‹ Démoctatie, et politique étrangère;Chapitre 4 sur 137 · PRÉTENDUE BANQUEROUTE DIPLOMATIQUE DE LA DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

PRÉTENDUE BANQUEROUTE DIPLOMATIQUE DE LA DÉMOCRATIE

SOMMAIRE

L^afflrnaation de l'infirmité internationale de la démocratie par Bismarck, Maurras, Bainville, Broglie» Tocquevillep Sembat, Hauriou...

SECTION I

Z>a thèse de l*infirmité internationale de la démocratie.

S 1. ^ Les vertus de la monarchie : unité, continuité, permanence, secret.

S 2. — Les moyens de la monarchie : a) Alliances de famille ; b) L'influence extérieure de la personne du roi : Victoria, Edouard VII; c) Le personnel diplomatique serait supérieur dans les monarchies; d) L'histoire.

SECTION II

Examen de la thèse de l'incapacité diplomatique de la démocratie.

S 1. — La continuité, prétendu privilège de la monarchie.

] 2. — Examen des moyens de la monarchie : a) Pactes de famille, alliances dynastiques. — Peu de poids des liens de famille dans les conflits des nations ; b) Les revers de l'action personnelle du monarque.

S 3. — La prétendue infériorité du personnel diplomatique dans les démocraties. — Le recrutement du personnel diplomatique dans la bourgeoisie aisée : préventions démocratiques. — Le recrutement du personnel diplomatique des monarchies dans

raristocratie du royaume : ses résultats. — Le personnel de carrière. — Les outsiders. — Les'^rands diplomates qui ont bien servi la France.

{ 4. — L'aptitude diplomatique de la démocratie prouvée par rhistolre de la troisième République. — Double devoir de& démocraties qui sont en même temps de grandes puissances.

— Les erreurs de la diplomatie française : erreurs turque, bulgare, grecque. — La démocratie fait-elle la faiblesse des coalitions ?— Esquisse d'application à la diplomatie monarchique des procédés des contempteurs de la démocratie. — L'œuvre diplomfltiniœ d'un denii-^ièclfi : ie point de déparL et le point d'arrivée : 1870-1914.— Période de recueillement et de reconstruction intérieure. — Œuvre de sécurité natio^ nale : la recDBStiiution de HEuRDpp. — VoloTiliè Jle règne de TAllemagne. — Volonté de lifaerté de la France. — Le fais* ceau des alliances et des amitiés opposé à l'agression allemande. — Caractère essentiellement démocratique de la diplomatie de la iiépubligue. — CEuvrje de grandeur nationale r l'empire colonial. — Œuvre civilisalricef idéaliste et généreuse.

— Caractère démocratique de l'anctivîté diplomatique. — La diplomatie et le commerce. — Conclusion.

On connaît la vieille idée de Bismarck sur l'incapacité gouvernementale de la Répiublique. Le chancelier pensait que ce régime ne pourrait pas durer en France^ et que, dans tous les cas, il ne durerait que le tempsnécessaire pour achever l'œuvre d'écrasemenl <uniimencée par les armées .aUemandes. C'est un préjugé,, un préjugé « né d'une vérité mutilée et qui s'est épanouie en une erreur totale ». Les faits ont apporté une .éoraeanle Réplique .à ces «ffîrinations. Mais, ripostent les royalistes, si la République a duré, ce Ti'e^t pas^ selon le mot charmant de M. Charles Maurras, une (( durée vraie ». Ce Uiest pas une durée utile, une durée qui permette une politique continue, surtout à rcrxlérieur : c'est la thèse que le distingué polémiste a soutenue dans ses articles à V Action française, et surtout dans des livres iakérfififiAtttfi, mais très incomplets et chimériques : Kiel et Tanger {Parls^ 1909)1 Enquête sur la .monarchie. Un aulne :éorivain royaliste, un ipeu moins doctrinaire et plus historien que son collaborateur de T Action française, spécialiste de .politique extérieure^ .auteur de livrefi dcmt on ne peut s'enïpôcher dladmirœ* la facture, même lorsqu'em en rejette les conclusions^ M. Jiacques Baiuvilla, <a jaroaoucé contre la démocratie

l'aptitude de la 0éMOGRftTI1! A LA DIPLOMATIE 13

la même condamnation. G'est la démocratie française qui a> amené en* Europe « Le t^rioraphecKi'g'ennnnisnie »; «-est Ia> démoGraiie qui a aura^alù cell^ défaite k notre payS:, ce reeul à la civilisation* et à Thumanité ^ ».

Les- deux écrivains- précisent! qu'ils n'incriminent ni les homme», ni' un système* donné de polit-ique-élran- ^ève. €e sont tes institutlions seules qui seraient responsables, dans quelque esprit qu'on entende les faire fonctionner. M-. Mourras se fait* fort d'administrer « une démonstration précise de cette vérité que : sept ans de politique d'e^tpêtne g^uehe... firent à la patrie française un tort beaucoup moins décisif que... troi&années de république conservatrice * ».

€es ouvraf;>es ne contiennent en somme que Técho modernisé de doctrines courantes chez des publicistes, monarchistes ou' modérés, du milieu du dix-neuvième siècle : du duc Albert de Broglie, dont nous aurons à citter les écrite*; d'Alexis de ToequevHle, qui, dans la Bémooraiie en Amérique^ a proclamé : « Quant à' moi, j« n'hésite pas- à dire (fue c'est spéciatemenl dans la con^ d'uite des ad'aires extérieures que la démocratie m'apparait comme décidément inférieure aux- autres formes de goui\'ernement. »

La thèse de l'impuissance de la République à «iéfendre îles intérêts de la France dans le monde a trouvé un appui inattendu chez des écrivains dont les sentiments républicains ne sont cependant pas douteux. M. Clmrtes Maurras a pu mettre en épigraphe de son livre une phrase d'un préfet de la République, héros d'un des livres les plus succulents de M.Anatole France, et, dana l'espèce, porte-parole évident de l'auteur : « Ne sois pas de mauvatsefoi : tu sais bien que nous n'en avons pa», de- politiijue extérieure, et que nous ne pouvons pas en a^v^ir ^. )) Mai& surtout l'affirmatàon royaliste de « l'impnÎBsani'.e fondamentale de la République fran<;aise devant 1 Kiirope » semble avoir été reprise dans une oeuvre tn^s vivante, de style alerte, familier, pittores<|ue^

1. Le Coup d'Agadir el la guerre (VOrienl, Paris, 1913, p. vni.

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