Joseph-Barthélémy, Rôle du pouvoir exécutifs p
2. La nation française « traitera comme ennemi le peuple qui, refusant la liberté et l'égalité, ou y renonçant, voudrait conserver, rappeler ou traiter avec le prince ou les casies privilégiées ».
LE 8BCIIET DANS LA DIPLOMILTIE tlS
cette décision équiTalait en fait à une renonciation à ia diplomatie. OpendanI, dans la constitution montagnarde, qui est la manifestation de see tendances excessives à ses débuts, la ConTention ne formule pas expressément son opinion sur le secret dif^raatique. Nous n'aTons en cette matière que la seule disposition de Tarticle 55 qui range, parmi les décreit, la ratification des traités ; classification dont le résultat est double : i° la ratification est du domaine du Corps législatif; 2" et surtout elle échappe au vote direct du peuple, cpii n'est possible qoe pour les lois (art. 53).
b) Renonç^mt aux doctrines et aux axiomes aMmits de la prétendue logique démocratique pour suivre ies leçons impérieuses de la réalité, la Convention et^ après elle, tous les constituantSy sauf ceux de 18U8, permettent à Vexécutif les négociations et ententes secrètes.
Les excès d'intransigeance contre les prérogatives de Texécutif, aux débuts de la Révolution, s'expliquaient par la haine et la méfiance de la monarchie ancienne ; une fois la monarchie disparue, le mouvement d'aversion continua, comme en vertu de la vitesse acquise, contre Texécutif républicain qui lui avait succédé; mais ce mouvemeot ne devait pas larder à se ralentir, faisant disparaître la méfiance comme inspiratrice des doctrines constitutionnelles. Aux frottements de la réalité, au contact des responsabilités du pouvoir, les illusions se dissipent, l'idéologie s'évanouit. Enfin les armées de la Répliblique sont victorieuses; pour cueillir le fruit de la victoire, il faut bien, coûte que coûte, traiter avec les monarchies vaincues : et en mémo temps qu'à l'idée de la diplomatie elle-même, la Convention revient à l'idée de la diplomatie secrète. Elle a un sens assez élevé du patriotisme pour comprendre qu'afîn de ne pas compromettre dans les tractations diplomatiques les avantages remportés par les armées, il était nécessaire que les représentants de la France à l'extérieur, c'est-à-dire le C>oiiiité de Salut
public, qui déteDait alors le pouvoir exécutif, eût entre^ les mains les armes nécessaires pour lutter k chances égales avec les monarchies sur ce nouveau terrain : elle lui confia de très larges pouvoirs et lui reconnut expressément le droit de conclure des traités secrels. Chacun des coalisés était prêt à traiter, mais hésitait à le reconnaître ou v<ertement; si on voulait traiter, arrêter la guerre et en consolider les résultats, il fallait pouvoir conclure des traités secrets, si les monarchies les demandaient; d'autre part, afin de développer les avantages de cette paix et de les confirmer, la Convention comprit la nécessité de l'emploi des moyens généralement usités à son époque. L'épée est une arme noble, cependant la Convention ne pensa pas qu'il fallût en armer exclusivement les troupes républicaines contre Tartillerie monarchique.
Ce fut Gambacérès qui se chargea, comme rapporteur, d'emporter la conviction de rassemblée ; et il prononça, contre les abus de l'idéologie démocratique, des paroles énergiques, qui n'ont rien perdu de leur actualité : « Voulez-vous, s'écria-t-ij, être perpétuellement en guerre avec l'Europe? (iVo/i / \on !) Eh bien ! il faut dire au peuple qu'on le fera périr par l'excès de la démagogie, si l'on n'y prend garde... Je périrai s'il le faut pour empêcher que la Convention, égarée par un sentiment pur, mais mal dirigé, n'arrive sur les bords d'un abîme dont il serait impossible de nous retirer. Nous ne voulons pas nous laisser bloquer pour mourir de faim. Eh bien I il faut donc donner au Comité de Salut public le moyen de faire venir des subsistances. Je ne suis plus de ce comité, mais j'ai reconnu pendant les quatre mois que j'y suis resté qu'il était entièrement paralysé, qu'il n'avait aucun moyen de traiter avec les puissances étrangères ^ » Et quelques jours après il prononçait la parole fameuse qui a été si souvent citée : « Il ne faut pas diplomatiser sur la place publique*. » En conséquence, il concluait nettement à ce que la