Chardon, la République viclorieuse, p
inutiles les efforls. Aujourd'hui encore, les idéologues qui se berçaient avant la guerre des formules pacifistes (« Ne faisons rien! désarmons! l'Allemagne ne nous menace pas ») cherchent des u garanties décisives, absolues, souveraines ^ » qui permettront de contraindre l'Allemagne vaincue, l'Allemagne de demain, au respect des traités : parmi ces remèdes magiques, ils placent la démocratisation. Or, les institulions politiques ne sont que des outils qui valent ce que vaut l'ouvrier, c'est-à-dire le peuple. Il n'y a pas une démocratie, il y a des démocraties : il y a, par exemple, une démocratie idéahste et généreuse, la France; il y a des démocraties pacifiques à tendances internationales, et il y a des démocraties guerrièresà tendancesétroitement nationalistes, comme les démocraties de Mazzini et de Kossuth. Dans le numéro d'avril i852 de la Westminster RevieWy Mazzini, au nom de la démocratie italienne, adjurait l'Angleterre monarchique et pacifique d'abandonner les théories de Cobden et de se jeter dans des guerres européennes pour soulager les soutTrances des peuples opprimés; la démocratie allemande, si jamais elle existait, serait allemande, et ce mot dispense de tous autres développements. Pour une période dont rien, hélas ! ne me permet d'apercevoir la fin, il n'y a pas d'autre moyen d'assurer la paix du monde que d'en revenir aux conseils de la sagesse antique : que les Alliés restent assez forts et assez unis pour inculquer profondément à l'Allemagne la conviction qu'elle paierait cher de nouvelles agressions. Quant au devoir présent, il est clair : il ne faut pas perdre son temps à rechercher les moyens de réformer l'Allemagne, et principalement la Prusse. Cette « mauvaise » nation, comme disait Bonaparte, considère la guerre comme son industrie nationale. Et jusqu'ici, en effet, toutes ses entreprises d'agression ont été admirablement « payantes » ; il faut lui montrer par la victoire qu'il n'en sera plus ainsi. Elle a eu foi dans sa caste militaire; que les armes lui montrent que sa caste militaire l'a trompée. Et elle