Leyret, le Présidenl de la République, p
Josbph-Bautuélemy. 10
se soit trouvé <ies présidents o« trop nerveux, ou trop fnbies, «ou trop peu persévéranls pour «ccoisplir la lo* ttittté -de ieurs devoirs coostilutionnels. Mais je m crois pas que cette exception doive être présentée comme la règle. Le Président est insuffisamment armé, il n'est pas désarmé. Un homme n'est pas impuissant lorsque rien d'important dans TÉtat ne peut se faire sans sa signature, qu'aucune puissance au monde ne peut le coih traindre à doimer contre sa volonté.
La politique étrangère, qui est en dehors et avhdessua des préoccupations électorales, qui, en temps normal, ne passionne pas les Parlements, et sur laquelle le gouvernement conserve une liberté relative, doit être le domaine de choix dans lequel le Président de la République peut le mieux faire sentir son action soit directement^ soit par l'influence qu'il ne doit pas manquer d'exercer sur les ministres. Chacun des divers Présidents a eu, à cet égard, à défaut d'un rôle proprement dit, une physionomie, une attitude; ne pourrions-nous essayer -de la définir, tout au moins pour ceux qui se trouvent déjà dans l'éloignement nécessaire au dégagement des grandes lignes ?
Le maréchal de Mac-Mahon eut la sagesse de conserver pendant qualre années le ministre qui, àceltedale, soit par habileté personnelle, soit par ses relations avec quelques-4ms des hommes d'État de TËurope, soit par l'appui qu'il trouvait jusque dans les rangs du parti républicain avancé, était le plus en mesure de sauvegarder les résultats acquis et de détourner les périls. Le duc Deca2es, dans cette période troublée et dangereuse^ fut un pilote adroit et heureux. 11 eut le grand art, tout en conjurant au cours de l'année 1875 l'orage qui menaçait de crever sur nous, de préparer les premières approches, les premiers linéaments de ce qui est devenu l'alliance russe.
Fidèle par instinct et par système à la règle d'eflFacement qu'il s'était imposée, M. Grévy passe pour s'être abstenu d'intervenir dans la politique étrangère au moment même où, par Gambe(ta et Ferry, cette politique était la plus agissante et la plus heureuse. Mais il ne
faudrait pas croire qiïe son acli-on «?n matière diplomatique ait été iraHe; efle a élé d'abord négati\'«. Il -était hostile à lou*e actk)n diplomatique et à la politique ées alliances. H comptait exdti^iveiiient, pour conserver la paix, srar la sagesse «t la résistance de la nation armée. L'isolemerft, non point splendtde, mais touIu, était son principe. 11 répugnait particulièrement à Taîliancerusse ; i! estimait, à tort, selon nous, q«e Tabîme qui séparait les institutions de la répubnque*c4, celles de Tautoorati-e était un obstacle infranchissable àleur union ; et au point de vue politique, il redoutait que l'allianc-e ne tîous assurât pas assez d'avantages positifs en compensation du danger certain d*émller l«fi susceptibilités de l'Allemagne. Ce n'est qu'après sa chute que TaUiance russe devint possible. Son tempérament Téloignait de Taotion, mais il excellait dans la discussion et dans le conseil : « Volontiers, dit l'un des plus éminents parmi «es anciens ministres, il me questionnait sur ma gestion diplotnatique, et, sans en avoir Tair, classait dans sa mémoire beaiacotip de renseignements... Une des qualités, quelquefois an défaut de son esprit, était de ramener les choses au droit écrit qu'il commentait lumineusemeiit. Aussi, quand siirgissait une contestation internationale, sur le journal le Bosphore ou sur Tincident Schnœbélé, ir prêtait à ses. ministres un incomparable secours. On pouvait s'engager sans crainte dans un débat juridique si l'on avait M. Gréyy pour soi. Par contre, il ne fallait pas s'en rapporter areugiément à lui si l'action paraissait nécessaire, son tempérament l'inclinait plutôt à Texpedative *. » C'est peut-être dans l'incident SchncDbdé qnlla donné toute sa mesure. Il s'agissait d'un commissaire de police français, convoqué par son collègue allemand de l'autre côté de la frontière pour régler ccrta'ms détails de leur service, et qui avait été arrêté en teiTitoire allemand. L'afTaire était d'autant plus grave que la mauvaise foi des autorités germaniques était plus évidente et qu'elles no us cl lerch aient manifestement une mauvaise querelle. M. Rouvier racontait que