NICOL
évéque (le Mciipotamos.
I oodrei, tête de Saiui Cuai li ■. Borrouiée, lu lu.
SERMON
SÇR L'JSPISCOPAT (1).
C'est assurément , mes frères, un grand sujet de consolation et d'encouragement pour Oli esprit ealliolique, de voir se renouveler sous ses yeux , après tant de siècles écoulés, la même conduite et les mêmes actes par lesquels les apôtres ont propagé, affermi et perpétué l'Eglise de Dieu. 11 y a près de dixhuit cents ans, saint Paul, voyant l'île de Crète, qui n'avait encore qu'une bien légère connaissance de la vraie foi, privée de prêtres qui pussent en instruire ceux qui cherchaient la vérité de bonne foi, ou confirmer dans leur croyance ceux qui l'avaient déjà embrassée, qui pussent aussi administrer les sacrements aux membres de l'Eglise, ou ramener dans son sein ceux qui s'en seraient eearlés, ne trouva pas de plan meilleur a suivre, que de choisir un homme sur la doctrine saine, la vie vertueuse, le zèle et la prudence duquel il pût entièrement se reposer, de le nommer évèquc de ce pays désolé, et de laisser à son zèle le soin de régler tout ce qu'il y avait à régler, et d'établir des ministres du second ordre, lui confiant ainsi, (I ans le fait, l'organisation, le gouvernement et le perfectionnement de l'Eglise de cette île. Dans tout cela, l'Apôtre agit avec la calme persuasion d'un pouvoir venu d'enhaut, qui n'avait besoin de consulter ni les intérêts temporels, ni ceux qui en ont la direction, ni le monde, ni ceux qui en sont les maîtres. De même le successeur de saint Pierre, celui qui occupe le siège apostolique, des hauteurs où il est placé comme en sentiu 'Ile, et d'où sonœil paternel embrasse dans la vaste étendue de ses regarda l'univers tout entier, dans toute sa longueur comme dans toute sa largeur, et s'arrête sur chaque plus petit endroit avec des sentiments tantôt d'allégresse et tantôt de compassion , avait \ u depuis longtemps et marque dans le secret de son âme 'le vaste champ qu'olïre noire Ile à la sollicitude pastorale, et le besoin de l'y
(!) Prêché au sacre dg très-révérend docteur Thomas-
Jôsteph Urotvn, èvêqué d'ApoMonie irt narlifrus infidelium,
l'ivn.irr ur.in a apostolique du pays de Baltes, dûm l'êgfltsu
do l:i nie Pierrepoint, àBath, fej«mr>dc t»tftlc ifctisalnl
i et saint Jude, l&M)
•• le vous ;.i laissé en < rèW , :iliu que vous y rtgli ce cjoi reslj , w que vous établisse /. <l<-, prê-
tres en claque ville , selon l'ordre ■; - eu ai
donné.» [tite, I, 5.)
multiplier. I! a vu une multitude d'âmes qu'il était heureux «Je compter parmi ses i niants spirituels, séparées par la distance des lieux, par la nature inaccessible du territoire, ou par la différence du langage, du petit nombre de sièges êpiscopaux que possédait alors notre patrie ; et il a jugé que le temps ela l venu de multiplier les pasteurs, afin que le troupeau pût s'accroître. U n'a point recherché l'appui d'un bras de chair, il n'a point demandé conseil à la sagesse de la terre, il s'est confié au pouvoir qui lui a été conféré longtemps avant qu'aucun des empires qui existent aujourd'hui n'eût commencé d'être ; il a agi d'après la charte qui lui a clé donnée dans le premier de ses prédécesseurs, il ) a dix-huit cents ans, sur les bords de la mer de ïibériade, Paissez tnes brebis ;et il a fixé entre autres son choix sur celui qui. par son autorité, est sur le point de recevoir en voire présence l'imposition des mains cl l'onction mystérieuse qui le rendra pleinement et parfaitement apte à exercer les fonctions du nouveau ministère dont il va être revêtu.
Quelle uniformité, et cependant quelle majesté dans les œuvres de Dieu ! Que de grandeur n'y a-t-il pas dans la répétition de semblables actes de puissance, à des intervalles qui ne se mesurent point par la durée des dynasties terrestres, mais qui émanent tous uniquement de l'impulsion, du mouvement communiqué par une force toute-puissante (I immortelle, le souffle du Dieu vivant, qui anime depuis le commencement son Eglise indéfectible !
Celle considération doit nécessairement affermir nos espérances. De grands événements comme celui-ci sont de grandes démonstrations de miséricorde; ce sont des visites de grâce et de salut. Ce n'est point par un effet de la colère du Seigneur contre nous qu'une nouvelle force. qu'Un accroissement de r*»s sources, sont donnes au gouvernemenl épiscopal pariai nous; qu'il est fourni au peuple de Dieu des moyens de s'unir d'une manière plus intime à ceux qui le dirigent; que les prédeUï avantages qui doivent résulter
SERMON SUK LÉP1SCOPAT.
d'un zèle plus concentré , d'une sphère plus étroite de surveillance et d'administration, d'une présence plus constante , d'une union plus parfaite entre l'évéque et les fidèles , se trouvent ainsi doublés en mesure par la création d'un nombre double de vicariats apostoliques.
Mais tandis que nous avons ainsi, dans cette nouvelle preuve de la bonté divine , un motif de confiance dans l'avenir qui nous est réservé, il ne sera pas hors de propos de calculer aussi nos gains d'après les principes et les règles de la prudence humaine, et de voir jusqu'à quel point nos espérances encore flottantes se trouvent par là confirmées et encouragées. Lorsqu'un voyageur a atteint dans sa route un point d'où il peut contempler le chemin qu'il a déjà parcouru et ce qu'il lui en reste encore à parcourir, il lui est bien permis de s'arrêter un instant pour en faire la comparaison. Et s'il lui semble apercevoir que, tandis que le chemin qu'il laisse derrière lui était ténébreux et triste, celui qu'il voit devant lui est brillant et riant ; que tandis que le premier était rude et dangereux, le second est doux et sûr; que tandis que l'un était long et ennuyeux , l'autre est court et agréable , personne assurément ne s'étonnera de le voir prendre un nouveau courage , s'avancer avec une vitesse qui paraît attacher des ailes à ses pieds , et continuer sa marche plein de joie et d'allégresse. Or , mes frères , telle me paraît être notre situation présente : nous en sommes arrivés à un point où il nous est donné de comparer avec avantage le passé et l'avenir, et d'apprendre de l'expérience de l'un ce que nous pouvons raisonnablement attendre de l'autre.
Il a plu à Dieu, au nombre des châtiments terribles qu'il a exercés contre notre coupable patrie , de permettre que la lumière du véritable épiscopat, qui chez les autres peuples n'avait été cachée que pour un temps, s'éteignît entièrement chez nous. Après ce déplorable événement, le zèle individuel a fait assurément de grands et glorieux efforts pour lutter contre la masse toujours croissante de circonstances défavorables et contre le pouvoir toujours croissant aussi d'une hostilité active. L'exil , qui est déjà par luimême une punition grave, n'était que la préparation nécessaire au débat dans lequel on allait s'engager ; les chaînes et les tortures , la mort et l'infamie, en étaient ordinairement le dernier terme. Est-ce pour réveiller des sentiments amers que j'énumère ces choses? à Dieu ne plaise ! ce n'est que pour adorer ses voies cl bénir son nom à cause de ce qu'il a fait pour nous. Malgré les efforts glorieux de celte lutte héroïque, malgré aussi tous les moyens de persuasion que pouvait employer une loyauté désintéressée et laissée sans récompense, les préjugés m; faisaient que s'enraciner, l'oppression s'appesantir, les peines infliclives s'accroître, notre avenir s'assombrir; et notre étincelle foulée aux pieds était bien près de disparaître du milieu de notre peuple. Enfin arriva la crise décisive. L'ingratitude royale , l'illusion publique, la fré-
nésie nationale, furent portées à leur comble et atteignirent leur plus haut degré d'intensité à l'occasion de l'infâme conspiration ou conjuration des serments, à laquelle on crut et en conséquence de laquelle on agit. Le ciel ne put que contempler avec une égale mesure de compassion les innocentes victimes qui furent égorgées et le cœur noble d'une telle nation , si étrangement dupe et plongée dans le plus profond aveuglement. Mais les premiers , comme Etienne, prièrent pour les derniers , et leurs prières ne furent pas vaines : car, à partir de ce moment, le sang catholique n'a plus jamais taché la terre et souillé le code législatif de notre patrie. La première aurore de lumière commença alors à poindre sur nos espérances , et c'est alors qu'il nous fut donné pour la première fois le temps de respirer. Notre Dieu prit compassion de son peuple et résolut de commencer à rassembler les membres dispersés d'Israël.
Comment cela s'csl-il fait ? Sous le règne si court d'un monarque dont l'histoire raconte les fautes plutôt que les vertus , la divine Providence permit qu'on entrât pour un moment en correspondance avec le siège apostolique. Ce ne fut, il est vrai, que pour un moment; mais cela suffit cependant pour rallumer la torche d'Augustin au feu indéfectible qui brûle sur la tombe de l'apôtre; ce flambeau sacré n'a jeté d'abord qu'une faible lueur, mais il ne s'est plus éteint depuis, et sa flamme n'a été alimentée de peines dans le siècle qui vient de s'écouler que pour jeter un double éclat dans celui où nous sommes. En d'autres termes, la mesure salutaire pour le catholicisme que nous 'devons au règne de Jacques est le rétablissement de l'épiscopat par la formation de quatre vicariats qui ont subsisté jusque dans ces derniers temps. Toutes les autres démarches qu'il a faites pour la restauration de la foi catholique ont été complètement abandonnées et sont restées sans effet ; ses efforts pleins de zèle ne nous ont pas valu une seule fondation, pas un seul collège , pas une seule église. Mais nous y avons gagné quatre évêques. pauvres et dénués de tout , privés des moyens de soutenir l'éclat et la décence de leur haute dignité, et même sans asile ; et celle faveur cependant valait seule tous les autres avantages que ce monarque aurait pu nous procurer : c'est pour cela seul qu'il paraît avoir été placé sur le trône, le temps n'était pas venu encore de faire une moisson plus abondante de grâces.
C'est une chose vraiment extraordinaire que , parmi les épouvantables arrêts , qui n'allaient pas cependant jusqu'à la peine de mort, ajoutés par les règnes qui suivirent à ceux qui avaient été rendus par les règnes précédents contre les catholiques, il ne s'en soit pas trouvé un seul qui eût pour but direct d'arrêter ou de détruire celte institution naissante. Le premier code pénal avait contemplé avec effroi ces nombreux détachements de missionnaires que les collèges et les maisons religieuses que nous possédions
lii.MO .il; .ll')\ l il LIQUE.
à l'étranger envoyaient ici chaque anni n avait lenlé rien moins que de les i il rmincr i«.««s. Il y avait là . sur 1 ••> lieux mêmes, quatre hommes distingués < ar leur position, importants par leur autorité , qui étaient les chefs et les directeurs de cette grande œuvre; des hommes que la prudence humaine aurait dû signaler comme des êlres qu'il eût été glorieux et facile de poursuivre, comme des pasteurs qu'il (allait frapper aûn *i i* • - le troupeau fût dispersé ; et cependant il n'a point élé pris <lc mesures législatives à cet effet. Il «•si bien \r.ii qu'ils ont <• n beaucoup de tribulations à souffrir et que quel |ues-uns même ont subi la peine de L exil ; mais alors même leur mission et leurs travaux importants semblèrent échapper à l'attention de leurs ennemis, (l ce fut alors pour la première fois que la politique <!es plus habiles hommes d'Etat se trouva en défaut dans l'art de la persécution. C'est, n'en douions point, à partir de cette li ure que , par l'ordre plus parfait et par la force d'action plus grande, communiqués depuis lors au zèle infatigable d'un cierge vraiment apostolique; par la forme plus tixe et plus paroissiale que prit peu à peu son ministère sacré, et plus encore par les bénédictions que Dieu se plut à répandre sur une institution fondée directement dans ce but par son Fils adorable, furent jetés les fondements de celle force morale et de cet accroissement jusqu'alors sans exemple qui enfin ont renversé tous les obstacles sociaux et légaux, et placé notre sainte religion dans une position plus digue de sa beauté et de sa sainteté.
Il semble y avoir celte différence essentielle entre les desseins de la prudence humaine et la sagesse profonde; des conseils de la divine providence, que la première peut atteindre son but et produire aussi, peut-être, ui\ certain nombre d'avantages accidentels , tandis que la seconde atteindra d'un seul coup tant de buts divers, et opérera tant de prodiges divers de sagesse et de puissance, si complets en eux-mêmes et si satisfaisants, que beaucoup de personnes croiront reconnaître dans chacune de ces merveilles son but propre et direct, et senlir dans les effets qui les intéressent plus particulièrement une raison suffisante pour le< expliquer toutes. C'est , dans le premier cas, un édifice el \é par des mains humaines qui présente une façade entièrement finie, el abandonne le reste à un arrangement accidentel; tandis que. l'autre ressemble plutôt aux montagnes de Dieu , qui, de quelque côté qu'on les considère, soit sous une face escarpée ou aplanie, soit sous une face nue ou boisée, présentent toujours des traits qui révèlent un dessein plein de grandeur et un air de majesté que l'art n'oserait essayer d'imiter. Voilà ce qu'éprouve en effet un esprit catholique lorsqu'il vient à considérer les grands événements qui se sont p.isM's d ms la dernière moitié du siècle qui vient de s'écouler; les exemples terribles aussi bien que le- actes de vertu qu'il a fournis, et dont il d rouvre assez clairement la cause et le motif dans les avantages pré-
cieux que l'infinie i traversin Maî-
tre de tout* - chos s en a su tirer depuis en faveur de la sainte religion. Il, pour >■ Ireindre plus encore le cercle de nos considérations, le catholique anglaiê peut bien croire que l'intérêt et le bonheur de la rtligion dans sa patrie était le grand objel q > vaii en vue la Providence dans les commotions politiques qui ont ébranlé l*B iro| fin du dernier siècle et au commencement de celui-ci. Il serait difficile d'imaginer quelle autre cause que celle que je sign île u i , aurait pu déterminer la génération qui nous a précédés, à déserter et à abandonner les magnifiques établissements que nous p< ili us a L'étranger: le clergé à quitter pour toujours le- sanctuaires et les paisibfc traites que l'hospitalité étrangère lui avait fournis pendant lro;s cents ans. et que d'anciens el louchants souvenirs avait nt saurtilies ; des communautés de files paisih timides à sortir simultanément des cloîtres qui leur servaient de retraites, el où lout était à elles, pour aller chercher ailleurs M nouvel asile; et enfin ceux qui occupaient des maisons religieuses, à les abandonner en corps , comme d'un concert unanime, el en violation des lois existantes, pour allei lablir dans leur propre patrie. Ma volulion dévastatrice et les guerres qui l'on! suivie ont ruiné à la lois en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Portugal, tous nos nombreux établissements sur la terre étrangère, et concentré, sans le vouloir, leurs forces et leur ressources dans les limites de leur naturel et véritable objet. Le coup s'est fait sentir d'une manière aussi sévère que cruelle ; nous pensions que le temps de nos plus rudes épreuves allait arriver; nous croyions avoir fait naufrage et être perdus; mais b;< n.'ùl nous relevantes I i télé au-dessus du Ilot qui nous avait un instant engloutis, el nous sentîmes la main miséricordieuse qui ne nous avait jamais abandonnes guider nos pas vers nos plus belles espérances. Nous avions, ilesi v rai, fait naufrage, mats c'était sur les côtes de notre patrie, et nous nous trouvions ramenés par la tempête dans les lieux qui nous avaient vus naître. Jamais 1 i mer la plus paisible . jamais la brise la plus favorable n'aurait pu accomplir si prompte— ment et si heureusement celli? œuvre toute providentielle. C'est à partir de ce moment que le catholicisme a vraiment commence à revivre parmi nous. Chaque district s'est pourvu d'un séminaire pour l'éducation ecclésiastique, et chacun de ces séminaires s est trouvé presque aussi considérable que celui qui fournissait précédemment des sujets à lout le royaume; les communautés religi( nses offrent des moyens d'éducation aises et accessibles à toutes les classes de la SO( iete, ( I. en fournissant l'occasion d'examiner les choses de |»l u*. près, dissipent les préjugés de l'esprit du public. C'est ainsi que tous les secours exlérieurs qu'exige le gouvernement ecclésiastique d'un pays s- sont trouves placés dans nos mains, el que nous les faisons tous s rv ir au but commun que nous d v ons nous
SEKMON SUR LEPISCOPAT
proposer, l'affermissement et la propagation de la religion.
Voilà maintenant ce qui a été fait, ainsi que beaucoup d'autres choses que le temps ne me permet pas de rappeler ici. La tâche pénible et laborieuse de détruire les préjugés, de sortir d'un labyrinthe d'embarras et de difficultés, d'établir de grands et dispendieux instruments d'utilité publique, est maintenant accomplie. Ces instruments sont aujourd'hui mis en action après une lente préparation de plus d'un siècle. Les nuages qui couvraient notre marche passée ont disparu ; les noirs
firéjugés, la calomnie et la passion, ont fait eur temps, nos yeux ne rencontrent plus que le joyeux aspect du ciel en haut, et la terre en bas. La route que nous parcourons n'est plus comme elle l'était par le passé semée d'écueils et de précipices; les sanctions pénales qui nous étaient si nuisibles, les embarras où nous mettaient les lois, les persécutions couvertes dont nous étions l'objet ont fait place à des procédés francs et loyaux, à une généreuse sympathie et à des manières tout à fait amicales, qui nous font espérer un heureux avenir. Mais quel sera donc cet avenir?
II y a de la témérité et du danger à vouloir pénétrer dans l'avenir et en démêler les routes cachées ; mais il ne peut y avoir ici de témérité ou de danger à dire qu'il se présente à nous sous l'aspect le plus favorable. Si, depuis que la dignité épiscopale a été rétablie jusqu'à ce jour, il a été fait tant que le grenier qui regorge se trouve dans une plus juste proportion avec les quelques mesures de semence de froment qui ont produit les trésors qui le remplissent , que ne le font les grandes choses que nous voyons s'accomplir avec les petits commencements qui les ont amenées à leur suite, il est hors de doute qu'un double pouvoir et une force double , agissant sur les éléments plus puissants qui se trouvent maintenant en action , ne peuvent manquer de conduire à des résulats plus glorieux et plus heureux encore. Il y aura, ce me semble, dans la suite, une moisson telle qu'on le devrait attendre si ces greniers, abondamment remplis, venaient à être vidés sur la terre pour l'ensemencer. Là où auparavant un seul ouvrier évangélique avait à cultiver un territoire qui s'étendait bien loin au delà de ses forces, quelque grandes qu'elles fussent, il va désormais s'en trouver deux, engagés dans la même œuvre, en état d'inspecter minutieusement et à loisir ce qu'on n'avait pu jusqu'alors voir qu'en passant; de corriger ce qui auparavant échappait aux regards; de cultiver avec soin et assiduité ce qu'on ne pouvait auparavant que toucher légèrement; en un mot, d'avertir, d'instruire, de reprendre, de remplir enfin tous les devoirs de la charge épiscopale avec une assiduité jusqu'alors incompatible avec les forces physiques d'un seul homme. N'avons-nous donc pas raison d'attendre de ces travaux des résultats non-seulement en rapport avec la force numérique qui y doit être employée, mais encore avec les cléments sur
DÉMONST. ÉYANG. XVI,
lesquels elle doit opérer, je veux direles avantages dont nous jouissons déjà présentement, qui dépassent de beaucoup ceux dont nous jouissions parle passé, et tous les fruits accumulés des travaux des cent dernières années ? Oui, je le crois, tous ceux qui aiment leur patrie de celte charité qu'inspire la vraiereligion, doivent répondre qu'à s'en tenir même a des calculs humains, la cérémonie qui nous réunit aujourd'hui estunesourcede brillantes espérances, l'annonce de jours meilleurs, et une sorte de garantie de l'entier accomplissement des promesses dont unepartie est déjà réalisée et l'autre ne l'est pas encore; avantages précieux que l'augmentation du corps épiscopal assure à la religion dans noire patrie. Mais jusqu'où s'étendront ces heureux effets ? j'en laisse le secret entre les mains de Dieu, et ne veux point chercher à pénétrer ses adorables desseins. Nous restet-il encore à passer dans une humble patience de longs jours d'épreuve et de travail avant d'obtenir dans sa plénitude la récompense que nous espérons ? Faut-il qu'une nouvelle attente prolongée nous prépare à une troisième grande crise qui devra assimiler davantage encore l'épiscopat parmi nous à ce qu'il est dans les Eglises des autres pays? c'est le secret de celui à la providence duquel nous devons en toute confiance abandonner le soin de diriger notre course. Mais nous nous sentirons du moins animés à faire de plus généreux efforts; nous nous lancerons avec plus d'ardeur dans la carrière, comme des hommes déterminés à remporter le prix'; nous serons vaillants dans le combat comme des soldats dont les coups ne frappent pas en vain l'air. Conjointement avec notre épiscopat, nous redoublerons nos prières, nos larmes et nos œuvres de piété devant Dieu et devant les hommes ; nous proportionnerons nos efforts à nos espérances, et attirerons par là une double mesure de grâces et de bénédictions sur l'avenir qui nous attend.
Est-il ici quelqu'un dont le cœur, ne partageant pas les sentiments de notre foi à laquelle il est étranger, ne réponde pointa cet augure, qui craigne plutôt qu'il n'espère les résultats que je n'ai fait que simplement exprimer ? Eh bien ! je l'engagerai du moins à considérer avec une attention respectueuse le rit sacré qui va commencer. Il verra exécuter des cérémonies dont les plus a ntiques monuments dcl'Eglised'Occideiil nous permettent de suivre les traces en remontant jusqu'aux temps apostoliques; il verra imposer les mains à l'évéquc élu, par ceux qui avant lui ont subi la même cérémonie et descendent des apôtres par une ligne de succession non interrompue; il verra répandre sur sa tète et sur ses mains le saint chrême, symbole de la force et de la grâce ; il verra placer dans ces mêmes mains les emblèmes de l'autorité pastorale, et le verra exercer le premier actede son nouveau pouvoir en versant des bénédictions sur la léle île tous ceux qui voudront en être bénis. L'exaclo et parfaite conservation (le tant de rites so-
(Vingt-troii.)
jeune!- pendant l espace le tant <ie siècles,
cl < » Il t plusieurs turent des Merles de contusion et d'oubli , l'accomplîisement «le cei rites en ce lieu même, sous |,i sa n et i (in d'une autorité quelroîscents ans ont essayé en vain de firoscnre et d'éteindre sur celle terre : ce sont à Msa rément des sujets dignes de servi rde matière à des réflexions profondes, comme des indices certains d'une l'une de durée, de Vitalité et d'unité que ne posséda jamais aucune nuire Eglise. Si donc nous voulez liouo-
rer les pratiques primith es do christianisme, assistez avec respect à celle cérémonie; si yous révérez les institutions des apôtres, demeures ici dans un silencieux respect; si
vous voulez apprécier ce qu'il y a de sublime dans la signification de ces rites sacrés, ce qu'il y a de divin dans leur objet, bannissez de votre esprit toutes les pensées basses et frivoles , el adorez dans un sentiment de crainte et de sainte frayeur l'Esprit céleste qui les a institués et conservés.
Pour vous, qui êtes mes frères dans la foi et dans la charité, et dont plusieurs ont rendu témoignage devant l'Eglise de la vie et de la conduite passée de celui qui est maintenant sur le point de recevoir la consécration épiscopale; vous enfin dont quelques-uns doivent faire parlie de son troupeau futur, et participer, par l'organe de son ministère, à la mesure de grâces qu'il' va recevoir en ce jour etàcelte heure; pour vous, dis-je, nous avons à exiger de vous une dette plus chère el plus sacrée. Par la faveur dont il a joui précédemment auprès de vous, par les espérances que vous faites reposer en lui pour l'avenir, je vous invite cl vous conjure , au nom de l'Eglise de Dieu et au nom de votre patrie, de faire monter avec lui et pour lui vers le trône de la grâce, de saintes et ferventes prières, afin qu'avec l'imposition des mains épiscopales, le divin Esprit qu'elle représente, le couvre de l'ombre de ses ailes protectrices pour le défendre contre les assauts des ennemis invisibles, et le couronner de toutes les vertus qui conviennent à la haute dignité dont il va être revêtu; que l'huile de joie, que l'onction spirituelle qui doit le préparer à la guerre spirituelle dont il lui faudra soutenir les combats, et le chrême sanctifiant e sept dons du Saint-Esprit pénètre dans son cœur, en fasse un prophète pour son peuple, un pasteur et un guide pour son troupeau, et le rende l'imitateur et le fidèle disciple de celui qui seul est le véritable Oint de Dieu. Priez que le bâton pastoral qui sera placé dans ses mains y soit l'instrument d'une autorité ferme, mais douce; qu'il serve à soutenir ses propres pieds et à diriger les pas des autres, que la mitre qui ceindra son front soit un casque invulnérable d'orthodoxie dans la guerre, et une couronne d honneur el de gloire dans la paix ; que ses pieds soient affermis pour porter sur le haut des montagnes la bonne nouvelle du salut, et ses
DEMUNSTRATIOM BVANGÉUQI E.
mains remplies d.- bénédictions p<mr les répandre sur les fertiles rallées; et qu'enfin il marche dans la sainteté . préi le- par ses mples autant que par s(;> paroles, et persévère dans toute justice jusqu a ce qu il repose eu paix.
El si ci, Unissant || m'est permis d,. VOUS Sdresi i un mot. a roo -. mon
lie:.' in Notre-? igneur lésns-Christ . vous dont les pressantes sollicitations oui pa seules me déterminer â arderais
élever ma faible \oiv en présem e >\ bonu infiniment plus dignes que moi de rempli, noble devoir, ce sera un mot d'encourai ment plutôt que d'exhortation. îl en-
core j'ai \u s'accomplir en ma laveur el avec le même appareil si louchant le ni solennel qui vous attend ; j'ai senti ce qne , , ,| que d'être entouré en ce moment ■ dont la chante a été si indulgente pour nos fautes, et dans l'amour desquels on ,i trouvé une digne récompense dessoins et il la sollicitude qu'avait coûte li i iponsabiiilé dont on s'était trouvé chargé par rapport a « les amis de noire jeunesse, ou les enfants .spirituels d'un âge plus mûr; j'ai senti tout cela il y a trop peu de temps encore, el trop vivement, pour n'être pas capable d'entrer dans les sentiments qui vous animent en ce moment cl d'en mesurer les effets. La grâce de Dieu va descendre dans votre cœur d'une manière mystérieuse et solennelle, mais douce et paisible, et le temps, j'en suis sûr , n'cllacera jamais de voire souvenir l'impression douce, mais profonde de celte heure mémorable. Ce sera pour vous un baume dans l'affliction, une consolation dans le malheur , un rafraîchissement dans la fatisue et un sujet de délicieuses méditations" dans htt temps de paix. A la seule pensée de ce jour mémorable vous ranimerez en vous la i;râce qui vous aura été conférée par l'imposition des mains, et vous vous sentirez excité à continuer avec une nouvelle joie le cours de vos travaux et de \os efforts. Vous trouverez. Dieu le sait, dans le champ qui ÉUit êlre confie à vos soins, une carrière abondante de lra\ aux et d efforts, niais vous devez en cela vous rejouir, bien loin de >ous décourager. Le désert que VOl lra\auv auront fait lîeurir sera plus agréable au\ veux de Dieu qu'un Bien déjà plante : et' une seule brebis ajoutée par vos soins au troupeau sera plus chère et causera plus de joie S son neiir que quatre-vingt div-neiil resie j en pleine sécurité dans le bercail. Aux autres est confiée la charge d'evéque. a tous cette d'apôtre; leur devoir est principalement de conserver, le vôtre est tout entier de gagner un troupeau. Ceignes donc courageusement vos reins pour le travail, car c'est l'snuvre
de Dieu ; oui. c'est son SSUVre, mais toii> aurez tonte la récompense par Jesus-Christ Noire-Seigneur, Amen
SUR LES PROGRES DU CATHOLICISME
SUR LES PROGRÈS DU CATHOLICISME (1)
La joie, mes frères, est un sentiment trompeur, un sentiment qui dépasse aisément les bornes de la prudence ; il met à nu et à découvert le cœur de celui qui s'y livre, et lui fait perdre la sympathie et l'assentiment de ceux qui n'en connaissent point la cause. Lorsque David dansa devant l'arche du Seigneur (H Rois, VI, 16). ceux qui ne comprenaient pas le mérite de cette action, ceux dont l'œil non prophétique n'en pénétrait pas les mystères, et qui n'appréciaient point ce qu'il y avait de sublime en elle, le regardèrent comme un insensé, et se firent de8son enthousiasme un sujet de raillerie. Et moi aussi je puis raisonnablement craindre, en donnant un plein essor aux sentiments que la fête de ce jour excite dans mon cœur, que quelques personnes au moins ne me jugent avec trop de sévérité, et ne pensent que je me laisse emporter au delà des justes bornes , par un torrent d'allégresse que rien ne saurait justifier, et d'espérances tout à fait déraisonnables. Cependant je me réjouirai dans le Seigneur, et je tressaillerai d'allégresse en Dieu mon Sauveur; je le louerai dans l'assemblée de son peuple, je proclamerai ses bienfaits et sa bonté si pleine de tendresse, je me glorifierai d'en être l'objet, malgré toute mon indignité, et d'y participer, bien que je n'en sois point capable. Pardon, mes frères, si l'importance même de la circonstance et la situation dans laquelle, grâce à la divine Providence, je me trouve ici placé, ne servent qu'àm'embarrasser et à resserrer de plus en plus les limites des faibles talents qui sont en moi, pour vous édifier ou vous instruire. Car, d'un côté , je ne peux me détourner du sujet que tout ce qui m'environne rappelle à mon esprit, pour me livrer ici, selon l'usage, à des instructions de morale ou à des discussions de doctrine. De quelque côté que je porte les yeux, je ne rencontre qu'un seul sentiment, qu'uneseule pensée ; soit que je promène mes regards sur les formes élégantes et les justes proportions de cet édifice sacré, ou que je les arrête sur ses riches et somptueuses décorations, ou que je contemple celte foule immense venue de loin pour honorer Dieu dans son nouveau sanctuaire, ne formant tous qu'un cœur et qu'une âme, tout annonce
(1) Proche a la dédicace solennelle de l'église catkédrale de Saint-Cbad, àBirmiugham, la veille de la Suiut-Jean- Bautiste. 1841.
« Alors vous verrez , vous serez dans l'abondance ; voire cœur s'élonnera et se répandra hors de lui-même, lorsque vous serez comblée des richesses de la mer, ei que tout ce qu'il y a de grand dans les nations viendra se donner à vous. » (Is., LX, S *
que l'esprit catholique est en voie de revivre et de ressusciter : de revivre dans toute sa force et dans toute la pureté de son essence véritable, et de ressusciter, en le tirant de sa tombe, du milieu des ruines des cloîtres abattus, du sein de la majesté silencieuse des cathédrales désolées et dégradées , cet ensemble de symboles extérieurs, de rites et de solennités sur lesquels il peut encore graver l'empreinte de sa forme céleste, et par lesquels seuls , comme par les organes qui lui sont propres, il peut vivre et agir avec des êtres corporels, et exercer, par le moyen des sens, son influence sur les cœurs des mortels.
Si je n'étais ici qu'un étranger, je pourrais, ce me semble, sans crainte, vous parler plus librement sur ce sujet ; je pourrais recommander à votre approbation fraternelle, peut-être même à votre imitation l'esprit généreux dans lequel cette œuvre a été conçue et entreprise, la persévérance infatigable avec laquelle elle a été accomplie , l'habileté avec laquelle elle a été dessinée et exécutée, le pieux intérêt qu'elle a excité , la noble munificence qu'elle a provoquée. Mais, quoique je ne sois pour rien dans toutes ces choses, et qu'en les énumérant je ne ferais que publier les mérites des autres , dont je n'ai nullement partagé les travaux , et dont cependant je recueille la moisson, je sens toujours que mes sentiments de reconnaissance , moins encore envers ceux qui ont fait ces grandes choses, qu'envers le Dieu qui les leur a inspirées , et tout ce que je pourrais dire des sentiments dont j'ai été le témoin, paraîtraient peut-être, s'ils étaient exprimés dans toute leur étendue, faussés par la partialité, ou enflés outre mesure par des considérations personnelles.
El cependant, mes frères, je sens que je n'entre pas assez dans le but qui nous a rassemblés en ce lieu, et que je vous occupe de considérations personnelles qui en sont indignes. L'érection et la dédicace d'un nouveau temple au Dieu vivant n'est pas un événement isolé et sans conséquences ; ce n'est point une chose qui n'intéresse qu'un seul lieu, qu'un seul diocèse, qu'une seule province ; c'est un anneau d'une chaîne , ou plutôt encore d'un tissu de faits providentiels qui va toujours en s'allongeant et en s'élari;issant; ce n'est qu'un nouveau geime, qu'une nouvelle fleur ou qu'un nouveau fruit sur l'arbre de vio, l'Eglise que Jésus-Christ a plantée sur la terre, comme un arbre oui
DÉMONSTRATION ÉVANGÉLIQl !..
doit viwv toujours el i étendre tans Qn : c'est une nouvelle manifestation de ^.i vigneur, de sa santé, de sa beauté el de sa force toujours croissantes ; c'est une nouvelle corde ajoutée à l'instrument harmonieux sur lequel l'épouse de l'Agneau chante les louanges de son célesteEpoux; c'est un nouveau poinlde contai i entre le ciel et la terre, un nouveau tabernacle de Dieu avec les hommes. Tout événement comme celui-là ne <l<>ii-il pas ré- Bonncr avec plus ou moins de force et de sentiment dans tout le corps auquel il appartient, et exciter un intérêt qui dépasse de beaucoup les titres apparents qu'il peut avoir à une sympathie générale?
Et de fait, qu'est-ce que l'ouverture d'une nouvelle église pour la célébration des offices religieux, sinon l'ouverture d'une nouvelle entrée, d'une nouvelle porte , à cette grande et universelle Eglise qui de toutes parts invile les hommes à entrer dans son sein, pou>' les \ l'aire jouir de tous les biens dont le dépôt lui a été confie. Elle n'a point de parvis des gentils, au delà duquel aucun prosélvto qui n'appartient point à une classe privilégiée ne saurait pénétrer ; mais au nord et au midi, à l'orient et à l'occident, elle ouvre de tout leur grand ses portes apostoliques, comme cette Jérusalem céleste dont elle est le type et l'emblème le plus parfait, pour recevoir tous ceux qui veulent entrer dans son enceinte sacrée et devenir ses entants. C'est à elle ou d'elle que sont dites toutes les choses glorieuses de l'héritage du Seigneur, c'est à elle qu'ont été données la majesté et la puissance, la gloire et la beauté, un empire sans bornes et une règle infaillible. Partout où il y a des hommes, ils doivent en apercevoir la glorieuse forme , élevée sur le haut de la montagne, et pouvoir dire : Venez, allons à la montagne du Seigneur et à la maison du Dieu de Jacob (Is., II, 3). Dans tous les temps il doit lui être adressé des paroles de consolation future, d'espérance et d'heureux avenir; de ces paroles mêmes qui retentissaient si tristement aux oreilles de la Judée, et qui, une fois accomplies , ne paraissaient que l'annonce d'un accomplissement plus parfait encore. En effet Jérusalem ne parut guère se réjouir, et son cœur ne se dilata que peu, lorsque la force des nations vint à elle, ainsi que leurs rois et leurs sages; lorsqu'elle se vit couverte de la multitude des chameaux et des dromadaires deMadianet cTEpha ; mais le cœur de l'Eglise de Dieu se dilaterait en profondeur el en largeur, il prendrait un développement immense, il se dilaterait avec de vifs transports de reconnaissance, de joie et d'amour, si celle scène venait à se repeter; si cette multitude, ce peuple de la mer se donnait à clic; si cette force îles notions remit à elle, dans la foi et la charité, comme j'en parle maintenant dans l'espérance! Ah ! depuis l'heure où Augustin mit le pied sur celle terre en qualité d'apôtre de ce pays, il a élé inscrit, il est vrai , dans ses annales , de brillants el glorieux jours, le soleil a éclairé des actions de bravoure et de vertu
qui n'ont presque point de pareilles dans les autres payi : m< loircs remportées sur le
champ de bataille, sagesse dans les < onseils, sainteté â l'autel, perfection dans le etotlre.
Elle a i D jeter les iondemenls d'une foule dfl
vastes et incomparables édifices consacn
au Dieu \ ivant, elle les a V US I élever peu à
peu pendant plusieurs siècles, jusqu'à ce qn enfin, après une longue suite de jours, la
croix Ornée de brillants ravins, couronnât le sommet de l'édifice, et qu'on vit alors
commencer une nouvelle ère de renouvellement, d'embellissement et d'enrichissement
de la maison de Dieu. Mais combien ne serat-il pas plus gloiieux et plus éclatant que tous (cuv qui ont brillé avant lui, ce jour (daigne le Seigneur nous l'accorder dans sa miséricorde) où l'erreur et les dissensions céderont la place à la vérité et à l'unité I combien celte terre ne paraîtra- l-elle pas plus heureuse et plus sainte , quand ce ne seront plus seulement des édifices matériels, des églises bâties de main d'homme qu'on verra s'élever, mais que l'on verra descendre l'Eglise céleste du roi du ciel, parée de tout son éclat, comme une épouse préparée pour son époux, et qu'elle occupera tout ce pays dans toute son étendue 1
C'est donc parce que des circonstances comme celle-ci sont comme de nouveaux augures d'un si grand bonheur; c'est parce que des édifices comme celui-ci sont des synn boles de cet édifice bien plus glorieux que Dieu lui-même a fondé ici-bas ; et plus encore parce que l'ardeur el la dévotion avec lesquelles vous êtes venus en foule assister à sa dédicace solennelle, excitent vivement l'imagination et lui font sentir ce qu'étaient autrefois de pareilles solennités et ce qu'elles peuvent être encore, que je me sens moimême détourné de la contemplation du présent pour reporter mon esprit sur le passé, ou me livrer aux espérances qu'offre l'avenir , voulant considérer l'événement de ce jour comme un élément possible déconnexion entre l'un et l'autre.
Ceux qui sont nés dans des temps mauvais ne trouvent généralement dans le passe qu'une nourriture amère. des regrets au sujet du bonheur qui s'est enfui loin d'eux, et de la douleur au sujet des maux qui leur ont attiré le malheur auquel ils sont présentement en proie; mais l'avenir leur offre des ressources immenses et inépuisables, et c'est là qu'ils doivent aller chercher leur aliment. Ils pourront bien n'être que des visionnaires s'ils se contentent de regarder et de désirer; mais leurs prédictions pourront aussi se réaliser si elles les animent à taire de généreux efforts. Ce n'est donc point en demeurant dans une molle et lâche inaction que je vous invite à concev oir de meilleures espérances ; ce n'est point en vous contentant de rester les bras croises, de former des désirs el des pronostics, que je pense que vous puissiez vous préparer ui\ meilleur avenir : c'est en observant constamment la marche de la Providence, c'est en étudiant les formes que prend la grâce divine dans le moment pré-
SUR LES PROGRES DU CATHOLICISME
sent, et en travaillant humblement, mais vigoureusement à les seconder.
Considérons donc le cours des événements à la suite desquels vient se placer notre réunion de ce jour, comme un nouvel anneau , ajouté à cette chaîne, et voyons dans quelle \ direction il doit nous conduire. Il n'y a que quelques années encore, les nobles et touchants offices de notre sainte religion, ne faisant que sortir de l'obscurité si déplorable dans laquelle ils avaient dû forcément rester cachés, étaient dégagés de toutes les cérémonies qui ne sont pas absolument nécessaires, resserrés dans l'espace le plus borné, et dépouillés de tout ornement et de tout éclat étranger à leur essentielle et inséparable beauté. L'intérieur de nos chapelles, nues et sans décors, ne contenait que ce qui était rigoureusement indispensable pour la célébration de nos cérémonies religieuses ; leur extérieur était à peine marqué par quelque symbole distinctif de la foi catholique ; la croix même ne semblait que timidement placée sur leur sommet. Peu à peu on a fait des efforts pour passer de cet état d'abaissement à un état plus digne de notre religion et de notre condition; nos églises ont pris une forme qui à la fois les rend propres au but pour lequel elles sont destinées, et empêche qu'on ne les confonde plus avec les lieux consacrés aux cérémonies de tout autre culte. Leurs proportions se sont élargies , leurs sanctuaires se sont ennoblis, et elles ont été plus soigneusement pourvues de tous les objets essentiels. En outre les ornements qui pouvaient convenir à la beauté de l'épouse de Dieu sont devenus l'objet d'une plus sérieuse attention ; et, par une conséquence nécessaire, la célébration des divins mystères a été accompagnée d'un plus grand éclat, les offices et les cérémonies si imposantes de l'Eglise ont reçu plus de solennité. Ce que nous voyons ici n'est-il pas une preuve que, dans cette marche progressive, nous avons été d'un pas régulier? Quel spectacle en effet s'offre à nos regards? Le zèle généreux de ce peuple, non content de se voir ériger un édifice bien proportionné, a voulu qu'il fût complet jusque dans les moindres détails, et l'a de plus embelli de riches ornements, au delà de ce qui s'élait vu jusqu'alors parmi nous. Or, si Dieu paraît nous avoir ainsi graduellement inspiré l'amour de la beauté de sa maison, et un désir non moins grand de célébrer avec dignité les sublimes offices de noire sainte religion, et par conséquent d'y assister avec une véritable piété, ne devons-nous pas nous appliquer à nous surpasser les uns les autres dans la fidélité à remplir cet important devoir ; à rétablir dans toute leur perfection tous ces exercices sacrés que l'Kgliso recommande, faisant ainsi revivre les sentiments qui les doivent accompagner; et à continuer de multiplier, d'augmenter et d'embellir de tout notre pouvoir nos édifices sacrés, donnant ainsi de la majesté et de l'éclat aux formes extérieures de la religion, pour lui attirer par là l'amour et la vénération de tous? Mais ce n'est là toutefois encore qu'un
progrès extérieur, qu'un type, qu'un symbole des devoirs que nous avons à remplir envers le temple spirituel de Dieu, qui est son Eglise. Si nous travaillons à nous piquer les uns les autres d'émulation dans cet ordre matériel de perfection ; si nous nous efforçons d'imiter un peu nos pères dans le zèle qu'ils ont déployé à cet égard, rivalisons donc de zèle avec eux et avec chacun de nous pour faire revivre cotte vertu, ce système de perfection ecclésiastique qui distingua autrefois les autres catholiques d'Angleterre. Voulezvous voir vos compatriotes, aujourd'hui séparés de la foi, revenir à ce qui fait l'objet de votre amour, se presser en foule dans le sein de l'Eglise, la ravir d'admiration et dilater son cœur? soyez, comme celte petite troupe à laquelle il a plu à Dieu de donner le royaume, intrépides et infatigables à faire le bien; qu'on vous voie ne former qu'un par la foi, et vous multiplier par la charité, et surpasser les autres par le grand nombre d'actes que vous en ferez. Ressuscitez toutes ces institutions par lesquelles la bienfaisance humaine avait soin de s'élever au rang de la plus sublime vertu chrétienne ; montrez que notre Eglise est celle dans laquelle on s'aime les uns les autres, et l'on reconnaîtra en vous les vrais disciples de Jésus-Christ. Que les riches voient que parmi nous seuls existent ces généreux sacrifices pour î'ieu, ces vertus si nobles qui les étonnent chez les générations passées; que les pauvres sachent que dans le sein de l'Eglise catholique se trouve un fonds inépuisable de consolations et de ressources pour subvenir à tous leurs besoins et à toutes leurs épreuves de cette vie terrestre. Enfin, que tout le monde voie qu'être catholique c'est se distinguer par la pratique de toutes les vertus évangéliques; que c'est être non-seulcirent honnête, mais charitable; non-seulement bon, mais doux; nonseulement paisible, mais humble; non-seulement chaste, mais pur; non-seulement religieux, mais pieux et dévot; non-seulement vertueux, mais saint; et alors nous verrons quelle foule immense accourra de toutes parts pour entrer en communion avec une Eglise si glorieuse et si parfaite.
Mais si nous ne travaillons pas à atteindre cet état de progrès en fait de religion, si nous nous en tenons aux impressions que doivent produire l'érection de vastes et magnifiques édifices pour notre culte et la célébration plus solennelle et plus pompeuse de nos cérémonies religieuses; que dis-jc? si nous nous reposons même sur ce que nos doctrines seront expliquées ou exposées de la manière la plus éloquente à la foule que nous pourrons attirer; tenez-le pour certain, non-seulement nous serons trompés dans nos espérances, mais les pierres mêmes du sanctuaire crieront vengeance contre nous, parce que plus on reçoit et plus on doit rendre; plus donc le Seigneur s'est montré prodigue de ses grâces envers vous, plus aussi il doit en attendre de fruits : malheur à vous donc s'il n'y en trouvait pas I
Mais non, je ne veux point abandonner lo
DfiMOfVSTR MION ÊVANGÊLIQTJE.
suji-i si consolant el rf propre à exciter la joie
ii.ius uns cœuri que |e suis proposé de
i en commençant ce discours, comme le .seul (|ui poisse convenir à 1 1 solennité de i e jour. Ou ne m'entendra pofnJ rri faire des menaces et annoncer des malheurs, |e ne veux, même pas penser que < •■> malheurs puissent nous arrivée. Non. je crois que l'es> prit catholique est ressusi -il** p rrmi nous, et qu'il est prêt à y faire les plus grands et les plus généreux efforts, le ne parle point dota direction qu'il peut donner aux affaires de ce monde; je ne considère point le pouvoir et l'influence qu'il peut avoir clans tout ce qui concerne la vie publique : ce n'est pas là ce qui m'occupe, cela serait ici déplace. Mais ce que je pense, c'est que parmi nous il se manifeste évidemment un nouveau désir, un ardent et impérieux désir de voir le rétablissement et le renouvellement complet de tout ce qui était grand et bon dans l'ancien temps ; et quand même nous serions portés à rester lents et apathiques, nous nous trouverions entraînés par le torrent, venu du dehors, vers la pensée et la perfection catholiques.
Il n'y a pas encore deux ans que, lors de la pose de la première pierre de cette église, j'adressai ta parole à un auditoire dont beaucoup de ceux qui sont ici présents faisaient partie, sur cette place encore nue et découverte..le parlai alors de devoirs, et non d'espérances ; je m'étendis sur les av antages actuels, et non sur les biens de l'avenir; je présentai cette église comme un lieu de bénédiction pour les catholiques, et non comme pouvant être une maison de refuge pour les protestants. Deux ans ne se sont pas encore entièrement écoulés! que s'est-il passé dans le monde naturel? Les arbres ont à peine crû d'une manière sensible en grosseur et en force, et répondu aux désirs de celui qui les a [liantes ; les rochers et les montagnes n'ont pas vu leur aspect rude et sauvage subir le plus léger changement, ou prendre une forme plus douce sous la dent rongeuse du temps. Celui qui était jeune alors l'est encore maintenant, et celui qui était âgé ne s'aperçoit point qu'il soit devenu plus vieux, ou que des rides plus profondes ou des cheveux plus bl mes aient marqué son passage à une phase nouvelle de son pèlerinage. Deux ans ne se sont pas encore entièrement écoulés 1 que s'cst-il passé dans le monde social? Les mêmes rois régnent, les mêmes Etats existent, la même paix et les mêmes lois, les mêmes murmures et les mêmes remèdes. Et cependant, dans ce court espace, le cœur d'une grande nation a subi un important et vital changement! un changement que n'avaient
fm opérer trois siècles entiers, sur le plus soennel et le plus important de tous les intérêts, la religion! Je ne veux pas plus ici fermer les veux au mal qu'au bien : je sais qu'il s'est éveillé des passions haineuses, que dans beaucoup de gens l'hostilité religieuse ne s'est jamais élevée plus haut, el n'a jamais parlé d'un ton plus frénétique que maintenant: mais c'est là une conséquence n
je dis nécessaire par rapport aux lois
fatales de notre condition tombée et déchue,
d'un changement plus marqué dans le mm opposé. La v iolence de l'un des prim ipes i n-
lieiilis n'est qu'une preuve de la lorirlou-
jorm croissante de l'antre.
On ni' saurait nier, en effet, qu il n'est point de système de rapprochement graduel vers res catholiques, dans plusieurs ât
qui leur étaient le plus Opposés, dont on eût pu se promettre des résultats a le auroiip pieaUSSI rapides et aussi complets que eeu\ qui
se sont manifestés dans la période de l< que je viens d'indiquer. Ces deux dem années ont vu assurément exprimer | lus ouvertement de l'admiration pour la foi et la discipline catholiques; elles ont \ u également condamner, d'une manière plus expn plus positive, la séparation qui a eu Heu à l'époque de la reforme, et marquer un désir plus ardent et plus sincère d'un retour a l'ancienne foi. que ne l'avaient mi les trois des d'éloignement, de séparation et de schisme qui avaient précédé. Quand même ceux qui ont exprimé ces sentiments n'iraient pis plus loin, nous avons gagné immensément ; nous avons gagné un concours de témoignages de la part de ceux qui. par leur position, sont nos adversaires; d'éloquentes «kl de notre foi et de nos pratiques, de savants et populaires appels aux sentiments en faveur de l'ancienne Eglise : mais ce ne sont là, je l'espère, que les avant-coureurs d'une nouvelle et plus éclatante manifestation de h vérité. La pierre qui a été mise en m continuera de rouler sans que rien ne puisse l'arrêter dans sa course ; les eaux qui ont été agitées resteront en cet état, quand même la brise qui les a d'abord remuées viendrait à s'apaiser; la semence qui a été jetée en terre germera et croîtra, lors même que le semeur chercherait à l'en arracher. Car je ne saurais m'empêcher de penser que ce n'est là qu'un nouveau pas de plus dans la marche d'une providence invisible et divine qui dispose, comme elle le fait ordinairement, des actions des hommes pour les faire servir à l'exécution de ses desseins de miséricorde sur nous. Je croirais volontiers que la main d'un ange a olé la pierre qui couvrait la tombe de l'anli«iue cl vraie religion de l'Ang . afin
que, comme son Seigneur et son époux, elle puisse aussi ressusciter triomphante et glorieuse pour régner à jamais. Lu envov< leste a, je l'espère, agile ses eaux, afin que non pas seulement le premier qui y descendra, mais tous ceux, sans exception, qui s'y plongeront y trouvent la santé et la vie. Le divin laboureur, j'en ai l'humble confiance, a répandu cette semence, et elle défiera tous les efforts de son vigilant ennemi pour I arracher. Oui. j'essaierai de lire l'avenir dans les miséricordes de mon Dieu, comme je lis le passé dans sa justice: je ramasserai ensemble tous les éléments épars d'espérance, dans la désolation tics âges passes, qui, dans ce pays, n'a pas été comme dans d'autres jusqu'à une entière destruction et une ruine totale; dans tant do symptômes rassurants qu'offre le présent, qui, de jour en jour, pa-
SUR LES PROGRÈS DU CATHOLICISME
raît fournir de nouveaux motifs de consolation; dans les ressources inépuisables de l'avenir, qui reposent sur l'efficacité certaine de la prière fervente, sur les récompenses promises aux efforts du zèle, et sur la bonté, la miséricorde et l'amour infinis de Dieu. Avec cela je bâtirai dans mon cœur un sanctuaire à la louange, à la consolation et à l'espérance, et là je consacrerai tout ce qui me reste, selon le bon plaisir de Dieu, de vie, de force, de temps et de ressources, je l'emploierai à l'exécution de cette œuvre si importante et digne qu'on sacrifie pour elle non-seulement une vie, mais mille vies, je veux dire le rétablissement de la vraie foi et de la vraie religion dans la plus belle et la plus noble portion de la création divine.
Car je crois, mes frères, et ici je m'adresse à vous surtout que Dieu a placés sous la juridiction de ce district, soit que voussoyez mes collaborateurs ou mes frères bien-aimés en Jésus-Christ, que la dédicace de cette
église cathédrale ne
sera agréable à
Dieu
qu'autant qu'elle sera accompagnée de la consécration que chacun de nous lui fera de son cœur, et que, commençant à l'instant même où vient de s'ouvrir cette église qui doit être désormais notre église-mère, une nouvelle vie d'efforts et de zèle pour notre avancement spirituel, nous ferons dater de ce moment une époque de notre histoire ecclésiastique, digne d'être citée par les siècles futurs, pour les exemples éclatants et utiles de vertu qu'elle aura produits. Or, la consécration intérieure de ce temple vivant ne doit assurément pas être moins solennelle que celle d'un édifice matériel. Voyez cet édifice sacré : ses murs, comme vos corps, ont été lavés avec de l'eau sanctifiée par une bénédiction solennelle; ils ont été oints, comme l'ont été vos fronts, avec l'huile sainte ; on a prononcé sur eut des paroles de bénédiction; ils ont été sanctifiés par la prière de l'Eglise. C est pourquoi on les honorera et on les regardera comme saints et sacrés; on espérera trouver dans leur enceinte, des consolations, le pardon, la paix et l'espérance. Eh quoi ! l'ange du Seigneur regardera-t-il avec moins de complaisance celui qui, consacréde même à Dieu, renouvellera aujourd'hui, comme nous le faisons pour ce temple, la consécration qu'il a faite de lui-même à Dieu, à sa cause, à son Eglise, à sou glorieux et éternel royaume?
Oui, j'espère, mes frères, que notre fête de te jour est partagée par une multitude d'amis invisibles qui du haut du ciel, prennent part à notre joie si raisonnable, et unissent leurs voix à la nôtre dans les prières comme dans les louanges que nous adressons auSeigneur. Les anges sont ici présents, ces anges gardiens de notre patrie, ces anges de paix qui
ont si longtemps pleuré sur ses malheurs et sur ses perles, sur ses erreurs et sur son aveuglement; qui ont plané autour des ruines de ses sanctuaires et sur les fondements de ses autels. Et avec eux quelle brillante escorte de saints vénérables, autrefois l'orgueil et la gloire de notre île, le trésor de nos églises ; et à leur tête celui dont nous croyons pieusement que les sacrés restes reposent sur cet autel, consacré sous son nom; des évêques qui ont enrichi leurs cathédrales de leurs reliques après leur mort, comme ils les avaient remplies pendant leur vie de la bonne odeur de leurs saints exemples ; des solitaires et des religieux qui se sont sanctifié-; en cultivant les déserts, et ont changé nos rochers en véritables sanctuaires. Ils sont encore nos pères spirituels, nos maîtres et nos modèles; ils partagent nos transports de joie et d'allégresse, et ils nous seconderont dans tout ce que nous entreprendrons pour la terre qui fut si chère à leurs cœurs.
Et nous aussi, de notre côté, nous vous saluons et nous vous bénissons, glorieux serviteurs de notre commun maître 1 Nous revendiquons l'honneur de vous être unis comme membres de la même Eglise, vous de l'Eglise triomphante, et nous de l'Eglise militante; comme professant le même culte, comme ayan-tla même foi et étant animés du désir de faire renaître la vertu de vos jours et la sainteté de votre vie. Dans nos travaux et nos peines, nos yeux seront tournés vers vous; nous chercherons dans votre puissante intercession le secours et l'appui dont nous aurons besoin; nous aspirerons à la participation de votre gloire, comme la récompense et le but de tous nos efforts.
Et vous, ô Dieu de nos pères, vous, dont la miséricorde envers nous a dépassé de si loin nos mérites, acceptez l'hommage que nous sommes si heureux de vous offrir en ce jour, et daignez abaisser vos regards sur ce saint lieu ! Bénissez votre sanctuaire et fixez-y votre demeure; écoutez-y les prières de votre peuple, que vos yeux soient ouverts sur lui jour et nuit! Si nos pères ont péché contre vous, et si nous portons, avec nos propres crimes, le lourd fardeau de leurs iniquités, que votre miséricorde, en ce jour, regarde d'un œil favorable les dons bien sincères de' notre pauvreté, et les accepte en expiation de nos fautes et des leurs. Finies reculer, non point seulement de dix d grès, mais d'un grand nombre de degrés l'ombre de votre indignation, afin de hâter la venue des jours de notre joie; afin aussi que la lumière de vôtre visage brille sur nous, que nous soyons tous votre peuple, et qu'entrant dans voire sainte maison, nous chantions nos psaumes tous les jours de notre vie dans la maison du Seigneur (Is., XXXVIII, 20).
JESLS
DEVANT CALPHE ET PBLATE.