A. de Brogrlie, Diplomatie et droit nouveau, p
l\ptitude de l\. démocratie a la diplomatie 17
serait par définition de moyens politiques qui, par contre, font défaut à la république.
a) Alliances de famille. — Des unions successives entre les membres des maisons souveraines ont eu ce résultat qu'à l'heure actuelle on pourrait, en tirant quelque peu sur les liens de parenté, affiriner qu'il n'y « qu'une seule famille régnante sur tous les trônes de l'Europe. Ces alliances constitueraient un des grands moyens de la diplomatie monarchique. Les monarques se rencontrent, u non pas dans ces visites officielles, surveillées de toute l'Europe », mais en ces visites familiales, aux mariages des princes, aux séjours royaux, dans toutes ces occasions où le but diplomatique de la rencontre n'est pas affiché, et où la rencontre résulte des circonstances et non d'une préparation'. Entre parents, on parle librement; on se confie des secrets, on échange des vues d'avenir : « Voyez-vous au contraire, ■dit M. Sembat, le tsar s'épancher sans réserves dans le sein de Félix Faure ? Le supposez-vous prenant pour confident ce brave Fallières? Six ans après, il aurait l'agréable surprise de retrouver son secret imprimé tout vif dans un beau volume de « Mémoires d'un ancieu Président » ou « Histoire d'un septennat ». Les journaux en publieraient des extraits... »
L'opinion française s'était justement émue des rencontres régulières entre notre allié le tsar et l'empereur d'Allemagne (1902, 1905,1907, 1909, 1910, 1912). Les relations personnelles entre ces deux parents étaient d'ailleurs entretenues par un général aide de camp que -chacun déléguait auprès de l'autre, qui vivait dans son intimité, et avait des occasions quotidiennes de l'approcher et de s'entretenir avec lui. Cette diplomatie officieuse était plus agissante et plus efficace que la diplomatie officielle *.
La République française a dû d'ailleurs apprendre ce ^u'il lui en coûtait de n'avoir à exporter dans les Balkans que des fonctionnaires, quelque éminenls qu'ils