complications apportées dans la moindre affaire par les passions, les diverses manières d'envisager un but et le moyen de l'atteindre, ou bien des hommes pervers jouant avec l'humanité dans un intérêt de satisfaction personnelle et égoïste, qui puissent tracer dans le calme du cabinet les plans d'une société où tout est rangé comme sur un damier.
Le but sérieux vers lequel on doit tendre peut se caractériser en peu de mots : trouver le moyen de faire leur place à toutes classes de la société qui s'élèvent, trouver le moyen d'augmenter la production de manière que tout homme obtienne la satisfaction, non pas de tous ses désirs, mais de tous ses besoins. Ces besoins varient, comme le développement de l'intelligence ; ils s'agrandissent ou se restreignent suivant que la société elle-même s'enrichit par le travail accumulé des générations, ou demeure stationnaire. L'homme civilisé ne sup-
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porterait pas longtemps l'existence du sauvage. car y a un lien invisible entre l'esprit et le corps , plus l'âme s'ennoblit, plus son enveloppe matérielle devient délicate et fragile.
La démocratie doit résoudre ce problème, sinon elle est condamnée à n'être jamais qu'un vain mot. Le but une fois marqué, nous l'atteindrons, j'en ai la conviction profonde ; mais ce n'est pas en se jetant hors des voies de la science et de l'observation sensée des faits. Quand, dans les arts, on veut arriver à un résultat, on se met au travail ; le premier mécanicien meurt à la peine, un second lui succède qui succombe encore, puis un troisième, puis enfin arrive le moment oîi l'œuvre est accomplie. Ces mécaniciens représentent les générations qui se lèguent les unes aux autres une tâche inachevée , et par conséquent de rudes labeurs et de grandes souffrances. Chacune des civilisations qui se sont succédé sur le globe, ont eu leur cachet
CONCLUSION n\
particulier. La société moderne porte l'empreinte d'une puissance inconnue avant elle : les mers sillonnées sans le secours des vents; les distances, parcourues autrefois en plusieurs jours, franchies aujourd'hui en quelques heures; les nouvelles portées d'un peuple à l'autre en quelques secondes, toutes ces immenses découvertes font plus que jamais de l'homme le roi de la création. Les villes n'ont plus besoin de s'asseoir sur les bords des fleuves, l'homme n'est plus obligé par son instinct de sociabilité de s'entasser dans un étroit espace ; à lui la terre dans toute son étendue. Il peut s'établir au milieu d'une luxuriante nature, y transporter son industrie, y vivre à la fois et de la vie des champs et de la vie des villes, car, à une distance immense, les campagnes liées entre elles par des communications rapides, ne formeront bientôt plus qu'une grande cité. Les peuples antiques s'aggloméraient pour vivre et prospérer ; les nations modernes, ramenées au but de la création
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par l'emploi de la vapeur, et n'ayant plus à craindre de s'égarer dans leur expansion, s'efforcent de se répandre sur la surface de la terre. Pourquoi ne pas profiter de cette tendance?
Jusqu'à ce jour on a surexcité l'industrie avec une extrême persévérance, on a produit, produit comme si le but de l'homme était de créer sans relâche, comme si le terme corrélatif de cette production incessante ne devait pas être la consommation. La société poussée dans cette voie, où l'on n'avait ménagé aucune issue, a pris le contrepied de sa destinée; supérieure aux anciennes civilisations par sa force de production et d'attraction, elle a voulu se renfermer, comme ses devancières, dans d'étroits espaces, et n'a pas tardé à y étouffer. Les richesses industrielles ont augmenté avec rapidité et ont semé, avec des besoins de plus en plus nombreux, une déplorable instabilité dans l'existence des populations. Le travail de la terre, qui fournit
la base même de la vie de l'homme, est resté en dehors des soins qui hâtaient la marche de la société, et n'a pas donné des résultats en rapport avec ceux de l'industrie. Ainsi, d'une part, il y a eu surexcitation de l'imagination par l'industrie, et de l'autre, négligence du moyen de modérer les écarts de cette imagination par le travail de la terre. 11 y a eu, d'une part, excès de produits amenant, dans un temps donné, inactivité parmi les populations, avilissement de leur travail; et de l'autre, production médiocre augmentant avec une grande lenteur. Il y a eu, d'une part, accumulation des richesses mobilières dans les villes, richesses qui deviennent la source de richesses nouvelles, et de l'autre, absence de ces mêmes richesses dans les campagnes.
Étudiez les causes constantes de nos commotions, et vous verrez qu'elles prennent toutes leur origine dans cette direction fatale qui a séparé ce
qui devait rester uni, et engagé l'humanité dans une voie fausse, opposée au but qu'elle doit atteindre. En créant les saisons diverses, les jours beaux et les mauvais , la nature a indiqué à l'homme que le travail des fabriques doit se marier aux travaux de la terre, y suppléer, quand ceux-ci sont impossibles. Les découvertes récentes , en abrégeant les distances, ont montré que Dieu en ordonnant pour leur bonheur la dispersion des hommes sur la terre^ et en mettant en même temps dans leur cœur l'instinct de la sociabilité, nécessaire au développement de leur intelligence, n'a pas agi en contradiction avec lui-même.
Les hommes d'État doivent tirer parti des découvertes qui ouvrent à l'humanité des voies nouvelles, c'est là leur mission. Il y a des époques de transformation pour les sociétés comme pour les individus ; une de ces époques semble arrivée pour la société française. Les grandes villes industrielles
sont devenues des camps permanents de barbares prêts à engager une lutte mortelle avec notre civilisation. Les campagnes inertes ou ébranlées semblent déserter de plus en plus la défense. Les esprits les plus fermes sont troublés, doutent de la légitimité de leur cause. Il n'y a plus de convictions profondes, et la résistance ne trouve d'appui que dans le sentiment de la conservation personnelle.
On a pu , avec de la persévérance , de la suite dans les desseins, créer ce monde industriel qui nous menace aujourd'hui. Les inventions dont on avait besoin et qu'on lui demandait, il les a trouvées ; il est donc temps de disperser ces ateliers, et de mettre à atteindre ce but la même persévérance que l'on a mise à les fonder. La richesse mobilière considérablement augmentée dans les temps modernes, a besoin de s'unir à la richesse immobilière, pour lui emprunter quelque chose de sa stabilité, et lui
communiquer un peu de sa mobilité ; car les variations extrêmes de la richesse mobilière se traduisent dans la vie de la nation par la misère, et la misère par la guerre. Nous ne nous dissimulons pas les difficultés que Ton éprouvera à changer ainsi la direction de la société. Les préjugés, les habitudes résisteront avec énergie. Il s'agit de déplacer des hommes, ou tout au moins de préparer la génération qui arrive à ce déplacement ; cela n'aura lieu sans doute qu'avec de grandes résistances et des souffrances momentanées. Mais ces résistances, il faut les braver , ces souffrances, il faut les supporter, puisque la transformation se ferait sans vous par l'action seule du sentiment de conservation que Dieu a mis dans le cœur des sociétés comme dans celui des individus, et elle s'opérerait au milieu de douleurs immenses, car la lutte s'établirait, non-seulement entre les divers éléments de la société, mais avec le gouvernement ; elle serait à la fois une lutte politique et une lutte sociale.
Résister d'une part avec énergie aux ennemis de la société , ne rien négliger de l'autre pour disperser les manufactures dans les campagnes, telle est la mission du gouvernement. L'industrie, nous le répétons , souffrira sans nul doute au premier moment de cette décentralisation ; il y aura augmentation dans le prix de plusieurs de ses produits, moins grande perfection dans le travail; mais, si à côté de ces inconvénients momentanés on se représente les campagnes vivifiées, et par les capitaux que l'industrie y apportera, et par le génie inventeur qui distingue les populations manufacturières ; si l'on se représente l'industrie devenant peu à peu le complément indispensable de l'agriculture, s'appuyant sur le sol pour donner quelque fixité à des existences sans cesse menacées dans leur lendemain ; si l'on songe aux mille manières d'agglomérer une foule de petits capitaux, et d'attacher un faisceau de propriétaires à un établissement placé sous une direction unitaire, on ne tardera pas
à voir se dérouler devant son imagination tout un monde inconnu. Le génie créateur de Phomme, éloigné des travaux agricoles par son impatience d'obtenir un résultat que l'industrie lui promet immédiatement, s'attachera de nouveau au seul fondement solide de toute société, et Ton arrivera ainsi à résoudre le problème de la grande propriété avec un grand nombre de propriétaires; constitution de la propriété qui permettra de tirer parti de toutes les richesses que la nature a réparties sur le sol, de donner à chaque parcelle de terre la destination qui lui est propre, d'appliquer au perfectionnement de la végétation terrestre les conceptions les plus hautes de l'intelligence. La science qui a fait faire des pas de géant à l'industrie, dirigera ses méditations vers l'agriculture, et de vastes exploitations, réunies sous une même direction, lui présenteront un champ d'expériences sans Hmites. Une fois l'humanité engagée dans cette voie, qu'elle s'efforce d'aborder au mi-
lieu de convulsions terribles, les relations des hommes entre eux se modifieront suivant les besoins, suivant les progrès de chaque jour. Ce travail d'exhaussement des couches inférieures de la société, sans abaissement des couches supérieures, s'exécutera d'autant plus paisiblement que la quantité des produits agricoles iront sans cesse en augmentant.
Mais avant que la démocratie se place sur le terrain oij elle pourra se développer dans le calme de sa puissance, que d'efforts à tenter, que de luttes à soutenir, que de résistances à briser ! Nous assistons , sans aucun doute, à un travail immense de transformation. Comment et quand s'accomplira-t-il? Les nations agricoles ont été les seules où des germes de démocratie aient commencé à apparaître. La terre donne une indépendance qui tient à la fixité du sol lui-même, et crée entre les hommes cherchant h la frronder, une
communauté de travaux qui ne tarde pas à faire surgir une sorte d'égalité. La démocratie doit nécessairement, au moment où elle tend à s'établir avec toutes ses conséquences , chercher son point d'appui où elle a essayé de le prendre toutes les fois qu'elle a tenté de naître. Comment y réussirat-elie ? comment le travail agricole , qui est la véritable base de la démocratie, se liera-t-il au travail industriel, qui partout a développé des aristocraties ; comment, dans cette fusion, respectera- t-on les fruits du travail de l'homme, sa liberté d'action et de pensée, et les sentiments naturels de son cœur? Voilà le terrible problème posé h la France, voilà ce qui fait dire à tout homme qui pense : La démocratie, c'est l'inconnu.