CHAPITRE CINQUIÈME
Les socialistes ont pris, depuis les événements de février, une position révolutionnaire des plus alarmantes, et leur nom est devenu un objet d'épouvante et de répulsion. Les juger d'après les idées du
moment, ce serait envelopper la légitimité du but qui a présidé à la naissance de leurs doctrines, dans le mépris mérité par plusieurs de leurs chefs ; ce serait abaisser les questions les plus élevées au niveau des hommes qui les flétrissent de leur contact ; ce serait renoncer au bien parce que l'on a cherché à en faire commerce et marchandise.
Le socialisme, pris dans son acception la plus haute, n'est autre chose que la démocratie vivante et militante. Que veut-il en effet? que demandet-il ? Il veut que l'on trouve une place à tous les membres de la société ; il veut que le développement des lumières, et par conséquent des besoins, ne soit pas un non-sens, une cruauté gratuite, car la civilisation n'éclairerait les intelligences que pour les jeter ensuite dans le désespoir. Il demande que l'on s'occupe sans cesse des portions de la société qui se trouvent en retard ; il demande que les hommes arrivés à la fortune et à la science ne croient
pas leur tâche accomplie tant qu'il y a au-dessous d'eux des êtres qui souffrent. Il dit, et avec raison, que ce n'est pas par des efforts individuels que l'on comblera le vide laissé par la production, que c'est une œuvre gouvernementale ; car le gouvernement d'un grand peuple ne se réduit pas à des mesures d'ordre et de police, il suppose aussi l'étude constante de toutes les misères et des moyens de les alléfirer.
Ces prétentions sont hautes, sans nul doute, elles sont peut-être irréalisables d'une manière absolue ; mais, ne nous faisons aucune illusion, ces prétentions sont celles de la démocratie elle-même ; elles s'accompliront, ou la démocratie ne sera qu'un rêve.
Comment voulez-vous, en effet, que des hommes qui ont une intelligence égale à la vôtre, des désirs semblables aux vôtres, restent calmes et impassi-
blés devant la misère, lorsqu'ils ont pour eux le nombre, car il s'accroît sans cesse par le fait même de la propagation de l'instruction ; le désespoir du courage , car ils ont tout à conquérir et rien à perdre , et enfin le pouvoir par le suffrage universel ? La démocratie étant le gouvernement du peuple par lui-même, il est impossible qu'il n'y ait pas dans cette foule d'hommes une aspiration continuelle vers une destinée plus heureuse ; il est impossible que cette multitude souveraine n'incline pas constamment vers ce but. La résignation, l'abnégation n'existent que dans les âmes élevées par des pensées sublimes, ou des âmes endormies dans l'ignorance ; or les âmes élevées ne sont pas communes, et l'ignorance disparaît tous les jours. Ah ! vous connaissez bien les dangers qui vous environnent ; et quand parfois votre pensée plane sur ce peuple immense, il s'échappe de votre bouche un cri de détresse , et vous vous demandez si l'instruction est un bien lorsqu'elle est ainsi prodiguée dans toutes
les couches de la société. Mais que ce soit un bien, que ce soit un mal, c'est le marche, marche de Bossuet. Le passé a fui, le présent nous presse, et
l'avenir est couvert de ténèbres.
Les socialistes n'ont dû leurs progrès et leur influence qu'à l'étude de la démocratie. Ils en ont saisi avec habileté les tendances, et ont mis en lumière les souffrances du peuple en ne se lassant pas d'en présenter le tableau. Croyez-vous qu'ils n'aient fait que du mal? Non sans doute, car sous le gouvernement passé, ils n'étaient pas des révolutionnaires; plusieurs de leurs journaux, entre autres la Démocratie pacifique , se dis(inguaient même par une modération qui descendait par moment jusqu'au ministérialisme le plus dévoué. Dans ce temps, les socialistes répudiaient avec énergie les théories démagogiques ; ils disaient : On verse des flots de sang pour assurer au peuple ce qu'il ne demande pas, la souveraineté; le premier de tous
les droits est celui de manger quand on a faim, et qu'on voit des comestibles étalés (1) . Leurs discussions, quelquefois empreintes d'exagération, présentaient sous leur vrai jour les dangers réels de la situation ; elles montraient le néant de ces théories qui prétendent amoitir les douleurs du jour par le tableau des douleurs d'autrefois. Prenez garde, disaient-ils, vous répandez à profusion les lumières, vous poussez la nation dans une ère de développement intellectuel qui fera surgir partout des besoins, et dans votre imprévoyance vous ne pensez pas aux moyens de les satisfaire.
En fait de bonheur, il n'y a rien d'absolu, tout est relatif. L'homme des champs, étranger au luxe, aux raffinements de la civilisation, est heureux s'il a une nourriture abondante, bien que grossière, un vêtement suffisant et une cabane où il trouve un abri
(t) Traité de l'Association domestique et agricole, par Ch. Fourier, t. I,p. 137, édit. de 1822.
pour lui et sa famille. Si, grâce à l'amélioration du chemin vicinal, cet homme visite la ville, s'il compare sa cabane de boue à la maison de pierre qu'il y admire, il retournera chez lui pensif, il trouvera que le vent souffle à travers ses murailles de bois, et glace ses membres que ne recouvre pas le drap fin et soyeux dont sont revêtus les citadins. Cet homme, heureux la veille dans son ignorance, souffre aujourd'hui. Généralisez ce fait si commun, appliquez-le à une nation tout entière ; voyez les chemins vicinaux perfectionnés aborder les routes départementales, les routes nationales se relier à ces voies rapides que l'on appelle les chemins de fer; songez à Tincessante surexcitation de l'imagination par les merveilles de l'industrie, et demandez-vous quels étaient les aveugles, ou de ceux qui disaient: Cela est beau, mais on ne peut impunément offrir de pareils trésors aux yeux d'un peuple si l'on ne trouve pas le moyen de l'en faire jouir, ou de ceux qui créaient, créaient sans cesse, comme
des machines inertes , sans penser au lendemain.
On ne peut pas, il est vrai, dresser des plans de société comme des plans d'architecture. Les moyens offerts par les socialistes ne pouvaient être acceptés; ils portaient tous, comme cachet, la création d'un monde idéal, ou bien ils se perdaient dans les nuages d'une critique sans conclusion. Les socialistes, en partant d'une pensée juste, avaient fini, du reste, comme tous les hommes vulgaires qui ont saisi une portion de la vérité ; ils avaient poussé leurs déductions jusqu'à leurs extrêmes limites, n'avaient considéré que la matière, et en écartant ces facultés brillantes et immatérielles qui élèvent l'homme au-dessus de toutes les créatures, ils n'avaient en définitive songé qu'à ses instincts. La question, bien posée à son origine, avait donc dévié de sa route, et cette déviation devait plus tard entraîner le socialisme dans la plus affreuse démagogie.
La Révolution de février, en faisant subitement passer le pouvoir dans les mains de la nation tout entière, dut nécessairement donner une impulsion nouvelle à la lutte incessante des différents éléments dont se compose la société. Les plagiaires des anciens révolutionnaires se montrèrent les premiers, et comme ils n'avaient ni clergé à dépouiller, ni noblesse à proscrire , ils cherchèrent naturellement à créer, sous le nom de bourgeoisie, une caste riche dont ils pussent se partager les dépouilles. Cette manière d'agir, digne de leur ignorance et de leurs passions, eût immédiatement transformé la révolution en un pillage , elle eût révolté la nation entière. Ce fut alors que les socialistes vinrent au secours de ces agitateurs sans idées.
Les socialistes, en matérialisant le but qu'ils voulaient atteindre, avaient fini par agrandir le nombre de leiu's sectateurs et par colorer de eu-
pides inspirations du vernis de la philanthropie et de la science. Que signifient ces souverains affamés et en haillons? avaient-ils demandé; que signifie cette révolution qui donne le pouvoir à ces hommes, si elle ne leur donne pas les moyens d'en user? que signifie enfin le mot démocratie, si l'instruction et la liberté réelle n'existent pas à la base de la société comme à son sommet ?
Le socialisme avait déjà tenu un pareil langage , mais c'était alors qu'il cherchait dans le silence du cabinet et dans le travail de la pensée les passes que devait franchir l'humanité pour arriver à une transformation pacifique. Le renouveler dans une société ébranlée par tant de passions et tant d'intérêts, c'était nécessairement quitter les voies élevées de l'intelligence pour descendre dans l'arène où allaient se produire de déplorables luttes. Le socialisme une fois mis au service des idées révolutionnaires dans une
LES SOCIALISTKS. lOÎ
société où tous les privilèges sont brisés, où la loi ne sert qu'à protéger les transactions libres, allait couvrir d'une apparence de raison les sauvages instincts des hoaimes que l'éducation n'a pas éclairés. Les formules socialistes furent adoptées avec empressement par des personnes qui n'en pouvaient pas saisir le sens, et livrées comme des armes de combat par des hommes qui en connaissaient bien la portée, mais qui les lançaient en guise de projectiles destinés à frapper de mort des adversaires impuissants à les réaliser.
Le mot droit au travail qu'on a voulu insérer dans notre constitution, ce mot qui a fait tant de bruit, a été inscrit sur tant de bannières, a servi à colorer tant de phrases vides d'idées, criminelles dans leur portée, appartient à un système socialiste complet, le seul peut-être qui ait été conçu .
Ce fut vers l'an 1808 qu'un jeune homme, employé dans une maison de commerce de Lyon, mit
au jour un livre étrange où ce mot fut prononcé pour la première fois. Dans une critique vive et mordante contre la société, il disait : Vous avez confisqué à l'homme civilisé des droits dont il jouissait à l'état de sauvage, et en compensation vous ne lui avez rien donné, pas même le droit d'obtenir le labeur dont il doit vivre. Si Dieu a condamné, ajoutait-il, le premier homme et sa postérité à travailler à la sueur de leur front , il ne les a pas condamnés à être privés du travail d'où dépend leur subsistance. Fourier était logique dans sa philippique contre la civilisation ^ car son ardente imagination créait un monde entier. Il fit suivre cette espèce de programme d'un livre où il enfantait une société toute nouvelle ; le mobile de la société, telle qu'il la conçoit, est l'attraction passionnée, c'est-à-dire l'impulsion donnée par la nature antérieurement à la réflexion, et persistant, malgré l'opposition de la raison, du devoir, du préjugé. Cette attraction passionnée, qu'il regarde
comme une permanente interprétation des lois de la divinité, doit donner l'impulsion au travail, et changer en plaisir ce qui est aujourd'hui un pénible devoir. Après avoir posé ce principe d'attraction comme loi universelle et du mouvement social et du mouvement matériel , Fourier étudie la nature de l'homme, analyse ses passions, détermine de quelle manière elles doivent se coordonner. De l'individu passant à la communauté, il parle ensuite des lois de l'association destinées à se développer sous l'empire de l'attraction, s'occupe du mécanisme des fonctions de production, de distribution, de consommation, et quand il a ainsi créé le village, base de son monde idéal, il cherche à déterminer les relations des villages dont l'ensemble forme l'état.
Dans ce dernier ouvrage, Fourier attaque coqDs à corps la société avec une vigueur, une logique que ses plagiaires ont imitées, mais n'ont pas éga-
lées. Il raille les théories révolutionnaires, reconnaît l'impossibilité où se trouve la société actuelle d'accorder le droit au travail (1), et la nécessité de sa transformation avant qu'elle puisse le proclamer.
Que dire maintenant, en face de ces déclarations si nettes, si logiques, que dire de ces hommes qui couvrent de ridicule et d'ironie la conception extraordinaire dont nous venons de parler, et y dérobent un mot isolé, une pensée sans suite, pour s'en faire un drapeau qu'ils présentent comme l'étendard sous lequel le monde est appelé à marcher, comme une formule de haine et de discorde destinée à armer une partie de la société contre l'autre?
Sans l'industrie attrayante, une association ou
(1) Association domestique et agricole, t. I, p. 138.
un État s'expose à solder la paresse et le vice, en avançant à l'ouvrier les instruments de travail que la banque inventée par M. Proudhon promet de fournir gratuitement.
Sans l'industrie attrayante, l'ouvrier ne travaillera que poussé par le besoin, et par conséquent il est impossible à la société de lui assurer un minimum de revenu destiné h l'empêcher de périr de faim et de misère.
Ainsi pas de milieu : ou acceptez cette brillante hypothèse de l'attraction industrielle, ou cessez de demander à la société des résultats impossibles à atteindre ; cessez de confondre la pensée d'assistance de l'homme par ses semblables avec un droit que vous ne pourriez concéder qu'en abaissant tout le monde et en n'élevant personne. Le droit au travail n'est un droit qu'à la condition de forcer le gouvernement à fournira chacun le genre d'occu-
pation qu'il a adopté, dans l'endroit même où il habite. Tout homme qui inscrit ce mot sur un drapeau ou veut l'écrire dans une constitution sans demander d'abord l'établissement du travail attrayant, est un homme privé de logique ou un fauteur d'anarchie.
Nous ne nous occupons pas ici des communistes; la base de leur système n'est autre que l'envie greffée sur une intelligence étiolée. L'égalité rêvée au milieu des facultés et des instincts si divers qui distinguent les hommes, n'est que l'abaissement de la société tout entière au niveau de ses derniers échelons. Tout homme de sens comprend l'inanité de semblables doctrines. C'est le vol, le pillage couverts d'un prétexte pour la multitude, et, ce qu'il y a de plus triste, protégés par la conviction sérieuse et sincère d'hommes incapables d'apprécier et de comprendre la nature de leurs semblables.
Les théories communistes ont trouvé dans un îittéraleur distingué un adepte passager qui, après les avoir honnies dans une critique mordante, a essayé de les relever en les enveloppant de formules économiques, qui masquent la grossièreté du but par l'élégance de la forme. M. Proudhon, en voulant enlever au numéraire toute valeur, en voulant proscrire l'or et l'argent qui n'ont été choisis pour intermédiaires dans les échanges que parce qu'ils étaient recherchés d'une manière h peu près générale à cause de leurs propriétés particulières, M. Proudhon a eu en vue d'y substituer unemonnaie de papier hypothéquée surla production totale du pays, non pas seulement sur la production pré sente, mais sur la production à venir. Tout ouvrier trouvera dans sa banque l'argent destiné à lui acheter des instruments de travail, et, avec cet argent, il obtiendra chez son voisin ce qui lui sera nécessaire. Cet étrange projet entraînerait forcément l'obligation d'accepter la monnaie de l'État pour
un objet forcément estimé à l'avance par une loi, ce qui enlèverait instantanément la propriété de sa chose à chacun, puisqu'on serait obligé de la livrer pour un chiffon de papier. Une combinaison semblable ne peutavoir qu'un but, celui d'avihr tous les produits, d'abolir la propriété individuelle, enla rendant inutile, puisque l'ouvrier, après avoir obtenu le papier de banque en vue du travail qu'il promettrait d'exécuter, pourrait fort bien ne pas le faire, et se servir de cet argent pour ses besoins du jour. Nous supposons ici que la banque ne refusera jamais son papier, que le possesseur de l'objet désiré ne pourra jamais le conserver à la vue de la monnaie offerte ; car si l'on ne donnait pas le papier à tout demandeur, la monnaie nouvelle serait bien près de ressembler à l'ancienne, on n'en aurait changé que la forme et la matière, et si le détenteur n'était pas contraint de livrer sa marchandise, on reviendrait nécessairement à ces heureux temps primitifs, où l'on troquait un bœuf contre une charrue, agréa- ■
» ble et commode passe-temps que M. Proudhon n'a pas pu désirer de rétablir.
M. Proudhon n'est pas un socialiste sérieux. Il parle des canaux de la production sans cesse débarrassés par une consommation extraordinaire , et sans cesse remplis de nouveau par le travail, réminiscence involontaire chez lui des conceptions de Fourrier, réminiscence illogique, car il raille avec une grande force la prétention de rendre le travail attrayant, et ne dit pas de quelle manière il poussera les hommes à beaucoup produire dans l'espérance de beaucoup consommer. Il parle d'ôter à toute propriété une valeur quelconque , et répudie le communisme. Qu'est-ce donc que M. Proudhon? J'ai entendu dire que dans ses veillées du soir, il ressent une excitation fébrile et compose comme s'il était assis sur un trépied. M. Proudhon est la sybille de l'anarchie. Le peuple l'entoure comme naguère les
populations antiques se rangeaient autour de la Pythie de Delphes, en acceptant comme des vérités incomprises les paroles incohérentes qu'il laisse échapper dans son furieux délire.
Un esprit logique n'est pas l'apanage des multitudes , l'imagination a sur elles plus de prise que la raison. C'est ce qui explique, dans un moment où tout le monde cherche la solution du grand problême social, la vogue extraordinaire de l'homme le moins propre à trouver cette solution. M. Proudhon est la négation faite homme ; il critique le lendemain ce qu'il a écrit la veille ; c'est le Bayle moderne essayant de briser le monde matériel comme l'ancien Bayle a tenté de le faire pour le monde intellectuel.
La popularité de M. Proudhon est un triste symptôme pour notre société. Le problême social posé à son origine dans des termes acceptés,
sinon explicitement, du moins implicitement, par tout homme qui comprend quel but doit forcément atteindre la démocratie, ce problème est obscurci aujourd'hui par une tendance anarchique destructrice de tout progrès passé et à venir, et le peuple, caressé dans ses instincts, dans ses désirs, résistera difficilement aux suggestions qu'on lui prodigue de toutes parts. Les socialistes de toutes les nuances sont unis aux révolutionnaires les plus inintelligents et les plus pervers ; ils font appel à tous les instincts soit d'envie, soit de convoitise, ils promettent toutes les félicités, toutes les joies, et, adns un monde où tout bien n'est que l'œuvre du temps et du travail, on dit à un peuple qui s'ignore lui-même, qui ignore les conditions de l'existence d'une société : Lève-toi, frappe et détruis ; tu anéantiras ainsi le talisman qui t'attache à une vie de douleur.
La société, sans nul doute, doit s'engager dans
une route nouvelle, les découvertes modernes la poussent dans une autre voie. La mission d'un gouvernement intelligent est de l'aider dans l'œuvre de transformation qui doit s'accomplir ; mais il n'appartient à personne de lui tracer les règles qu'elle suivra, de dicter les rapports qui s'introduiront entre les hommes. Ces rapports se forment avec le temps, par suite d'une direction générale que la société se donne elle-même, plus ou moins laborieusement, suivant l'habileté de ceux qui sont appelés momentanément à la diriger. Chercher à prévoir ceschangements, c'est l'œuvrede la science; chercher à les provoquer par la violence, c'est le fait d'une folie orgueilleuse et insensée, sinon de passions odieuses et spoliatrices. La société marche forcément, fatalement vers le but que Dieu lui a assigné , et si l'homme peut provoquer chez elle bien des douleurs par des résistances intempestives, il n'en produira pas de moins cuisantes par des tentatives folles pour conquérir, avant que l'heure ait
sonné» les résultats que la Providence lui réserve. Étudier le monde moderne dans sa marche, dans ses progrès, partir des progrès accomplis pour en obtenir de nouveaux, voilà la mission de l'homme d'Etat, voilà la véritable tâche que le socialisme s'était donné et qu'il vient de déserter.