SENS PRÉCIS DES FAITS DOGMATIQUES
174. 11 faut donc contenter M. notre archiprêtre, spécifier et lui faire voir avec toute la clarté possible celle différence qu'il appelle imperceptible. Etablissons les deux propositions suivantes : Telle doctrine hérétique se trouve dans tel livre : la doctrine d'un tel livre est hérétique d'une telle hérésie. Dans la première proposition on affirme directement un fait ; ensuite l'héréticilé (1) de la doctrine s'affirme indirectement ou plutôt se suppose. Tandis que dans la seconde proposition l'hérélicité de la doctrine est la chose directement affirmée; ensuite le fait du livre est affirmé seulement d'une manière indirecte, et sert plutôt d'indication que d'affirmation. La distinction entre dire une chose in recto , et la dire in obliquo, est très-connue par ni les théologiens; et la différence de la force et des effets de ces mots, dire une chose directement, expressément, ou la dire indirectement, implicitement, in obliqua, est également très-connue. Celte distinction a précisément lieu dans notre cas. Si vous dites : Le livre de Jansénius contient cinq hérésies , vous affirmez directement un fait ; si vous dites ensuite : la doctrine, le sens du livre de Jansénius est entaché de telle hérésie, vous affirmez directement un dogme. Pour mieux vous en convaincre, prenez une proposition quelconque condamnée comme hérétique par l'Eglise, et dites : Le sens de cette proposition est hérétique. Les jansénistes conviennent que c'est là un dogme, et que celui-là serait hérétique qui le nierait. Prenez maintenant le livre de Jansénius condamné par l'Eglise comme hérétique , et dites : Le sens de ce livre est hérétique. Quelle différence y a-t-il entre ces deux propositions? Aucune absolument dans ce qu'elles affirment. L'unique différence consiste dans ce qui sert d'indication; pour parler en grammairien, je dirai que le nominatifrfst différent, mais que l'affirmation est la même. Si donc dire, que lo sens de telle proposition déterminée est hérétique, appartient à la foi et est un véritable dogme , comme les jansénistes eux-mêmes l'avouent sans opposition ; il appartiendra donc à la foi , et ce sera un véritable dogme de dire le sens de tel livre détermine est hérétique. La différence qui existe entre une proposition et un livre n'influe en rien sur l'infaillibilité de l'Eglise qui décide. La pro-
(\) Ce mot, de la création de Fénelon, est reçu dans notre langue. (Note du traducteur.)
position est plus courte, et l'on en saisit le sens plus lôlet plus facilement, le livrcest plus étendu, et il demande plus de temps, de fatigue cl d'attention pour en trouver le sens; mais qu'a de commun tout cela , je vous ta demande , avec l'infaillibilité de l'Église qui décide? L'assistance de l'Esprit saint dépend-elle par hasard de la brièv été et de la facilité des choses? ou bien Jésus-Christ a-l-il promit l'assislaucc de l'Esprit saint .1 -on Eglise, seulement pour décider de la qualité des doctrines des propositions courtes et non de celles des livres un peu longs?
175. 11 faut donc être très-alleniif à exposer comme il convient le fait dogmatique de Jansénius; car toute la difficulté et la controverse avec les jansénistes proviennent de la manière diverse de le proposer. Le fait roule principalement sur cette proposition : Le livre de Jansénius contient cinq hérésies, et là-dessus tombe directement et expressément l'affirmation. Ici se présente le janséniste et dit que ce n'est pas là un fait révélé , et que par conséquent la décision de l'Lglise n'est pas infaillible. A mon avis, et à prendre les choses à la rigueur , le janséniste a raison. Mais s'il a raison, c'est parce qu'il a mal énoncé le fait dogmatique de Jansénius ; il ne devait pas présenter le fait directement comme définition de l'Eglise. Or, que l'on dise de celte autre manière : Le sens du livre de Jansénius est hérétique, entaché de l'hérésie des cinq propositions. Ici l'affirmation tombe directement sur le dogme : il ne peut y avoir la moindre difficulté à concevoir l'infaillibilité de l'Eglise dans la décision de celte vérité. 11 faut donc, en parlant du fait dogmatique de Jansénius, l'exprimerde manière à ce que le dogme joue le rôle principal, et vienne in recto, el que le fait vienne ensuite in obliquo : on enlève ainsi aux jansénistes toute occasion ou tout prétexte coupable de mettre le fait in recto et le dogme in obliquo, comme ils font toujours. On a donné le nom de faits dogmatiques à certaines propositions, à cause de la connexion nécessaire qui existe entre le fait affirmé in obliquo et le dogme affirmé in recto : connexion telle que, si vous supprime/ le fait, le dogme ne peut plus être même énoncé et affirmé, et la proposition entière n'a plus de sens.
170. Revenons maintenant sur la distinction proposée par notre adversaire entre dire et décider (n. loi). Celte distinction est vraie. M. Guadagnini avance que les papes ont bitn dit , mais n'ont pas décidé , que lesdiles propositions se trouvent dans /'Augus-
DEMONSTKATION EV ANGELIQUE. BOLCÊNI.
tentam,cui titulus Au'.Mistinus,dit TnnoreM X dans son brel rapporté par notre adversaire lui-même ' n 999 . Ces expressions présentent incontestablement ce leni : Ln doctrine du livre de Jansénius il , n'amnée contint entachée de l'hérésie des ciny propositions : et ici la condamnation tombe directement sur la doctrine, cl la décision sur le dogme; le fait eslseulement énonce, et mis in obliqua, et le livre de Jansénius sert seulement ad indicationetn pour indiquer de quelle doctrine ou parle. Damnatum in quinquê prœfntis propositionibus Janseninni libri ten-utn devernimus , declarnmus, etc., dit le pape Clément XI dans une bulle acceptée par toute l'Eglise, et mutilée par .M. Guadagnini dans la partie la plus importante (n. 287J. On peut même appliquer ici le raisonnement que nous avons fait tout à l'heure. La chose décidée directement est le dogme: la chose affirmée est le fait. Quand dose M. Guadagnini avance que les papes ont bien dit , mais n'ont pu$ décidé , que les cinq propositions aient été tirées du livre de Jansénius , il a changé l'objet des décisions de ces papes , il a detourné le sens vrai el précis des faits dogmatiques , et parce changement il s'est fait illusion à lui-même, et il a fait illusion aux autres dans une matière de la plus haute importance.
177. La voilà spécifiée et placée sous les yeux de M. Guadagnini celte différence, qu'il appelail imperceptible. C'est un peu sublil , à la vérité; mais on comprend très-bien lout cela, pour peu qu'on y fasse attention. Et je suis intimement convaincu que, faute de cette atlention, qu'on peut prêter difficilement, à ce qu'il paraît, bien des personnes sont trompées par cette distinction enlre dire et décider , et en entendant dire que l'Kglise n'est pas infaillible dans la décision des faits non révélés. Telle est, je crois, la raison pour laquelle lant de personnes restent suspendues et indécises dans notre controverse, et ne savent se résoudre à condamner les jansénistes sur ce point. .Mais une bonne fois, faisons disparaître, avec le secours de Dieu, toute obscurité et toute équivoque. L'Eglise , dans les faits dogmatiques, ne décide pas directement sur le fait, mais elle décide directement sur le dogme : le fait reste décidé indirectement et in obliquo, à cause de la connexion nécessaire qu'il a avec le dogme, et parce que le fait étant nié , la décision elle-même s'évanouit et n'existe plus. Et c'est ainsi que peut être appliqué ! Ici la doctrine de saint Thomas, dont j'ai déjà parlé
linus de Jansénius dans le sens condamné dans mes Faits dogmatiques (n. 35), que cer
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Que les propositions aient été véritablement tirées de /'Auguslinus de Jansénius , lout cela est vrai ; mais pourquoi? Parce que M. Guadagnini nous a présenté le fait in recto, et le dogme in obliquo. L'Kglise n'a pas fait ainsi. Damnavimus in quinque propositionibus Cornelii Jansenii doctrinam ejus libro con-
(4) Ad fidem dupliciier aliqua speclanl. Uno modo principaliler et directe, ut suiil arliculi liilei, alio modo indiicv le, et secundario, sicul sunl ea, exqui-
laines choses appartiennent indirectement et médiatemenl à la foi, comme telles qui étant niées, entraîneraient , comme conséquence nécessaire, la ruine de quelque article direct el principal, et qu'il peut y avoir hérésie même pour les choses indirectes et médiates (1).
Los sequilur corruplio alicujiis arliculi fidei. BferestS poiesl BMC nri.ic.i,(|u;i' pertinent ad tidem directe et principaliler, et cliam circa ea qux secundario
ECONOMIE DE LA FOI CHRETIENNE
178. Je déclare donc expressément à lous mes adversaires, quand ils me diront que les cinq propositions ne se trouvent pas dans Jansénius, qu'elles n'ont pas été extraites du livre de Jansénius, que Jansénius ne les a pas enseignées dans le sens condamné , et autres propositions semblables, qui présentent principalement et directement le fait; je déclare, dis-je, que je ne veux pas disputer avec eux, pour ne pas m'enfw.icer dans le labyrinthe de leurs sophismes et de leurs subtilités préparés avec tant d'arl. Et même ces manières de s'exprimer, je les désapprouye, je les condamne, je les déteste; il ne convient pas d'être à l'affût des mots, quand il s'agit de régler notre foi sur les décisions de l'Eglise. Mais quand ils me disent , que le sens du livre de Jansénius n'est autre que le sens de la doctrine de saint Augustin, comme l'a avancé M. Guadagnini; que la doctrine du livre de Jansénius est catholique , très-catholique , comme l'a soutenu M. Tamburini, et d'autres choses semblables; ce sont là des propositions que j'appelle expressément hérétiques, parce qu'elles sont directement opposées et contradictoires à une définition dogmatique de l'Kglise. Le voilà nettement exprimé, le sens précis dans lequel doivent être pris les faits dogmatiques , et dans lequel les jansénistes nos contradicteurs peuvent être accusés de dire une hérésie , nous abstenant toutefois de vouloir pénétrer dans le secret de leurs cœurs pour déterminer si l'ignorance ou l'inadvertance excusable peut les laver du reproche d'hérésie. En vérité, après tous les éclaircissements qui ont été donnés sur celte matière , on ne sait comment admettre en eux une ignorance ou une inadvertance excusable , qui puisse les sauver d'un semblable reproche : néanmoins abandonnons ce jugement à Dieu, et contenions-nous de les appeler téméraires , réfractair es, pécheurs, comme M. Tamburini admet qu'on peut les appeler, dans ses lettres de Plaisance , ainsi que M. Guadagnini dans l'ouvrage que nous réfutons. Cet aveu est trop important; il est bon de faire voir que ce n'est que le sentiment intime de la vérité qui a pu 1 arracher de vive force à leur plume.
179. Je dis doue que tous ceux qui rejettent le faildogmatiquede Jansénius sont coupables d'un péché très-grave , et ne peuvent être excusés qu'en supposant en eux une ignorance trop crasse de l'économie de la foi. Procédons avec l'ordre convenable. Le pape Clément XI , dans la bulle Vineam Domini sabaoth , acceptée certainement par l'Eglise entière, comme nous l'avons prouvé dans nos Faits dogmatiques (n. 15), s'en tenant aux définitions de ses prédécesseurs , exige, sous peine d'anathème, de tous leschrétiens, qu'ils croient de cœur et confessent de bouche, non ore solum, sed et corde, que le sens du livre de Jansénius a été condamné comme hérétique ; et il déclare expressément que la
ad fidem pertinent (4-2, q. xu, corp., edit. Venetœ 4G17). Quiiuiam vero indirecte pertinent :id fidei dis- Ciplinnm, in quantum scilicet ipsa non proponuntur
^fcMONST. fcVANGÉUQl E. XV ML
seule obéissance extérieure, de bouche , ne suffit p;is , mais que l'adhésion intérieure de l'esprit et l'obéissance de cœur sont strictement nécessaires, non ore solum, sed et corde: nonalia mente, animo , aut credulitate (n.lo8) . M. Guadagnini répond que « le pape Cléce ment n'a pas l'intention d'établir un dogme o de foi par une décision pr>>prement telle, « mais de régler par un décret l'obéissance « due à la constitution, par laquelle Alexan- « dre son prédécesseur avait ordonné la sous- « cription du formulaire. 11 n'entend pas fixer « la foi , mais régler l'obéissance. » (lbid., n. 158). Mais quelle obéissance , monsieur? obéissance d'esprit et de cœur, non ore solum, sed et corde, consistant à croire condamné comme hérétique le sens du livre de Jansénius, à le rejeter et à le condamner comme tel. M. Gu'idagnini aura-t-il ensuite le courage de dire que ce n'est pas là fixer la foi? C'est ainsi que la vérité se venge de ses ennemis en les montrant couverts de honte aux yeux du monde entier. Nous avons donc établi pour base inébranlable un fait public et qui ne peut être nié.
180. Poursuivons notre raisonnement Quiconque dit que la doctrine du livre de Jansénius est catholique, très-catholique , que le sens de ce livre est le même que le sens de la doctrine de saint Augustin, etc., dit une chose directement opposée à la décision de la bulle précitée et de l'Eglise ; donc celui-là avance une hérésie , et pèche grièvement contre l'obéissance due à cette décision, nonseulement par une profession extérieure, de bouche, mais encore par la soumission intérieure de l'esprit et du cœur. Donc il est réfractaire et pécheur. A l'évidence de ce raisonnement on pourra opposer cent sophisme» et cent subtilités, en donnanlla torture à son esprit et en se creusant le cerveau ; je ne le sais que trop bien ; et quelle est l'évidence que l'esprit de l'homme, engagé dans un sentiment contraire, n'ait essayé d'obscurcir de mille manières? Il suffit de penser un instant aux subtilités des Juifs et des soi-disant philosophes modernes contre les miracles de J.-C. et des apôtres. Mais quel sera l'homme assez fou, parmi les chrétiens, qui, en faveur de Jansénius, voudra faire reposer sur un fondement si peu solide son catholicisme et le salut éternel de son âme? El supposons encore que tous les éclaircissements que je viens de donner sur le sens des faits dogmatiques, et que le raisonnement que j'ai fait sur la bulle de Clément XI, ne finissent pas par convaincre l'esprit de quelqu'un, et n'enlèvent pas lous ses doutes; pourra-t-il à cause de cela rester en suspens et refuser son obéissance et son consentement à la bulle de ce souverain pontife? Ah 1 non certainement. L'économie de la foi chrétienne comprend l'obligation de croire même ce que l'on ne comprend pas ; la foi s'appuie comme sur une règle prochaine , immédiate et univer-
ut propler se credenda, sed ex negalione eorum sequilur aliquid contrarium fidei (l,rci. iv in cap, m Epiêt. I ait C.orinlli.).
[Six)
OEMONSTHATtON h S ANGELIQUE. BOLGENI.
«elle, sur l'autorité de l'Eglise, qui décide non d'après les raisonnements humains et d'après la persuasion naturelle de notre intelligence. Croyez avant de comprendre, nous a dit saint Augustin , et ensuite, avec l'aide de Dieu , vous comprendrez encore. Cherchez, si vous voulez, des raisons pour vous convaincre, nous a dit Terlullien, mais non pour en faire dépendre votre foi, qui doit étrcfermemcnlélablie, avant do comprendre. S'il vons arrive de ne pas comprendre les choses, et de né pas vous convaincre, avouez, nous a dit encore saint Augustin , que la question est trop obscure et relevée pour vous, que vos forces ne vous permettent pas d'en toucher le fond; mais vous ne devez p;js pour cela rejeter l'autorité divine dans les décisions de l'Eglise. L'erreur peut être excusable dans certaines circonstances , et quelquefois même être tolérée, poursuit le même s;iint Augustin, mais non quand elle attaque le fondement morne de la foi , c'està-dire les décisions de l'Kglise. Quiconque vient heurter contre cette pierre, se brise. 11 n'est pas besoin de trancher du théologien avant d'être chrétien. Soyez d'abord chrétiens en croyant et en soumettant votre intelligence; et ensuite , si cela vous plaît, \ous ferez les théologiens, en cherchant des raisons pour vous convaincre. Nous avons développé et démontré tout cela dans la première partie de cet ouvrage, et d'après cela on comprend très-bien que le janséniste est entièrement en dehors des principes qui doivent nous servir de règle, et qu'il bouleverse toute l'économie de notre foi. Tel est le péché, qu'on me permette cette expression, tel est le péché originel du jansénisme, et même celui de toutes les hérésies.
181. Je prie mes lecteurs d'avoir encore un peu de patience, et de me laisser dire quelque autre chose sur celle matière, qui est d'une extrême importance. J'ai avancé plus haut que la distinction entre dire et décider est vraie, et que le raisonnement que font les jansénistes à ce sujet est aussi vrai. Il faut maintenant que je m'explique là-dessus. Les choses que j'ai avancées sont vraies en les prenant théoriquement, et dans le langage de l'école ; mais elles sont fausses en les considérant dans la pratique, ou dans lo langage de l'Eglise, ou en les prenant dans le sens généralement reçu par le peuple. 11 est de la dernière évidence que les deux propositions suivantes : La doctrine du livre de Jansénius est infectée de l'hérésie des ciiuj propositions ; les cinq propositions hérétiques se trouant, tant contenues, sont enseignées dans le livre de Jansénius, présentant naturellement, cl d'abord le même sens, et sont parfaitement synonymes aux yeux de tous. Et néanmoins la première proposition présente directement le dogme, la seconde présente directement le fait. Mais celle observation n'est point faite, et infime ne peut cire faite par le commua des homme s ; le langage humain ne réveille pas dans l'intelligente vulgaire l'idée d'une si subtile et artificieuse distinction. C'est un fruit qui ne unit point
.spontanément sur l'arbre, mais qui est produit par la culture pénible de I école; et il faul encore un terrain heureux et d'une étonnante fécondité pour le produire. Or, le langage de l'Eglise décidant les questions controversées doit toujours être pris dans le sens ordinaire, facile, naturel, commun et intelligible pour tout le monde, i «mine nous l'avons déjà demoniré fa. l.'il, L>9;. La foi ésl un trésor que L»itu nous adonné pour le salut commun des savants et des ignorants, des esprit» sublioi' s et de ceux qui sont médiocres cl grossiers. Quand I Fglise, par ses décisions, montre lesdogrnes qu'il faulcroire, et les erreurs qu'il faul rejeter, elle ne parle pas seulement aux théologiens, mais elle parle à tout le peuple chrétien, et parle trèscertainement dans ce sens M. mi» lequel l'expérience constante prouve que les paroles doivent naturellement s'entendre. Donc toutes les distinctions subtiles et obscures des jansénistes, quoique > raies en ciles-mé.nes, et considérées d'une manière abstraite, n'ont plus lieu, ne servent de rien et sont fausses quand elles s'appliquent à la forme îles décisions de l'Eglise. Par conséquent que l'Eglise dise que les cinq propositions hérétiques sont contenues dans le livre de Jansénius et en sont tirées, ou bieu quelle dise que la doctrine du livre de Jansénius est hérétique et infectée de l'hérésie des cinq propositions, tout cela est la même chose pour ce qui concerne le but de l'Eglise, qui est de régler notre foi. Que m'importe ici de distinguer le droit du fait, le mot dire du mot d< culer, le décret de la décision ? Pourquoi voulez-vous par ces obsenalions difficiles embarrasser ma marche dans le cliemin de la foi ? Je m'en tiens a la décision de l'Eglise, que j'entends dans le sens ordinaire et naturel, qui se présente à mon esprit ; je cours incliner respectueusement les genoux devant celle épouse de Jésus-Christ, et lui soumettre mon esprit tout entier, et je vois avec peine et douleur s'arrêter en chemin les esprits sophistiques, et laisser partout des traces de sang dans leur marche tortueuse.
182. Si dans mon livre des Faits dogmatiques, je n'ai pas toujours eu le soin de développer constamment le fait dogmatique de Jansénius avec toute cette précision que demandent les éclaircissement* donnés maintenant dans cet ouvrage, il faut l'attribuer à la force presque irrésistible du sens ordinaire et naturel du langage humain, qui m'a entraîné au moment où j'étais moins en garde contre les sophismes des jansénistes. J'ai mille obligations à M. Guadagniui, et je le remercie sincèrement de ce que, en repelanl si fréquemment et donnant comme des preuves ces sophisme*! il m a averti de montrer une plus granJe vigilance et d'apparier ces nouveaux développements, qui me fout espérer que la question de 1 infaillibilité de Il glise dans les laits dogmatiques est tellement claire, qu'elle doit persuader et i "ivaii.ov uni esprit qui ne veut pas re.ister opiniâtrement a la \ et i(e connue. Et j'ai ! intime persuasion que, par ce «eut cbaL