‹ Démoctatie, et politique étrangère;Chapitre 107 sur 137 · Max Ilubcr, der Schw erische Slaalsgcdanke, Zurich · texte numérisé non relu

Max Ilubcr, der Schw erische Slaalsgcdanke, Zurich

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mands ; c'esl un trésor acseumalô par uns famille noAiorn»le; elle e«t Fécba des nMcuors^ cbe» croyancesy àmi douleur» sQbiea en cammcrn; eUe rappelle les itnpreaskmft, les sauTenicrs de renfanee balbuliante; eUe est iii8<frarnenl d'unité^ piusopi^elle es& rinsfinftmeDi nécesisairedela ccNBnumicatîon des pensées..., etc. El tout cela est vrai. Elle peut èlre, dans uae certaine mesure, Tun des éléments déternainateurs de la volonté de former une nation; mais '\\ serait caniraire au droit démocratique de la faire prévaloir sur cette vok^nté ^

Il en est de même de la religion. Une même conception des mystères autorise à faire supposer une même nature d'âmes, et elfe peut être considérée par conséquent comme une raison de concorde et d'union. Et l'histoire montre d'ailleurs des cas dans lesquels la religion a été un des éléments déterminants d<^ la formation des États.

C'est ce qui est arrivé dans l'histoire des Pays-Bas. Trois groupes ethniques, chacun avec sa propre langue, y vivaient côte à côte : les Hollandais, les Flamands, les Wallons. Hollandais et Flamands appartiennent à la môme race» à la même langue, le flamand n'étant qu'une dérivation du hollandais : ils semblaient donc appelés à former un seul État ; mais un abîme a été

1. Le pcûfessfiur Wagaer» invor{uait le priocipc des nationalités pour jusLifler Tannexion à rAIIemagne de l'Alsace-Lorraine. L*mdic& eer^arrn de la Aationalitè étail pour lui la tangue. H ajoutait — et Ton peut se deniand'er s'il prélenciaiL parler sérieuseraenl ou s*il maniait lourdement une ironie cruelle : « Nous teup rendons le droit suprême, le droit le plus précieux d'un peuple : celui d'appartenir à leur propre nationalité. 11 est . vraî qu'ils âe?ronL eomnaiencer par apprÛMËre de nouveau à apprécier ce droit.. » El9€us und Lcthringen und ikre Wiedergewinmtng fUr DeàùseMand. Traduit par Helriier» dajis Marches da VEst^ 15 mars 1911, p. 645. Kien n'indique mieux la portée matérialiste, antitibérale, antihumaine, aolijiuridique,de la déformaiion allemande de la tliéorie des nationalités. — Les app^ tita allemands, basés sur la prétendue parenté des langues, sont déiinis par la devise qui s'étale en tète du journal Htintdail org^ane de 1' « A.Udeutsche Sprach-und ScfenfiYer^in •• : « De Skagen à l'Adriatique, de Boulogne à Narra^ de Besancon à La mer Noire »,

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creusé entre eux par uoe différence de religion. La Hollande est devenue une des forteresses du calvinisme; au contraire, les provinces belgiques, peutêtre grâce à la manière plus que forte du duc d'Albe, sont restées catholiques. Ainsi la religion sépara les Hollandais et les Flamands, proches parents de race et de langue ; et, au contraire, la commune foi catholique a réuni Flamands et Wallons. A méconnaître ces faits historiques, TEurope de i8i4 a créé quinze ans de difficultés et de malaises, qui n'ont cessé que lorsque, au lendemain de la Révolution de i83o, lés grandes puis* sauces se sont résignées à reconnaître Tinévitable : la formation d'un État belge, dont Tunité vient d'être définitivement cimentée par Tinqualifiable crime de l'agression allemande *.

De môme, pour la Pologne, pour Tlrlande, la fidélité à la religion catholique a été une des manifestations de là persistance de I9 nationalité, en dépit de Tannexionà des États de religion dilîérente. D'autre part, dansTidée panslave, il y a certainement un élément religieux.

Mais nous ne pouvons encore ici que répéter ce que nous avons dit des autres éléments extérieurs de la nationalité : si la religion peut, pour partie, former la volonté d'un groupe de se constituer en nation, elle ne saurait la remplacer. Si les habitants du Banat veulent devenir serbes, on ne saurait les en empêcher en invoquant leur religion dilîérente *.

Dans la conceplion saine, française et démocratique, le principe des nationalités n'est que l'extension à la politique internationale du principe de la souveraineté du peuple. Un groupe national est respectable dès qu'il

1. A la veille de la guerre, lemouvement « flamingant » était vu avec sympathie par les Allemands et les catholiques de Belgique, alors qu'en lî>30, les catholiques étaient antihollandais.

2. Le professeur Bornhak considère comme dérisoire la prétention des (iroaLes de s'unir aux Serbes, parce que les Croates sont cathulicpies. Orenzijoten, 28 février 11)10, p. 229. C'est aux intéressés eux-mêmes à juger si la question religieuse doit les séparer. Ces considénitions nous expliquent pourquoi l'Autriche a vu d'un mauvais œil la conclusion, à la veille de la guerre, d'un concordai entre la Serbie et le Saint-Siège.

a le sentiment et la volonté de constituer une unité. Par conséquent, l'élément caractéristique de la nationslité, c*est un élément psychologique, un élément de conscience. Sans doute cette âme de la nationalité s'appuie sur Un corps composé d'éléments matériels et extérieurs : tradition historique, langues, races, configuration géographique du territoire occupé, etc. Mais dans la doctrine véritable, l'élément essentiel de la nationalité, c'est un élémentintime, un élément de conscience : la volonté de constituer un groupe indépendant ou de se rattachera un groupe politique antérieurement formé. Un groupe national ne peut faire partie d'une communauté politique contre sa volonté. Contre cette conception, les professeurs allemands n'ont pas assez de sarcasmes : est-ce que les enfants sont consultés sur la nMÛson où doit s'installer la famille? Le père décide, et les enfants n'ont qu'à obéir. Cependant, les professeurs allemands ont une doctrine de la nationalité : mais c'est une doctrine vidée de son élément psychologique, dépouillée de son âme; c'est une doctrine matérialiste qui repousse l'élément de volonté pour ne faire place qu'aux fatalités de race, « au déterminigme » géographique, historique, économique. Ce sont là de grands mots qui cachent de petites choses. C'est un pathos philosophique qui veut habiller de la robe professorale des prétentions politiques, des ambitions, des appétits. Les professeurs ne font que paraphraser la formule de Hegel à sa leçon d'ouverture à l'Université de Berlin : « Rien n'est plus absurde que de concevoir un État idéal en dehors de rÉlat réel. » La doctrine officielle allemande n'éprouve pas le besoin que rÉtat soit en même lemps m\e patrie; elle n'est pas arrivée à la notion moderne du patriotisme, c'est-à-dire à cet attachement rationnel à une communauté politique dont le* citoyen a le sentiment qu'il est un des éléments actifs. Il s'agissait, il y a quelques années, d'élever un monument au général Yorck, à l'occasion du centenaire de i8i3, et on proposait d'inscrire sur le piédestal. « A la patrie allemande » : Deru deutschen Vaterland, Mais l'aîné des descendants du général, le comte Yorck, trouva cette inscription trop

43fi LA DÉMOGBATiE. DE» NATIONS

imprégnée de jacobiuisme, el il exigea ees> simples maU : Dem preuszischea Staat ^

(( Eq A^Uemagner dit Emsl TL*oeltsc!i, FËlaL n'est pas le. produit des individus, de leurs ialéréis el dA leups affinités ethniques. II. est antérieur et supérieur aus in^ dividus comme un produit de l'histoire... L'unité naiio* nale constitue assurément un grand avantage politique mais non une indispensable nécessité. Ce point de v«e se.il est capable de faire tomber la fièvre démocratique des nationalités qui bouleverse l'Euiope*. »

Ce même esprit de matérialisme historique imprègne une élude récemment publiée par le professeur Conrad Borjihak : Dus XatioaaliUitsprinzIp und der Krieg ^. « La paix allemande, dil-iUne se fera pas sur le principe dss nationalités, car elle ne doit pas se faire sur de& chU mères el des idées fallacieuses^ » Au concept surtoiy< ps diol(>(^i({iie de nationalité, il oppose Tidée de race. Et d'après celle notion, il juge les prétentions des Éials acluoUeraeut en contlit : Pourquoi, dit-il, TLlaUe revendique l-elle Trente et non pas (v Nizza »? Qae Ni' -e veuille rester française comme elle a voulu, le devenir, c'est un fait, pour Bornhak, absolument dénué d'itn )oilance. L'Alsace-Lorraine n'est qu'en o^iueriié de race française : elle est allemande sans s'en doutée. (( Le 11 Mchsland, écrit Bornhak, n'est habité que pour un dixième par des habitants de langue française, près des IVo litières lorraines. Pour les autres neuf dixièmes^ ce sont des Deutsche, Alleniannen und Franken au nombre d'un million et demi; les Français atteignent à peiiie deux cent mille. La n^union à la France serait co'ilraire au piincipe des nationalités^. » Los Allemands se s Tvenl parfois du principe des nationalités, mais ils

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