T.u'dieu, France et AlUancen, p. li
2. h.i's cet ordre d'idées, on |iouiT;ut peut-être reprochera noire diplomatie un excès de inodesti<' ot d'effacement : dans la faitiilh' des Alliés, la Franche, <|ui a nuontestablement support)' \ ciYort le plus violent des empirts 'lu Centre, a peut-être pris, ; ;s souvent qu'à son tour, une allil.udede parent pauvre.
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L'absurdité et la mauvaise foi de ce raisonnement n'empêchent pas nos représentants de se trouver dans une situation embarrassée. — Ces constatations nous amènent à une double conclusion : au point de vue constitutionnel, il faut bien réfléchir sur la question de savoir s'il n'est pas d'une extrême urgence de relever^ par exemple au moyen d'un élaigissement de son origine élective, la situation du Président de la République K Lorsque, à l'occasion d'une simple crise ministérielle, M. de Radowitz disait à nos représentants à Algésiras : « Vous n'avez plus d'instructions ; faisons nos malles », il oubliait la continuité de la politique française en dépit des changements de personnes, et il exagérait l'effacemenl; dans lequel nos mœurs parlementaires ont relégué la présidence; mais il n'aurait certainement pas été tenté d'opposer les mêmes arguties au représentant des États-Unis, dans le cas où le président de la République américaine aurait renvoyé son secrétaire d'État. De ces faits, on peut tirer davantage une objection contre notre organisation de la démocratie que contre la démocratie elle-même. — Cela ne nous empêche pas d'ailleurs de reconnaître que la démocratie se laisse absorber par les préoccupations d'ordre social quand ce n'est pas par des luttes religieuses : il y a une œuvre d'éducation internationale du peuple, à laquelle doivent collaborer la presse et tous ceux à qui leur situation permet d'exercer une influence sur l'opinion publique.
Il ne faut pas méconnaître davantage les périls auxquels est, par sa nature même, exposée la démocratie dans le" domaine de la politique étrangère. La loi des volontés heureuses, c'est, en matière internationale comme ailleurs, la permanence, la liberté, le secret. Or, la démocratie a une tendance à l'instabilité, il est nécessaire pour y porter remède de maintenir ou de renforcer les organes chargés d'incarner la tradition, la stabilité, de créer le point fixe : le Sénat, et surtout
1. Joseph-Barthélémy, le Rôle du pouvoir exécutif dans les républiques ^modernes.
fa présidence de la République. Il faut mellre à l'abri des atteintes de J'électoralisme la solidité de nos charpentes administratives. Le bilan que nous avons essayé d'établir avec sincérité nous interdit de proclamer la faillite de nos institutions. Elles ne réclament pas une refonte totale. Elles sont cependant susceptibles d'amélioration. La démocratie, naturellement jalouse, se méfie de l'Exécutif et lui refuserait volontiers la liberté nécessaire d'action : il faut défendre les prérogatives du Gouvernement et faire comprendre aux masses qu'elles sont souvent une des conditions de la grandeur du pays. La démocratie réclame comme un de ses principes fondamentaux la publicité : il faut que, dans son propre intérêt, elle laisse parfois son gouvernement mener des négociations et conclure des ententes secrètes. Ce ne sont là que des aspects du grand problème général qui préoccupe depuis longtemps publicistes et hommes d'État : Quelles institutions une démocratie doit-elle adopter pour ne pas verser du côté où elle penche, et comment doit-elle s'y prendre pour se tempérer elle-même ? C'est l'exameft de ce problème, porté sur le terrain de la politique internationale, qui fera l'objet du chapitre suivant.