‹ Démonstrations évangéliques (volume 3)Chapitre 171 sur 255 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

SOMMAIRE- RAISON>'É DE LA DOCTRINE CATHO- LIQUE, SI R LES TRINCIPAI'X POINTS ATTAQUÉS DANS LES DOCTRINES HÉTÉRODOXES THECÉ- DENTES.

Ar. B. Cet exposé sera formé en partie de l'enchaînement des propositions contradictoires aux propositions condamnées, convenablement disposées et rapportées à certains chefs principaux. On renverra aux Démonstrations évangéliques elles-mêmes , quand les matières sur lesquelles roulera la controverse y seront traitées.

§t». Mgtade ta foi.

1. La foi est réglée dans l'Eglise catholique soit par l'Kcrilure sainte, soit par la tradition : mais l'un et l'autre dépôt est confie à la garde des premiers pasteurs charges de paître le bercail de Jcsus-C'nrisl. Comme la règle de la foi doilélre universelle, c'esl-à-

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dire s'étendre indistinctement sur tous les fidèles, ignorants ou savants, il s'ensuit qu'elle doit être proposée par une autorité universelle, dont l'infaillibilité soit la garantie. Voilà quel est le principe constitutif de l'enseignement dans l'Eglise catholique, laquelle seule possède avec l'infaillibilité l'élément essentiel de la sécurité religieuse. Voir lesDémonstr. évang. t. IV, col. 49et993; IX, 204 ; XI, 181 ; XIV, 113 ; XV, 749, 797.

2. La détermination et l'appréciation des livresqui contiennent la parole de Dieu ne peuvent être laissées à l'arbitrage de chaque individu, mais il fallait qu'elles fussent confiées au jugement d'une autorité infaillible, afin que chaque fidèle pût savoir avec certitude ce qui émane ou n'émane pas de la volonié suprême. De là, la nécessité, dans la véritable Eglise, d'un canon des divines Ecritures. Le concile de Trente, en reproJuisant et en complétant les canons dressés depuis longtemps, soit par les papes Innocent 1 * et Gélase, soit par le concile de Laodicée, le troisième de Carthage et celui de Florence, nous a donné le catalogue le plus complet des livres saints qui sont aujourd'hui universellement reconnus comme tels. Ce Catalogne a pour objet tous les livres contenus dans la nouvelle Vulgate et toutes les parties de ces livres, même celles dont la canonicilé n'a pas toujours été universellement reconnue. Les protestants, ainsi que nous l'avons vu, contestent plus ou moins l'autorité des livres que les catholiques nomment deutéro-canoniques, bien qu'elle ait la même valeur que celle des proto-canoniques ; ils contestent également la canonicilé de quelques parties deuléro-canoniquesde certains livres proto-canoniques. Voilà la liste exacte des livres et des fragments deutérocanoniques, selon l'ordre dans lequel ils ont été écrits : Judith ; Tobie ; l'Epître de Jérémie ; Baruch ; dans Daniel, le Cantique des trois enfants et les deux derniers chapitres ; dans Eslher, les sept derniers chapitres ; la Sagesse ; le I°r livre des Machabées; l'Ecclésiastique; le IIe livre des Machabées; le dernier chapitre de saint Marc ; l'histoire de la sueur de sang, dans le xxir cliapiire de saint Luc ; l'Epître de saint Jacques; l'Epitre de saint Paulaux Hébreux; la 11 Epitre de saint Pierre ; l'Epitre de saint Jude; l'Apocalypse ; l'histoire de la femme adultère, dans le vin* chapitre de saint Jean ; la 11 et la IIIe Epitre de saint Jean. Tous ces livres et ces fragments, que la plupart des prolestants rejettent en partie comme apocryphes, ont, aux yeux des catholiques, depuis le jugement solennel de l'Eglise, la même autorité que les livres proto-canoniques. Voir Dém. év. II, 1059, 1071 ; IV, 77 ; V, 53, 277 , VI, 39, 1035 VIII, 141, 942; X, 151, 841; XII, 1193 Xlll, 776; XIV, 539, 733, 774, 1136 XV, 570.

3. L'Ecriture sainte ne peut être prise comme juge des controverses en dernier ressort : elle a été écrite dans des langues devenues savantes, et par conséquent inintelligibles pour le plus grand nombre; elle présente

dans la détermination de son sens, de graves difficultés, comme tout le monde en convient ; il est donc nécessaire qu'il y ait, tant pour la fixation du sens que pour le choix des versions, un juge d'une ai'torilé irrécusable : ce juge, c'est l'Eglise. Voir Dém. év. II, 598; IV, 993; XI. 181 ; Xlll, 1243; XIV, 276, 1135, 1186.

4. Toutes les vérités révélées ne sont point consignées dans les saintes Ecritures ; il en est qui ne nous ont été transmises que par la tradition ; d'où il suit que celle-ci ne doit pas être méconnue dans la détenu-nation des articles de foi, non plus que dans l'interprétation des livres saints. 1" Saint Paul, dans la seconde Epitre aux Thessaloniciens (xi, 14), leur recommande de garder les traditions qu'ils ont reçues, soit par lettres, soit verbalement ; dans sa première aux Corinthiens (xi, 2), il loue ces fidèles de ce qu'ils gardent les préceptes qu'il leur a transmis, il leur déclare (23) avoir reçu du Seigneur ce qu'il leur a transmis, c! il leur promet (34) de régler ce qui ne l'a point encore é'é, quand il se rendra au milieu d'eux ; dans sa seconde à Timothée (i, 13), il recommande à son disciple de se proposer pour modèle les saines instructions qu'il a entendues de sa bouche, il l'exhorte (ii, 2) à donner en dépôt à des hommes fidèles qui soient eux-mêmes capables d'en instruire d'autres, les vérités qu'il lui a enseignées devant plusieurs témoins. Saint Jean, dans sa seconde Epitre (12), avertit les fidèles auxquels il s'adresfe qu'ayant plusieurs autres choses à leur écrire, il n'a pas voulu le faire sur du papier et avec de l'encre, parce qu'il espère aller les voir et lesentretenirdevivevoix.il est clair, par tous ces textes, que l'on doit chercher et trouver ailleurs que dans l'Ecriture sainte des règles concernant aussi bien la foi elles mœurs que la discipline. 2<> Jésus-Christ ne nous a laissé aucune Ecriture, contrairement à la pratique commune des législateurs et surtout des fondateurs de religions ; de plus, il n'a point ordonné à ses apôtres d'écrire, mais seulement il leur a enjoint de prêcher l'Evangile à toute créature (Marc, xvi, 15), ce qu'ils se sont empressés de faire, soutenus par la puissance divine (20). Aussi, les Eglises primitives furentelles fondées par la prédication, comme le constatent les Epîlres mêmes des apôtres. Ce ne fut en effet qu'environ onze ans après l'Ascension de Jésus-Christ, c'est-à-dire en l'an 44 de l'ère vulgaire, que saint Matthieu, le premier de tous, écrivit son Evangile, saint Jean ne donna le sien qu'en l'an 9i. Assurément saint Pierre, dont nous n'avons que deux Epîlres, n'a pas gardé le silence pendant les sept années qu'il a siégé à Antioche, ni pendant les vingt-cinq qu'il a passées à Rome. Ne savons-nous pas que les apôtres saint André, saint Thomas, saint Barthélémy, saint Philippe, ont fondé cl gou-. crue des Eglises ? Quels sont les écrits qu'ils nous ont laissés? On ne peut donc nier qu'une partie de la doctrine de la foi puisse bien ne pas avoir été écrite et n'ait été tran-sinisc

RÉVISION DF.S DEMONSTRATIONS F.VASGEUQUES

que verbalement par les apôtres. 8* Il est de fail que toute la doctrine de Jésus-Chrisl n'a point été consignée dans l'Ecriture, comme il est certain d'après saint Jean (x\i,25) que toutes ses acli'ins mêmes ne sont point rapportées dans l'Evangile. Dans quel livre ^;icré en efTel peut-on découvrir la perpétuelle virginité de la sainte Vierge, la descente de Jésus-Christ aux enfers, l'institution du baptême des enfants, la défense de réitérer la confirmation et l'ordre, etc., etc.? En vertu de quelle autorité écrite recevons nous les saintes Eeritures elles-mêmes? Concluons donc (jue la tradition doit servir de règle aux fidèles tout aussi bien que l'Ecriture, et que dans la véritable Eglise clic est la seule règle universelle, comme étant seule à la portée de tous. Ajoutons qu'elle est nécessaire pour la fixation du véritable sens des Ecritures, et qu'elle est toujours appelée à éclairer le jugement des premiers pasteurs de l'Eglise. J oir Dém. év. IV, 81 ; VI, 9'*7, 974; X, 168; XIV, 339, 1141, 1186, 1195.

5. L'Eglise, en tant que visible, universellement agissante et indéfectible, peut seule être juge en dernier ressort des controverses louchant le dogme, la morale et la discipline. Si ses premiers pasteurs réunis en assez grand nombre pour la représenter, ne jouissaient point du privilège de l'infaillibilité et n'avaient point qualité pour terminer tous les différends qui peuvent surgir dans son sein, il faudrait en conclure et que les promesses de Jésus-Christ sont illusoires, et qu'il n'existe sur la terre aucune autorité infaillible ; ce qui consacrerait la nullité des fruits de la rédemption pour le plus grand nombre, si ce n'était pour tous. Mais l'Eglise vivant dans le sein de la société civile et ayant besoin, surtout dans les circonstances actuelles, du concours de celle-ci pour tenir des conciles œcuméniques, doit être et est en effet aussi infaillible dispersée qu'assemblée; autrement, la jouissance de sa prérogative fondamentale et l'exercice du droit qui lui est le plus essentiel seraient subordonnés à une volonté profane, cl elle cesserait d'être ce qu'elle doit être. L'Eglise dispersée approuve donc ou réprouve infailliblement comme l'Eglise en concile, et cela, suivant la discipline actuelle, sur la proposition ou sur la décision de son premier pasteur, lequel esl le centre nécessaire d'unité.

Voir Dém. év. : pour les caractères et les prérogatives de l'Eglise, 111, 491; IV, 81; VI, 1103; XL 181,353; X11I,1283; XIV, 1023, 1135, 1186. 1188; pour l'existence et l'autorité du ministère extérieur, IX, 197, 213; XI II, 1252; pour l'autorité des conciles, VI, 1065; XIV, 1190; XV, 769.

6. 11 esf impossible que la doctrine apostolique se conserve longtemps dans toute sa pureté sans un centre d'unité; aussi, l'Eglise romaine, qui seule la possède sans altération, seule aussi reconnaît un chef visible, qui, en qualité de successeur de saint Pierre, possède la primauté d honneur cl de juridiction sur tous les autres cvèqucs,el inéme jouit dans certains cas, selon les ullramontains ,

du privilège de l'infaillibilité en mature doctrinale. Voir Dém. év., IV, 81; \ I, |fl i XII, 21; XIV, 377; XV, 911; XVI, 7 t.

% 2 De l'Étal d'innocence et de celui de l'homme déchu.

7. La concupiscence n'est point un pé< hé, et par conséquent ne peut | ar elle-même retarder l'âme dans son entrée au ciel.

La grâce, même dans l'état d'innocence, était un pur don de Dieu et n'était point un appendice nécessaire de la nature humaine.

Le libre arbitre après le péché a CQpsen é son activité, nonobstant l'entraînement de la concupiscence d'un autre côté Dieu n'agit pas dans l'homme sans l'homme lui-n* par une grâce toujours efficace, quoiqu'il l'aide même pour le commencement de la foi, contrairement à la doctrine semi-péla gienne, d'une grâce toujours suffisante, A laquelle néanmoins l'homme peut résister.

Dieu n'a pas décrété de toute éternité les crimes des hommes et des démons quoiqu'il les ail prévus, et les fidèles ne sont pas élus d'une volonté antécédente avant toute prél ision de leurs œuvres : celle prévision n'altère en rien la liberté. Par conséquent , aucun précepte divin n'est impossible à l'homme, quoiqu'il ne puisse pas aimer Dieu sans la grâce, laquelle ne lui est pas refusée s'il- fait de son côté tout ce qui dépend de lui.

Les actions faites avant la justification, non plus que celles des infidèles, ne sont point des péchés par elles-mêmes , et ne participent point de la nature du péché. L'homme peut donc , sans la grâce habituelle, et même sans la grâce actuelle, produire des actes bons ; il suffit pour cela que l'objet en soit au moins indifférent et que la fin n'en soit pas mauvaise.

L'intégrité primitive de l'homme fat un don surajoute à sa condition naturelle, et l'immortalité avec laquelle il fut créé fut un bienfait de la grâce.

L'élévation de la nature humaine à l'association de la nature divine n'élanl point une dépendance de l'intégrité de I'é at primitif, est surnaturelle et ne peut en aucune façon être dite naturelle.

Voir Dém. év. sur la grâce et le libre arbitre, IV, 1029; XII, 260.

§3. De la 'édempiion et de la justification.

8. Jésus Christ esl mort pour le salul de tous les hommes sans exception, et pas seulement pour celui des prédestinés. Il ne s'est point désespéré sur la croix, parce qu'il s'esl immolé par amour pour tous; il n'a point subi, dans sa descente aux enfers, les peines des damnés, mais il a consolé dans les limbes les âmes des justes morts depuis le comtn nccmcnl du monde, en leur annonçant leur entrée prochaine dans son royaume.

Par les mérites de la rédemption, tous les hommes peuvent obtenir la justification . quoique par divers moyens, suivant la position dans laquelle ils se trouvent.

La foi s'acquiert avec la première justification, c'est-à-dire par le baptême, et non par une simple confiance dans les mérites do

Jésus-Christ. Ni l'une ni l'autre ne peuvent tu le surnaturelle de tous

l'aire que le péché ne soit imputable; ni l'une ni l'autre ne sont inamissibles : la foi se perd par la chute dans 1 hérésie formelle ; la justice ou l'état de grâce, par le péché mortel. La foi, qu'il ne faut pas confondre avec la confiance, n'emporte pas la farine persuasion du fidèle sur son salut, qu'il don toujours opérer avec crainte et tremblement, et seule elle ne le rend pas participant des mérites de Jésus-Christ.

La foi perdue se récupère par la production d'actes contraires à ceux qui l'ont fait perdre, c'est-à-dire que Dieu la rend comme en récompense de la fidélité à la grâce, qui a porté le failli à faire à Dieu le sacrifice de sa volonté propre; on recouvre la justice, soit par le sacrement de pénitence, soit par la contrition parfaite accompagnée du désir de la recevoir.

La prédestination n'est donc pas la seule cause de la justification, soit première, soit ultérieure, ni par conséquent son défaut la seule cause de la réprobation.

Il suit aussi de ce qui précède que la charité parfaite ne peut exister sans la rémission des péchés, ni demeurer avec la peine encourue de la damnation éternelle, laquelle est levée avec la rémission de la coulpe, en vertu de la contrition parfaite, et avant la réception soil du baptême, soit de l'absolution du prêtre, même hors le cas de nécessité ou celui du martyre. On ne peut donc dire qu'il existe dans les hommes pénitents avant le sacrement de l'absolution, et dans les catéchumènes avant le baptême, une vraie justification distincte de la rémission des péchés ; ni que la justice ne soit pas uniquement le fruit de la grâce par laquelle l'homme devient fils de Dieu par adoption. Voir Déni, év., IV, 18, 1036.

RÉSUMÉ DE LA. SAINTE l>0< TR1NE SUR LE SALUT DES PAÏENS.

1° Aucun infidèle ne sera condamné à des peines éternelles, soit pour le péché originel, soit pour l'ignorance invincible de quelques points de la révélation dont la connaissance est nécessaire au salut selon l'ordre ordinaire établi librement par la Providence. S'il n'a rien de grave à se reprocher, c'està-dire, s'il a suivi dans les choses importantes sa conscience, même erronée, pourvu qu'elle le soil invinciblement, il sera traité comme l'enfant mort sans baptême, c'esl-àdire que non-seulement il ne subira pas la peine du sens, mais encore il jouira de Dieu rumine auteur de la nature; attendu que nos premiers parents, en perdant la justice originelle, et en souillant ainsi toute leur postérité, n'ont été dépouillés, quant à ce qui regarde la vie future, que de l'étal surnaturel auquel Dieu les avait élevés, leur accordant ainsi un bienfait qui n'était nullement du à leur nature. 2° Cependant la volonté de Dieu est de sauver, c'est-à dire d'élever à l'état surnaturel, tous les hommes sans exception ; puisque Jésus-Chnst s'est incarné et a mérité surabondamment pour la béali-

3" Il est vrai que pour obtenir la béatitude surnaturelle, il faut croire en un rédempteur, et au moins désirer l'application iiu principal moyen par lequel il veut nous sauver; mais il suffit que cette foi et ce d sir soient impl cites dans ceux qui n'ont aucune connaissance de la révélation, et cela aussi bien dep'iis qu'avant Jésus-Christ, dont l'arrivée, dit Bergier (Dict. de Théol., Foi), n'a pas été un malheur pour les païens, en leur rendant le salut plus difficile qu'il ne l'était auparavant. ( Voy. la Théol. de Thomassin, Habert, Sylvius, etc.) Or, cette foi implicite, d'après saint Thomas (2-2, q. 2, art. 7, ad 3um) et d'autres théologiens, ne consiste qu'à croire Dieu libérateur et rémunérateur surnaturel des hommes à la manière qu'il lui plaît. 4° Tous les infidèles peuvent très-bien obtenir celte foi par la tradition de révélations primitives, surtout par l'idée que tous ont attachée aux sacrifices en vertu d'une disposition providentielle admirable, par le désir de connaître la volonté de l'être dont ils croient dépendre, et la crainte d'en être punis, surtout s'ils suivent bien leur conscience quelle qu'elle soit. Voilà des moyens auxquels Dieu peut attacher la grâce de la foi comme à la prédication de l'Evangile; que faut-il de plus pour tput cpncilier?

Le Maître des sentences (lib. m, distinct. 25) dit que : Comme dans l'Eglise quelques personnes qui sont peu éclairées, ne pouvant distinguer ni expliquer clairement les articles de foi, croient cependant tout ce qui est contenu dans le symbole, ajoutant- ainsi fui aux choses mêmes qu'ils ignorent, et ayant une foi voilée et obscure : de mé\ne, en ce temps-là (avant Jésus-Christ) , ceux qui étaient les moins éclairés adhéraient, par la révélation qui avait été faite majoribus suis (aux principaux d'entre eux, ou à Jours ancêtres), à qui ils s'en rapportaient pour leur croyance. Ne peut-on pas garantir de la même manière la croyance implicite des païens au Rédempteur, puisque leur culte, leurs sacrifices n'étaient rassurants pour eux qu'autant que leurs prêtres (majores), qui connaissaient les vieilles traditions, les leur recommandaient comme révélés autrefois par les dieux euxmêmes ou par leurs envoyés? Il est certain d'ailleurs que les ancêtres de tous les peuples (majores) ont eu une foi même explicite au Libérateur du genre humain, et que c'est sur ce fondement que se sont perpétués les sacrifice-. Ce que je donne ici comme une conjecture très-plausible est affirmé par Lactance, qui reproche aux païens leur excès de confiance en leurs ancêtres : Si vous leur demandez raison de leur croyance, dit-il, ils ne peuvent aucunement vous satisfaire, mais ils n'ont recours qu'à l'appréciation de leurs ancêtres, parce qu'Us ont été sages, parce qu'ils ont approuvé, parce qu'ils ont su ce, qu'il y avait de meileur. A quibus (elhnicis) si persunsionis ejus rationem lequiras, nullam pos~ sint reddere; sed ad majornm judicia confugiant, quod illi sapientts fuerint, llti'prbvaverinl, illi scierint quid essel optimum. Ûivin

| .,., HEVISION DES DEMONSTRATIONS EVANOELIQt'ES

insllt. lib. v, cap. 20. Voir, pour les traditions répandues dans le paganisme, les Dém. év. VII, 707; X, 108; XIII, 1080; XIV, V8 ).

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IIESCMK IV Ql'P.LQIT.S POINTS DE CE Qll'lL Y A DE PtOi BAIIOXXABLI k CaniBE, SUR LE NOMltlu: RBL4TIF BEI

MIS II Dl S IIÉPIIOCVLS.

1° S'il s'agit de tous lc9 hommes qui ont paru cl nui doivent paraître sur la terre depuis le commencement du monde jusqu'à la fin, le sentiment commun des docteurs catholiques ( que nous trouvons un sévère) est que le nombre des réprouvés sera beaucoup plus grand que celui dis élus. 2' S'il n'est question que des chrétiens, catholiques ou hérétiques, morts ou devant mourir soit avant, soit après l'âge de r ison, il paraît certain que le nombre des élus l'emporte sur celui des réprouvé-. 3" Si Ton ne considère que les chrétiens adultes, et que l'on comprenne sous ce nom non seulement les catholiques, mais encore les hérétiques, les apostats, les schismaliques, il semble plus probable, vu les grands abus de grâces commis par la plupart, que le nombre des réprouvés soit plus considérable que celui des élus. 4° Si l'on ne parle que des cath"liques, soit enfants, soit adultes, comme il en meurt à peu près autant avant qu'après l'âge de discrétion, il est hors de doule qu'il y en aura plus de sauvés que de réprouvés.

5° Enfin, si l'on restreint la détermination aux seuls catholiques adultes, les théologiens catholiques ;-ont partagés; cependant l'opinion la plus favorable nous parait être beaucoup plus en harmonie, soit avec la miséricorde divine, soit avec la surabondance des mérites de Jésus-Christ et l'e ficacilé des sacrements, que la plupart reçoivent avant de mourir. Ainsi pensent Calini, Suarez, Lorinus, Marin, Alarcon et d'auln s, dont plusieurs interprètent, dans un sens qui ne leur est pas contraire, certains textes de saint Grégoire, de saint Chrysostome et de saint Augustin, allégués par les partisans de l'opinion la plus sévère.

Quant au texte : Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus, on en donne plusieurs interprétations dans le sens de l'opinion la plus favorable. Nous nous contenterons de rapporter celle de Salmeron (t. VIII, tract. 33, n° 35), qui entend par appelés les prédestinés, et par élus ceux des prédestinés qui ont élé doués de faveurs particulières, ou élevés à des fonctions extraordinaires. Voici ses paroles : Ilœc conclusio : Multi sunl vocali, pauci vero electi, tnultos terrere solet,

std meo judicio potins omnes consolatur

Nam cum tain electi quam vocati donurium bcatitndinis accipiant , et omnes in cwlestem gloriam recipiuntur, non e*t quod quemquam perterrefaciat bœc senlenlia. Multi enim sunl vocati, id est, omnes operarti ad vinram vocati su ut colendam ; pnnci vero electi, quia panci sunt habentes prœrhfjatiras et privilégia iniiiisti orutn iVoti Testamniti. Voyez aussi, pour l'inierprelalion avorable des lextesde suint Matthieu, EX, 16 cl xxn, I '., Ignace

Wcitenaucr, Calini, Jérôme Plazza et d'autres.

Nous donnerons notre propre interpréta-

tion de ces textes cl de plusieurs autres cités

par les jansénistes i I appui <lc •*■•" rigorisme, en réfutant le- arguments de Nicole, repro luils t. III, col. 1232 et suiv.

§ i. De la satisfaction et des bonnu ouvre*.

Jésus-Christ a satisfait abondamment pour lous les hommes, qui eussent élé incapables de le faire par e:ix-mêmcs; mais le inérile de sa salisfaclion n'est applicable qu'à ceux qui font leurs efforts pour faire pénitence autant qu'il c-l en eux. Nous obtenons la remise de la peine étern' lie par les saeremenls qui pioduisenl la giâce satisfaisante, mais c'est à condition (ce qui est vrai au moins pour la pénitence) que nous l'expicions par des peines temporelles : c'est donc plutôt une commutation de peines qui nous e-t faite qu'une remise absolue.

Les œuvres satisfacloircs n'ayant aucun mérite indépendant de celui de la satisfaction de Jésus-Christ, ne peuvent anéantir dans l'esprit du chrétien le prix de la rédemption. Cependant, elles sont non-seulement bonnes et utiles pour l'accroissement des vertus, mais encore nécessaires pour le salut.

Dieu se réserve de récompenser dans le ciel les bonnes œuvres faites en étal de grâce, c'est pourquoi il se plaît souvent à éprouver les justes ici-bas par des tribulations. Ainsi, (ouïes les alïh lions des justes ne sont point les peines du péché soit originel, soit actuel. Il est donc faux de dire que la sainte Vierge soit moite à cause du péché d'Adam, dont elle n'a point élé souillée, et que Job ainsi que les martyrs aient souffert pour leurs péchés.

Les bonnes œuvres faites sans l'habitude de la charité ne sont pas dignes d'une récompense éternelle, mais elles ne sont pas mauvaises pour cela, et elles préparent à la rémission des péchés. Il est donc faux que toutes les œuvres des infidèles et des pé< heurs soient des péchés, et que les verlus des philosophes païens n'aient été que des vices ; on peut par conséquent rendre une véritable obéissance à la loi, quoique cette obéissance ne soit pas le fruit de la chante, il n'est pas moins faux de prétendre que toute œuvre mauvaise soit digne de mort éternelle, et qu'aucun péché ne soit véniel de sa nature ; attendu que le juste pèche sept fois le jour sans perdre la justice. Enfin, dans l'étal actuel du genre humain, les descendants ne sont point souilles des fautes de leurs parent! ; et ce fut en vertu d'une disposition touie particulière de la Providence que la première transgression infecta tous les descendants d'Adam. Voir sur la satisfaction et les bonnes œuvres, Dem.év., IV, 58, 130, 1036; XV, 9J3.

§ 5 Des iudulgences et du Purgatoire.

10. Après la seconde justification, comme la peine éternelle a été commuée en peines temporelles, il reste au pécheur pénitent à

REVISION DES DEMONSTUATIONS EVANGEL1QUES.

racheter ces peines au moyen d'oeuvres satisfactoires. Comme l'Eglise a reçu de son divin fondateur le pouvoir absolu de lier et de délier, elle en a usé de tout temps en faveur de ses enfants pénitents, en leur faisant l'application des mérites surabondants des martyrs et des aulres saints, et en échangeant à son tour des œuvres satisfactoires pénibles contre des pratiques faciles. Voilà en doux mois la véritable notion des indulgences. Elle conserve sa juridiction sur ceux, de ses enfants qui, étant morts en état de grâce, n'ont point encore satisfait entièrement à la justice divine, et elle. leur dispense également les richesses du trésor qui est à sa disposition, ce qui explique suffisamment l'application des indulgences aux âmes du purgatoire, lesquelles sont encore soulagées par les prières et les autres bonnes oeuvres des fidèles vivants, comme le prouve une pratique constante et universelle. Voir Dém. év . 111, 50, 877; IV, 58, 1101 ; XII, 255 ; XV, 993. § 6. Des sacrements.

11. Sacrements en général. Il y a sept sacrements, qui sont : le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, l'Eucharistie, l'Extrême-Onclion , l'Ordre et le Mariage. Deux d'entre eux, le baptême et la pénitence, que l'on nomme sacrements des morts, produisent directement et par eux-mêmes ( ex opère operato ) la grâce de la justilicalion, pourvu que les adultes apportent à leur réception les dispositions nécessaires. Les cinq autres sont dits sacrements des vivants et augmentent aussi par eux-mêmes la grâce sanctifiante, pourvu que ceux qui les reçoivent la possèdent : l'augmentation de la grâce sanctifiante est, pour son intensité, proportionnelle aux dispositions des fidèles (ex opère operanlis ). Néanmoins, l'effet secondaire de l'extréme-onclion (intentio secundaria) est la rémission des péchés tant mortels que véniels, faite à l'homme pour la dernière fois; les quatre autres sacrements peuvent aussi, accidentellement cependant (per accidens), remettre même les péchés mortels. Trois sacrements, imprimant dans l'âmeuncaractère ineffaçable, ne peuvent être réitérés : ce sont le baptême, la confirmation et l'ordre. Voir Dém. év. 111, 884; IV, 64, 1071.

12. Baptême. Le baptême, pris dans son sens le plus large, c'est-à-dire étendu au simple désir, au moins implicite, est absolument nécessaire au salut, soit aux enfants des fidèles, soit à ceux des infidèles. Il efface le péché originel ei tous les autres dont un adulte peut se rendre coupable, puisqu'il n'y a pas de réserve pour ceux qui ne sont point encore enfants de l'Eglise; il remet toutes les peines dues au péché, en sorte qu'il n'y a aucune p nitence à imposer à l'adulte qui le reçoit ; il fait naître dans l'âme les habitudes de la foi, de l'espérance et do la charité, ainsi que le commencement des sept dons du Saint-Esprit ; enfin, il soumet indistinctement à la juridiction de l'Eglise tous ceux qui le reçoivent.

Le souvenir du baptême ne peut opérer la

DÉMOHST. ÉYANGÉUQl 'K. X VIII.

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rémission des péchés, laquelle ne peut être l'effet que de la contrition parfaite ou du sacrement de pénitence.

13. Pénitence. La pénitence est un véritable sacrement de la nouvelle loi, institué comme les six autres, par Jésus-Christ luimême. Il efface tous lespéchéscommis après le baptême; il remet la peine éternelle et une partie des peines temporelles proportionnelle aux dispositions du pénitent ; enfin, il fait revivre les mérites des actions faites en étal de grâce, lesquels sont sacrifiés par le péch;> mortel. Les parties matérielles de ce sacrement sont la contrition, la confession et la satisfaction (in voto), appelées les trois actes du pénitent; la satisfaction in re n'en est que partie intégrante, et l'absolution du prêtre en est la forme.

La contrition est la partie la plus indispensable du sacrement de pénitence, attendu que rien ne peut y suppléer: elle renferme essenliell 'ment et la douleur d'avoir offensé Dieu, et le bon propos de ne plus l'offenser à l'avenir. La contrition est parfaite ou imparfaite selon qu'elle est le fruit de la charité parfaite, ou celui de la charité imparfaite : dans le premier cas, elle justifie le pécheur avant la réception du sacrement do pénitence, dont elle renferme le désir ; dans le second, la justification n'est opérée qu'au moyen de l'absolution du prêtre. La crainte même servile des peines de l'enfer, non-seulement n'est point un péché, mais elle est salutaire et suffisante pour constituer la condition imparfaite ou attrition .pourvu qu'elle renferme un commencement d'amour de Dieu, c'est-à-dire le désir d'aimer Dieu pardessus louteschoses, principalement comme auteur de la béatitude. La contrition, ainsi entendue, corrige le pécheur et le met en voie de progrès dans la vertu, loin de le rendre hypocrite; or, telle est la manière dont l'a définie le concile de Trente, fondé sur l'Ecriture et sur la tradition.

La confession est nécessaire, au moins dans les cas ordinaires , pour la rémission des péchés commis après le baptême :allendu que les prêtres, chargés par Jésus-Christ de lier et de délier, de remettre ou de retenir les péchés, ne pourraient remplir ces fonctions, soit comme juges, soit comme médecins spirituels, sans connaître par le pénitent lui-même et la matière du jugement à prononcer, et la nature des plaies à guérir. Il n'y a pas de prétention présomptueuse à vouloir confesser tous ses péchés, puisque l'on n est obligé de confesser que ceux dont on se souvient après un examen auquel on a apporté une diligence morale, l'intégrité matérielle et mathématique de la confession n'étant point nécessaire. 11 n'y a donc rien dans celle pratique, entendue comme l'Eglise l'entend, qui fasse injure à la miséricorde divine, à laquelle elle laisse tant à faire.

La satisfaction a pour objet l'expiation de la peine temporelle, en laquelle a été commuée la peine éternelle, après la seconde justification. Elle fait donc (in voto ) (Trtnte'dtuae.)

REVISION DES DEMONSTBA1 QHS I.' ANGEJ IOJ I ».

partie csscnliolledu sacrement de pénitence; et voilà pourquoi il faut quelle -oit unie, sinon en réalité, du moins en désir, aux aunes partiel de ce sacrement. L'Eglise peat encore commuer les œuvres satTsfactoires pénibles qu'elle imposait autrefois, en des pratiques plus laciles : c'est aussi ce qu'elle fait par la concession des Indulgences. On voit qu'il ne suffit pas, après la sec unie justification, de mener une nouvelle vie, mais qu'il faut se taire, par de bonnes omvres, (application pleine et entière des mérites de Jésus Christ ; ces mérites ne nous étant appliqués dans toute leur étendue qu'avec la première justification. Il en résulte que loua les relaps sans exception sont obligés de sati- faire plus particulièrement à la justice divine.

L'absolution d'un prêtre pourvu d'une juridiction convenable peut seule, hors le cas de la contrition parfaite, déterminer la production do l'effet du sacrement. H ne suffit donc pas de se croire absous pour l'être véritablement ; et l'absolution elle-même n'a de val'iir, dans les cas ordinaires, qu'a qu'elle est jointe à la contrition, à la confession et à la satisfaction [invoto du pénitent. Voir sur le sacrement de pénitence Dém. év. III, 88V; XV, 'JG ,'.

lk. Euc'a-istie. C'est un sacrement des ■vivants qui contient en réalité le vrai corps et le vrai sang de Jésus-Christ sous les apparences du pain et du vin, pour être la nourriture des âmes fidèles. Cet admirable chang ment, que l'Eglise nomme transsubstantiation, s'opère au saint sacrifice de la messe, quand le prêtre prononce les | aroles par lesquelles Jésus-Christ a in5t. tué ce sacrement, et il peisevère après le sacrifice, jusqu'à l'altération notable des espèces du pain et du vin.

I.a transsubstantiation est tout à la fois un grand miracle et un profond mystère ; mais comme les paroles de Jésus-Christ sont formelles, douter du pn>dige, ce serait douter et de la puissance et de la véracité divines, ce serait par conséquent outrager la souveraine puissance dans sa souveraineté même. Voir, pour les preuves de la présence réelle et de la transsubstantiation tirées de l'Ecriture sainte ci de la tradit on, aussi bien que pour la solution des objections déduites principalement de l'herméneutique et de la philologie syriaque, les Démonstr. évang. Il, I3tt{ 111. ;>0."),8:i5, 891, 937, 1013; IV, 07; XIV, 'r23: XV, 107.1, 1 10>, 1123, 1139, 1182, 1199, 1215, 1233, 125*, 1269,1285: XVI, 9.

PRINCIPES ET DOCUMENTS POUR l.\ S"LtTT N DES fiBlCCtii'.ns tii;ée> uk i.a rnwm;. , HE I.A CBIMI C.T TE P.V PHYSIOLOGIE.

Ces objections peuvent avoir trait, soit à la permanence de tous les accidents du pain et du vin après la transsubstantiation; soit à la forme et aux proportions du corps do Jésus-Christ, relativement aux espèces sacramentelles considérées surtout dans leurs parties ; soit à la multiplication indéfinie du

corps us-Cbrisl# ta ia#rét*j

une iuflllîté d*( udroits a la fois ; s> ut à la

on de ii presencereelledacorps.de

Jésus. Christ, apie. l'altération notable des '■s du pain et du rio. G qui nous détenu, ne a distribuer nos pruu ipe5 et nos fait> scientifiques eu quatre -• ries.

I 1" Coin , e la presence réelle du < orps

et du sang de Jèsns-Qiriii daui l'Eucharistie sous les apparences du pain pi du mu est un mystère que Dieu a roula soustraire à toutes les investigations humaines, puissance supplée, en tout ce qui Unube*ous les sens, au défaut de la substance de i , Ml :. lière éloignée du sacrement. Ce principe une fois admis, y a-t-il a s étonner de trouver dans les espèces eucharistiques, et tout propriétés physiques du pain et du vi par rapport à la couleur, au goûi, et'., et toutes leurs propriétés chimiques par rapport aux apparences de substances rég talcs et non animales, et toutes leu;s propriétés physiologiques, par rapport aux effets produi s sur le systèm:> digestif? Pourquoi l'auteur de la nature ne pourrait-il pas produire des phénomènes quelconques immédiatement , et san-, l'in'ervenli n des causes ordja On ne peut objecter qu'un tel principe n est propre qu'à détruire toute la cerlilu e du témoignage des sens ; car Dieu lui-même, en instituant l'Eucharistie , nous a sulfisamment avertis q :e dans ce cas nous ne devons point, par exception, conclure des apparences à la rea'ilé.

2" Pour répondre aux objections qui ont trait soit à la constitution intime, soit au goût des substances, il suffit de faire yoir que l'une et l'autre dépendent de diverses condilions d'une appréciation très-difficile. et inênic opposent aux investigations humaines des mvslères jusqu'à présent impénétrables. Or, il sera facile de déduire ceHe conséquence de quelques faits tires des productions les plus récentes des sciences d'obscrv ation.

Une réunion d'atomes plus ou moins rapprochés en vertu de la force de cohésion foi me une uioécule, et les uiolecul. s groupées à leur tour de telle ou te'le manière donnent au corps sa structure et son enble. Nous savons que l'augmentation on la diminution de la quantité de chaleur iutermoleciilaire détermine une distance ou plus grande ou plus petite entre les molécules, et qu'un nouvel arrange; eut de celles-ci résulte souvent des variations correspondantes qu'éprouve le volume des corps. On sait aussi que les alunites et l'ele iricité jouent un rôle imporlaul dans la constitution des corps.

1 - corps organisés ne renferment, comme parties constituante* — CSMicISES, quoqualre éléments, le carbone, l 'oxygène, l'hydru eue et l'azote, lesquels doni eut naissance a des quantités innombrables 4e corps Of misée. D'après quel princ pe, s. ùcmande M. l'erqn rel, la mal - elle de! et .1 inor-

eaniquea l'état organique? Ce sont, répondil, nous le répétons, des mvstèresque l'homme

n'a pu découvrir, el qui sont tellement impénétrables que si, par une cause quelconque, tous les corps organisés étaient réduits à leurs éléments simples, nous ne voyons pas comment les forces qui régissent la nature inorganique pourraient à elles seules reproduire les germes de ces corps (Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturelles, t. 1er, p. 298 ).

Deux substances organiques peuvent être composées des mômes éléments en même proportion atomique, et cependant ne pas jouir des mêmes propriétés physiques et chimiques, connue le sucre el la gomme en sont des exemples. Dans ce cas, il tant <;ue les mêmes éléments, en se groupant Je diverses manières, donnent naissance à des molécules constitutives différentes. La nature inorganique nous offre des exemples semblables d'isomérie.

On sait que, comme l'a constaté M. Boudant, un sel que l'on fait dissoudre dans un liquide déjà saturé par un autre se! moins cristallisable se dépose bientôt en cristaux, qui, au lieu d'affecter la forme qui leur est particulière, prennent celle de l'autre sel. Ce savant est même parvenu à faire cristalliser une mêmesubslance dans trois systèmes différents, d'où sont résultées des formes identiques pour des corps différents. D'un autre côté, le dimorphisme résulte, dans des corps identiques, d'un simple changement de température, comme il serait facile d'en citer de nombreux exemples. Tous ces faits, conclut M. Becquerel, el bien d'autres que nous pourrions rapporter, prouvent que deux coros, identiques dans leurs propriétés chimiques, peuvent se présenter à nous avec des propriétés physiques différentes sous le rapport de la forme cristalline, de la densité, de la dureté, de la couleur et des propriétés optiques.

D'un aulrecôlé, les phénomènes de la pétrification nous offrent mille exemples de substances inorganiques substituées à des substances organiques, soit végétales, soit animâtes, avec persistance de la figure des organes et des tissus les plus délicats.

Nous pourrions citer un bien plus grand nombre de faits àl'appui de notre assertion : combien n'en rencontrerions-nous pas dans le domaine de la chimie organique, encore ton', couvert d'épaisses ténèbres ? Nous avons signalé as ez d'opérations secrètes delà nature, pour tenir tout esprit sage en garde contre les ^affirmations téméraires des demisavants.

3° Nous allons étaler, relativement à la permanence de la couleur du pain et du vin dans les sy. bohs eucharistiques, quelques laits analogues à ceux qui précèdent; mais avec d'autant plus d'avantage, que les causes les plus légères et les moins appréciables déterminent des phénomènes de lum.ère très-différents.

La coulct r n'est point dans les objets, elle n'est pas même à leur surface : ce n'est qu'une sensation produite par les rayons lu-

mineux. Or, ces rayons lumineux» dont les uns sont plus ou moins absorbés et les autres réfléchisdediverses manières, ne sont pas déterminés à produire leurs effets optiques à la première couche moléculaire des corps même les plus polis artificiellement, et les rayons réfléchis eux-mêmes pénètrent à une certaine profondeur les milieux sur lesquels ils tombent, avant que la force combinée des molécules en détermine l'angle de réflexion. Les couleurs des corps ne leur sont donc point inhérentes : elles ne résultent que de la disposition particulière des molécules, qui les rend propres à réfléchir en plus grande abondance les rayons d'une certaine couleur, et à transmettre, éteindre ou mieux absorber les autres. La preuve la plus directe de cette proposition, c'est que tous les c rps, quelle que soit leur couleur quand on les voit à ia lumière blanche, paraissent de celle des rayons du spectre auxquels on les expose; seulement la teinte est d'autant plus vive que ceux-ci ont plus d'analogie avec la couleur qui est propre à ces corps.

Il n'est point, dans la nature, de corps ni entièrement diaphanes, ni absolument opaques, un corps quelconque n'étant visible que par les rayons qu'il réfléchit; d'un autre côté, un corps ne devient coloré qu'autant que les Payons qui le rendent visible ont pénétré sa substance jusqu'à une certaine profondeur : car s'ils n'étaient que réfléchis à sa surface, ils paraîtraient blancs, et son amincissemenî ne pourrait influer sur sa coloration, comme l'expérience prouve qu'elle y influe. C'est donc tout simplement de l'inégalité d'absorption et de réflexion des rayons de lumière que dépend la coloration diverse des objets. D'où l'on voit que l'absorption n'est jamais qu'une diminution graduelle de l'intensité des rayons transmis à travers un milieu d'une transparence imparfaite.

Tout corps réfléchit les rayons de sa propre couleur en plus grande abondance que les autres rayons, et il prend sa couleur de cet excès dans la lumière réfléchie. Mais puisque la coloration dépend, en dernière analyse, de la disposition moléculaire, Dieu ne peut-il pas, sans laisser agir les forces qu'il a établies, produire des effets analogues?

On ne connaît encore aucun corps dont le pouvoir absorbant soit le même pour tous les rayons lumineux ; si un tel milieu existait, il affaiblirait simplement le rayon lumineux sans le colorer. On ignore encore la cause qui fait que tel rayon est absorbé de préférence à tel autre. La même disposition moléculaire qui fait qu'un corps absorbant ne laisse pas passer tel rayon coloré au travers ou à côté de lui, peut constituer un ol siacle in limine à la production de ce rayon.

M. Mitscherlich, en étudiant les propriétés optiques de la chaux sull'alée,a reconnu que, (I. irs les lames .cristallisées de celte substance, la structure intérieure change avec la lempé-

REVISION DKS DEMONSTRATIONS EVANGELIQUES.

rature, sans qu'on puisse apercevoir à l'exlérieur aucune modification sensible, m IOf le» côtés, ni sur les faces polies de ces lamas. D'autres gubslances cristallisées présentent des phénomènes analogues. La trempe cl le recuit, surtout de l'acier, produisent des changements de Structure inappréciables ,1 la surface, en même temps que des couleurs très-variées. D'un autre côté, les changements d'état des corps, c'est-à-dire leurs passages de l'état solide à l'état liquide, de celui-ci à l'état gazeux et vice versa , nous fournissent d'étonnants exemples de corps qui conservent les mêmes éléments sous les formes les plus diverses.

D'ailleurs, il est des individus qui , par un léger défaut dans l'organisation, sont rendus incapables d'apprécier avec exactitude la différence entre les rayons, qui produit la diversité des couleurs. Hers<hell cite (Traité de la lumière, t. Ie', p. 305) un opticien pour qui toutes les teintes d'optique n'étaient <|ue jaunes ou bleues. Il parle aussi d'autres individus dont la vue était bonne d'ailleurs, mais qui étaient entièrement dépourvus de toute idée de couleur, et ne distinguaient les différentes teinles que par leur éclat plus ou moins vif. Il peut même exister d'autres animaux incapables de percevoir les couleurs que nous connaissons, et dont toutes les impressions de lumière sont dues à une classe de vibrations hors des limites qui nous sont propres, comme le docteur Wollaston l'a ingénieusement imaginé, et nous pourrions presque dire prouvé.

D'un autre côté, tout le monde sait que le charbon animal, produit de la calcination de diverses substances animales avec du souscarbonate de potasse ou de soude, produit, en raison de son grand état de division, des effets d'absorption sur les matières colorantes et odorantes. Les acides, les alcalis et certains chlorures produisent sur quelques substances des effets analogues.

Enfin, il est impossible d'expliquer, soit dans la doctrine corpusculaire, soit dans la doctrine ondulatoire, tous les phénomènes qui se rapportent à la lumière.

IL 1° C'est manquer tout à fait de logique ou de bonne loi. ou bien c'est faire preuve d'une coupable ignorance, que d'attaquer les vérités de la foi sans les considérer au point de vue sous lequel seul elles sont proposées à la croyance des fidèles. Cependant, les protestants, aussi bien que les incrédules, ont commis cette anomalie de raisonnement, en statuant sur le corps de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, d'après les lois ordinaires de la matière, et dans l'hypothèse d'un corps humain ordinaire. La plupart des conlroversisics catholiques les ont suivis avec trop de complaisance sur un terrain étranger, en cherchant à réfuter des objections que l'on prétendait être tirées des principes élémentaires de la physique ou des propriétés essentielles de la matière.

Pour nous, nous commençons par prendre notre position au point de vue catholique: et l'on va bientôt voir que nous y triomphons

de bien des dilficultés, sans même prendre la peine île lai combattre.

L'Eglise, qui nooi enseigae, d'après II ture sainte et la tradition, qu'après la COBseciation lèeaa-CbrisI est présent sous les espèces du p.iiu et sous (elles du rio, nous avertit en même temps que, depuis la résurrection du Sauveur, il ne | eut plus tire question d'un corps matériel ordinaire, mais qu'il s'agit nécessairement du corps du chef des prédestinés, c'est-à-dire d'un corps glorieui

et en quelque sorte spirituel. Nous pouvons nous former une idée suffisante de ce corps glorieux, en portant notre attention sur les quatre qualités que les théologiens y reconnaissent, d'après saint Paul, I Cor. xv, 42 seq. La première de ces qualités est l'impassibilité, qui fait qu'un corps glorieux est à l'abri de toute souillure, de toul outrage, de toute souffrance, de toute altération, et conséquemment de toute corruption. Qu'on vienne nous parler maintenant des opprobres de toutes sorte* dont on prétend que le corps de Jésus-Christ pourrait être l'objet dans l'Eucharistie I Que l'on désorganise un corps glorieux, pour en faire l'analyse cliimiqoel La seconde qualité est la su'/tilité. Cette perfection d'un corps glorieux le met entièrement à la disposition de l'âme, et lui donne, sans le secours d'aucun aliment, une souplesse parfaite pour toute espèce d'action organique. Saint Thomas, Sylvius et quelques autres théologiens, contrairement à l'opinion de Wiggers, de Néésen et de Daelman , ne rapportent pas précisément à la subtilité le pouvoir qu'auront les corps des bienheureux de pénétrer les autres corps, et ils en font un privilège particulier. Quoi qu'il en soit, il est certain que celui de Jésus- Christ jouit de cette prérogative depuis sa résurrection, puisqu'il vint trouver ses apôtres, bien que les portes fussent fermées. Saint Thomas attache à celte prérogative la faculté de n'être ni vu ni touché que dépendarnment de la volonté (Suppl.. q. 83, art. 5 ad 3, et q. 85, art. 3). La troisième qualité est Vagililé, qui soustrait le corps à l'action delà pesanteur, selon le bon plaisir de l'àme, et lui permet d'exercer toutes ses opérations sans fatigue ni peine, ainsi que de Franchir en un instant les plus grandes distances. Après le simple exposé de ces deux autres qualités du corps glorieux de létas-ChrisI présent dans l'Eucharistie, je suis en droit e demander quelle peut être la valeur des objections tirées, soit de l'étendue, de l'impéné- Irabilité, de la pesanteur, de la résistance de la matière; soit de la couleur, de la forme, des dimensions, etc., du corps humain ordinaire ! La quatrième qualité d'un corps Glorieux est la clarté, laquelle le rend tout resplendissant de lumière. Le corps de JéSBS- Christ ne se couvre de cet insigne de splendeur que dans le séjour de sa gloire, S'il s'en fût revêtu sur la terre après - 1 résurrection, ses disciples ne l'eussent point reconnu, il d'ailleurs ils n'eussent pu soutenir sa vue. Il s'en dépouille dans l'I jich instie, où il ne veut paraîtra que sous les symboles de l'ait-

mentation ordinaire, pour signifier l'alimentation spirituelle des âmes, et où surtout il veut.éprouvcr la foi de ses disciples, si solidement établie d'ailleurs.

Fondés sur les raisons ci-dessus exposées, quelques sainis Pères et plusieurs docteurs catholiques disent que le corps de Jésus- Christ existe dans l'Eucharistie à la manière des esprits; mais une des propriétés des esprits, c'est d'exister dans un lieu sans exclure de ce lieu, ou un autre esprit, ou un corps quelconque. On peut donc soutenir que le corps de Jésus Christ se trouve dans l'Eucharistie de telle sorte, qu'un nombre immense de parties élémentaires de ce corps existent miraculeusement dans un même espace sans s'exclure les unes les autres du même espace, qu'elles occupent chacune en entier.

D'ailleurs, pourquoi ne pourrait-on pas dire que le corps de Jésus-Christ est dans l'Eucharistie comme un arbre est dans le germe qui le produit, comme un nombre indéfini d'arbres reproduits par celui-ci se seraient trouvés dans le germe primitif, comme la multitude innombrable des enfants de Soth s'est trouvée dans le germe qui a déterminé la conception de ce fils d'Adam?

2° Aussi, par surabondance de droit, et pour raisonner dans l'hypothèse du jour où Jésus-Christ institua l'Eucharistie, nous allons rapporter quelques données scientifiques, au moyen desquelles il sera facile d'apprécier le peu de portée des objections que l'on prétend tirer de la physique.

Suivant La place, la forme qu'affecte un corps dépend du rapport de trois forces qui doivent être prises en considération : 1* de l'attraction de chaque molécule pour les molécules qui l'entourent, et dont l'effet est de les rapprocher sans cesse les unes des autres ; 2° de l'attraction de chaque molécule poiir la chaleur qui entoure les molécules situées dans son voisinage; 3° de la répulsion entre la chaleur qui entoure chaque molécule, et celle qui enveloppe les mplécules voisines, laquelle (end à les désunir. Dieu ne peut-il pas produire des effets analogues pour modifier la forme des corps, sans faire agir les causes ordinaires?

Quoique l'idée d'espace soit une idée complète , elle n'est .point une idée exclusive, avec laquelle rien ne se puisse associer. Dans l'espace, nous pouvons concevoir l'impénétrabilité, et l'impénétrabilité c'est la matière. On n'a pas raison de dire que la matière a deux propriétés essentielles : l'étendue et l'impénétrabilité. Ce ne sont pas de9 propriétés : c'est une définition. On conçoit l'impénétrabilité; on l'appelle matière,' et voilà tout (M. Pouillet, Eléments de physique expérim., t. I", p. 5, édit. 1844). On peut concevoir que l'impénétrabilité soit continue et inséparable, ou bien qu'elle soit discontinue, et par conséquent Réparable. L'impénétrabilité inséparable est ce qu'on appelle un atome; car, toutes les données de l'expérience portent à conclure que la matière n'est pas divisible à l'indéfini, et le système

des éléments simples e9t celui qu'on adopte exclusivement aujourd'hui.

Le volume réel d'un corp9 est celui qui n'est occupé que par la substance propre de ce corps; l'espace apparent, qui est limité par sa forme extérieure, est ce que l'on nomme le volume apparent. Ainsi, le volume réel est une chose que nous concevons trèsfacilement, mais que nous ne pouvons jamais trouver : c'est pourquoi, quand on parle d'un volume, c'est toujours du volume apparent qu'il doit être question.

Par suite des combinaisons chimiques, les propriétés du corps nouvellement formé sont tout à fait différentes de celles de ses parties, et en général ce corps occupe un volume moindre que celui de ses parties constituantes ; d'où il suit que sa densité est plus grande. La saveur, l'odeur, la couleur du composé sont aussi souvent différentes de celles de leurs éléments.

La divisibilité, la porosité, la compressibilité, l'élasticité, la dilatabilité ne peuvent être dites rigoureusement des propriétés générales de la matière, car elles ne peuvent en aucune sorte appartenir aux atomes tels qu'ils doivent être conçus : ce sont des propriétés de l'ensemble, et non des propriétés des éléments.

Ce peu de principes suffisent pour faire voir quel fond on doit faire des objections tirées des prétendues propriétés essentielles à la matière, et combien il est absurde d'avancer que le corps, même matériel de Jésus-Christ n'aurait pu être dans l'Eucharistie sans qu'il y eût compénélration de ses éléments. Il est impossible à l'homme, vu la prodigieuse divisibilité de la matière, de déterminer le volume relatif d'espace vide qui se trouve dans les interstices des atomes, et même de se faire une idée de la petitesse du volume auquel un corps quelconque pourrail sans compénétration être réduit, par une force supérieure à la force de cohésion ordinaire ou de l'attraction moléculaire. Newton a même avancé qu'il n'y a pas de corps, si grand qu'il soit, qui ne puisse êtro réduit à un volume imperceptible.

1 II. H résulte des principes el des l'ait s rapportésci-dessusquela science ne peut rien établir d'incontestable sur la localité des corps, puisqu'elle ne peut rien affirmer de positif, soit sur la nature de l'espace, soit sur les propriétés essentiel les de la matière, soit par conséquent sur les rapports déterminés des volumes avec les lieux. De plus, on a vu qu'un corps d'une forme et d'une grandeur quelconques peut varier indéfiniment dans l'une ou dans l'autre par une cause supérieure aux causes ordinaires des phénomènes naturels. Mais ce qui a été dit touchant la réduction indéfinie du volume des corps peut être affirmé de son agrandissement indéfini. Comme la matière est divisitde dans des limites que l'imagination la plus hardie ne peut déterminer, il s'ensuit qu'un corps ordinaire quelconque peut être résous en lames ou couches moléculaires extrêmement minces el indéfiniment nombreuses, lesquelles mises en contact ap-

ItKVISlO.N DES HKMONSTR

parent (el il n'y en a point île réel dans la nature connue) pourraient i onslilucr un volume incomp iralileiiienl supérieur au volume primitif. Du volume factice indéfiniment agrandi ne pourrait-on pis faire q u.inl ilé d'autres volumes de diverses grandeurs. <le même forme que le vo une primi if on de formes différentes ? Nous pourrions faire l'application de notre hypothèse aux corps organisés eux-mêmes. Comme il s'agit, dans le principal objet qui nous occupe, du corps glorieux, de Jésus-Christ qui se trouve dans l'Eucharistie à la manière des esprits, et non comme dans un li u, et qu'il est impossible à l'homme de statuer quoique ce soit sur le mode de présence de ce corps, non plus que sur la nature et le mode de ses opérations dans l'espace, nous ne voyons pas que l'on puisse faire une objection tant soit peu fondée touchant sa multiplication et sa mullilocalion apparentes.

Nous allons cependant exposer brièvement le système de l'abbé de Lignac sur ce sujet, non pas que nous en adoptions toutes les parties, ni même qu'il nous paraisse se rapporter au véritable étal de la question ; mais parce qu'il a fait beaucoup de bruit à l'époque où il a paru, et que depuis il a été cité avec éloge par beaucoup de théologiens.

Le litre de l'ouvrage où il se trouve développé est celui-ci : Présence corporelle de l'homme en plusieurs lieux, prouvée possible par les principes de la bonne philosophie L'auleur, relevant le défi d'un journaliste hollandais, dissipe toule ombre de contradiction entre les merveilles du dogme catholique de l'Eucharistie et les notions de la saine philosophie.

il ne s'agit, selon lui, que de trouver une hypothèse possible (el réalisable par la puissance de Dieu ) dans laquelle on puisse appliquer la doctrine des saints Pères touchant l'Eucharistie. Après avoir résumé celle doctrine en quelques points ( desquels nous ne convenons pas avec lui ) et déterminé le principe de l'identité humaine, qu'il fait consister dans le corps prototype provenant du père et de la mère et uni à l'âme, à l'exclusion des matières accidentelles qu'il s'assimile pour les rejeter ensuite, lesquelles par conséquent peuvent appartenir successivement à plusieurs corps, il se propose ce problème : la même âme pourrait-elle être unie à deux corps différents el distants l'un de l'autre? Il le résout affirmativement au moyen de certains faits constatés par l'observation. Il examine ensuite si la même âme pourrailanimerdescorpsidenliques, et, pour arriver au résultat qu'il cherche, il se fonde sur l'analogie des animaux inférieurs, dont les Ames, quelles qu'elles soient, vraisemblablement sans l'intervention d'une nouvelle création, continuent à animer les diverses parties on lesquelles les corps ont ele coupés. Enfin, il cherche un procédé au moyen duquel un corps humain pourrait être divisé en plusieurs qui lui fussent identiques dans le lent ci-dessus exposé, el H le trouve

ÉTIONS EVANGELIQUES. 1012

dans le. dédoublement pirfail de chaque organe, de chaqpe lisso el même des lob les du sang, lequel dédoublement pourrait être opéré en un nombre indéfini de fdsparla puissance divine, sans que les c rps qui en résulteraient eussent cessé loil d'être identiques au corps primitif, suit d'être animi la même aine. Dans cette hypothèse, dont toutes les conditions sont très-possibles, le même corp*, ;|nimé de la même âme, pourrait être présent en un nombre j délini de lieux dans le même espace de lemp-. I leur applique ensuite a la Ira filia-

tion sou ingénieuse hypothèse, d'une manière Ire -heureuse, el l'ail observer que les miracles nécessaires pour »a réalisation ne consisteraient que dans les dédoublements et non dans fin utile de la personne gai - chaque dédoublement; attendu que Dieu ne réitèrerail pas, à l'occasion de chacun d'eux, l'union primitive de l'âme avec le corps prototype, il conclut qu'il n'y a rien dans le dogme eucharistique qui répugne à la saine raison.

Des théologiens, même modernes, ont cilé à l'appui du même dogme considéré sous U même point de vue, des phénomènes d'optique, tels que la multiplication d- la vision du même objet rapporté à plusieurs lieux, au moyen de miroirs à facettes, de fragmenta d'une même glace, qui dans son état intégral ne réfléchit qu'une image du même objet, etc. Chacun peut apprécier le degré de justesse de semblables comparaisons.

IV. Quant à l'altération apparenle des symboles eucharistiques et à la cessation de la présence réelle, on peut dire que Dieu n'a décerne la substitution du corps de Jesus-Chrisl à la substance du pain et du vin dans l'Eucharistie précisément que pour le temps qu'y auraient existé les substances du pain et du vin dans telles et telles circonstances, et qu'il a voulu rendre sensible la cessation de la présence réelle par des phénomènes d'altération de ces substances primitives. Elsi les espèces du pain eldu vin produisent les mêmes phénomèneaule digestion que produiraient le pain et le vin, on pi ut admettre, outre ce que nous avons dît plus haut (I, 1e), que Dieu substitue au corps de Jesus-Christ ces substances dans un étal d'altération, comme il le fait dans d'autres circonstances, au moment où le pain et le vin naturels auraient subi l'influence des causes ordinaires de corruption ou de changement d'etal. On pourrait en dire autant dans le cas où des mains sacrilèges soumettraient les espèces eucharistiques à l'analyse chimique . la* quelle ne peut offrir de résultat qu'il n'y ait eu décomposition, et par conséquent ait ialion piéal.ible. D'où l'on doit coo lure que l'analyse des espèces saeranm n elles faite avant la résurrection de Jésus-Christ n'aurait pas plus satisfait la ruri sic coupable de l'homme, qu'elle ne peut le faire depuis qu'un corps glorieux, el comme tel inai si hle aux sens, est substitué dans l'Eucharistie aux substances du pain cl du vin.

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