REVISION DES DE1.0.NSI
Dieu est souverainement puissant , souverainement saint cl bon; mais on ne pourra pus dire qu'il est d'une science , d'une puissance, d'une sainteté et d'une bonté infinies (ajoutez d'après Hermès [col. 958, noie 1, 1. 27] : sans le secours d'une révélation surnaturelle). Lig. 32 : Ainsi s'est anéantie l'autorité infaillible de la vérité première, de Dieu révélateur, •unique motif et objet formel, comme parlent les théologiens, de notre foi dans une révélation surnaturelle. Col. 959, 1. 18 : Si ces principes sont vrais, il s'ensuit que le système d'Hermès rend impossible toute croyance au christianisme. — Voilà qui prouve que le professeur de théologie du collège romain «e sait pas plus se rendre compte de ses idées en philosophie qu'en théologie. La question présente, qui, depuis la rupture décidée de ces deux sciences, est devenue la plus importante comme la plus difficile de loute la théologie, en renferme deux aulres. La première : Quel est pour tout fidèle, sans exception, le véritable motif de la loi? La seconde : Quel est pour tout philosophe, soit incrédule , soit croyant , le véritable moyen de transition de l'ordre de raison à l'ordre de foi? Nous n'examinerons pas ici les différents systèmes des théologiens sur la dernière raison qui détermine un croyant à produire un acte de foi. Qu'il nous suffise de dire qui' ce ne peut être la souveraine véracité de Dieu connue par la raison, comme le veut le R. P. Perinne. Non, la foi au christianisme ne dépend pas d'une proposition de métaphysique que Descartes et ses disciples n'ont établie que sur dessophismes , ainsi que je l'ai démontré ailleurs. Pour le dire en passant, la souveraine véracité de Dieu, qui n'est ou que son immutabilité, ou que sa science et sa bonté infinies, est un point de vue de son infinité ; mais son infinité ne peut êlre démontrée ni a priori faute d'un principe plus général, ni a posteriori faute d'un moyen terme légitime entre celle infinité et les observations fûtes sur les objets naturels; il s'ensuit donc que la souveraine véracité de Dieu, connue par la raison , ne peut être le dernier motif déterminant de la foi. D'ailleurs, comment ceux: qui n'ont ni le loisir, ni la capacité d'être cartésiens ( et c'est incomparablement le plus grand nombre ) feraient-ils pour motiver leur foi? Cependant le christianisme est aussi pour eux. J'ajoute que l'amour de la vérité n'est pas plus puissant pour faire admettre à l'homme des dogmes qu'il ne comprend pas, que ne l'est l'amour du bon pour lui faire observer des préceptes dont il ne peut apprécier la sagesse. V aura- 1- il beaucoup d'idiots qui cherchent à connaître soit les Eléments d'Euclide, soit l'Ethique de Platon, parce qu'ils sauront que le premier de ces livres renferme des principes vrais, ou le second des règles sages? Ne nous y trompons pas : la dernière raison qui porte l'homme, quel qu'il soit, savant ou ignorant, à adopter soit les dogmes , soit les préceptes du christianisme, c'est l'autorité de celui qui les propose et dont il croit
RAÎÎONS EVANGELIQUES. 1044
dépendre. C'est concurremment avec ce motif qu'agit la grâce qui prédispose à la foi. Le moyen d'éviter autrement l'erreur des semi-pélagieus ? Voici en trois mots comment tout fidèle peut analyser sa foi : les motifs ordinaires de crédibilité lui font admettre l'autorité de l'Eglise; celle-ci lui propose les dogmes et les préceptes divins dont elle est la gardienne; aidé du puissant levier de la grâce, il embrasse les uns et les aulres sur l'autorité de Dieu, qui lui est garantie avec toute la certitude qu'ii puisse exiger. Je demande maintenant au P. Pcrronc ce qu'il prétend , en alléguant pour toute preuve de ses assertions dangereuses cette proposition, qui est la 21e de celles qui ont été condamnées par Innocent XI : Assensus fulei super— naturulis et ulilis ad salulem stat cum notilia solum probabili revelationis, imo cum formidine qua quis formidet ne non sit loculus Deus ?
Quant à la seconde question, qui a pour objet la détermination du véritable moyen de transition de l'ordre de raison à l'ordre de foi, elle exige des développements considérables et ne peut êlre traitée ici. Nous dirons seulement que ce moyen, qu'il n'a élé nécessaire de trouver que depuis le xvm° siècle, ne l'a point encore été, malgré les tentatives des philosophes et des prédicateurs de l'époque.
11 est sans doute inutile de dire que je réprouve l'hermésianisme, qui n'est qu'un inconséquent rationalisme, et que si j'ai attaqué le P. Pcrronc sur le motif de la foi, j'attaque en sa personne toute l'école théologique moderne.
Péhennès (François). Col. 122V, L 41 :
Hénocli, qui, suivant l'opinion commune et le sentiment général de l'Eglise, fut enlevé vivant dans le sein de Dieu , et par là libéré de la peine du péché. — L'estimable auteur, qui cite une assertion d'Alexandre Guiraud dans un but très-louable , pense comme nous qu'on a tort de prétendre que par son enlèvement Hénoch fut libéré de la peine du péché, ou de la mort. Qu'il doive revenir sur la terre avec Elie à la fin des temps, c'est ce qui n'est pas absolument certain, nonobstant les paroles de Malachie, iv, 5, concernant ce dernier prophète. Mais ce qu'il y a d'incontestable, c'est que tous les descendants d'Adam sont morts ou mourront; attendu que la mort est une des peines du péché d'origine, et que d'ailleurs il faut que ce corps mortel et corruptible revêle l'immortalité et l'incorruplion, pour que la mort soit vaincue complètement, 1 Cor. xv, 53, 54. Saint Paul, dans son Epilrc aux Hébreux, ix, 27, enseigne de la manière la plus absolue qu'un arrêt de mort a été décrété contre les hommes; et dans celle aux Romains, v, 12, il charge le premier homme de la peine de mort qui a été portée contre Pousses descendants. Enfin, le concile de Trente anathématise quiconque prétendrait qu'Adam n'a pas transmis à tout le genre humain, avec son péché, la mort cl Tes aulres maux qui eu lurent le châtiment. Sess. v, c. 2.
TABLE ANALYTIQUE El ALPHABETIQUE
lois
Col. 1213, note 1. Nous nons abstenons de réfuter les paradoxes qui s'y trouvent , relativement soit aux institutions morales et autres de Jésus-Christ , soit à l'oraison dominicale ; attendu que l'auteur lui-môme a cru devoir la supprimer dans sa troisième édition.