‹ Démocratie et libertéChapitre 17 sur 68 · CIRCULAIRE AUX ÉLECTEURS DU HAVRE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE AUX ÉLECTEURS DU HAVRE

Électeurs,

Un réveil de l'esprit public se manifeste dans la France entière. Je vous demande de prendre part à ce mouvement, je vous adjure de faire cesser une trop longue abstention.

L'abstention, c'est la désertion ou le suicide.

Debout donc ! Qu'aucun de vous ne manque au scrutin des 31 mai et 1er juin. Il est temps d'opposer une résistance légale aux entraînements du pouvoir.

Vous, cultivateurs, rappelez-vous que la liberté seule peut empêcher l'augmentation des dépenses et l'aggravation des impôts qui en est la suite ; qu'elle seule peut rendre impossibles les expéditions lointaines et stériles comme celle du Mexique; qu'elle seule enfin peut permettre de ramener à quatre-vingt mille hommes le contingent annuel de cent mille hommes, et de conserver ainsi au travail des champs des bras dont il a besoin.

Vous, négociants, armateurs, dont les navires sillonnent l'Océan, rappelez-vous bien que la liberté est 1 arae môme du commerce : c'est par la liberté que la commerçante Angleterre est devenue puissante ; c'est la liberté qui vous donnera les moyens de lutter avec elle et de la vaincre. Quand la liberté manque, des décrets imprévus modifient sans cesse les tarifs de douane, les aggravent ou les abaissent, de telle sorte qu'une incertitude redoutable plane sur les affaires. Et ne croyez pas que la liberté commerciale suffise ; les libertés sont des sœurs dont la puissance est à ce prix qu'elles soient toujours unies.

Debout donc, sans hésitation et avec ensemble! Et vous triompherez.

Quoi qu'il arrive, du reste, un lien sérieux sera établi entre nous. Vos intérêts maritimes, commerciaux, agricoles sont tellement importants, que les défendre, c'est défendre l'intérêt général. Mais désormais, ils seront l'objet de mes études et de mes préoccupations spéciales, je les soutiendrai avec autant d'ardeur que si j'étais l'un de vous. Votre tout dévoué.

CIRCULAIRE AUX ÉLECTEURS DE LA SEINE (25 mai 1863)

Électeurs,

Je n'ai plus a vous raconter mes actes et à vous exposer mes doctrines.

Vous connaissez notre but : l'alliance de la démocratie et de la liberté.

Vous n'avez pas oublié notre moyen : la justice.

Sans la démocratie, la liberté n'est que le privilège pour quelques-uns ; sans la liberté, la démocratie n'est que l'oppression pour tous; je ne veux ni le privilège ni l'oppression.

Admirer toujours est servile; blâmer quand même est injuste : je ne veux ni l'approbation systématique, ni Topposition systématique.

Qui oserait nier maintenant les succès de cette politique?

Nous sommes entrés trois au corps législatif ; l'année suivante nous étions cinq; aujourd'hui, qui ne désire imiter notre exemple?

Depuis 1852, l'abstention nous énervait; l'action nous a rendu des forces. Aujourd'hui, la France se réveille, se cherche et se retrouve.

A vous, électeurs de Paris, l'honneur d'avoir commencé ce mouvement ! A vous le devoir de le continuer !

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