V. plus haut, chap. i
2* ÉmUe QUivier,. Empire libéral, t. VILI, p. 267.
ORGANISATION E:^ VWB I^B LA ^OUIUQUE^ ÉTRANGÈRE l^"!.
^uissr, ai C£ genre cL'iii4)ei:médJfih*e. Je iie veu» pa» parles i<û des} pscsonnagcâ doubleiaeBi mei*r<»nA puifiq^ue,, sans <}aalilé Qffieieiie,.ib sont miâ au service de négociâiiioBa •occ»Utts^ iBrégulflèremeai engagée» : ainsis M. Fondèce^, aajGlenadraiai&traiteur colonial el devenu GUrecleui! d'une <uimpagiii6 comnierciale congolaise:, sert de Gourlieo •« marron » entre M.. CaiUaux, ministre des FiaAnee&^ d'urne partv et d'aui/re pavt le baron, de Lancken, premiieD sBcrétâiret de Kambasaade allemande^ eti Mi. Semni' lac; (tes pousparlerâ, aur lesquels no'uâr reviendrons: dansr le pooehain chapitre, poirtaient sur la concesâion. d)*un cliemin de fer destiné à relien le Cameroun aa Cengoitcançats. Mais il y a aus8Jjde& « maiTons » eni.plbyéa par la diplomatie officielie*. Un des pliiis connus^ da la tiToisième République fut M. Jules Hansen, dauoi» ^l'origine,, naturalisé frani^ais, conseiller d'ambassade bouojraire.
Lorsque M. Floquet devmt un personnage important de la troisième République, il fut nécessaire de le réconcilier avec Tanibassade de Russie, qui ne lui pardonnait pa&le fameux, cni de jeunesse, lors d'une visite da tssic à Paris : « Vive Ib Pologne, monsieur I » Ce fut M* Uansen qui négocia la réconciliation. Il fut chargé de missions plus importaiites, notamment au cours des négociations relatives à TalUance franco-russe. C'est hiique jM. de Freycinet envoya auprès d'Alexandre II ï,. alors en Dauemarky pour lui proposer une convention; nûlitaire K
' Les négociations sont donc conduites, normalement par rintermédiaire des fonctionnaires du corps diplomatique, exceptionnellement par les marrons, exceptionnellement enfin par de hauts personnages et notamment par des membres du gouvernement envoyés en mission extraordinaire : « Au début de 1912, le gouvernement anglais fut informé cj^u'il. serait agréable à TempereuE allfemand qu'un membre du cabinet se rendit k\ Eerlin pour examiner les relations entre les deux pays.
I* Freyoinelv Souvenirs^ b. Ilr p- 4>86'; Nk Hansen a écrife des: «ortes de; mémoineS' : CAliianûe russe,. Flammarion^ LSQ7 ; L'AnL" ^UMOtk' à. Pcofis dé: M. de Mnhrtnhàmi^. ibid,^ 1005.
Lord Haldane fut désigné pour aller à Berlin et discuter la situation avec le chancelier allemand. Il n'était à aucun degré un plénipotentiaire; il avait mission d'exa* miner sans mandat pour conclure, mais il était naturellement pleinement au courant des vues du gouvernement. .• Les résultats négatifs de sa mission furent le trait le plus remarquable de cet événement *.
Le personnel diplomatique se complète par les attachés militaires et les attachés commerciaux. L'attaché militaire auprès d'une ambassade n'est pas un attaché d'ambassade; quoique participant des immunités du corps diplomatique, il n'en fait pas partie; il n'est pas investi de la représentation politique; il .sert son pays et son armée, il ne représente pas le gouvernement; il n'est qu'un officier en mission â l'étranger, sous la protection et le patronage de l'ambassadeur, plutôt que sous son autorité. L'origine de cette fonction assez, délicate remonte à la Sainte-Alliance : les trois souverains coalisés étaient convenus de se tenir réciproquement au courant des opérations de leurs armées respectives et chacun d'eux avait pour cela détaché au quartier général de chacun des deux autres un de ses propres aides de camp: Cet aide de camp était considéré par le souverain allié comme un hôte; et par conséquent l'atlaché militaire ne doit pas se transformer en. espion pour essayer, par la corruption ou d'autres moyens illicites, d'obtenir des renseignements qu'on voudrait lui cacher. Mais il doit voir de ses propres yeux tout ce qu'il est possible, et en user au mieux des intérêts de son propre pays.
Enfin le personnel diplomatique comprend des attachés commerciaux nommés parmi les agents du grade
1. E. Cook, Ilow Britain slrove for peace — a record of Anglo» German negocialions, 1808-1914, publié au commencement de la guerre; L. J. Maxse, An iiglij chapfer in secret diplomacy, dans The National Review, octobre 11)15, étude assez passionnée contre la mission de lord iialdane. La guerre a amené la création de « hauts commissaires », les uns chargés de missions permanentes (M. Ciuernier en Angleterre, M. Tardieu aux Étals- Unis), d'autres chargés d'une mission déterminée, comme celle^ conliée à M. Jonnart, d'obtenir l'abdication du roi Constantin.
de secrétarre de seconde classe ou de consul de seconde classe, et placés auprès des grandes ambassades dans les capitales qui sont en même temps de grands centres commerciaux. Cette institution est en très grande faveur auprès du Parlement; elle est critiquée par les partisans de la diplomatie traditionnelle, qui lui reprochent de remplir sous un titre plus brillant la mission qui est celle du personnel consulaire ; elle risquerait, » d'après eux, de décourager les consuls de faire un travail dont rattaché commercial recueillerait le fruit, de réunir des renseignements dont il se ferait honneur. Tout le monde reconnaît d'ailleurs que cette institution a eu son heure d*VitiIité, tout au moins comme institution transitoire, pour secouer Tapatliie du monde industriel et commercial. Par iine activité et une initiative à laquelle on rend communément justice, M. Jean Périer, attaché commercial à l'ambassade de Londres, a donné les meilleurs arguments en faveur de celte fonction : en une année, il reçoit plus de 5.ooo lettres et plus de 2.000 visites*.
Le service consulaire est la seconde couche de la représentation de la France à l'étranger. Il est composé d'un grand nombre de fonctionnaires appelés consuls, qui résident dans toutes les villes du monde où il y a de grands intérêts français ou un grand nombre de Français. L'ambassadeur ou le ministre a la direction des consuls dans toute l'étendue du pays où il est accrédité. Leur mission est de protéger les sujets français et de donner assistance à notre commerce. C'est en ce qui iouche cette assistance au commerce que le régime consulaire est exposé au plus grand nombre de critiques; on lui reproche son apathie qui ne tient pas toujours aux vices des personnes, ses procédés archaïques d'information et de recrutement. Peut-être y aurait-il lieu d'appliquer la maxime : ah hoste disccre. Mais, encore
1. Décret 4 avril 1906 ; loi 7 décembre 1908; Laubie, les Aitachiê commerciaux^ 1907; R. Millet, loc, cit,; Marin, Rapport, 22 décembre 1913, n* 3318, t. Il, p. 98.
liTtt ^éMOnRAISE ET SWPLOMATIE
ici, n'exagérons rien, ne -bailtonB pas «dire H^ourlpe, n» nouB humilions pas i^a Le oorps consulaire étraisgier^ (dit un homme qm a vu les choses fde.prèB, ne Yaoit gfias 4e nôtre... 11 y a eliez.nos <»D>E»suls>des,irësors de 8ai?air,«te partriotisme et de bonne volonté à condiliian qu'on «ache 4es utiliser. Mettez .à leur iêie des hommes qui lesanwn- Baissenl est qui les aiment, vous verrez oe qu'ils 'donneroui'*. »
îUnhistorien connu, donitj>ai cité ropinian sur èecocps^ dip^lomatique, en résumait le rôle dans ces trois iermes: 1^ la Teprésenitation ; 2° reqpiomaïagre ; 3° Ja 'prépamlicai dos grands traités internationaux. Or, disaît-il : i'' la lieprésentalion est inutile; 3* l'espionnage seiiût beaucoup mieux fait par >des gens .du pays, sur lesquels ratbenticn -ne serait pas appelée,. et 3° les grands Inaiiés jntemationaux sei'aient rédigé6>par>desenvioi;réseKtraondin8ires^ que Ton déBignecait au fur tôt à mesure dies ^besoins. <!:oncluirion : il faut supprimer le oonps diiplomartiqueL. Quoiqu'on ne nous en ait pas prévenus, ce n'était évidemment qu'un paradoxe. Si j'avais à résumer à mon tour les fonctions spéciales «du corps diplomatique, en dehors de celles qu'il remplit comnfte instrumBul dfisvolontés du m^inislre^ je les exposerais ainsi ::
10 C'est 'd'aJDOtudia prdtiectiaii individuelle des sujets français à l'ébranger. Cette protaaliian s'applique parfois ^aux injtérdts les plus considérables : ce sont .alocs ides incidents bruyants et afutour desquels la presse •démagogique ne manque pas de faire du bruit. Mais, en général, elle s'étend à des objets en eux-^mêmes peu im- -portants; pour une grosse entreprise capitaliste <quî.
1. ReDé Millet, loc. cit.; et sur l'organisalion méthodique de& consulats allemands, Louis Marin, Rapport, '22 décembre Î97S^ p. «WîS. Cf. le vœu de la 'Commission des affaires ertériaunest 16 ^ars 1916. J'ai «ntendn un diplomate nord-américaiii afflrmer que, jusqu'en 1906, les consuls des Ëiats-Unis avaient été choisis au hasard parmi les personnes ayant rendu des services électoraux, ou parmi celles désirant faire faire à leurs enfanta un voyage à Fétranger, et que leur principale pré ocoupratitm était d'étudier -les boissons Tiationaks danso^tisqùe nouveau pays.
lal^tipe ratienftion publique, combi-efn ëe petits commDriçants, professeurs, employés, 'ouvrière émigraiïts font •q^otidiennemont appel à nos représenlanis ! Geux-oi sont assaillis d'un véritable flot de petites réclamations : une dame a perdu ses bagages; un voyageur >a 'ét'é molesté par les agents de la douane ; un ouvrier se -trouve sans travail et demande à ôtreTapatrié...
.2* Le persoBoel à Tôtranger doit s'occuper en second lieu 'du développement du commerce. C'est 'là 4e rôle propre des consuk, mais ris le remplissent sous la difBction des aniljassadeurs : à eux, il appartient ée protéger les commerçants, d*arttirer 'tes capitaux, de signaler les débouchés, de fournir toutes les informations qu'ils ont pu se proovrer par leur conmaiesance spéciale des iieus. Un industriel en Têtements, poteries, artîdes -de fer-idanc -écrira par exemple à un consul en Ohine pour lui demander quels débouchésces produits divers trouveraient dans sa circonscription. Le consul devra faire une enquête et fom*nir une réponse. Les avoines françaises risquent d'ôtre contaminées par une rouille qui sévit dans certaines régions de l'itaflie : l'ambassadeur fera immédiatement des démarches à Rome pour arrêter les exportations et faire prendre toutes aiatres mesures nécessaires... Ces fonctions sont punticulièretnent délicates dans les pays non civilisés, ou à dem;i civilisés, ou dans ceux (comme le Mexique, le Venezuela ..) où Tordre public n'est pas toujours très bien assuré.'
3** Mais la fonction la plus importante des agents diplomatiques, ce n'est pas la protection exercée individuellement sur des sujets, c'est la protection de Tensemble des intérêts de l'État représenté, c'est le maintien des bonnes relations entre les États, c'est aussi l'effort pour maintenir la clarté, la stabilité, la certitude dans les relations internationales. Et celte œuvre ne saurait se réaliser par la seule signature, à ries espaces plus ou moins éloignés, de chiffons de papier plus ou moins solennels. Elle ne peut être assurée que par des conversations quotidiennes, tenues sur le ton amical avec le -gouvernement des pays auprès desquels les
agents diplomatiques sont accrédités. Cette partie du rôle des agents diplomatiques est d'une complexité infmie, et dont il est difficile de se rendre compte. Les mécanismes sociaux et économiques des États modernes deviennent tous les jours plus complexes et plus solidaires; partout se manifeste la tendance à étendre le rôle de la puissance publique, à la faire intervenir dans le domaine économique et social ; et, à mesure que s'étend le rôle de TÉtat, devient plus complexe le rôle de Tambassadeur. Ajoutons qu'il est l'œil et l'oreille du gouvernement; qu'il doit saisir les opportunités des ententes ou des alliances, et donner aussi en temps voulu le signal d'alarme. Il n'y a pas de fonctions plus délicates. Et, pour ma part, je m'émerveille qu'elles soient remplies le plus souvent d'une façon satisfaisante. Je trouve ici encore une occasion d'admirer la solidité de nos vieilles charpentes administratives qui ont résisté à tant d'orag^es, à tant d'imprudences et de fautes. N'y touchons qu'avec respect; ne commettons pas la folie de les vouloir abattre; bornons-nous à les entretenir, à les étayer, à les améliorer partiellement. Rendons-nous compte qu'en dépit de quelques éruptions superficielles desquelles nos amis s'alarmèrent et nos ennemis se réjouirent d'une façon tout à fait exagérée, la France a conservé la constitution la plus saine et l'ossature la plus robuste.