SUR QUELQUES PASSAGES DE SA LETTRE AU RÉV. DOCT. JELF
Collège Sainte-Marie, Oscott, 27 mars 1841.
Monsieur,
La seconde édition de votre lettre au docteur Jelf me parvient à l'instant , je n'ai pu la voir plus tôt.Si je prends la liberté de vous adresser directement quelques observations à ce sujet, vous ne penserez pas, je l'espère, que je cherche à me prévaloir des rapports passagers que j'ai eus avec vous à Rome , il y a quelques années, quel que soit le plaisir que j'éprouve à m'en rappeler le souvenir; je suis mu par des considérations d'un ordre plus élevé. Votre candeur et votre vertu m'inspirent assez de confiance pour croire que si je suis assez heureux pour vous convaincre de l'inexactitude de quelques-unes de vos idées et de vos assertions , vous serez le premier à les corriger, et vous pourrez ainsi , beaucoup mieux que je ne saurais espérer de le faire moi-même, détruire les mauvaises impressions que vous avez produites. D'un autre côté, en ne m'adressant qu'au public, comme si je voulais entrer en controverse contre vous plutôt qu'en discussion avec vous , on pourrait croire queie renonce au plus ardent de mes vœux, celui de convaincre l'homme même
pour lequel le caractère même de la discussion théologique présente m'inspire tout naturellement un bien vif intérêt. Je vais donc, avec toute la modération possible, mais aussi avec une entière franchise, vous présenter mes observations sur les passages de votre lettre qui sont de nature à choquer tout catholique bien instruit de sa religion.
Vous avez pour objet dans votre lettre au docteur Jelf, de vous défendre contre l'assertion de quatre professeurs de collège qui ont représenté le Traité n°90, dont vous êtes l'auteur, comme affirmant que les trente-neuf articles ne condamnent point le purgatoire . les indulgences , le culte et l'adoration des images et des reliques , l'invocation des saints et la messe, dans le sens gui y est attache par /'enseignement reçu et autorisé (aulhoritative) de l'Eglise de Rome.
Vous répondez à cela que vous êtes d'avis qu'ils renferment une condamnation de l'enseignement reçu </< l' Eglise de Rome sur ces points: que vous dites seulement qu'nysMll été rédigés avant les décrets du concile de Trente, ils n'ont pas été dirigés contre ces décrets [pag. k). Je vais transcrire mot à mol l'alinéa suivant de votre lettre, quoi qu'il en doive pour cela coûter à mes sentiments.
LETTRE ADRESSÉE AU RÉVÉREND J. H. NEWMAN
Quant à renseignement reçu présentement et autorisé dans l'Église de Rome, à en juger d'après ce que nous en voyons en public, je pense qu'il tendvraiment fortement à substituer un autre évangileàla place duvéritable Evangile. Au lieu de présenter à l'âmelasainte Trinité, le ciel et l'enfer, il me semble prêcher comme système de religion populaire , la sainte Vierge , les saints et le purgatoire. S'il y eut jamais un enseignement religieux qui eût besoin de réforme, c'est celui de Rome actuellement, ou, en d'atUres termes (ainsi que je devrais l'appeler), le romanisme ou le papisme (p. 5).
Pour mieux expliquer votre sentiment, vous citez un passage d'un autre de vos écrits, dont je crois qu'il suffira d'extraire pour le présent la proposition que voici : Dans les écoles romaines , nous voyons sainte Marie et les saints placés en première ligne et établis les dispensateurs de la grâce; le purgatoire ou les indulgences, le moyen de l'obtenir; le pape, le chef H le docteur de l'Eglise, et les miracles, la sanction de la doctrine (ibidem).
Votre intention, autant que je peux le conclure de ces passages et d'autres encore de voire lettre, paraît être d'établir une distinction entre les doctrines définies ou mises en décret dans le concile de Trente et l'enseignement reçu et autorisé de l'Eglise romaine, c'est-à-dire , selon moi , de l'Eglise catholique en communion avec Rome. Ce n'est pas votre intention , j'aime à le croire , de désigner par enseignement reçu et autorisé des abus locaux ou les extravagances de certains écrivains particuliers , mais l'enseignement reçu et autorisé que cette Eglise , en tant qu'Eglise, sanctionne et recommande.
L'existence d'un pareil enseignement , en opposition avec les doctrines du concile de Trente, est, à mon avis , une idée nouvelle; et tous les catholiques, je le pense, en jugeront de même. C'est principalement par rapport à l'existence de ce prétendu enseignement et à l'objet comme au système que vous lui supposez, que je prends la liberté de vous adresser ces lignes respectueuses.
Supposez que je me mette à affirmer que dans l'Eglise d'Angleterre il y a un enseignement reçu et autorisé , qui est en opposition avec les articles , tels que vous les interprétez dans le traité. Vous croyez que votre interprétation des articles est la seule qui puisse se concilier avec la vérité catholique , ou mettre votre Eglise en harmonie avec l'Église catholique (1). Supposez donc encore que je prétende" que votre Eglise ne doit pas être jugée par les articles, mais par cet enseignement reçu et autorisé, et que ses doctrines, et elle-même par conséquent, ne sont pas catholiques , qu'aurezvous à répondre ? Vous me demanderez avec
(1) «Mais ces remarques sont en dehors du but que nous nous proposons présentement, qui est simplement de montrer que si notre livre de prières, comme on s'accorde généralement à le reconnaître , est d'origine, catholique, nos Articles aussi, quoique l'oeuvre d'une époque non catholique, sent pour le moins, par la sainte providence de Dieu, non anticatholiques, et peuvent être souscrits de tous ceux qui veulent être catholiques de cour et de crojance. » (Traité, p. 4.)
raison, je pense, où réside cet enseignement? qui a le pouvoir d'en agir ainsi et de limiter de cette sorte l'interprétation des articles? Vous ne vous contenteriez pas d'extraits contre la transsubstantiation, contre la messe, contre le purgatoire et le culte des saints, tirés de cent écrivains et théologiens en communion avec votre Eglise , qui ont proclamé que ces divers points de doctrine sont entièrement et sans réserve condamnés dans votre Eglise et par votre Eglise. Vous ne vous contenterez pas d'avoir là-dessus l'opinion des professeurs de collège ou du conseil hebdomadaire, ou même, je pense, des évéques individuellement , dont les sentiments se trouvent en partie enregistrés dans vos écrits. Vous ne prétendrez pas, je m'imagine, qu'aucun de ces hommes, qu'on les prenne individuellement ou collectivement, offre le caractère d'un enseignement faisant autorité ; pas certainement de manière à autoriser un adversaire à prêter leurs sentiments à votre Eglise, en les substituant ainsi aux articles.
Appliquons la même règle à notre propre cause. C'est une imputation bien grave que de nous accuser de mettre la sainte Vierge à la place de la sainte Trinité, et le purgatoire à la place du ciel et de l'enfer. Nous demandons naturellement, Quelles preuves convaincantes existe-t-il qu'il y ait un enseignement reçu et autorisé , qui soit substitué aux décrets solennels et synodaux de notre Eglise , et nous rende solidairement responsables de ses leçons? J'ai essayé de les découvrir dans votre lettre ; mais j'avoue que je n'y ai point réussi , pas même à y trouver quelque conjecture plausible relativement à l'idée que vous avez pu vous-même avoir dans l'esprit en adoptant ce terme. Vous paraissez vous être contenté de certaines généralités vagues , qu'il n'est pas aisé de réduire à des formes saisissables. Je vais énumérer quelques-unes des raisons que vous alléguez en faveur de l'existence de cet enseignement reçu et autorisé.
1° Ce que nous en voyons ( de notre enseignement, je suppose ) en public (p. 6);
2° La doctrine des écoles romaines ( ibid., et p. 8)-,
3° L'enseignement du catéchisme du concile de Trente (p. 5) ;
4" Les idées populaires des catholiques, ainsi que l'attestent les homélies et Jérémie Taylor (ibidem) ;
5° Les abus attaqués par Luther avant le concile de Trente (ibidem);
6° Le culte populaire et la pratique des catholiques en général (p. 7, part. I) ;
7° Les honneurs rendus aux saints dans les pays catholiques (ibid., part. II);
8° Les sentiments de tous les meilleurs écri vains sur ces matières (p. 10).
Je pourrais , je pense , y ajouter plusieurs autres chets; mais il suffira de ceux-là. J'en appelle, monsieur, à votre candeur et à votre bon sens , admeltricz-vous sur de pareilles preuves l'existence dans votre Eglise d'un enseignement appuyé d'une assez forte autorité pour être regardé comme y tenant la
215 DEMONSTRATIF E> \ r
place des articles que \<>us avei souscrit pliant à Y enseignement de» écolet romai (jiaiiit nu catéchisme du concile de Trentt et uns sentiment» de» meilleur» écrit a ai
point d'objet Huns .'• 61 >yer contre ; mais que vous donniez pour preuves d'un cnseignejiu'ui reçu el autorisé le» idée» populo pratique», etc., rien assurément de plussurT prenant. Vous n'admettriez certainement pas comme preuve de L'enseignement de r"otre
J'élise les idées populaires par rapport à la
Bible et à la règle de loi : unis ne souffririez pas qu'on donnai les idées populaires sur le jeûne, l'cucdai i^lic cl la prière rumine la véritable expression de voire doctrine sur ces
matières.
Mais permettez-moi d'entrer dans quelques détails relativement aux preuves que vous alléguez el aux doctrines que vous supposez qu'elles enseignent.
1° Les écoles romaines. J'ai cité un passage où vous en appelez aux écoles romaines , à l'appui de vos opinions, Dans le Traité, p. ±\, vous exprimez le même sentiment , et vous l'avez copié dans votre lettre. « Ce à quoi est opposé ( l'article 22), est la doctrine reçue alors, et malheureusement aujourd'hui même encore, je veux dire la doctrine des écoles romaines. » Après ce passage, vous poursuivez ainsi : Cette doctrine des écoles est à présent, dans son entier, la croyance(i) établie de V Eglise romaine, et c'est ce que j'appelle le romanisme ou papisme (p. 8).
Que sont donc-, souffrez que je le demande, ces écoles romaines? que signifie ce terme? où l'enseignement de ces écoles se trous et-il aulhenliquement consigné ?
Pardonnez-moi si je m'avance trop en parlant en mon propre nom, car j'ai bien quelque droit de me porter comme digue de foi en ces matières. J'ai résidé vingt-deux ans à Rome, lié par les rapports les plus intimes à son enseignement Idéologique. Pendant cinq ans j'ai fréquenté les écoles romaines, au collège romain, où tout le clergé de la ville devait faire son éducation. J'ai suivi le cours de tdéologie tout entier, et je l'ai publiquement soutenu dans une tdèse. Depuis, j'ai toujours été engagé dans renseignement Idéologique à notre collège national, et, pendant quelques années, j'ai rempli la cdarge de professeur à l'université romaine; je dois donc être suffisamment familiarisé avec les doctrines des écoles romaines.
Or, je vous assure de la manière la plus positive que, dans tout le cours de mes études, je n'ai jamais entendu un mot qui pût me porter à penser que la sainte Vierge et les saints soient ou doivent être plates en première ligne danslareliijion, ou qu'ils puissent être les dispensateurs de la grâce ; ou que le
puraatom tt le» indulgence» soient le moyen de l obtenir ; r, « -i. ,
Je déclare eo outre, en toute sécurité et sur le ton le plus sérieux . que )'} •'" toujours entendu ei enseigné préi isément le • onti de ce que \<>u> donnez < omme la doctrine
assurément . » il \ a terre un lieu, une institution, un système où un code qui mérite de porter i e nom, ce doit être Incontestablement les écoles dont je parle...
.Mais ilirez-vous peut-être que ce n'est pas de l'enseignement formel que voua voulez parler, mais bien de l'esprit répandu d tout le système des éi oli - romaii si, en disant de Vécole (et non des écoles) d'Oxford qu'elle enseigne certaines doctrines, on ne voudrait pas donnera entendre par là, que ces doctrines sont enseignées ex cathedra, mais qu'elle- sont comme instillées dans le cours de l'enseignement, et qu'elles en sont l'âme et l'esprit. Or , pour produire cet effet, quelques moyens au moins sont nécessaires. Les doctrines qu'on veut ainsi plai e* eu DR mière ligne, on les inculquera, on les loi nuera sans relâcde , on en exagérera l'importance. Je le déclare encore une fois, je ne puis me rappeler aucune circonstance qui, après de mûres réflexions, me paraisse avoir quelque trait de ressemblance avec une méthode ou un système de celte espèce dans les écoles romaines.
Voici comment se divisait alors le cours de tdéologie. Un professeur s'occupait pendant quatre ans (une leçon d'une heure par jour), des sacrements, les instruments de la grâce et du pardon, comme vous avez raison de Les appeler, dans l'ancienne Eglise. Un autre professeur distribuait son cours ainsi qu'il suit , la première année, delocis theologicis, etprincipalementdejFcc/esi'a.la secondeannee.de Z>eo uno el trino; la troisième année, Je incarnalione ; la quatrième , de gratid. Un troisième professeur était chargé , pendant deux ans, de 1 Ecriture, et un quatrième , pendant le même temps , de la Idéologie morale. Tels étaient 1rs cours obligatoires qu'il fallait nécessairement suivre avant de pouvoir être admis aux saints ordres. Or , je vous le demande, les écoles anglicanes s'arrangent-* lies de manière à présenter à rame las, uni, Trinité, ouà faire du Christ Filsdr Diru.dc sa grâce, de ses sacrements tt de son Eglise, le point le plus essentiel dans l'économie de la rédempiiontp\w positivement, plus clairement, ou plus nécessairement que ne le fait ce système théologique des écoles romaines ? L'ordre et la matière des traités théologiques que je viens d'énumérer vous sont, j'ose Le dire, familiers ; mais beaucoup d'autres de mes lecteurs, j'en suis sûr , ne sauront pas où s'y trouvent les points de doctrine que vous considérez comme
(I) Voilà encore un nouvel exemple de ce vague d'expression sur <lrs matières qui demandent une stricte prêctsien. Qu'est-ce qui constitue la croyance établie d» Cl glise? N'est-ce pas la doctrine du ses formulaires, soleum i reconnus par ses autorités? Quel sens doue ma terme ici employé/'
(1) C'e-i une idée louie nouvelle <|ue le purgatoire d être considéré connue un moyen d'oWuir le pardon.
: doivi .. ,i. pow les vivants du moins, qu on eiborte couliuueUemeiM à travailler .i l'éviter; nous le considérons bien, il est vrai, comme un lu u de miséricorde , mais je n'ai pasooaââifsauce de l'avoif jamais entendu ou vu éuui les moiicus d'obiemr miséricorde.
LETTRE ADRESSÉE AL RÉVÉREND J. H. NEWMAN
tenant le premier rang dans les écoles romaines ; c'est pourquoi je vais le leur dire. Tout ce qui est enseigné sur sainte Marie et les saints, sur leurs reliques et leurs images, se trouve renfermé dans un petit traité placé à la fin de celui de l'incarnation (1). 11 est parlé des indulgences dans un traité supplémentaire ou appendix, ajouté à la pénitence dans les sacrements (2). Quant au purgatoire, qui, comme le doivent naturellement supposer vos lecteurs, a dû remplacer entièrement dans nos esprits le ciel et l'enfer, ce traité se trouve placé entre ces deux derniers , occupant beaucoup moins de place dans nos ouvrages de théologie qu'aucun des deux (3), dans un traité annexé à celui de Deo creatore, qui souvent est séparé de celui de la Trinité.
Voilà de quoi se compose l'enseignement dogmatique des écoles romaines; et s'il est tel que je l'ai exposé au centre même de ces écoles , personne, je m'imagine, ne doutera que l'enseignement reçu et autorisé des autres places catholiques aille au delà de Rome elle-même dans ce que vous regardez comme les doctrines romaines.
Mais peut-être n'ai-je pas encore bien saisi votre pensée; votre expression peut paraître s'appliquer à l'enseignement ascétique plutôt qu'à l'enseignement dogmatique de Rome. Examinons la chose. D'abord, je ferai observer que quand on parle d'enseignement reçu dans une Eglise, et qu'on en appelle à ses écoles pour en constater l'existence, on doit naturellement entendre les écoles dogmatiques , comme dépositaires de l'enseignement dogmatique. En second lieu, il n'y a, à proprement parler, pas d'autre école. C'est dans les pratiques autorisées et approuvées qu'il faut principalement examiner l'enseignement ascétique. Eh bien 1 ces pratiques confirment-elles l'assertion que vous avez faite relativement à l'existence d'un enseignement reçu et autorisé qui aurait usurpé la place et l'autorité des canons du concile de Trente, et opéré ces substitutions blasphématoires et idolâtriques qu'il m'est si pénible de répéter ?
Chaque année , pendant le temps du carême, il est donné dans les chaires de presque toutes les grandes églises dans les grandes villes , et dans toutes les églises métropolitaines ou paroissiales en d'autres lieux, un cours régulier de sermons, souvent remplis d'une ardente et pathétique éloquence. L'usage généralement suivi est de consacrer un sermon (le 3' dimanche) à parler du purgatoire. Je n'ai jamais entendu
Sue les indulgences aient occupé une place ans ce cours d'instructions ; il y est rarement parlé plus dune fois en l'honneur de la sainte Vierge, c'est le jour de la comme-
(1) Dans le cours de théologie maintenant suivi au coloraain, celui du 1* Perrone, le traité de l'incarnation comprend plus de 230 col. ; celui des Saints, de leurs images, de leurs reliques, etc., en a 88 (Voir notre édition. M.).
(i) I);ms l'ouvrage du P. Perrone , il n'a que 32 colonn. Le Mariage en a plue de 1 ."37 .
(3) Ibid., le Ciel occupe, environ 27 col., l'Enfer 30, le Purgatoire 15.
g moration de ses douleurs. Mais la mort, le î ciel, l'enfer, le jugement y font le sujet de plusieurs discours. On réserve les derniers quinze jours du carême pour adresser tous les soirs au peuple , rassemblé en foule dans les églises, d'autres instructions, indépendamment de celles qui se font le matin, et de quoi lui parle-t-on? Du purgatoire ou des indulgences, comme moyen d'obtenir miséricorde? Non; mais du devoir pascal, d'un sincère repentir , d'une bonne confession et d'une digne participation à la divine eucharistie. Je doute qu'on y fasse même allusion à ces deux points de doctrine ( le purgatoire et les indulgences).
Les exercices spirituels de saint Ignace, ou la retraite spirituelle, passent pour les moyens les plus efficaces pour ramener les hommes au sentiment du devoir et à la pratique de la vertu. Je peux dire même, d'après une expérience suffisante, que leurs effets ne sont guère moins que miraculeux. Ils se composent d'une série de méditations, basées sur la considération des fins de l'homme , dans l'ordre suivant : sur le péché , sur l'enfer, sur la mort et le jugement, plusieurs sur chaque sujet, pas une sur le purgatoire; puis sur l'incarnation et la naissance de notre Sauveur, sur les mystères de son enfance , de sa vie, de ses souffrances et de sa mort; ensuite sur sa résurrection, sur le ciel, la divine eucharistie, et l'amour de Dieu; pas une sur la sainte Vierge : la chaire et la retraite spirituelle sont les deux principaux moyens de salut pour chaque individu dans l'économie extérieure de l'Eglise.
Prenez le catéchisme italien , français ou espagnol ; examinez de bonne foi si la Trinité, l'Incarnation et le Symbole tout entier n'y sont pas les premiers et les principaux sujets d'instruction; s'il y est enseigné quelque chose aux enfants qui s'y instruisent de leur foi , qui puisse les porter à penser que la sainte Vierge , le purgatoire, les images et les indulgences sont les points auxquels il faille principalement faire attention.
Je ne sais vraiment pas où aller chercher un enseignement reçu et autorisé, donné dans les écoles romaines, ailleurs que dans les lieux et les objets que je viens d'énumérer , et je n'y saurais trouver nulle part la moindre proposition ou la moindre insinuation qui soit en opposition avec les décrets du saint concile de Trente. Mais avant de quitter ce sujet, les écoles romaines, permettez-moi d'attirer votre attention sur une des doctrines particulières que vous semblez leur attribuer. Vous devez faire attention que vous comparez ce qui était la doctrine reçue des écoles romaines à l'époque où les articles ont été rédigés , avec ce qu'elle est maintenant (Traité, p. 24. Lettre, p. 8). Voici le passage vraiment formidable auquel je fais ici allusion : Par exemple, quant au purgatoire, je pense (avec les homélies) que l'article est op-~ posé à la principale idée réellement soutenuo par Rome , savoir que les peines temporelles sont substituées au supplice de l'enfer, à l'égard des pécheurs , et à toutes les su-
[il WONSTRATION EVANC1 LIQUI
ptrititiotii t/ui (h tli'caulmt {Lettre, p. M
Vous n'ignorai pat , monsieur, qus votre assertion est d'un grand poids aux veux «le beaucoup de personnes; pjue vous passai pour avoir étudié arec un soin particulier les ouvrages de théologie et de piété callkoliques, el que tous avez travaillé à acquérir,
dans un degré plus étendu et avec des sentiments plus favorables que beaucoup d'autres, une juste connaissance des rentables doctrines de notre Eglise. La doctrine que vous nous imputes est une doctrine perverse
et funeste, capable d'entraîner les nommes
tête baissée dans la perdition, parce qu ils sont cruellement aveuglés. Pourriez-vous
prouver que Rome ait jamais réellement favorisé, ou favorise maintenant une pareille idée? Dans quel formulaire? Dans quel décret ou quelle déclaration ? Par quelle pratique ? Par quelle connivence? Je ne saurais rien me rappeler qui ait été fait ou publié qu'on puisse interpréter en ce sens; si VOUS ave/ des preuves de cette terrible assertion, je vous invite de la manière la plus pressante à les produire ; si vous n'en avez pas , je vous conjure au nom de la charité de vous rétracter.
2' C'est du catéchisme du concile de Trente que vous tirez une autre preuve de l'existence d'un enseignement reçu et autorisé dans l'Eglise catholique , qui va au delà des décrets du concile , ou leur est substitué. C'est, en apparence, la plus plausible des raisons en faveur de votre théorie; mais je pense qu'après un peu de réflexion vous reconnaîtrez que c'est à tort que vous vous en êtes prévalu.
Premièrement, mettre le catéchisme en opposition avec le concile qui ordonna de le rédiger et de le publier est une chose qui paraît tout d'abord aussi fausse que peu naturelle. Ceux qui l'ont composé et revu étaient des Pères les plus instruits et les plus zélés qui avaient assisté au concile ; ils avaient entrepris d'en présenter les doctrines en forme de catéchisme. 11 faut donc supposer que ces Pères (et souvenez-vous que c'étaient S. Charles Borromée, Sirlet , Séripand, Foreiro, Médina et autres de mémo réputation) auraient sciemment et volontairement contredit leurs propres actes, ou bien oublié ce qu'ils avaient précédemment défini ; on ne peut raisonnablement soutenir de pareilles hypothèses.
Secondement, le fait est, en réalité, que le catéchisme est une exposition populaire de la doctrine de l'Eglise, el comporte consé- (juemment une plus grande latitude d'exprèsion; il renferme même des points qui ne sont pas de foi. Ainsi vous y trouverez la doctrine des anges gardiens enseignée et exposée, quoique ce ne soit qu'une pieuse croyance et non un article de foi ; il y est dit également que les apôtres ont composé le Symbole, quoique cela n'ait pas été défini par l'Eglise. Il emploie donc le langage ordinaire dont on se sert toutes les fois qu'on parle d'une doctrine dans l'Eglise. Dès le temps de S. Augustin, on était dans l'usage
d'appeler le purgatoire, en quoi qjm puiasa consister cette sorte de purification . un / un feu purificateur, et, ... m,,,, avancer que I emploi accidentel d'un terme semblable (onstitue un enseignement reçu et autori» plus prêt is et p!us décisil que la phraséologie pleine de réserve d'une définition dogmatique, c'est évidemment forcer le sens des choses , pour le plaisir d'argumenter (1).
Troisièmement , vous dites que renseignement reçu et autorisé, qui a remplacé' les
doctrines dn coni Ile de I rente, s fait usurp r au purgatoire el aux indulgences la pi d,s sacrements, comme moyen» d'obtenir U pardon de* péehé$, et roua apportas le catéchisme en preuve de cet enseignement . \os lecteurs, pensez-vous, s'imaginerontils que dans le volume assez considérable qu il forme, le sujet do purgatoire occupa juste deux phrases ? qu'en traitant de la pénitence il n'est pas même fait mention des indulgences?
Quatrièmement, si le catéchisme est une meilleure preuve de ce que nous enseignons par voie d'autorité que les décrets du syno le , que ne nous laisse-t-on tout l'avantage d'une pareille preuve? Qu'on nous soumette, par exemple, à la même épreuve par rapport aux images , dont on a usé pour le purgatoire. Après en avoir exposé la légitimité et l'utilité, le catéchisme continue ainsi : « Mais comme l'ennemi du genre humain , par ses ruses et ses artifices , cherche à corrompre les plus saintes institutions, s'il arrive aux fidèles de s'écarler en quelque chose snr ce point de la doctrine de l'Eglise , le pasteur, conformément au décret du concile de Trente, usera de tous les moyens en son pouvoir pour corriger cette erreur, el, quand l'occasion s'en présentera, expliquera le décret lui-même au peuple, » etc. {Catech. rom. pars III, l°prœc. XXXIX.) Est-ce là un enseignement reçu , substitué au décret du concile de Trente , ou allant plus loin , par rapport aux images, que le concile lui-même? Je me permettrai également de vous renvover aux instructions du catéchisme à l'égard du culte des saints {Ibid. , 1° prœc. XVI . Je le demande encore une fois . si la doctrine de ce catéchisme prouve tant en votre faveur par rapport au purgatoire, parce qu'il parle simplement de feu, ne «levez-vous pas nous laisser l'avantage de la preuve qu'il fournit
(I) Pour montrer combien il s'en faul que les tkM siens catholiques pensent que celte ex|iression du i chisme resû eigne la libené accordée par le décret, je vais citer les paroles mêmes du 1\ Perrone, qui suit, en effet, le langage de mut théologien calhoUqne : .Omni» igKur qua apecUnt adlocum,duraiionao et ixvnarum quabtalem, ad calholicam (Idem minime speclani . s, u denuiu ab
Eoclesia non sunt. Nom scilicel i^ms | u ; ma-
ttrialisan metapboricus; utrum scilicel consistai m <]ua- (I un animi tiistitia exorta ex an leratione,
Cœditate peccati, etc., dirarse olim de us exattumaf. micr veteres Eoclesia Patres, el inters holasUcos elian receu- UoresadnucvigealdiscrepanUMSeOleiUiaB, , (Edil. M. lNli, col.! suffira certainement pour couvaiacra i»'ut
esprit raisonnable, nue nous sommes loul aussi hures île
uler sur la aalora du purgatoire, depuis «jua le i entame |*i appelé un feu, qu'où le tin pendant les San reul iuiii l.i raUncalioa tiu counle (1564) et la publi ation du < ito< biswe 1 1
LETTRE ADRESSÉE AU RÉVÉREND J. H. NEWMAN
relativement à tous les autres points compris par vous sous le titre de doctrines romaines?
3° « Je conçois, dites-vous, que ce que disent tous les meilleurs écrivains est un enseignement qui fait autorité , et fournit une matière suffisante aux censures contenues dans les articles, encore que les décrets de Trente, pris en eux-mêmes , demeurent entièrementintacts ( P. 10). » J'accepte l'épreuve, et je conviendrai par conséquent que vous ave/ raison, si vous produisez le témoignage de tous ou de quelqu'un de nos meilleurs écrivains en faveur de ce que vous appelez le romanisme ou le papisme , c'est-à-dire , « l'enseignement qui met , selon vous , la sainte Vierge, les saints et le purgatoire à la place de la sainte Trinité , du ciel et de l'enfer, » etc. Je pourrais, il est vrai, protester contre toute idée de juger de l'enseignement reçu et autorisé de l'Eglise catholique d'après les* opinions d'un ou de plusieurs individus , quelque respectables qu'elles puissent être , si cet enseignement était contraire à celui de notre dernier concile général, ou s'en écartait; de même que vous protesteriez vousmême contre l'idée de déterminer les doctrines de votre Eglise d'après l'opinion de l'évêque Hoadley, ou ses principes, d'après ceux de l'évêque Newton , de préférence aux articles; mais j'abandonne volontiers cet avantage et j'accepte l'épreuve que vous me proposez. Nos meilleurs écrivains sont mieux connus de vous que de beaucoup d'autres : faites donc voir en eux un système comme celui que vous avez exposé, et vous aurez fait quelque chose en faveur de vos assertions; mais la seule opinion du docteur Lloyd , qui est l'unique que vous puissiez maintenant citer, ne saurait être trouvée suffisante.
Toutefois , après tout , permettez-moi de vous demander si vous ne seriez point tombé, par inadvertance, dans une méprise, dans l'application que vous faites des paroles de ce docteur? Voici comment il s'exprime: « Que le culte de latrie ne soit dû qu'à la sainte Trinité , c'est ce qui est continuellement affirmé dansles conciles; mais les termes de dulie et d'hyperdulie n'ont point été adoptés ni reconnus par eux dans leurs documents publics ; ils se trouvent cependant généralement employés par les meilleurs écrivains de l'E— f/lise romaine. » C'est sur ces paroles que vous avez fait le commentaire par lequel j'ai commencé cet alinéa. Votre but y est de prouver, d'après les paroles du docteur Lloyd , une différence d'opinion entre le concile de Trente et les écrivains catholiques Jouissant de quelque célébrité. Le docteur -loyd, cependant, parle de conciles au pluriel ; et, de fait, je pense que vous ne trouverez pas plus le mot latrie que celui de dulie dans les décrets du concile de Trente ; donc on ne peut tirer de ces paroles du docteur Lloyd aucune preuve de divergence entre ce concile et les écrivains dont il est question. En outre, je ferai observer que l'emploi de ces termes par certains écrivains
ne saurait les mettre en contradiction avec le concile , par celte seule raison qu'il ne s'en est pas servi ; leur doctrine est la même.
4° Ce sont là, selon toute apparence, les uniques sources qu'on puisse, avec quelque plausibilité , alléguer comme preuves de l'existence, dans notre Eglise, d'un enseignement reçu et autorisé, différent de ses formulaires. Tels sont les résultats qu'on en peut tirer. Je vais maintenant toucher vos autres chefs de preuve.
11 me semble que vous-même, monsieur, si vous cherchiez à analyser la conviction que vous croyez avoir de l'existence de cet enseignement reçu et autorisé dans l'Eglise catholique, vous verriez qu'elle n'est point basée sur l'emploi du mot feu dans le catéchisme, ni sur l'enseignement des écoles romaines, ni sur les ouvrages de tous nos meilleurs écrivains ; mais plulôt sur ce que vous appelez le culte populaire (que vous identifiez avec notre véritable croyance, p. 7) , sur les idées populaires des catholiques, sur ce qui se voit en public, et sur divers autres sujets semblables de déclamation anlicatholique, très-populaires et généralement admis. Je ne crois pas que vous puissiez vous laisser délibérément entraîner par de pareils motifs; je ne saurais croire qu'après y avoir réfléchi, vous puissiez prendre pour règle et pour guide de vos sentiments les récils pleins de préjugés des voyageurs, ou les assertions même unanimes du grand nombre d'écrivains qui nous sont opposés. Mais il est excessivement difficile de penser différemment de ce que tous ceux qui nous entourent ont toujours pensé et dit ; il est presque impossible d'arrêter l'esprit lorsqu'il est emporté par la foule qui nous presse parderrièreet des deux côtés; c'est pourquoi je m'imagine qu'ayant, aussi bien que beaucoup d'autres hommes sincères et loyaux, (et, je le dis avec douleur, quelquefois même certains catholiques) , entendu tous les voyageurs et tous les écrivains protestants, en un mot presque tous les protestants, hommes el femmes, décrire ou prendre comme des faits pleinement démontrés les superstitions des Italiens ou des Espagnols, et leur dévotion enthousiaste envers la Mère d«' Dieu, ou leur confiance dans les indulgences, etc., vous y avez trop implicitement ajouté foi, et bâti là-des>us votre système : que celle religion populaire est le résultat d'un enseignement reçu et autorisé dans l'Eglise, bien qu'il n'existe nulle part sous une forme saisissable ou visible. Peutêtre même considérez-vous une approbation tacite des pratiques et des doctrines dont vous parlez, comme équivalente à un enseignement reçu et autorisé de ces pratiques et doctrines ; s'il en était ainsi, l'expression n'en serait pas moins inexacte, et ma lâche resterait toujours la même.
Premièrement donc, je vous demanderai, avec le plus profond respect : Prétendezvous dire que toute espèce de corruption ou que loule approbation d'erreur par les membres d'une Eglise, quand elle se trouve en opposition avec ses formulaires avoués et
DEMONSTRATION l.\ ANGÉLIQUE.
reconnus, oie à cette Eglise tout l'avanta .1,' ces formulaire», et autorise à la traiter comme nyanl adopté une foi nouvelle? 311 en h, ni ainsi, je roua répondrais que vous et ros amis, depuis les premiers traités jusqu'à M. Bowden (i), rous êtes gravement dans l'erreur, en soutenant que ces prétendue! corruptions dans la doctrine de l'Eglise catholique, awwMe concile de Trente, ue lui niaient pas mus ses titres à se donner pour la véritable Eglise, para que ces erreurs n'étaient pas contenues dans ses formulaires Ile foi : car si les erreurs pratiques doivent être considérées comme de plus fortes déclarations de la croyance de l'Eglise que les formulaires eux-mêmes, alors l'Eglise aurait perdu ses droits et sanctionné l'erreur, au bien avant le concile qu'après. Or vous mettez en principe, dans votre argumentation, que certaines prétendues corruptions en matière de doctrine, parmi nous, sont plus propres à indiquer notre croyance réelle que les décrets d'un concile, auxquels tous les fidèles sont tenus d'adhérer. Je vous demanderai encore : L'Eglise établie a, pendant un temps considérable, pendant le siècle dernier, par exemple, oublié et rejeté les opinions que vous avez fait revivre, et enseigné, autant que peut le comporter un enseignement universel tant public que privé, comme contetenues dans les articles, des doctrines diamétralement opposées à celles que vous enseignez maintenant, considérez-vous cette défection universelle comme plus propre à établir les véritables doctrines de votre Eglise que les articles eux-mêmes?
Je pense donc qu'il ne serait pas aisé de prouver qu'il faille mettre de côté les décrets du concile de Trente, à quelque degré qu'on puisse s'en écarter en pratique. Il n'y a point d'autorité qui puisse obliger un catholique a les transgresser; si donc il y a parmi nous une défection telle que vous le donnez a entendre, ce catholique pourra, comme Lot dans Sodome, rester seul Gdèle à la vertu ; toujours sa foi ou sa croyance sera celle du concile.
Mais, en second lieu, venons a la question defait,quicstlaplusimportante. La croyance et la pratique du peuple, dans les pays catholiques, sont -elles vraiment telles que vous les représentez ? Permettez-moi de vous demander quels sont les moyens employés par vous pour arriver à la connaissance des idées populaires des catholiques sur les points en question, ou de leur croyance? Car c'est d'après cela principalement qu'on doit juger de leurs pratiques.
Quelle preuve avez-vous, par exemple, qu'ils dépassent les limites d'une saine foi au sujet de la très-sainte Vierge? Avez-vous jamais vu aucun livre populaire qui leur dise ou leur insinue du moins qu'elle puisse être l'objet de leur foi ? qu'on puisse lui offrir le saint sacrifice? qu'elle puisse pardonner les péchés? ou qu'elle possède aucune autre prérogative de l'Etre suprême? Avez-vous con-
(I) Vie de Grégoire VII, vol. i, p. 7.
versé vous-même avec le peuple, et été à même «le vous assurer queues sont tes idi sur < e point 1 1 «-ur d'antres semblables .' Ou bit h en avez-vous été informé par d'auti
qui aient eu les movens et l'opportunité de
s en assurer * S'il n en est pas ainsi, souffi , ,
que je VOUS déclare que nous avez pu aisément être induit en erreur.
Peut-être me direz-vous que cet examen n'est pas nécessaire (quoiqu'il me semble que la charité chrétienne ne <loi\c trouver aucune recherche trop falig inte, quand il s'agit de juger coupables d'idolâlrii des millions d'âmes), parce que de grO! !>us frappent les j eux ; pane qu'on \<<it une foule innombrable prier devant les images delà sainte Vierge et les châsses «les -amis : parce qu'on publie de toutes parts des indulgence i, et que le purgatoire est souvent rappelé à leur souvenir.
Or, pour examiner la question sous ce point de vue, prenons pour exemple un pa\san italien. Quels sont les exercices di piété qui lui sont recommandés et dont il s'acquitte régulièrement? 1" Le saint sacriûce de la messe tous les dimani bes et fêtes, et assez généralement tous les malins, avant de se rendre au travail; il sait aussi bien que vous et moi ce que c'est que la messe, et qu'elle ne peut s'offrir à aucun autre qu'à Dieu ; 2 la sainte communion au moins plusieurs fois Tan, souvent même beaucoup plus fréquemment; 3° comme préparation a la communion, la confession de ses péchés, faite avec des sentiments de pénitence et de contrition : ces deux sacrements, il le sait bien, n'ont point de rapport avec la sainte Mère de Dieu ; et les indulgences ne sauraient leur être substituées (1), encore moins le purgatoire; 4° la bénédiction ou l'adoration du saint sacrement généralement tous les soirs des jours de fêles, et souvent même les autres jours. On peut y ajouter encore l'oraison des quarante heure-, c'est-à-dire l'exposition du saint sacremeut pendant cet espace de temps, des adorateurs veillant jour et nuit devant l'adorable Eucharistie. Parmi les prières les plus fréquemment recommandées et récitées en public se trouvent des actes de foi, d'espérance de charité et de contrition, qui sont toujours répétés par les enfants après le catéchisme, et que les plus ignorants mêmes savent par cœur . Ces principaux exercices de piété et de religion se rapportent tous à Dieu; le principal en l'honneur de la sainte Vierge est le rosaire; il fait généralement partie des exercices de piété qui se pratiquent le soir en famille ; quelquefois même on le récite en pu-
(I) Quand M Newman nous dit que les indulgences ont usurpé la place des sacrements, il oublie pn qu'aucune indulgence | lénièi
(L n\ i m peut >c gagner s.mis confession et vins communion. Ainsi l'indulgence, au lieu de ri n mi ni-, en assure au contraire la ri I ne condition
toujours nécessaire, c'est que les fessés ave* de \r.ns sentiments de pénitence étaient communie : Mn psnimcm conjesii ci sacra conunuiiionc re- (cili. Voyez. Myr. Duuvicr, evèijue du Mans, traite de* indulgences.
LETTRE ADRESSEE AU REVEREND J. H. NEWMAN
blic (1). Je serais heureux si l'objet que j'ai présentement en vue me permettait d'entrer dans ces détails, et dans quelque explication au sujetde cette dévotion, une desplus belles, à mon avis; pour le moment, je n'ai besoin de dire rien autre chose, sinon que tous les livres de piété vous apprendront ce que le catéchisme, en Italie et en Espagne, je pense, explique longuement; savoir, que les mystères de la naissance, de la mort et du triomphe de notre Sauveur sont les objets réels et véritables de cette forme de prière. Au reste, prenez-la comme il vous plaira; considérezîà comme une pratique de piété qui s'adresse principalement à la sainte Vierge, et ajoutezy toutes les autres prières qui se récitent ordinairement en son honneur, telles que ses litanies ; je vous le demande, qu'ost-ce que tout cela en comparaison des exercices de piété que j'ai énumérés plus haut, qui sont inûniment plus solennels et plus indispensables? Car tout catholique, quelque ignorant qu'il soit, saitqu'ildoitassister àlamesse tous les jours de fête, sous peine de péché; mais il n'en est aucun qui s'imagine qu'il en soit ainsi de négliger quelqu'une des pratiques de piété qui lui sont recommandées en l'honneur de la sainte Vierge. Cela forme assurément une distinction très-importante entre les deux cultes, entre le culte rendu à Dieu et le culte rendu à la Reine des saints.
On me dira encore que les catholiques non instruits, lorsqu'ils prient devant les images de la sainte Vierge et des saints, déploient une bien plus grande ferveur de dévotion que dans leurs autres prières; bien plus, qu'ils font paraître une confiance superstitieuse en ces symboles extérieurs eux-mêmes. A n'en juger que d'après les apparences, il peut y avoir en cela quelque chose de vrai; mais je suis prêt à nier de la manière la plus absolue que l'on fasse jamais éclater devant les reliques ou les images la moitié autant d'ardeur, d'enthousiasme etdedévotion, que vous en pourrez voir éclater à certains jours devant le saint sacrement, lorsqu'il est exposé à l'adoration des fidèles. J'affirmerai en même temps que les plus tendres émotions ne sont pas l'expression la plus naturelle des sentiments d'un ordre plus élevé, tels que la confiance, la vénération et l'adoration. Un enfant peut marquer plus de tendresse et d'affection à sa mère, et cependant avoir plusde respect, d'obéissance, de foi et de confiance en son père. Ainsi je conçois très-bien que la partie la plus sensible delà dévotion, qui agit sur la sensibilité naturelle, soit plus vivement excitée à l'extérieur par les joies, les souffrances, la gloire et les vertus d'êtres d'une nature plus approchante de la nôtre, que par la contemplation des joies, des souffrances, de la gloire et des vertus, quoique d'un ordre infiniment plus parfait, d'un être placé à une distance infinie de notre sphère. Quelle intelligence assez vaste pour mesurer l'abîme
(1) U raMre -si également la prière de ceux qui ne Hvenl pas lire et dont l'attention se soutient mieux par quelque pratique extérieure, telle que te chape lel
de souffrances où est noyé le cœur de Jésus expirant sur la croix? Mais quel est l'esprit assez bouché, ou le cœur assez endurci pour ne pas comprendre la sensibilité maternelle d'une mère, debout au pied de celte croix, et qui se voit ainsi ravir son fils unique? Sa douleur, en effet, ne nous offre-t-elle pas le miroir le plus vrai comme le plus clair des souffrances de ce Fils adorable? N'est-ce pas aussi pour cette raison que le Stabat mater excite dans tous les cœurs les sentiments les plus purs d'amour et de compassion pour leFils : par la raison, dis-je, que les douleurs du Fils sont peintes à nos yeux dans les sympathies de la mère? MaLs, parce que les gens simples et ignorants se livrent plus fortement que d'autres à ces sortes de sentiments et les expriment d'une manière plus démonstrative, s'ensuit-il que nous puissions juger de ce qui se passe au fond de leurs cœurs, et prononcer, sans recherche comme sans examen, qu'ils ont renoncé à leur foi et abjuré leur Dieu? N'est-ce pas là le péché d'Héii, qui, témoin de la vive et profonde ferveur de la prière d'Anne, jugea qu'elle était ivre ( I. Sam., I, 13 )? N'a-t-on pas de même jugé injustement le pauvre peuple d'Italie, quand, sur de semblables apparences, on l'a accusé d'idolâtrie?
On s'est encore, j'en suis sûr, plus gravement mépris, dans ce pays-ci , à l'égard de l'instruction religieuse des pauvres catholiques des pays étrangers, et de la connaissance qu'ils peuvent avoir de leurs devoirs respectifs envers Dieu et envers leurs som-i blables. On prend leurs sentiments extérieurs de piété et de dévotion pour des indices certains de leurs convictions et de leur foi; et des hommes qui peut-être n'ont jamais éprouvé un seul mouvement de sensibilité dans les prières qu'ils adressent à Dieu, mesurantes sentiments enthousiastes des cœurs des peuples étrangers envers des êtres d'un rang inférieur , par ceux qu'ils éprouvent pour l'Etre suprême, non-seulement les jugent extravagants, mais même y voient une atteinte à un culte d'un ordre plus élevé. Mais interrogez sur leur foi ceux qui ont manifesté des sentiments si vifs et si énergiques, et vous verrez bientôt qu'elle est en tout conforme aux décrets du concile de Trente, et par conséquentà la saine doctrine.
Permettez-moi, en forme d'explication, de rapporter une anecdote qui m'a été communiquée par un savant et pieux ami. Il était allé faire une excursion à Pistoie, de compagnie avec un protestant, qui souvent se plaisait à déclamer contre la superstition et l'ignorance des Italiens ; et assurément il ne pouvait y avoir de lieu plus propre à justifier ses idées que l'immense plaine insalubre qu'il leur fallait traverser, dont les habitants, selon toute apparence, devaient être naturellement jugés dépourvus de toute instruction religieuse. Un petit garçon monta derrière la voiture et s'offrit pour leur servir de cicérone aux ruines ; sa pauvreté se révélait suffisamment dans son habillement et ses traits. Ils résolurent de s'en référer à lui sur le point
en iliscussion entre eux. Aimrs-in la Madoti ' telle lut la première question 011*00 lui adressa. Le petit paysan, 1rs \ eu \ étini riants d'amour et de joie, répondit que OOi. Qui a racheté la Madone f lui dcm.imla-l-on alors. Sun
Fil$, répondit-il. Pouvait-elle te racheter f —
Non, à moins que ton FUi tM it lui eût commande. Le protestant (qui souvent depuis l'est plu à parler de son petit théologien de Pis- /oie, comme il l'appelle) s'avoua surpris et changea Je langage. Ge trait nous montre, d'une manière bien tranchée et fort exacte, la différence qui se trouve entre les sentiments et la croyance. L'amour de cet enfant pour la Mère de Dieu semblait n'avoir pas de bornes; mais il savait bien qu'elle n'était qu'une simple créature, dépendante de son Fils et par lui rachetée. Je doute que beaucoup des enfants qui assistent à une école de grammaire eussent pu répondre de la même manière (1).
Mais il est une autre épreuve solide des sincères convictions des catholiques ignorants à laquelle j'en appelle avec confiance : ce sont les sentiments dont ils sont animés à l'approche de la mort. Ouvrez le Rituel romain, de Visitatione et Cura infirmorum, et voyez si les pratiques et les prières qui y sont prescrites indiquent le moindre désir que le catholique expire dans des sentiments de confiance en sainte Marie et dans les saints plutôt qu'en la sainte Trinité, et qu'il attende son pardon plutôt des indulgences et du purgatoire que des sacrements. Passez ensuite au chapitre qui a pour titre, Modus juvandi morienles , et voyez si , dans les exhortations qu'il est enjoint au prêtre de faire au mourant, ou dans les courtes prières qu'il lui est recommandé de lui suggérer, il y a un seul mot qui puisse favoriser les idées si déplacées qu'on nous prête. Si le temps ne manquait à mon désir, je reproduirais ici, dans l'intérêt des autres lecteurs, ces sujets d'exhortation. Mais vous demanderez peutêtre : Ces prescriptions sont-elles observées dans la pratique? Oui, je vous en réponds, très-fidèlement. Je me suis trouvé avec le curé auprès du lit de mort d'un de ses paroissiens ; il ne le quittait ni jour ni nuit ; et j'ai vu qu'il observait très-ponctuellement toutes les prescriptions du Rituel.
Que dis-jc? j'ai eu le bonheur aussi moimême, non pas une fois, mais souvent, d'as-
(1) Pour faire contraste, je vais rapporter un entretien avec un enfant fréquentant une école protestante de environs, oui fut remontré, il y a quelques jours, sur la route par deux de nos professeurs et questionné par eux sur un point beaucoup plus fondamental de. la religion : Combien y a-t-il de dieux? — « Neuf. » Voyant que celle réponse avait fait naître dans ceux qui rinlerrogaient quelques marques de surprise, il en réduisit le nombre à quatre, puis, a la tin, il reconnut qu'il n'en Bavait rien, Uaus cette paroisse cependant il y a des fondations |Kiur l'éducation (celles laissées par Cévêque catholique i 'tsetf) appartenant à cet établissement protestani, ci qui s'élèvent h la valeur peut-être de 1000 livres slerl. (25000 li .) par an. Un autre jeune homme déjà grand avoua qu'il était complètement ignorant par rapport à l'existence d'un Dieu. Je voudrais mettre les pauvres paysans d'Italie en parallèle avec ceux d'Angleterre. Ah ! que n'arrachons-nous 1 1 poutre qui est dans nos yeux, avant d'ôler le felu qui est dans ceux des autres !
ÊVANGÉLIQCE. 256
sister les pauvres et les ignorants sur le s. ml de l'éternité i en remplissant auprès d'eux
1 ollii c de directeur spirituel, dans les Impi -
taui de la rille éternelle, nue de fois je me suis dit, (ouvert de honte et de confusion t la rue des riû et profonds sentiments d'espérance et de piété qui éclairaient leurs derniers moments : Ptùtte ma /ta reeeemblerà Im leur ! Certes, ils axai, ut confiance en l'intercession de la mère de leur rédempteur . t
une confiance rire et affectueuse: mais je
n'en ai jamais trouvé un seul qui espérai SOtl
salut par elle, ou autrement que par la mort et le sang de son adorable Fils. Je les ai entendus parler du purgatoire comme d'un objet de crainte, et souvent je les ai entendus prier Dieu d'accroître ici-bas leurs souffrances en expiation de leurs péchés, afin qu'ils postent voir, au sortir même de cette vie, sa face adorable; mais je ne l'ai jamais entendu citer comme moyen de pardon. Oui, je puis le dire en toute confiance, je n'en ai jamais connu un seul qui mit sa confiance dans les indulgences , comme pouvant tenir lieu de sacrements ; qui attendît son pardon d'ailleurs que de la pénitence, ou qui cherchât la grâce et la force, dans ses derniers moments, ailleurs que dans le viatique de la sainle eucharistie et dans l'extrême-onction.
Je suis persuadé que si on examinait davantage les sentiments des catholiques pauvres dans les pays catholiques , bien des erreurs disparaîtraient et l'on s'épargnerait beaucoup d'assertions inconsidérées. |"n célèbre professeur d'Allemagne, qui, après avoir jeté les fondements dune grande célébrité littéraire par ses premières productions, s'est dévoué depuis presque exclusivement à l'exercice des devoirs du saint ministère auprès des pauvres, m'a assuré, il n'y a pas longtemps, qu'il aimerait mieux donner tout ce qu'il sait de sanscrit , d'arménien et de littérature classique, que de renoncer aux consolations et à l'édification qu'il trouve dans la direction spirituelle des pauvres. J'ai, dit-il, entendu sortir de la bouche de pauvres femmes sans instruction des phrases pleines d'un sens profond et d'une théologie plus profonde qu'on ne saurait en trouver dans les livres. Jeme suis senti humilié en voyant combien elles étaient plus instruites dans la sagesse de Dieu que moi avec toutes mes études. J'ai senti et reconnu qu'il disait vrai.
Maintenant je me presse de terminer cette lettre , non que j'aie touché tous les points contenus dans la \6tre, que je regarde comme erronés, mais parce que je crois a\oir suffisamment combattu et renverse les bises sur lesquelles vous appuyés l'existence d'nn prétendu enseignement reçu et autorisé dans l'Eglise catholique, en opposition avec les décrets du concile de Trente. Je ne me suis proposé rien autre chose que de montrer la fausseté de cette assertion, tant par rapport à l'existi nce de cet enseignement lui-même que par rapport aux objets qu'on lui supp >se.
Vous \>uis rappellerez que feu votre fidèle ami, II. Fronde, dans un de ses malheureux moments de censure précipitée et irréfléchie
nous accusa, nous catholiques, de n'être que de misérables tridentines (sectateurs du concile de Trente). Cette expression fut citée avec une marque visible d'approbation par ses éditeurs dans leur préface (OEuvres posthumes de Fronde, vol. 1, p. 11). Il nous semble dur maintenant de nous voir dépouillés même de ce misérable titre, el jetés par vous un degré plus bas encore dans l'échelle de la dégradation. Mais ce qui paraît plus inexplicable encore, c'est que vous vous glorifiiez maintenant de ce titre, et que vous ne craigniez pas d'avancer ( comme vous le faites dans votre Traité) que, tandis que nous avons abondonné les doctrines de Trente , vous et tous ceux qui prennent les articles dans votre sens, vous les interprétez dans un sens conforme à ces doctrines. Je dis cela, non pour vous en faire un reproche , mais bien plutôt pour vous donner un avis charitable. Ce que vous regardiez autrefois comme une imputation accablante , vous semblez ne le considérer plus aujourd'hui que comme un léger blâme; car vous seriez maintenant satisfait de nous voir dans une plus étroite conformité (selon vos vues) avec les décrets de ce concile. Alors vous nous blâmiez d'y adhérer; aujourd'hui vous nous blâmez de nous en écarter. Pourquoi ne pas avoir vos jugements pour suspects, quand vous voyez qu'ils varient ainsi? S'il y eut un temps où vous ne voyiez pas plusieurs de nos doctrines comme vous les voyez maintenant, où vous rejetiez toute supplication comme toute prière adressée aux saints, tout honneur, sans restriction, rendu aux images et aux reliques ; où vous ne jugiez pas les mortifications corporelles nécessaires , et ne trouviez pas le bréviaire aussi beau; où enfin vous étiez plus éloigné de nous de pratique et de croyance que vous ne nous le paraissez maintenant dans vos écrits; pourquoi ne pas soupçonner qu'il puisse s'opérer encore un nouveau rapprochement, que de nouvelles découvertes ne vous fassent apercevoir demain la vérité où vous ne voyez aujourd'hui que de l'erreur, et qu'ainsi vous ne recueilliez pour vous que la peine et le regret d'avoir précédemment flétri de qualifications injurieuses et affligeantes ce que vous reconnaissez pour être bon et saint?
Je n'ai plus qu'une seule observation à vous adresser. Vous remarquez (p. 11), que la seule chose qui puisse arrêter celte tendance (à l'idolâtrie pratique) dans les décrets de Rome (touchant les inuiges et les reliques), dans l'état où en sont les choses, c'est quelle (Rome)
fait des déclarations formelles en sens opposé. Permettez-moi de vous demander quelle déclaration formelle vous voudriez qu'elle fît. Elle a déclaré ses sentiments contre l'adoration des images et les abus relatifs au culte des saints , dans les actes solennels de son concile, composé de tous les évéques de tous les pays catholiques; elle les a déclarés dans son catéchisme adressé à tout son clergé paroissial ; elle les a déclarés dans les catéchismes qu'elle enseigne à ses enfants; elle les a déclarés dans son Rituel, dans les termes les plus solennels (1) ; elle les a déclarés par l'organe de tous les théologiens et de tous les auteurs ascétiques qui ont exposé ses doctrines; elle les déclare du haut de ses chaires et dans ses confessionnaux; et tout cela cependant, à vous en croire, ne constitue pas suffisamment un enseignement reçu et autorisé ; mais la croyance et la pratique populaire des catholiques l'emportent sur tout cela dans la balance de l'évidence. Dites donc, de quelle manière voudriez-vous que l'Eglise de Rome rédigeât et publiât une déclaration qui fût plus satisfaisante que toutes ces diverses déclarations réunies ensemble? En finissant, je vous remercie de tout mon cœur, monsieur, de l'heureuse nouvelle que m'apprend votre lettre : que des hommes pour lesquels vous professez une si haute estime commencent enfin à ouvrir les yeux aux beautés et aux perfections de notre Eglise, et qu'il est besoin d'efforts , comme votre interprétation des articles, pour les préserver de s'égarer en suivant la direction, de Rome. Plût à Dieu que le jour fût venu où non plus seulement quelques hommes dispersés çà et là, mais que les peuples entiers se pressassent vers les portes éternelles de l'Eglise de Jésus-Christ, qui est une, et demandassent à y entrer 1 Avec quelle joie j'irais m'asseoir a la dernière place de son royaume pour faire place aux nouveaux venus. Ce serait un jour de joie telle que l'Epouse de l'Agneau n'en a pas goûté depuis celui où la croix est montée sur le diadème impérial.
J'ai l'honneur d'être, monsieur,
Votre fidèle serviteur en Jésus-Christ,
N. WlSEMAN,
évêque de Mélipotamos.
(1) Dans la formule pour la bénédiction solennelle des saintes images, qui se trouve dans le Pontifical, et qui renferme de la manière la plus parfaite la doctriue de l'Eglise sur cette matière.