‹ Démocratie et libertéChapitre 49 sur 68 · LA MODÉRATION INSIDIEUSE · texte numérisé non relu

LA MODÉRATION INSIDIEUSE

de Maistre : « La vérité, en combattant Terreur, ne se fâche jamais. »

Je comprends, du reste, fort bien que notre modération vous embarrasse; vous nous préféreriez violents, injustes, agressifs ; si même nous étions un peu conspirateurs et un peu démagogues, cela vous accommoderait à merveille. Vous pourriez plus aisément nous combattre, nous réduire ; vous pourriez, avec la chance d'être cru, évoquer la révolution et tous les spectres terribles, écarter de nous les honnêtes gens, les citoyens paisibles, et arrêter le mouvement tous les jours plus prononcé qui entraine les esprits vers la liberté !

N'espérez pas que nous vous donnions jamais cette satisfaction. Notre modération est trop sincère, elle est le résultat d'une exigence de conscience trop impérieuse pour qu'il nous soit possible de nous en départir à notre gré. Mais eussions-nous cette tentation et la possibilité morale d'y obéir, naos en serions empêchés par la certitude du déplaisir que notre prudence vous cause. Prenez-en donc votre parti, monsieur le sénateur; nous resterons modérés, constitutionnels, pas du tout révolutionnaires, et désireux seulement des réformes possibles et des progrès 'raisonnables. Nous avons été imperturbable quand les attaques nous venaient du côté gauche ; il nous sera d'autant plus aisé de l'être, en présence des attaques du côté droit, que nous n'aurons plus à vaincre notre cœur. Et si, désormais, il plaisait à quelqu'un de renouveler contre nous et contre nos amis, le procédé que nous relevons aujourd'hui à cause de l'autorité et du talent de celui qui l'a employé, nous ne répondrions plus que par l'indifférence du dédain.

UN ARTICLE DU CONSTITUTIONNEL (17 avril 1866)

Nous pensons que les insultes et les injures ne nuisent qu'à ceux qui se les permettent. Aussi reproduirions-nous en entier, si le défaut d'espace ne nous en empêchait, l'article que le Constitutionnel , à la suite du Pays et de la Francey consacre à M. Émile Ollivier. Cet article, hàtonsnous de le dire, n'est pas signé par l'honorable M. Limayrac. Le signature de M. Boniface indique bien qu'il s'agit d'un écrivain requis pour la circonstance. On le nomme autour de nous. Quoi qu'il en soit, ne pouvant insérer tout l'article, nous en extrayons les principales aménités qu'il contient :

- M. Émile Ollivier est un vaniteux rempli de prétentions réjouissantes ; — son discours au corps législatif, en réponse à M. Rouher, n'a été qu'une pénible harangue ; — son article sur M. Delangle n'est qu'une inqualifiable diatribe ; — d'un bout à l'autre de cet article M. E. Ollivier invente les textes et fausse les rôles ; — il fabrique un faux compte rendu de la séance du sénat ; — il a offert au tiers-parti, en sa personne, un général assez compromettant et qu'il ne de-

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