Sembat, 14* édit., p
2. Recouly, dans Revue politique et parlementaire, 1912 ^ t. III, p. 345.
JoSBPa-BARTUéLEMT. 2
fassent, tandis que rAHemagne les fournissait de rois^ de reines, et même de a m*bret i». Seules, la Serbie et le Monténégro ont des dynasties nationales. Ailleurs, domine le trust allemand des ti'ônes. La reine de Grèce est soeur de l'empereur allemand ; le roi de Bulgarie est Cobourg. N'est-K^e pas par cette fourniture allemande de couronnes en assez bon métal que peuvent s'expliquer en partie les mécomptes de notre diplomatie? Et peut-on dire ce qui serait advenu de TintervenUon roumaine si le troue de Roumanie avait été occupé, jusqu'à la (in de la guerre, par un prince qui se considérait toujours comme un Allemand, soumis au chef de sa famille allemande? La République, conclut-on, n'a pu avoir dans les Balkans qu'une politique de diplomates sauf) moyens, tandis que le système monarchique a permis à l'Allemagne une politique d'influences agissantes et efficaces.
b) Linflaence extérieure de la personne da roi. — Un autre moyen propre à la monarchie, c'est Tinfluence à l'extérieurde la personne royale, influence qui s'explique, en dehors d'une valeur individuelle spéciale, par la majesté, le prestige de l'hérédité, la noblesse, la gloire, la grandeur de la famille régnante... La diplomatie est» avec l'art militaire, la grande spécialité des princes; ils sont élevés dans la connaissance des affaires internationales, comme un particulier dans la connaissance des afl'airesde famille. C'est celle connaissance approfondie, comme spontanée et instinctive, qui avait surpris les ministres girondins de Louis XVI. Pourvu de celte aptitude^ le prince est naturellement amené à la mettre au service de rÉlat., Il connaît l'Europe, a dit M. Jules Lemaître, comme un bourgeois connaît sa ville; il considère son royaume comme sa propriété, qu'il a le désir naturel d'entretenir, d'arrondir, d'embellir. Son intén^l personnel se confond avec Tintérél général. II sérail facile de montrer que la plupart des rois modernes, même dans les pays conslitulionnels et parlementaires, ont exercé une influence sur la politique étrangère de Itur pays *.
1. A. Tardieu, Algésiras, p. 79 ; Jacques Bardoux, \ idoria /'%
l'aptitude de la démocratie a la diplomatie i»»
Léopold'II, de sa propre autorité, dote la Belgique de l'État indépendant du Congo. Mais l'exemple le plus intéressant dans cet ordre d'idées est incontestablemeni celui qui a été donné par les souverains d'Angleterre, Victoria et surtout Edouard VII.
Les pouvoirs de la couronne, comme nous aurons à y revenir dans un chapitre pix>chain, sont restés très efiectifs. Les publicistes anglais citent un grand nombre de eas dans lesquels intervention diplomatique du monarque a eu un emollieni effeci^ un résultat apaisant, placi6cateur, créateur d amitié, sur les relations internationales. C'est l'intervention personnelle de Victoria dans Taffaire du Treni qui a évité la guerre entre TAngleterre et les États-Unis*. Les visites- de la reine à Louis-Philippe en i8/|3 et i8/|5 ont beaucoup fait pour promouvoir et maintenir l'Entente cordiale entre la France et l'Angleterre, durant cette période troublée »• Quant A Edouard VII, il a incontestablement joué un rôle de premier plan dans la restauration de l'Cnlente^ dans la revivification de l'ancienne amitié avec l'Italie et le Portugal, dans l'assouplissement de bien des points de friction avec l'Allemagne. Sans doute, dans la forme, tout s'est passé entre Downing Street et les di» vers cabinets étrangers. Mais les King% courlesies ont eu une part importante dans les résultats obtenus. Il y a autre chose dans les relations internationales que des protocoles et des traités. Les alliances et les arrangements internationaux s'appuient sur lesentiraenlpublic. Et sur ce sentiment, un roi, grâce au prestige qui l'environne, exerce nécessairement plus d'influence qu'un personnage quelconque, bénéficiant de la faveur passagère, soit du souverain lui-môme, soit du corps élec^ toral.
c) Le personnel diplomatique serait supérieur dans les^ monarchies. — Pour maintenir, améliorer ou r^inforcer
Edouard VII, Georges V, Le rôle d'Alexandre II[ dans l'alliance russe a bien été mis en lumière par M. de P>eycinel, Souvenirs, t. III, p. 600.