Il contient une analyse du livre de De Rossiani
(1) Des Oracles sibyll. Oxford, 1680, pp. 88 el suiv. De môme dans la Réponse aux objecl. iheol. de Leyd. et aux secondes el troisièmes obj. de P. Simonie.
(2) De Jésus-Christ parlant grec, Naples, 17(>7.
(3) Hermen. bibl. genér. tienne, 1813, p. 72.
(4) Dans Cellérier, Essai d'une iuirod. au Nouveau Test. Genève, 1823, pp. 242 el suiv. Car l'ouvrage de Hug, dont Cellérierafaitun abrégé (Einleit. iu die ScnriftendesN.T,], n'est pas eu m'a possession. Il vaudrait mieux peut-être ranger cei illustre écrivain au nombre de ceux qui embrassent i\>| inion mitoyenne.
(5) Epllre catholique sur la langue originale du Nouveau Testament non latine, a Mar. Molkenbulir. Dusseldorl, 1820. On y voit Léonard Weckhauff cité (p. 143) comme partageant le même sentiment.
(6) Le grec original du Nouv. Test, établi et démontré : Sermon, etc. Londres, 1823.
(7) II Mac, III, 10, 13 ; V, 27.
(8) ibid., VII, 9, 11, 16, 18,30.
(9) Ibid.. 8; XII, 37. Voyez aussi VII, 21, 27.
(10) S. Malin., XXVII; S. Luc, XXIII, principalement w. 13 el suiv. ; Josèphe, Anliq., 1. XVIII, th. 3, edit. iiavcrc, t. II, p. 875 et suiv
(11) S. fitatth., XXVIII, 17, etc.
12 ibid., -21.
13 S.Jean, XIX, 12.
|14) S. Matth., XXVII, 2.'i. On verra qu'il y 1 un parfait rapport entre l'action de Pilais se lavant les main-, et la réponse faite par 1rs Juifs, quand on saura y rei'oimalire uni- formalité légale et judiciaire des Juifs. H n'est point ici besoin eu effet de recourir aux lavements de mains et «u* i'urilications sacrées des Latins ou des (îrecs, comme
nÉMON^TiUTÎON |f ATCÉUQUE.
(1er aisément que Pilate, pins exercé dans le maniement des armes que dans l'étude dl I lettres, doue d'un caractère féroce et cruel (1) ,
Idanl a Césarée (2), ville grecque (3), au-
i lit ID une langue que les savants ne pouvaient appivn.|!.M|ii'aii prix de péni bief efforts el de longues éludes [k] : quand d'ailleurs on sait -urlout qu'il était l'ennemi juré des Hébreux (5) , et que les gens de va suite ri gardaient leur langue comme barbare 8). ék qu'enfin il était contre la coutume des Komains, dans le gouvernement el l'administration des provinces, de se servir d'autre langue que de la latine ou de la grecque (7).
oon sur PETangde de S. Matth dise "■mires, I-. 1),. |j tuon d'e Jé-
sus-CluLst, t. ni. p. 1991 ; kuiuoèl {Comment sur S. Jean t. I, p. 742. et sur S. Matthieu, III, 6, p. H' , et tous les autres (Voyez Roseiimûlb ■ ,8 ] \\\|,[iar
IV, vol. u, i', edit., p. 714). Ce qoe Sei
li ■ Hébreux le mode létialûn s,; déclarer soi-même 1 1 let antres innocents d'un crime éuit de se laver . Cette pratique est prescrite dans un cas par la loi (Ueut XXI, 6). Il est bien probable qu'elle était consacrée par
I usage dans les autres cas. Elle est citée dans le Ps. X I \ I (hébr.), 6, parmi les autres pratiques, l les autres phrase» judiciaires, dont ce Ps. esi rempli (\ oy< i w. 1, i, 4, 3, 9
10, 11), de manière qu'on ne peut guère douter qu'e'll.'né lui d'un usage général entre les juf - témoins comme nous le voyons par rapport a l'ilate. Ou la retraite aussi dans les é rhs des Hébreux : [tfr e\ lalmud(Gitlun.,fol.3»j;daiisBuxtorf,Lexiq.talm.,col.!076): m'-" 'T2:b ",~* r-'z 'Z~rb '•,-, Il du n lie à détruire ut maison, el veut s'essuyer les m^ins. Cette 1 raUque était, il est assez probable, accompagné eVs par Pilate.qui se retrouvent plusieurs lois en.j
la môme manière dansleslivres saiuU (Voj .1res
II Samuel, III, 28; Dan, XIII, 40). Au coulraire lorsque quelqu'un était condamné à la peine CS| it Je, il éutt (Tusage de le dévouer a l'anaihème comme cause volontaire de sa propre mort. Ainsi on élevait les mains sur la
du coupable, comme pour imposer le criue sur
XXIV, 14 ; Deut., XIII, 9, et spécialement, XVII, 7); bien
plus, si l'on en croit les rabbins, on prononçait alot-
paroles très-analogues à celles qui furent prolérées par
1 s Juifs. Voici ce que dit à ce sujet le rabbin Mann, mdes
(Havoda Cocavim , c. 2. § 14, edit. \
moins et les juges imposent leurs mains sur la lêle du
blasphémateur et lui disent : "jTirO "fCt, Que ion sang
retombe sur ta tète (Voyez aussi II Sam. I. 16; H Rois.
11, 3/; et Rosenniûller, Das allé und neue Morgeuland. 1. III, p. lr>l|. D'où il résulte évidemment ou que les usages des Juifs étaient observés par les gouverneur mains, on que l'ilate s'y conformait. Les Ju h.nc que 1 daie, au lieu de suivre Vusage ordinaire d'iuq
son sang au coupable, en observait m autre par lequel il
déclarait le Christ innocent, aveuglés de ra.e el pot
par la haine, s'écrièreni qu'ils ne tenaienlKtocuD
de ce qu'il pratiquait alors, qu'on pouvait leur redemander
sonsaug, à eux et à leurs enfants, i-ourvu qu'il lût mis a
mort.
(I ' S. Luc. XIII. 1 et suiv. — Anliq. jud. de Jost L. XVIII, ch. 3, t. 11. p. 876;— Philon, de Le«t ad On., t. Il, p. 590, edit. Mangey.
A.Jr(,Josè|,lK' e! ,>1"l°"'. "'"' supra. — Vovez aussi Act. XXIII. i-, 35; XXM
(3) Josèphe. Guerre de Judée, liv 111. c. 9, loin. I, p. 250. etc. y
U) Voyez S. Jérôme. Ep. 95, ad Ruslic. etc.
(■')) Philon., ubi supra, pie. 589.
(6) Ainsi, par exemple, JavèMl,cjal, après avoir parlé do la Grèce, appelle Icn Syriens îrei :
lam 1 ridera sgrtu in Tlherio defloitt Orontes, Et linguam et mores vexit.
Ile, quibus grata est picta lupa barbara mitra. (Soi m, r EL] Platon aussi appelle barbares les noms du dieu de* Sy» riens, dans Li iméaide.
(7i Voyez Hug (i.bi supra, p. 246). Il est certain qae les Romains se servaient de la langue latine dans les inscriptions et les pierres publiques èi particulières, en Pa-
III. Nous voyons les Juifs donner des noms syriens aux personnes et aux lieux, et cependant ajouter aux noms syriens le nom grec correspondant, de manière qu'ils n'étaient pas moins désignés par le nom grec que par le nom syriaque (1) : ce qui montre que la langue grecque leur était d'un usage commun et ordinaire.
IV. Une inscription qui ne concernait pas moins les Juifs que les étrangers était gravée en langue grecque dans l'enceinte du, temple (2). Les Juifs, qui connaissaient fort bien saint Paul (3) , s'étonnent cependant de l'entendre leur parler en hébreu (4). Au temps de Josèphe, les esclaves eux-mêmes savaient le grec (5).
Enfin , en voyant les apôtres aussi bien versés dans la connaissance de la version grecque alexandrine des livres saints que de l'original hébreu (6), on ne saurait, à mon avis , apporter de preuve vraiment démonstrative que la première église de Palestine se soit servie, dans le culte divin, de la langue hébraïque ou de la langue syriaque , ou qu'elle ait fait usage d'une autre version des livres de l'Ancien ou du Nouveau Testament, que de la version grecque (7) ; tandis qu'il est certain, au contraire, que cette église se composait même des Juifs du plus bas étage (8).
Sans parler donc d'une foule innombrable d'autres considérations dont se sontdéjà occupés des hommes d'une haute science, etcomme il est assez constant d'ailleurs que la langue
lestine et dans les autres provinces de l'Orient (Voyez, entre autres, Reland, po/œst/n. illustrata, t. !, p. 401 etsuiv., et le marbre de Straton apporté de Carie par Bankes, et dont il est donné une explication dans le Memorie romane âiAMicll.A. Il, p. 29 et suiv.); mais il n'est pas moins certain (ju'elle n'y lui jamais vulgaire, comme a voulu cependant le prouver P. Marcell. Mollenbuhr (Problème critique sur l'idiome dans lequel la sainte Ecriture du Nouveau Testament a^éie publiée, raderb. 1821, pp. 125 et suiv.). Je n'ai pu voir la réponse de Binleriin (Propempticum, etc. mauence, 1822.
(1) C'est ainsi que le Prince des apôtres est appelé tantôt Pierre et tantôt céphas, même parmi les Grecs (ICoriulh. XV, 5; Gai. Il, 9, 14. — Consultez les diverses dissertalions italiennes de.F.Zaccarie,etc., Rome, 1780, 1 1, p. 195, et suiv.) ; ce qui montre évidemment qu'il portait ces deux noms. De même saint Thomas portait aussi un second nom parmi ses collègues, celui de Didyme, nà^oi (S. Jean, XI, 16; XX, 21), qui est la traduction exacte d'un mol syriaque. Je n'oserais dire que lhaddée et Lebbée (S. Malin., X, 3) fussent deux noms équivalents ; voyez cependant ce qu'en dit Michaëlis (Lexique de Castell., p. 951, où il renvoie le lecteur à son introduction au Nouveau Testament, § 256, 4' édit., loin. Il, p. 1 i'.»2 ; mais il n'en dit rien là). Tabitha (Act., IX, 36) était aussi appelée Dorcas, qui n'est uue la traduction du premier nom. Ainsi encore le palais du gouverneur romain à Jérusalem élail appelé lithostrotos et Gabliallia. J'en omets à dessein une foule d'autres.
!2 Voyez Diodati, p. 91 et suiv.
3 Act , XXI, 27.
4 Ibid., 40.
13 Josèphe, Anliq., I. XX, 9.
(tij Voyez, sur les citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau, Michaëlis, Introduction, etc., t. Il, pp. 215, et suiv. vers. ang.
(7) Aussi les exemplaires qui étaient entre les mains 'les ( lirétiens de Palestine se trouvaient tellement altérés p:ir suite de l'usage journalier qu'on en faisait, qu'Eusèhe elPamphile entreprirent de leur eu donner une nouvelle édition corrigée.
(8) Act., IV, 35.
HOB/E SYRTACjE. 5$
araméenne était vulgaire dans la Judée, ceuxlà me semblent avoir rencontré juste, qui, embrassant un terme moyen , où se trouve le plus souvent la vérité non moins que la verlu, pensent que ces deux langues étaient familières aux Juifs (1). Cette opinion réunit de grandes probabilités en sa faveur. Par là on peut concilier ensemble divers décrets du Sanhédrin opposés les uns aux autres, cités par les rabbins, qui tantôt affirment que la langue grecque était permise (2) , et même obligatoire (3), et tantôt qu'il leur était défendu sous peine de malédiction de l'enseigner à leurs enfants (4). C'est-à-dire que ces premiers décrets (s'il est vrai que ce ne soit pas une pure fiction) doivent être rapportés aux temps qui ont précédé la ruine de la république juive, et les seconds aux siècles postérieurs (5). Ainsi, du vivant de Jésus- Christ, les choses étaient dans le même état qu'elles l'ont été dans les siècles suivants : quoique tout l'Orient parlât la langue grecque (6) , l'idiome araméen cependant ne laissait pas que d'être encore en usage parmi le vulgaire (7).
On ne manque point d'exemples de deux langues usitées à la fois chez d'autres peuples. Car, sans parler des exemples plus anciens , parmi les habitants de l'Irlande et de l'Ecosse, la majeure partie du peuple sait à la fois sa langue nationale et la langue anglaise; et cependant on les verra prêter plus volontiers l'oreille si, en leur adressant la parole, on emploie la première au lieu de la seconde, tout comme les Juifs prêtèrent plus volontiers l'oreille à saint Paul qui leur parlait dans leur langue nationale.
(1) Ainsi R. Jochanan (Midr. Tillim., fol. 25, c. 4) : «Il y a trois langues : le latin (qui est la langue des vainqueurs) est d'usage dans la guerre ; le grec, dans le langage ordinaire; et l'hébreu, dans la prière. » C'est ce que se sont efforces de prouver Hen. Got. Paulus (Vraisemblances en faveur de l'opinion de ceux qui prétendent que les Juifs de Palestine, Jésus môme et les apôtres, ne parlaient pas seulement l'idiome araméen, mais encore le grec aramaïsant, 1803) ; et Hen. Chr. Retlig. (Epbem. exeget theol., etc., fasc. 3. cissœ, 1824, exe. I, pp. 1 et suiv) •' Hug et Rie. Simon lui-même ne s'en écartent peut-être i.as beaucoup. P '
(2) Il est permis d'écrire la cédule de divorce en langue grecque (Mischna; Gittim ch. 9, n. 8, edit. Surenhus. t. lll, p. 375), comme d'écrire en grec les livres saints • (Maimon. Hilch. Tephil., c. 1,8 19), et même d'enseigner le grec aux enfants (Talm. Hierosol. Sotah et Scuàab dans Surenhus., t. III, p. 307), etc., etc. Ecoutez aussi le sentiment des Syriens : « Puisque S. Matthieu, disent-ils a écrit sou Evangile pour les Juifs, et que la plupart des Hébreux parlaient ta langue grecque. » (Denis Barsalibée dans Assémani, Bibl. Orient, t. Il, p. 160).
(3) « Ils ne permirent pas d'écrire de livres en d'autre langue qu'en grec.» Mis.Megill., c. 1, § 8. (Edit. Surenh.. t. Il, p. 390).
(4)Bava Kama, fol. 82, 2; Sotah, fol. 49, 1, dans I>htfoot, Horœ liebr., in Act. VI, 1 (Edit. de Rotterdam, 1886, . Il, p. 706), que j'ai omis de citer parmi les patrons où iiseura de la langue araméenne.
(5) C'est précisément ainsi que le traité Sotah concilie les choses. Car il enseigne que l'élude de la langue grecque fut prohibée au temps de la guerre de Titus (cb 9 § 14. Edit. cit. 1. iv, p. OUI). ' '
Ui) Ainsi S. Jérôme, Prologue in Eput.ad Gai.
(7) Voyez les témoignages des auteurs, dans Reland, Palestin. illusl., t. 11, p. 756.
DéMONSTRAHOM t\ aNGEl Ini E.