CIRCULAIRE AUX ÉLECTEURS DU HAVRE
(22 mai 1863)
Électeurs,
J'ai été l'un des cinq. Ces simples mots vous disent quels sont mes principes.
J'ai été l'un des cinq : c'est-à-dire qu'également éloigné de toutes les exagérations, ferme, mais modéré, j'ai poursuivi infatigablement, pendant six années, l'alliance de la démocratie et de la liberté.
Sans la démocratie, la liberté n'est qu'un privilège pour quelques-uns ;
Sans la liberté, la démocratie n'est qu'oppression pour tous.
Je ne veux ni privilège ni oppression.
Je veux que les démocrates deviennent libéraux et que les libéraux deviennent démocrates.
Je veux que les libéraux prennent leur parti de l'avénement du peuple, et que pour lui ils aient amour et dévouement.
Je veux que les démocrates sachent que tout n'est pas fini quand on a participé à la constitution du pouvoir social, et que, sans la consécration des droits individuels par la liberté, il n'y a, pour une nation, ni dignité morale, ni prospérité matérielle assurée.