Krieg und Kullur, dans la mèiiie HÔrie
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tufig, travaille contre les petits Etats... Ce principe est la raison profonde du sort cruel de trois peuples : les Belges, les Polonais, les Serbes... L'idée de l'État serbe se trouve en conflit avec ce principe général de l'Histoire ^ »
Ces tendances de l'opinion publique allemande, à tous les dégrés de l'échelle sociale, projettent une lumière éblouissante sur la politique de l'empire. Les documents des divers livres diplomatiques fournissent la meilleure illustration à la philosophie de la politique étrangère de l'Allemagne. Tout le monde connaît la conversation de M. de Jagow, sous-secrétaire d'Etat des Affaires étrangères, avec M. Gambon, ambassadeur de France, au sujet des ambitions allemandes sur le Congo belge. Gomme M. Gambon se récriait, M. de Jagow lui répondit avec un sourire que Ton sentait supérieur : « La Belgique est si petite^ ! »
L'idée de la hiérarchie des puissances apparaît dans la cause immédiate de la guerre; à la suite de l'assassinat, encore mystérieux, du prince héritier d'Autriche à Serajevo, l'Autriche adresse à la Serbieun ultimatum dont celle-ci, sur le conseil des puissances amies, désireuses de conserver la paix, accepte tous les termes; mais cette attitude soumise ne suffit pas à l'Autriche, imprégnée des doctrines allemandes ; cette grande puissance prétend, en dépit de toutes les satisfactions accordées, faire contre la Serbie une expédition punitive, une Slraf expédition. La thèse de l'Allemagne et de l'Autriche du 26 juillet 1914 est qu'il ne s'agit
1. Cité dans Rheinisch- Weslfalische Zeitiing, 2Q novembre 1915.
2. M. de Jagow exposa à M. Gambon (dépêche du 2 avril 1914 adressée par M. le baron Beyens, ministre de Belgique à Berlin, à M. Davignon, ministre des Affaires étrangères, dans le Livre gris de 1913, document n" 2) que les petits États n'auraient pas le droit de coloniser : l'Allemagne, la France, l'Angleterre se seraient partagé le Congo belge. Les petits États ne pourraient plus mener dans la transformation qui s'opérait en Europe au profit des nationalités les plus fortes, par suite du développement des forces économiques et des moyens de communication, l'existence indépendante dont ils avaient joui jusqu'à présent. Ils étaient destinés à disparaître ou à graviter dans l'orbite des grandes puissances.
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pas en réalité d'une guerre contre la Serbie : il s'agit d'une exécution locale, d'une correclion infligée par une grande puissance à une petite ; les autres puissances ne pouvaient pas s'immiscer dans cette correction. Le 28 juillet, l'ambassadeur d'Allemagne à Paris donne l'assurance que cette expédition n'aura pas pour résultat un démembrement de la Serbie; mais, lorsqu'on lui demande si l'indépendance de la Serbie sera également respectée, il ne peut donner aucune assurance. La guerre a donc commencé. sur une méconnaissance de l'égalité des États.
Le second acte de la guerre a été la violation du Luxembourg et de la neutralité belge. « La guerre actuelle, a dit le sénateur brésilien Ruy Barbosa, a mis en pièces la Magna Charta de l'égalité juridique des nations. »
On devine de quels secours ont été, pour les empires du Centre, les théories sur le microstatisme, lorsqu'il s'est agi de justifier ce crime. Walter Schœnborn, professeur de Staatsrecht à l'université de Heidelberg, n'a pas reculé devant la tâche difficile de faire l'apologie de cet acte ^ . N'allez pas croire cependant qu'il^oit le moins du monde gêné par les aveux de M. de Bethmann-Holhveg à la tribune du Reichstag, le 4 août 1914- Le discours « du grand, du noble chancelier » n'était qu'une feinte pour séduire la Belgique et obtenir le libre passage. C'était, ditW. Schœnborn, un acte politique, ce n'était pas un exposé de principes juridiques. Il n'ajoute pas, mais le sous-entend : ce n'était pas l'expression de la vérité. D'ailleurs, la Belgique avait enfreint elle-même sa neutralité, c'est l'agneau qui a voulu manger le loup : Schœnborn néglige de préciser que, quand même ce fait serait patent, — et chacun sait qu'il n'en est rien — l'Allemagne l'ignorait au moment où elle a envahi la Belgique, et que par conséquent la criminalité de son acte reste, au point de vue moral, intégrale. Après avoir pris ces licences avec la vérité, Schœnborn s'essaie aux théories proprement