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CIRCULAIRE AUX ÉLECTEURS DU VAB

(15 mai 1863)

Mes chers amis ,

J'aurais désiré vivement venir vous remercier moi-même de m'avoir choisi pour votre candidat aux prochaines élections; mais, vous le savez, dans les gros temps le pilote reste au gouvernail : ni mes collègues, ni moi, ne pouvons en ce moment quitter Paris, d'où part et où ahoutit le mouvement électoral de la France entière.

Je veux du moins que vous sachiez combien je suis reconnaissant et touché du souvenir fidèle que vous m'avez gardé.

Laissez-moi vous dire que vous ne pouviez choisir personne qui fût avec vous dan3 une plus complète communion de sentiments et d'idées. Ne suis-je pas un enfant de votre admirable pays ? Ne lui ai-je pas confié ce que j'ai de plus cher? Depuis 1848, n'ai -je pas partagé toutes vos vicissitudes, et les joies et les douleurs ne nous ont-elles pas été communes?

J'accepte donc la candidature, mais à une condition : c'est qu'elle sera pour vous le signal du réveil, et que, dans l'intérêt général, vous ne reculerez devant aucun effort pour quelle triomphe.

Vous devez me rendre la justice que je ne vous ai jamais donné que des conseils de sagesse et de modération ; qu'en

vous demandant d'être fermes je ne vous ai pas rendus imprudents, et que jamais aucun de ceux qui ont écouté mes paroles n'a été compromis.

Croyez- moi donc lorsque je vous assure que vous pouvez voter pour moi et défendre ouvertement ma candidature, sans courir aucun danger.

Je ne vous prémunis pas contre les promesses électorales ; vous savez ce qu'elles valent : ce sont des bulles de savon ; la lutte terminée, il n'en reste rien.

Mais je veux vous rassurer contre les menaces.

Depuis l'amnistie , tous ceux qui ont été frappés en 1852 sont replacés dans la situation des autres citoyens : ni la loi de sûreté générale , ni aucune autre loi spéciale ne peut les atteindre.

Or, maintenant que j'ai déposé mon serment à la préfecture et rempli les formalités légales, tout citoyen peut, sans être inquiété, annoncer, soutenir, propager ma candidature: répandre cette circulaire , distribuer des bulletins de vote soit imprimés, soit écrits à la main.

Ne vous contentez pas de braver les menaces : si on vous en fait, constatez-les , afin qu'elles soient punies. Ainsi, si l'on„vous dit que les chambrées de ceux qui ne voteront pas pour le candidat officiel seront fermées, ne vous laissez pas intimider ; assurez-vous la preuve du propos par des témoins dignes de foi, et je vous l'affirme, nous en obtiendrons justice.

Si l'on vous demande ce que vous voulez, répondez : la liberté par les moyens léoaux et constitutionnels, le couronnement de l'édifice , selon les paroles mômes de l'Empereur.

Si l'on vous demande pourquoi vous me nommez , répondez : parce que vous me connaissez et parce que je vous aime.

Si l'on vous demande quels sont mes principes, répondez : que depuis 1848 je veux la liberté sans le désordre, mais l'ordre sans le despotisme; — que depuis 1857, également éloigné de l'approbation systématique et de l'opposition

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