‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 76 sur 167 · SI · texte numérisé non relu

SI

SERMON SUR LA CONVERSION DE SAINT PAUL

former. Ainsi, après avoir reçu une éducation brillante et distinguée, il lui faut descendre du rang d'officier public, renoncer à sa charge, à ses prétentions politiques, pour se procurer par le travail des mains une chétive subsistance, et reprendre la profession et l'humble commerce au-dessus desquels il s'était élevé I par ses talents et son activité.

; Cependant ces difficultés auraient été bien ' moindres si la conduite qu'il avait à tenir eût été aussi claire qu'elle l'est habituellement en pareil cas. L'embarras particulier de sa position semblait l'autoriser à demander quelque répit et quelque délai. Car, d'un côlé, il devait éprouver de la répugnance et même de la difficulté à faire les premières avances aux chrétiens. A Damas , il ne connaissait personne qui pût l'introduire auprès de ses nouveaux frères; et quand il aurait trouvé un ami , pouvait-il espérer de les engager à se confier aussitôt à lui et à regarder sa conversion comme sincère? Ne vont-ils pas éviter de se confier à lui dans la crainte que sa démarche ne soit une trame artificieuse pour mieux les découvrir; une feinte hypocrite pour les surprendre traîtreusement? Quecette difficulté ne fût pas une chimère, c'est ce que la suite nous montre clairement: car quand il fut arrivé à Jérusalem , il cherchait à se joindre aux disciples , tt tous le craignaient , ne croyant pas qu'il fût disciple (Act., IX, 26).

D'un autre côlé, malgré les terribles sacrifices qu'il doit faire, un changement aussi subit aurait presque autorisé les Juifs à l'attribuer à d'autres motifs qu'à une conviction sincère. Comment est-il possible, pouvaientils demander, s'il ne s'est pas laissé gagner et séduire sur la route, que lui, qui était un juif déterminé et zélé, quand il quitta Jérusalem, soit devenu, avant d'arriver à Damas, un chrétien non moins fervent et non moins zélé? Fera-t-il valoir la vision qu'il a eue? On pourra s'en servir pour prouver son enthousiasme et son fanatisme. Mais ses esclaves étaient présents et peuvent rendre témoignage : les gardes du sépulcre furent aussi témoins de la résurrection de son Maître, et cependant ils se sont laissé corrompre et l'ont niée. Dans le fait, c'est ce que les hommes qui étaient avec Saul devaient faire alors, et de toutes leurs forces ; car, bien que Saul parlât d'une vision, ceux qui l'accompagnaient entendirent bien une voix, mais ne virent personne (Act., IX, 7).

Tandis que Saul se trouvait, à l'égard de ses anciens et de ses nouveaux frères, dans cette situation pénible et critique, s'il changeait de religion; tandis qu'il n'avait à attendre de la part des uns qu'une répulsion soupçonneuse et d'amères calomnies de la part des autres ; il faut qu'il consente également à paraître en présence des uns et des autres dans l'altitude de l'humilité la plus profonde, dans l'attitude d'un criminel qui demande publiquement pardon de ses scandales et de sa conduite atroce. Devant les uns et les autres, il doit reconnaître qu'il a été un loup ravissant dans le bercail du Christ, un ennemi de sa sainte loi, et le cruel persécuteur du

juste. Il doit, dans un langage plus fort que celui de Judas, confesser que non-seulement il a vendu, mais encore qu'il a versé le sang de l'innocent; que non-seulement il a été l'accusateur, mais aussi le meurtrier d'Etienne !

N'étaient-ce point là tout autant de motifs pour temporiser, pour différer, au moins, jusqu'après de plus mûres réflexions, une démarche qui devait décider de son avenir. [Quelles tortures ! quelles angoisses durent le déchirer pendant ces trois jours et ces trois nuits d'épreuves passés à Damas, seul, abattu, privé de la lumière ! Il lui avait été promis qu'il lui serait dit là ce qu'il aurait à faire (Act., IX , 7). Cependant les jours s'écoulent, et personne ne se présente pour l'instruire. Pendant cet intervalle, dans le calme de la réflexion , n'a-t-il pas dû lui sembler, avec quelque apparence de vérité, que sa détermination pourrait bien être prématurée, son espérance illusoire, qu'il serait prudent de prendre du temps pour examiner en détail la religion qu'il doit embrasser, avant de céder à la foi générale que sa vision avait eu pour effet de lui imprimer ; et pour sonder aussi les dispositions de sa famille, consulter ses amis et ses conseillers ordinaires ?

Pesez, mes frères, les obstacles à une conversion immédiate que je viens d'énumérer brièvement : diles-le, si jamais il pouvait être permis de résister à ses propres convictions, n'était-ce pas «Sans le cas présent? Et cependant, je n'ai exposé jusqu'ici que les plus faibles des difficultés qu'il rencontrait : ce sont là autant de difficultés qui peuvent se présenter dans un autre cas ; mais il en reste encore beaucoup d'autres qui ne sauraient jamais se reproduire dans aucun autre cas de conversion à la vérité. La conversion de Saul devait servir de règle aux prosélytes futurs et leur montrer jusqu'à quel point on peut s'autoriser des dangers auxquels doit exposer celte démarche, pour différer de professer la vérité 1

Donc, pour notre instruction comme pour sa propre gloire et la manifestation de la puissance divine, il faut qu'il embrasse sa nouvelle religion avec les souffrances et les persécutions auxquelles elle pourra l'exposer; il faut qu'il les contemple en face. Dieu, en chargeant Ananie de l'instruire, ne lui dit pas : Va faire connaître à Saul les principes de ma foi ; comme il est encore nécessairement faible, nourris-le du lait de la consolation jusqu'à ce qu'il puisse supporter un aliment plus fort. Dis-lui que, pour les espérances mondaines qu'il a perdues, il recevra une ample compensation dans les dons intérieurs do l'esprit, qui pour lui sont encore inconnus. Peins-lui sous de vives couleurs la dignité de l'apostolat auquel je l'ai appelé; la grandeur, la sublimité de la mission pour laquelle je l'ai prédestiné. Fais-lui sentir combien il est glorieux d'être la colonne d'une nouvelle et sainte religion, le bienfaiteur de l'humanité , l'objet de la vénération et de la crainte des princes pendant sa vie ; combien glorieux seront les honneurs rendus à sa mé-

ONSTIUTKW l.\ ANGÉLIQUE.

moire et à ses cendres êprèi sa moi ', pat tout l'unit

rrili-xii.iis, mes frères, la prudence

i idaine aurait pu les suggérer; mail bien

différentes, bien opposées sont les réflexions que Dieu donne a soi messager. Va, dit — il à A ua ni.is , car eei homnxeeét un voit d'éleo— lion. Je lui montrerai combien il faut qu'il

SOUffre pour mon nom ( .1(7., IX, 15, 16). Je

lui montrerai que de celte cité même datera l.i première <l<' ses persécutions : car il lui faillira avoir recours à un stratagème, l lader les murs pour échapper au fer de l'assassin- Je lui montrerai comment il recevra tirs Juifs cinq fois trente-neuf coups de fouit, comment il sera l/iittudc verges par trois fois, et lapidé une fois; comment il fera naufrage trois fois, et passera un jour et une nuit au fond de lu mer. Il saura qu'il doit cire souvent en péril dans (es voyages, sur les fleuves; en périt parmi les videurs ou au milieu des siens ; en péril parmi les païens, en péril dans les villes, en péril de la part des (aux frères, dans les travaux et les chagrins, dans les veil- "les, dans la faim et ta soif, dans les jeûnes, dans le froid et la nudité ( II Cor., XI, 2V). Et une mort ignominieuse viendra enfin couronner toutes ces souffrances. Tels étaient les apprêts par lesquels Dieu cherchait à attirer à lui l'apôtre futur de sa religion; telle était la perspective brillante par laquelle il voulait éveiller son ambition, enflammer son espérance. Il veut une conversion généreuse, désintéressée, et, pour l'obtenir, voilà les moyens qu'il emploie. Saul ne juge pas un instant qu'une aussi terrible complication de difficultés et de dangers, cette opposition puissante de la part des passions les plus nobles, la ruine assurée de ses espérances les mieux fondées, la certitude d'avoir à subir des souffrances de tout genre, fussent des raisons suffisantes pourle'justifier s'il différait cette démarebe importante. Car il se sent déjà lié par cet esprit qui plus tard le pousse en avant et lui fait connaître que des chaînes et des tribulations l'attendent au terme de son voyage {Act., XX, 23 , 24). Déjà il reconnaît fortement la nécessité d'obéir à la voix du ciel, qui plus tard le forcera de crier malheur à lui, s'il refusait de prêcher l'Evangile du Christ, à cause des dangers et des peines qui doivent être sa récompense (1 Cor., IX, 10). On ne peut pas dire, mes frères, que ce soit là une ligne particulière de conduite suivie par la divine Providence pour s'accommoder au caractère énergique et entbousiaste de saint Paul. Les mêmes principes ont servi de règle à toutes les conversions à la religion du Christ ; toutes, elles ont eu pour base té même fondement; sou divin fondateur avait coutume d'avertir ceux qui semblaient vouloir le suivre, que quiconque aimait son père ou sa mère plus que lui, n'était pas digne de lui [Matllt.. X , 37 ) : que les bêtes de la terre avaient leurs repaires et les renards leurs tanières, mais nue le Fils de l'homme n'avait pas où reposer sa tête ( Id.. VIII, 20) ; et que quiconque ne renom e pas à tout ce qu'il possède, ne peut être sou

disciple. ( Lue, XIV, 33 ). Il exifea de Pierre qu'il abandonnât les seuls moyens de subsistance qu'il eut (Matili. , l\ . i I .-s bu de Zébédée qu'ils quittassent leur- filets et leur père (laid., "il Matthieu qu'il

I sou emploi lucratif Id-, l\ , pour correspondre à II grâce de leur i lion. Le seul principe qui lut toujours I gle de sa conduite à l'égard de tous, le roii > : — Il voulait qu'on regardât pour rien la

perte de loul ce <|u'on a de plus prêt 160

la terre, quand par elle ou peut s'a

dons beaucoup plus précieux de M foi et de

son amour.

En l'ait, se conduire contrairement J principes, c'est montrer qu'on n'a pas une idée exacte de l'importance de la religion et

delà sagesse de la Providence divine. (. t\ montrer qu'on a une idée inexacte de; l'importance de la religion : car ce n'est p II la considérer connue la plus solennelle des obligations imposées à l'homme, comme le plus estimable des bienfaits du ciel; il est impossible qu'on la regarde comme einbr.; les principes directs et formels du Tout-Puissant à ses créatures, quand ou prétend, par des considérations terrestres, justifier le refus de suivre ses commandements, prouver que l'on méconnaît la sagesse de I i Providence: parce que c'est supposer qu'elle n'a ni la volonté ni le pouvoir d'éloigner autant qu'il est nécessaire ce qui s'oppose à ses fins; c'est la supposer encore capable de nous attirer d'une main, et de nous repousser de l'autre, quand, nous appel, ml pour nous diriger dans une voie particulière, elle laisse cependant subsister des obstacles qui nous en ferment l'entrée, et qui suffisent pour justifier à ses yeux quiconque n'obéit pas à sa voix et ne suit pas la direction qu'elle lui montre. Non, mes frères, ces inconséquent es, qui peuvent se trouver chez l'homme, jamais on ne les remarquera dans les desseins de Dieu. II sait adapter les ressources de pouvoir aux fins qu'il se propose; et toujours, a mesure que nous avancerons dans la carrière, nous verrons les obstacles, qui d'abord nous paraissaient insurmontables , s'évanouir devant les salutaires dispositions desa sagesse. En effet, la mer l'a vu et a pris la fuite, et le Jourdain a reflué ■ uirce

(Ps. CX1II, 3) quand ils se sont opposi passage de ceux qui suivaient la colonne lumineuse envoyée par Dieu pour les guider.

Ainsi, mes très-cbers frères, la couver* de saint Paul a fourni une réfutation complète des deux erreurs du latitudinarisine moderne. Elle nous a montre que I i croyance religieuse qui ne se trouvera pas pure.iux yeux de Dieu, sera l'objet de ses jugements impénétrables, aussi bien que les fautes de no- Ire conduite inorale. l'Ile nous a montré, en second lieu,qu'âucuneconsidéralion humaine n peut justifier le moindre relard à embrasser la vérité, quand nous avons le bonheur de la découvrir. Les opinions contraires qui viennent d'être réfutées sont oxlrénn répandues. Longtemps elles onl circulé dans les plus baules classes de la société, sous les

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traits imposants et le nom trompeur de libéralisme; maintenant elles se glissent jusque dans les chaumières , parées des manières douces et séduisantes de la charité et de la bienfaisance universelles. Sous quelqu'une de ces formes, nous devons nous attendre à les rencontrer sans cesse; mais prenons garde de nous laisser séduire. Considérez la religion comme placée bien au-dessus des intérêts et des vues périssables de la terre, llegardez-la comme un riche dépôt dont la garde vous est confiée et qu'il vous faudra rendre dans son entier, poids pour poids. Vous n'en sauriez retrancher la moindre parcelle sans lui ôterde sa valeur, lui faire subir la plus légère altération sans diminuer sa beauté. Ne considérez donc pas comme une chose de peu d'importance ce qui peut en compromettre l'intégrité ; défiez-vous de tout ce qui tend à en rabaisser l'importance à vos yeux. Disposez de vos biens comme bon vous semblera; faites-les valoir de la manière qui vous sera la plus profitable; changez, aussi souvent que vous changez de modes, tous les liens qui vous attachent à la terre ; mais pressez toujours fortement le seul anneau qui puisse vous unir au ciel, et gardez-vous de le laisser échapper de vos mains. Changez vos voiles, variez votre course par le monde, de manière à prendre le vent toujours inconstant de ses formes et de ses usages; mais que la religion soit pour vous l'aimant qui, lui-même invariable dans sa direction, vous montrera laquelle de ces routes diverses et nombreuses vous devez suivre. Ainsi réglés et assurés dans votre course , vous deviendrez vous-mêmes comme un point fixe propre à guider les pas de ceux qui sont encore incertains et flottants.

Et s'il s'en trouvait quelqu'un dans mon auditoire; s'il s'en trouvait un seul qui, accoutumé à considérer la profession de telle ou telle croyance religieuse comme une chose de nulle importance, ne se serait jamais mis en peine d'approfondir les doutes où doit nécessairement conduire cette opposition de principes, il est temps maintenant pour lui de se réveiller de son sommeil; il est temps pour lui de réfléchir sur les risques et les dangers qu'il court, s'il est prouvé que les sentiments qui servent de règle à sa conduite sont erronés. S'il se sent enfin pressé de le faire, Dieu veuille que ma faible voix puisse produire cet heureux effet 1 Son indifférence passée lui procurera au moins un avantage dans ses

investigations.

Son esprit dégagé de toute

prévention, détrompé des faux préjugés, sera plus propre à s'y appliquer : il sera même, dès le commencement, dans les conditions les plus favorables, plein de sincérité, d'impartialité et de bonne foi dans le cours d'un examen entrepris avec la noble détermination de se conduire, conformément à ses résultats. Pour de tels hommes nous avons peu L craindre, du moment qu'ils se sont courageusement plongés dans cet abîme de controverses et de doutes qui ont, hélas ! avec les dissensions modernes, inondé le brillant Eden de la religion. Libres de la plupart des em-

barras qui pourraient les accabler, ils parviendront certainement au port où nous sommes; et pour les encourager , l'exemple ne leur manquera pas. En voici mille qui naguère luttaient comme eux contre les flots, et qui maintenant, du port où ils goûtent la paix et la sécurité, leur tendent les bras pour les encourager, les assister et les recevoir avec empressement. En voici mille que le Seigneur vient d'arracher comme eux aux grandes eaux; il les a entendus, et il verra leurs efforts avec intérêt: non point cet intérêt qui animait les Israéliles quand ils célébraient le désastre de l'année de, Pharaon dans les flots de la mer Rouge, ou quand Débora inspirée chantait dans un cantique l'armée de Sisara entraînée par Y ancienne rivière de Cisson (Jud. , V, 21 ); mais ce sera un intérêt d'amour et de sympathie qui bientôt en se perfectionnant deviendra un intérêt d'union et de fraternité. Car, grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Jésus-Christ , et qui répand en tous lieux la connaissance de son nom (Il Cor., II, 14). Oui, grâces lui soient rendues de ce que sa providence ajoute chaque jour des prédestinés à son Eglise (Ad., II, 27. )

Mais il est, mes frères, une autre classe de chrétiens qui ne sont pas du même bercail que nous : classe beaucoup plus nombreuse que celle dont je viens de parler, à laquelle plusieurs d'entre vous, j'ai tout lieu de le craindre, peut-êtreappartiennent-ils; chrétiens qui, loin d'avoir été élevés dans l'habitude de cette indifférence religieuse dont il était question tout à l'heure, ont été nourris dans un ferme attachement à leurs propres croyances, résultat naturel de celte fausse idée que nos doctrines et nos pratiques sont un tissu d'erreurs et de superstitions trop grossières pour mériter un sérieux examen. A ceux d'entre vous qui raisonnent et pensent ainsi, qu'il me soit permis de demander d'abord s'ils n'ont jamais rien rencontré qui ait affaibli ou ébranlé la sévérité de celle opinion. Avcz-vous pu passer parmi les antiques monuments du christianisme sans un sentiment d'envie ou de respect pour la religion qui les a toujours possédés et conservés ? Avez- vous pu assister à ses augustes solennités sans avoir éprouvé une seule fois pour elles quelque sympathie? N'avez-vous pas senti au fond de votre âme le désir de vous laisser entraîner et de vous mettre cordialement à l'unisson d'une harmonie si pieuse, et de ne plus vous considérer comme un simple spectateur qui ne prend aucune part à des cérémonies si vénérables, si magnifiques, si touchantes? Vos entretiens avec les membres de notre communion, l'attention et l'intérêt qu'une discussion politique a éveillés en faveur de notre cause, et peut-être même l'explication des dogmes et des pratiques du catholicisme que vous avez entendu exposer ici, faiblement il est vrai, mais avec candeur et bonne foi : quoi I aucun de ces moyens ne vous a-t-il donc jamais fait apercevoir que vous ave* été induits en erreur sur quel</ues points de noire croyance; et, parlant, n'&-

DEMONSTRATION ï.\ AM.l.l H.ii !..

ycz-vous point soupçonné que pour d'autres points encore, sinon pour tous , \os premières impressions ont été Laissées par d.-s représentations infidèles?

S'il en est un parmi vous, mes frères, à qui sa conscience atteste que, par ces moyens on par d'autres , il a ressenti la première atteinte du doute, de 1 inquiétude ou du remords, qu'il me permette de lui demander encore s'il n'a pas étouffé ou apaisé cette voix de la conscience | en se disant qu'il lui était impossible de donner à ce sujet une attention plus sérieuse, parce qu'un changement de religion serait incompatible avec son repos, ses projets ou sa position sociale ? S'il en est ainsi, oh! qui que vous sovez, frère bien— aimé, racheté au prix du sang de Jésus- Christ, vous qui balancez ainsi entre la voix de la conscience et celle de l'intérêt, entre Dieu et Mammon, et qui pressez secrètement la balance pour la faire pencher du côté de celui-ci , je dois vous adresser des paroles plus sévères et cependant non moins charitables. Je dois vous prévenir que jusqu'ici votre bonne foi a pu excuser les erreurs de votre profession religieuse; mais ce précieux et unique talisman a reçu une atteinte qui lui a fait perdre sa vertu à tout jamais ; et désormais il ne pourra plus éloigner de votre tète les traits de la justice incorruptible du Dieu de vérité. Mais hélas ! il est dur pour vous de regimber contre l'aiguillon (.4ci.,IX, 5) : il est dur, que dis-je ? il est inutile de lutter contre les remords d'une conscience qui n'a plus de repos. Si ce n'est encore que pour la première fois que vous les avez éprouvés ; si un fatal endurcissement ne s'est pas encore emparé de votre âme, ses angoisses ne manqueront pas d'augmenter, ses plaies de s'enflammer, à raison de vos efforts pour éteindre ou apaiser leurs douleurs cuisantes. Ce n'est cependant encore que le moindre de vos maux. Cet aiguillon salutaire, le Tout-Puissant s'en est armé pour votre bien; et par conséquent, vos efforts pour lui résister, non-seulement ne servent qu'à en enfoncer plus avant la pointe dans votre cœur, mais vous vous cabrez réellement contre la main puissante et bonne qui le tient et s'en sert pour diriger vos

pas errants dans lef sentiers de la térHé. Oh ! plutôt, SI fOOl .IW-/ eilleU'Ill v.i roi»,

écriez— VOM avec celui dont nous célébrons la coinersion : Seigneur, que voulez-vous que je fai$$f Adresses— vous à lui connue

Paul, dans un esprit de zèle, d'humilité, de

Bincéritéet de résignation, et soyez sûr qu'il vous répondra comme il le (il à ce grand Apôtre ; a Dieu ne plaise toutefois que fOUS

\ onstroui iezatorsdaus la même situation que lui ! Qu'une lumière brillante vous environne, in aïs qu'elle ne vous aveugle pas comme lui, après vous avoir murène pat terre : (lue le Seigneur daigne rendre sur vous témoignage à sa vérité, comme il le fit sur les bords du Jourdain pour Jean et ses disciples , par la douce invitation du Père et l'influence du Saint-Esprit, qui les couvrait de son ombre (Malth., X, lGj, et non pas comme il manifesta sa gloire aux Juifs incrédules, du sein de la nue abaissée, et par la ioix terrible du tonnerre (Jean, XII, 29. l'uissiez-vous, comme Elie, apprendre à le connaître, non pan au souffle impétueux d'un grand vent qui renverse les montagnes et brise les rochers, ni par des tremblements de terre et des flammes ; mais par ses paisibles accents, au bruit d'un léger souffle (Rois, XIX, 11). S'il vous a arrête aujourd'hui, comme Paul sur la route de Damas, avec des paroles de reproche et d vère réprimande, à peine aurez-vous.obci à sa voix qu'il changera de ton à votre égard. Au milieu des sacrifices que vous aurez à subir et des afflictions que vous souffrirez pour son amour, il sera à vos côtés, comme il était auprès de Paul dans la prison de Jérusalem, et il vous fera entendre ces paroles énergiques et consolantes : Soyez constant (.le/., XXIII. 1 1) ; jusqu'à ce que la vision se développe et qu'il fasse briller sa gloire dans la dernière apparition dont il favorise ses élus qui souffrent pour son nom; lorsque, les regards élevés vers le ciel, dans vos derniers moments, vous verrez, comme Etienne, la gloire de Dieu cl Jésus assis à sa droite (lbid., VII, 55) , non plus pour vous adresser des reproches, ni même pour vous encourager, mais pour vous appeler à lui, \ous tendre les bras et vous couronner.

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