CONCLUSIONS
C'est toujours sous prétexte de sauver la religion naturelle qu'on attaque et qu'on ruine le Christianisme. Celte prétention qui a été celle de tous les rationalistes se rencontre à un très-haut degré dans les écrits du docteur Strauss. Mais plus d'une fois l'expérience a montré combien celte chimère était vaine et dans quels abîmes tombaient nécessairement les prétendus restaurateurs de la religion naturelle. L'histoire philosophique du xvnr siècle et de la réyoluiion française est, ce nous semble, assez instructive a cet égard, et l'on sait ce que devinrent les croyances religieuses dans les mains des Danton, des Hébert et des Chaumette. L'histoire de t'exégèse allemande au xix° siècle n'est pas moins féconde en leçons pour les esprits sérieux. Vous entendrez dire tous les jours dans les publications universitaires que le docteur Strauss a rendu à la raison humaine des services inappréciables en réduisant la vie de Jésus à sa véritable valeur scientifique.
« Le docteur David-Frédéric Strauss, dit une revue universitaire, s'est fait une réputation européenne en présentant la théorie des mythologues avec plus de hardiesse dans son célèbre et admirable livre de la vie de Jésus. « L'ancienne interprétation de l'Eglise, « dit-il dans la préface de sa première édi- « lion, partait de deux suppositions : la pre- « mière, que les Evangiles renferment de « l'histoire ; la seconde, que eette histoire « est une histoire surnaturelle. Le rationa- « lisme, rejetant la seconde de ces proposi- « lions, ne s'en attachait que plus fortement « à la première, savoir qu'il se trouve dans « ces livres une histoire, mais une histoire « naturelle. La science ne peut ainsi rester « à mi-chemin, il faut encore laisser tomber « l'autre supposition; il faut rechercher si et « jusqu'à quel point nous sommes dans les
« Evangiles sur un terrain historique; c'est « là la marche naturelle des choses ; et, sous « ce rapport, l'apparition d'un ouvrage coince me celui-ci est non-seulement justifiée, mais « encore nécessaire.»
« Strauss a raison ; il faut toute l'ignorance française en matière de théologjepour avoir entassé sur le nom de ce grand critiqua les malédictions qui reviennent à son école, et que d'ailleurs cette école ne mérite pas. Ceux qui vomissent contre lui dés injures s'attaquent à la fatalité de la raison, à la marche nécessaire et légitime de la critique. Strauss est le corollaire de la science moderne. Les Proie 'yoniênes à Homère, de Wolf, devaient nécessairement amener la Vie de Jésus. Si vous niez sa légitimité, reprouvez donc le rationalisme, c'est-à-dire, tout le développement de l'esprit européen depuis1 la renaissance; proclamez le moyen-âge ; que dis-je ? maudissez au moyen-âgè ces hardies tentatives qui préludaient à l'esprit des temps modernes ; proclamez le règne sans contrôle de la superstition et de la crédulité.
« De tous les grands Critiques de l'Allemagne, Slrauss est peut-être le plus mal apprécié en France. La plupart ne le connaissent que par les injures des orthodoxes, et pour avoir entendu dire au catéchisme ou aux conférences religieuses qu'un extravagant de ce nom a nié l'existence de Jésus ; car c'est esi ces termes absurdes que les apologistes, toujours habiles à présenter leurs adversaires comme des fous ridicules, contre lesquels il suffit de la plus légère dose de sens commun, ont résumé la théorie du grand critique de la Vie de Jésus. Sur quoi les simples d'esprit ne manquent pas de hausser les épaules el de remercier Dieu de ne les avoir pas faits savants à la façon de ces indécrottables Allemands, donl la paradoxale érudition ne lient pas devant le plus simple bon sens.» ( La Liberté de penser, 15 mars 184-9.)
Nous nous expliquons très-bien ce langage étrange dans la bouche du professeur qui s'est chargé, dans la Liberté dépenser, d'expliquer naturellement les origines du Christianisme. 11 sait fort bien que les lecteurs auxquels il s'adresse n'ont aucune idée de la véritable situation des esprits en Allemagne, et que ces éloges emphatiques accordés avec tant de générosité aux extravagances de la théologie hégélienne feraient reculer d'épouvante la plupart des lecteurs français, s'ils savaient quels maux ont attiré sur leur patrie les tristes novateurs dont on voudrait nous faire imiter les folies. En effet, toutes les armes dont on s'était servi contre le Christianisme, on les a retournées contre Dieu, contre la morale, contre la société et contre la propriété même. La folle critique qui avait servi à ébranler les bases dû Christianisme ne s'est pas contentée de ses premiers triomphes. Elle a, avec une audace dont on doit maintenant comprendre la portée, éteint dans les âmes avec les dernières lueurs du Christianisme, les dernières résistances du sens commun. Slrauss a préparé Bruno Bauer, et Feuerbach a élé le précurseur de ces sectaires
qui viennent d'épouvanter l'Allemagne et I Europe par tous les excès de la détnagogicou de l'irréligion. Puisse la leçon n'être pal perdue pour ceux qui voulaient, il y a qm I • quel années, constituer la société sur le fondement ruineux de la ration pure ! Mais pour que les lecteurs français puissent juger par eux-mêmes des derniers développements de l'exégèse et du rationalisme germanique, nous allons laisser parler un homme qui connaissait à fond l'état des esprits en Allemagne, qui avait pu juger lui-même par ses propres yeux toutes les conséquences anarchiques de certaines théories qu'on veut tantôt présenter comme des spéculations iooftensives, tantôt comme le résultai inévitable et providentielde l'émancipation de l'esprit humain. Nous ne sommes pas, nous, des théoriciens chimériques, mais nous jugeons les dottrines, non pas par leurs fastueuses promesses, mai» par les résultats qu'elles produisent sur les esprits et sur les cœurs.
Feuerbach, dit M. d'Horrer, laissant à son collègue en impiété le soin de combattre l'Evangile dans sa l'orme historique, et d'annuler ainsi son importance doctrinale, Feuerbach marchait droit au but de l'anthropolâtrie, en déclarant que toute théologie devait se convertir en anthropologie. Et telle était l'indécence de ses invectives à l'égard du Christianisme, que, dans sa critique de la dogmatique, Strauss lui-même crut devoir s'élever contre lui. Ainsi dans un de ses écrits intitulé : De l'esprit du Christianisme, cet effronté sophiste l'appelle une plante parasite de l'humanité, une inépuisable mine de mensonges, d'impostures, d'illusions ou de démence. Il la qualifie d'opinion sale, parce qu'elle est entachée d'égoïsme, il s'en détourne avec dégoût comme de la femme lorsqu'elle obéit à l'impur instinct des plaisirs sensuels.
Est-ce assez d'insolents outrages roinis, il faut bien le remarquer, non coulre le Catholicisme , mais contre le Christianisme , quelle que soit sa forme, et même contre le théisme également coupable d'inspirer une sorte de piété qui. pour Feuerbach, n'est que de l'égoïsme? Qu'ajoulera-t- il encore à ce débordement d'injures adressées à la foi de ses contemporains, aussi bien que de ses pères; à cette foi qui couvre le monde de ses adhérents, et qui, la philosophie elle-même en a souvent fait l'aveu, a pendant une longue suite de siècles créé les institutions les plus utiles au genre humain et fourni d'incessantes preuves de sa bienfaisante puissance? non 1 après les injures viendront les expressions de mépris. Le Christianisme primitif, nous dira-t-il, et la piété qu'il inspirait
(1) Quelques-uns de nos lecleursse refuseront peutêtre à croire au cynisme philosophique de Feuerbach ; à ceux-là nous pourrions «iu r le profi Bseur Visi ner, de Stutlgard, qui, au mois de novembre dernier, chargé de prononcer le discours de rentrée des écoles, le termina par cette exclamation : Je ntti (/;<).•>• sier et je sms l'être ; c'est par là que je constate met conviction des choses que je pfenj (/<' tous dire. Le ministre voulait le destituer de sa chaire : mais il trouva dans la chambre des Etats une opposition qui
à ses premiers sectateurs, n'étail qu'une »nnocinte imbécillité. Le Christianisme moderne, au contraire, se COmpOM de mensonges intentionnels ; c'est l'imposture faite à soimême, c'est un système raisonné de perfidie et d'impudence. Des la prélace de son l'.fseuic du Christianisme, il le définit l'incurable syphilis des bigots, le contagieux cancer qui dévore jusqu'au talent des littérateurs et det poètes modernes. l\ les accuse d'avoir assez peu de pudeur et d'honneur pour prendre la défense d'illusions dont ils connaissent la vanité, et dans celle catégorie il jette pêlemêle Ions les théologiens et tous les philosophes chrétiens (1). Oui le croirait, si ses écrits n'en faisaient foi? Dans le délire de son impiété il défie chacun de lui démontrer sous une forme qu'il appelle empirique, l'existence du souverain lire, et son sarcasme blasphématoire lui inspire cette exécrable question :
Est-il mâle ou femelle, ou bien hermaphrodite ?
L'indignalion et ledégoûtnousauraienldepuis longtemps fait tomber la plume des mains, s'il ne nous avait paru nécessaire, ou au moins utile d'arracher le voile à ce philosophisme sans nom qui n'estque l'expression du mépris de toute foi, poussé jusqu'à la haine la plus effrénée du Créateur. Cet affreux phénomène qui épouvanterait l'enfer s'il n'était son œuvre, n'a rien qui doive nous étonner. Une longue et pénible expérience nous a appris qu'il n'est point d'athées indifférents. Ceux qui sont athées n'ont atteint à ce redoutable degré de démence, que parce que l'idée de Dieu leur était devenue haïssable; en sorte qu'elle les anime d'une sorte de frénésie. Les déistes, les sceptiques peuvent tomber dans l'indifférence ; les athées systématiques, jamais I II est bon par conséquent de montrer dans son affreuse nudité ce fantôme inf rnal qui se voile du manteau de la philosophie, mais qui, lorsque l'indifférence publique semble les favoriser, éclate en paroles qui épouvantent le monde. Continuons donc puisque nous nous y trouvons engagé, à laisser parler le plus franc et !e plus audacieux des philosophes sortis de l'école hégélienne, et, par l'exécrable audace de son langage, jugeons de ce qui se trouve au fond de ce fangeux océan.
« La religion est le rapport de l'homme à sa propre essence [2}. C'est en cela seul qu'elle peut être une vérité : supposer une autre essence distincte de lui et même de nature opposée à la sienne, là est la barrière et la mnuvaisc nature de toute religion; là est l'insalubre source du faualisme religieux (3), là est
l'obligea à se borner à une interdiction de deux années. Aller plus loin paru! à la Chambre un a.tenlat contre ta liberté de ïenneignement.
- Jusqu'ici le bon >ens trait Lut penser que la religion est le rapport de l'homme à son Auteur et à ton LéoietnUnr. a qod titre l'homme serait-il son propre législateur s'il n'est pis ton propre auteur.' Or. qui oserait soutenir ceue denner,' proposition ? (5) Le fanatisme philosophique eM-il plus débonnaire ? que l'on en ju^e par ses emportements :
LE DOCTEUR STRAUSS ET SES ADVERSAIRES EN ALLEMAGNE
le principe suprême, le principe métaphysique des immolations humaines, la matière première de tous les forfaits, de toutes les scènes d'horreur qui composent la sanglante tragédie de l'histoire de la religion. »
La physionomie littéraire de Feuerbach présente quelques-uns des traits les plus saillants de Danton, dit un auteur contemporain, et celte comparaison n'a rien d'exagéré, si l'on compare son dévergondage irréligieux avec les emportements de ce trop fameux républicain. Quelquefois cependant le philosophe allemand rapetisse sa taille de tigre à celle du chat domestique, lorsqu'il veut non pas imposer, mais insinuer ses affreuses théories (1). Il sait alors emprunter au rhéteur son emphase, au poêle ses images, et dans un style plus ou moins fleuri, suivant les occurrences, mais toujours parfaitement diaphane, il fait entendre que l'idée même de religion manque de réalité, qu'elle est, comme son Dieu, le néant. 11 est le coryphée de la métaphysique négative, la trompelle du ntTulisme parti liéistique.
Dans son ouvrage intitulé : De la mort de V 'immortalité ; extraits des papiers d'un penseur, il célèbre en vers quelquefois pompeux le grand, le lout-puissant néant, lançant les plus amers sarcasmes sur rénorme scandale du Christianisme biblique, ecclésiastique, politique, orthodoxe, piétislique, égoïste et même rationaliste, tel qu'il se mêle encore à la moderne philosophie (2). Que Dieu se soit fait homme, dit-il quelque part, ânesl cela vous paraît un mystère ? Il serait bien plus merveileux qu'il ne l'eût jamais été, ou qu'il eût cessé de l'être ! Et ailleurs : 5'i/ est des mterprètiS conséquents et fidèles de la Bible, ce ne sont assurément que des insensés qu'un fol enthousiasme égare. Les deux qui, à coups de poings s' entr' expliquaient ce livre, l'ont assûrement le mieux expliqué.
Espèce d'encyclopédiste philosophique, Feuerbach s'était imposé la lâche d'examiner et de critiquer tous les ouvrages de philosophie moderne qui avaient acquis quelque célébrité avant lui. Industrieuse guêpe, il savait en tirer toutes sortes de sucs mortels pour en envenimer son dard. Ainsi, après s'être occupé des œuvres du grand Leibnilz, il en prend occasion de se livrer à une ardente polémique contre le point de vue théologique qui prédomine toujours dans la pensée de l'illustre philosophe. Là p.iraîl la première indication de la distinction si futile et cependant si pernicieuse que plus lard il établit entre les points de vue pratique et théorique de la religion, assignant celui-ci exclusivement à la philosophie qu'il place ainsi fort au-des us des conceptions religieuses, et réduisant la
(1) Ainsi dnns son Histoire de la philosophie moderne, de Bacon de Vendant jusqu'à Spinosa, il semble parler avec beaucoup de respect de la religion chn-licnne ; l'on dirait qu'il est resté en lui quelque reste de foi. (/est un point de contact de plus qu'il a avec cerlains professeurs panthéistes de notre université; leurs insidieuses doctrines et le mielleux langage dans lequel ils les énoncent, nous en montrent bien d'autres.
DÉMOMST. ÉVANG&IIQUC. XVIII
religion à la simple mise en œuvre d'uue peusée pleine d'égoïsme : c'est que le désir du chrétien de plaire à son Créateur par les hommages qu'il lui rend dans la prière et par sa fidélité à accomplir sa volonté, n'est à ses yeux que l'effet d'espérances individuelles et par conséquent entachées d'égoïsme. Le philosophisme au contraire, n'ayant pas d'espérances à offrir à ses adeptes, est plein d abnégation et de générosité.
Il devient plus acerbe encore dans son écrit sur Bayle; mais où il se déchaîne avec plus de véhémence contre toute religion , c'est dans une série d'articles, originairement quoique incomplètement insérés aux Annales germaniques , et que plus tard il réunit dans une brochure intitulée : De la philosophie et du Christianisme.
Ici il fait une seconde distinction qui doit encore profiler au philosophisme : il ne trouve dans la religion que sentimentalité (2) et fantaisie. Il s'ensuit que, dans les deux cas, l'homme est le jouet d'une certaine mollesse de l'âme, ou d'une surexcitation de la faculté Imaginative, et que par conséquent la religion en lui n'est que le produit net de l'une ou de l'autre de ces infirmités de sa nature. Veut-il nous prouver la première partie de sa thèse, il a recours à la passion de Noire- Seigneur, et voici comment ii raisonne :
« L'histoire de la passion du Christ étant de toutes les histoires la plus saisissante pour le cœur de l'homme, il en résulte, de la manière la plus incontestable, que rien n'y est exprimé, rien n'y fait tableau que ce qui attaque le cœur.-» Donc le Christianisme n'est né que des sympathies (c'esl-à-dire des faiblesses ) du cœur humain, il procède de la même manière lorsqu'il veul prouver que la foi en un Dieu créateur et maître de toutes les créatures n'est que l'effet d'une in aginalion fantasque et exallée jusqu'au délire.
Sans doute les vérilés surnaturelles et révélées d'une pari, et de l'autre le souvenir des miséricordieuses souffrances du Sauveur produisent une profonde impression sur l'es» prit et sur le cœur de l'homme, mais pour prouver que ces impressions sont abusives, il faudrait prouver qu'elles n'ont qu'un objet imaginaire et sans réalité, et le philosophe nous est redevable de celle difficile démonstration.
Un des faits les plus remarquables, quoiqu'il ne soit pas aussi rare qu'on le pense, c'est qu'avant de tomber si bas dans l'abîme du mépris et de la haine des vérilés chrétiennes, les trois grands coryphées du rationalisme aLemand étaient pieux à leur manière, et avaient donné dans le mysticisme protestant. Strauss était étève en théologie proles-
(2) L'analbème s'adresse principalement à Schelling, le soi-disant philosophe de la révélation.
(5) Le texte allemand emploie un mot qui n'a pas son analogue en français. Par ce mot on entend en général une disposition du cœur entièrement indépendante de l'intelligence cl de la raison. C'est une sorte d'instinct naturel qui prédispose l'ànie aux alfections douces et compatissantes.
(Vingt-huit.)
DEMONSTRATION EVANGEUQIE. L'ÀUBE CIIASSAY.
tanle, plus tard môme ministre cl professeur ou répétiteur île théologie luthérienne à l'université de Tubingue. liruno Jlauer avait, comme nous l'avons vu, commencé sa carrière littéraire par la défense de la plus rigide orthodoxie évanaiiique, et Feucrbach, comme nous venons de le dire, s'était livré aux. égarements du mysticisme , avant de l'être jeté dans l'abîme de la négation absolue et du culte du néant. Comment, se de-
•naude-t-on, des hommes ainsi disposés sont- gralh et Herwegh ; nous ne nous occuperons ils devenus les ennemis les plus acharnés, nue de ce dernier, parce que quelques-unes
de leurs d i li ioei et la profonJe dépravation à laquelle l'Intelligence et la raison humaine sont capables de parvenir, nouscrojons utile de suivre encore dans leurs extravagance* les portes de la secte; car le néant a parmi eux des chantres exailés, et celte manière de faire goûter et de propager leurs noires doctrines ne pouvait ni échapper à ces hommes pervers, ni être négligée par eu*. Les plus célèbres de ces poêles sont Freili-
non-seulement de la foi chrétienne, mais même du déisme ?
A moins de circonstances particulières qui exerceront une influence moins sinistre sur l'esprit de quelques-uns, il doit en arriver ainsi à tous les protestants d'une cerlaino portée d'esprit (1). Leur éducation aura été catholique dans ce sens qu'ils auront reçu les vérités chrétiennes par forme d'cnseiyncment, c'est-à-dire sous la yarantie de l'autorité de ceux qui les leur ont fait connaître. Mais un peu plus tard, lorsqu'ils auront compris toute la portée du principe de libre examen et d'indépendance absolue de l'esprit humain, dans l'exercice de ce droit , ou plutôt dans la pratique; de ce devoir à l'âge surtout de l'orgueil encore inexpérimenté qui est le dangereux apanage de l'adolescence, et lorsque l'éveil des passions les aura disposés à goûter le bonheur imaginaire d'êlre son propre mailre, son propre législateur intellectuel et son propre juge en matière de croyance, comment pourront-ils se garderies attraits de l'athéisme et de la foi au néant , si peu terrible lorsqu'il n'est vu encore que de loin? Le prolestant renaît et se sent sur son terrain, lorsqu'il entreprend de juger la question même de l'existence de Dieu et de la spiritualité, c'est-à-dire de l'immortalité de son âme. 11 ne fuit, en se décidant à sa guise, qu'user d'un droit que son éducation religieuse lui a fait connaître, il ne fait rnê-
ses œuvres poétiques sont les seules de cette espèce qui soient tombées entre nos mains.
Herwegh estwurtembergeois de naissant c. Soldat dans les Iroupes de son pays natal, un beau jour il profila du voisinage de sa garnison du territoire helvétique pour déserter ses drapeaux et y chercher un asile. C'e?t à Zurich, celle soi-disant Athènes du protestantisme suisse, qu'il s'établit ; c'est la aussi qu'il publia les premiers essais de sa muse athée. A cette époque, le gouvernement zuricois avait jugé à propos d'appeler Strauss, que le gouvernement wurlembergeois venait de déposséder de sa chaire à l'université de Tuhingue, pour lui en confier une à la faculté théologique de son académie. Herwegh, le poêle de l'irréligion, compatriote et Adèle Achate de Strauss, n'aurait pas manqué de prospérer sous son asile, si le peuple des campagnes, exaspéré par les prédications anti-slraussiennes de ses pasteurs, n'avait pris les armes et chassé son gouvernement. La catastrophe, qui eut pour premier résultat l'expulsion de Strauss de sa chaire et du canton, n'exerça pas à la vérité une influence directe et immédiate sur les destinées de Herwegh, mais il en ressentit le contre-coup, et comme il continua de publier ses poésies de plus en plus révolutionnaires et impies, il reçut l'ordre de quitter le canton, et secouant de ses pieds la poussière
me qu'accomplir un devoir qu'elle lui a im- helvétique, il alla exploiter l'Allemagne, où
déjà ses compères lui avaient fait une réputation aussi gigantesque que peu méritée.
Fn Prusse il reçut un accueil que ni ses antécédents ni son plus que médiocre talent n'auraient dû lui procurer. î.c roi même le recul en audience particulière; et à la suite d'une controversé dans laquelle il s montré aussi radical en politique qu'en religion, et qui, suivant le recii du poëté, se serait terminée par ces paroles du roi : Eh bien! nous serons de loyaux ennemi- ! i dérir-tJuillaumc lui accorda une pension viagère, que Herwegh n'avait pas même imaginé de demander, et dont il fut au»si étonné que le public prussien s'en pionlra surpris. Ce bienfait royal pesait Cependant sur sa conscience radicale; peuf-étre aussi altéraitelle la confiance du radicalisme allemand, de voile qu'après une jouissance qui ne parait pas avoir dépassé le terme de six mois, Herwegh en renvoya le brevet au roi, avec une déclaration religieuse et poli.lique dont
posé. Sans doute le catholique peut s'arroger le même droit et arriver aux mêmes conséquences (de bien funestes exemples l'ont trop souvent prouvé), mais alors il a déjà renoncé au principe catholique de l'empire de l'autorité : il est devenu protestant de fail avant d'être alliée, cl la barrière qui le retenait une fois brisée, il n'est pas étonnant qu'il tombe dans l'abîme. Mais cet abîme était ouvert sous les pas du protestant, tandis qu'il a fallu que le catholique se le rendit accessible, et c'est ce qui différencie essentiellement ia situation des deux individus : c'est aussi ce qui explique qu'aujourd'hui la grande majorité des protestants soit rationaliste jusqu'à l'auloltltric, tandis que celte affreuse contagion n'infecte qu'un petit nombre encore de catholiques qui déjà n'avaient plus droit à ce beau nom.
Maintenant que par l'anal) sedes écrits des principaux docteurs du rationalisme germanique nous avons appris à connaître la nature
(1) Voyez notre article intitulé 9ayte, dam les InnnlttéepMiot. chn't.
la franche hardiesse avait de quoi le surprendre, même après la conversation dont, Lien mal à propos.il avait daigné l'honorer.
Herwegh s'était rendu à Kœnigsberg, où ceux qui depuis ont adopté la dénomination d'omis des lumières lui firent le plus cordial accueil ; et comme il y apprit que le gouvernement prussien venait d'interdire l'impression et le débit de ses ouvrages, il n'hésita pas à adresser directement au roi une lettre où l'on remarque ce sarcaslique passage:
« Les livres défendus volent à travers les airs, et ce que le peuple veut lire, il le lit en dépit de toutes les défenses. 11 y a quinze mois que les ministres de Voire Majesté ont mis mes poésies au nombre de ces livres, et voici qUc j'ai le plaisir d'en préparer une cinquième édition. Les ministres de Votre Majesté ont de plus ordonné la saisie de mes œuvres, et voici qu'en traversant vos Elals je ks vois aux mains de tout le monde.
« Je ne puis, sans me condamner volontairement à une constante hypocrisie, continuer à habiter un Etat où la censure a cessé d'être une vérité (1), ce que démontrent les confiscations quotidiennes d'ouvrages qui ont passé à la censure. Mon cœur s'est senti pressé du besoin d'adresser à Votre Majesté
d'un Etre éternel et souverain; dans sa cynique nature il ne reconnaît de vérité que dans les jouissances sensuelles :
Qu'il soit un Dieu, qu'il n en soit pas, Eh ! qu'importe ce Dieu à qui croit au trépas ? Ici toute clarté fait faute à mon désir,
Et rien n'est vrai que le plaisir !
Si, descendant des hauteurs de ses négations rationalistes, il vient, par la pensée, à rencontrer celtevaste société catholique dontla puissance est concentrée dans l'autorité divinement déléguée au prince des apôtres et à ses indéfectibles successeurs, il ne trouve en son cœur que des paroles de haine et de fureur.
Or, voici que j'apporte un dernier anathème,
Et puisse-t-il briser le triple diadème :
Rome, je te maudis ! sois maudit, fils de Pierre !
Cessons de souiller notre plume catholique de ces odieux extraits d'une versification qui porte tous les caractères de l'inspiration des enfers, et jetons un dernier regard sur la face politique que doivent nous découvrir ces emportements irréligieux ; car, hors le miraculeux établissement de la foi chrétienne dans l'empire des Césars, il est sans exemple dans les fastes de l'histoire qu'un édifice religieux, bien que fondé sur l'erreur, ait été subitement renversé, sans que le sys-
cette dernière parole d'accusation, non pas ^ {^me politique établi dans le pays l'ait suivi
tant du prince que de ses serviteurs. »
La grande célébrité de Herwegh en Allemagne n'a pas son principe dans un véritable talent poétique , mais dans l'incroyable témérité de ses pensées et de leur expression. Il est bien plus versificateur que poète ; ses vers manquent de dignité, son style bas et commun descend souvent jusqu'à la trivialité ; mais il n'en plaît que davantage à la jeunesse et à la classe moins instruite de la société; quant aux savants ils la lui passent volontiers à cause de son mérite pratique.
Prédicateurdu scepticisme systématique, il adresse à la jeunesse, dans laquelle d'ailleurs il voit le salut du monde, le conseil qu'il exprime dans l'avis suivant : '
Doute, 'et ooute toujours, sans croire ni savoir, Dût ton cœur se briser sans foi et sans espoir.
Et ce doute perpétuel, irrémédiable, doit être le fruit d'un examen journalier, d'interminables recherches, qui ne doivent pas même trouver leur terme dans une conviclionfinale :
Eclaire ton esprit à la lumière innée, Examine le soir, recherche le malin Jamais ne sois coulent, cl que le lendemain- Retrouve encor la foi à ta barre citée !
Loi-même ne daigne pas aspirer à savoir ce qu'il doit penser et croire sur l'existence
(l) Ici le poète dit vrai ; la censure prussienne est de toutes les institutions du royaume la plus abusive, parce qu'elle est la plus partiale. Mais ce reproche serait mieux placé dans une bouche catholique que sur des lèvres rationalistes. N'a-l-on pas vu la censure prussienne laisser passer l'insolente lettre de Ronge à Mgr l'évêque de Trêves, ainsi que tous les injurieux commentaires dont la presse hé- Léro&M* l'a lait suivre, et biffer impitoyablement les réponses qu'y voulait faire la presse catholique ? Citait, disait on avec la plus rare impudence, ponr le maintien de In ouix religieuse. — (Celle noie a <;l<5
dans sa chute, ou sans que ses institutions en aient été profondément altérées et sou pouvoir suprême transféré. C'est ce que savent fort bien les ennemis du Christianisme, et voilà pourquoi, avant de tenter d'arracher la couronne du front des rois, ils veulent arracher la croix du cœur des nations (2). Leur dernier mot est la république, entendue dans le sens parfaitement égalitaire, d'où doivent disparaître toutes les distinctions sociales (3). C'est ainsi que Herwegh, chantant un hymne à la république, le commence par ces mots : 0 liberté! parole de granit, Que ne brisera pas le marteau des tyrans
Suit le développement des grands principes de liberté, c'est-à-dire de licence absolue et d'égalité, c'est-à-dire du nivellement social. Herwegh les avait déjà proclamés dans une épîlre que, dans sa- merveilleuse audace, il s'élail permis d'adresser au roi de Prusse, et qu'il terminait parectteapostrophe : 0 roi! ton front rougit d'une vaine colère Qui ne me fera pas abaisser la paupière, J'ai fait ce que j'ai dû, cl n'ai crainte de toi ; .Car qui insulla Dieu peut bien braver un roi!
Tticn n'est plus vrai que cette déclaration aussi audacieuse qu'impie. Apprenez-y, maîtres de la terre, que qui méprise Dieu mé-
écrile avant 1818.)
(2) Rappelons ici qu'un écrivain rationaliste a récemment défini la croix, l'épine qui [ait suppurer te cœur de la société.
(3) Une jeune dame de haute condition, que la prise de possession d'une succession considérable vient d'appeler à Kœnigsberg, écrivait récemment à, une amie, à Paris, qu'elle venait de recueillir de vastes domaines cl de beaux châteaux ; mais, d'après ce que je vois ici, ajoute la lettre, je le demande : A qui tout cela appartiendra -l -il dans ifuclqucs années?
MlllCE SIU COl.CCM
SPC
prise nécessairement ceux qu'il a faits cbell «le la société ttumaine et dépositaires de sa puissance souveraine. El quel estent aveuglement qui vous porle à séparer sa cause de la voire, fl à ne voir dans la négation de son Btre qu'un vain débat de systèmes, un obiel d'argumentation d'école, de laquelle même peuvent jaillir des lumières nouvelles? Tuteurs de la société, vous ne voyez pas les dangers qu'elle court, et vous avec elle? Frétez au moins l'oreille à leurs aveux, qu'ils n'oseraient faire si déjà ils ne se sentaient ou ne se croyaient au moins assez forts pour neutraliser les efforts défensifs de la société I Kcoutez Wilhelm Marr, ce professeur du radicalisme religieux et politique, qui vous apprend , en propres termes, que les dogmes de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'Ame ne sont que contes de vieilles fetttmes, que la raison a jetés au rebut. Lcoutez-Ie faisant l'application de ce principe, pousser l'effronterie du crime jusqu'à vous dire : « Je veux de grands vices, des crimes sanglants, colossaux. Quand ne verrai- je plus cette morale triviale, celte vertu qui m'ennuie? — M. Tchcch, dit à l'appui de son effroyable vœu cet énergumène, M. Tchech a voulu apporter quelque remède à celte monotonie, mais sa tentative a malheureusement échoué. L'acte de M. Tchech était un acte de vengeance, mais la vengeance est un acte de justice naturelle (lj. Gare à toi, Majesté! »
« il faut à l'Allemagne, dit-it ailleurs, une refonte radicale, religieuse et sociale; si, dans cette refonte, l'Eglise et l'Etat s'en vont en fumée, tant mieux : l'homme social n'en sortira que plus pur. » Celle prétendue purelésera celle du plus féroce des brigands, souiiié de massacres et gorgé des dépouilles de ses victimes, el sa peine, dans ce cas, sera de trouver en d'aulres ce même instinct de destruction et de pillage dont lui-même finira par tomber victime.
(I) Pour que la vengeance pût être un acte de justice naturelle, H faudrait (nous parlons humainement), 1" que 1 offense lui grave cl inien ioBneUV; 'i" que l'offensé pùl en juger ans passion ; et 5° (| VI g.udài une irès-exucie mesure entre le lorl U« l un el l'acte de représailles de l'autre. Or, Dieu
L'on s'étonnera peut-élre qup, du domaine de la préteadae philosophie athée et anlbropotitre de Prusse, nous ayons ainsi passé dans celui de la politique. C'e-t que l'expérience nous apprend l'intime li ison qui existe m c< sv g rernent enlre U0 pbilosopbisrne qui nie Dieu, et, par une conséquence naturelle, réprouve le respect île la propriété, et la scélératesse la plus ronionn ée dans l'ordre moral et politique. Le n alhemt du genre humain, a dit un écrivain de l'école néohégélienne. a commencé le jour où l'h MM a conçu un Etre supérieur à lui; ce jour-là il a renoncé àson indépendance notice ; il s'est laissé imposer le joug d'une loi dont lui-même n'est pal l'auteur-, il s'est laissé ravir un bien
Ïu'il tient de réacquérir à tout jamais. Ce ien, ce droit imprescriptible c'est le penser, qui, n'agant plus d'autre régie, d'uuti c loi que lui-même, est devenu notre absolue, notre unique autorité. Et le fondateur de l'illuminisme, enseignait àsesdisciples que le premier (nnemi du genre humain est celui gui a <sé s'approprier une portion déterre ets'<n constituer une propriété individuelle, contrairement au vœu de la nature, qui veut que tout serve et appartienne à tous.
Avec l'introduction du philosophisme dans nos écoles, aurons-nous encore une fois le malheur de voir, comme on le voit en Allemagne, renaître les doctrines de Babœuf et consorts ? Que la France y prenne garde I Ni jésuites ni ullramonlains ne lui infligeraient une pareille calamité;ellcs ne peuvent sorlir que des doctrines hautement professées par ceux qui se disent Amis des lumières, ou de ceux qui, moins sincères enco e, les déguisent quelque peu , mais admirent et suivent plus ou moins patiemment, et avec une ridicule dévotion, ceux qu'eux-mêmes onl nommés leurs maîtres et leurs amis (2). » Quant à nous, nous n'ajoutons, en 18i9, qu'un mot : Que la France avise !
seul peut juger les trois questions avec une justice essentiellement imparii.de : c'est pourquoi il se l'esl réservée : tlihi vi, dicta, dieil Dominus. — Les notes qui accompagnent c lie citation sont de M. sTHorrer. (2) Le comte d'Horrer, dans VL'nirersité catholique. Ces lignes étaient écrites bien avant 1848.
NOTICE SUR ROLGENl (U
Bolgeni ( Jean-vincenl ), théologien jésuite, ne à Berge me le 22 janvier 173J, enseigna pendant plusieurs années , d'abord la philosophie, puis la théologie à Macéra ta, et il semblait, par ses talents, devoir parvenir aux premiers emplois de la société, lorsqu'elle fut supprimée. Pie VI, instruit de son mérite , l'appela à Home et le nomma son théologien-pénitencier. Bolgeni , d.ais ses controverses, attaquai! avec tant de viv iciié les doctrines oppo-ées à celles des jésuites, que ses confrères se crurent plus d'une fois obligés de tempérer, en lui répliquant, l'effet
(l) Cette notice devait précéder l'ouvrage de Bolgeni, De l'économie de la foi chrétien*, que no s
produit par ses écrits. Néanmoins, en 1790, la i ^publique romaine ayant ordonné que les instituteurs et fonctionnaires public! prêtassent le nouveau serment civique, i publia en faveur de cette mesure un ecriî iniilu'é : Snliments sur le serment civique prescrit, Borne, 170'.), in-S . Cette brochure fut condamnée, et l'auteur adressa sa ré'ractalion au sacré collège, alors assemblé à Venise pour l'élection d'un pape. Ses pi incipaux ouvrages sont : Examen ae la véritable niée du saint-siege , Mai étala, 1785. in 8°, en réponse au livre de Tamburioi, intitule : De
avons donné au commencement de ce volume.
Lis Cm i tin».
L'ABBE CHASSAY. TABLEAU DES APOLOGISTES CUBETIENS.
la véritable idée du saint-siége, dont le but est d'affaiblir l'autorité du pape; Observations théologico-critiqaes sur deux livres imprimés à Plaisance en 1784 sous ce titre : Qu'estce qu'un appelant ? Ces deux livres é'aient favorables à l'appel, et Bolgeni entreprit de les réfuter; De l'état des enfants morts sans baptême, Macérata, 1787, in-8°: Traité des faits dogmatiques, ou De l'infaillibilité de l'Eglise pour dérider sur la bonne ou mauvaise doctrine des livres, Brescia, 1788, 2 vol. in-8°; et, avec des additions, Rome, 1795, 3 vol.; Dissertation sur la charité ou l'amour de Dieu, dissertation en quatre parties suivies d'un appendice, Rome, 1788, 2 vol. in 8° : cet ouvrage fut censuré par deux jésuites, Muzzarelli et Cortez, à qui Bolgeni répliqua par deux autres brochures dont la première, intitulée: Eclaircissements pour la défense de la dissertation, parut à Foligno, 1790, in-8°;
et la seconde, intitulée '.Apologie, fut publiée dans la même ville, 1792, in-8°; De l'épiscopat ouD' la puissance de gouverner l'Eglise; Rome, 1789, in-k°: Dissertation sur la juridiction ecclésiastique , Home, 1789, in -8°; L' Economie de la foi chrétienne, Brescia, 1790, in 8°: cet ouvrage, l'un des plus remarquables et des plus substantiels de Bolgeni, est celui que nous donnons au commencement de ce volume; Traité de la possession, principe fondamental pour décider les cas moraux, Brescia, 1793, in-8". L'auteur y avail fait une suite qui parut sous le titre de Seconde dissertation sur les actes humains, Crémone, 1816, in 8". Bolgeni était mort à Rome le 3 mai 1811. Un article qui présente la liste à peu près complète de ses ouvrages lui a été consacré par Caballcro dans le Supplément à la Bibliothèque du P. Southwell.
Les Editeurs.