‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 152 sur 305 · GS · texte numérisé non relu

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sont encore les Français, mai. non les même..

M. VI. Condition de l'homme : inconstante, ennui, inquiétude. Oui \oudra < onnailre a plein la \anile de l'houene n'a qn a considérer les causes et le» aJbtl de I amour : la caUM en est un je ne sais a m ni i :

et les effets en sont cffro\ aide-. Gai /■ ne tait quoi, si peu de chose qu'on ne saurai! le reconnaître, remue toute la terre, les prinles armées, le monde entier. Si H MM de Cléopntre eût été plus court, toute la f.i de la terre aurait changé.

XL VII. César était trop vieux, ce me semble, pour aller s'amuser à conquérir le monde; cet amusement était bon a \1 \ imlre : c étail un jeune homme qu'il était difficile d'arrêter; mais César devait être plus mûr.

XLVIII. Lesentimentde la fausMiede- plaisirs présents, et l'ignorance de la \anile des plaisirs absents, causent l'inconstance.

XLIX.Les princes et h- rois u • jouent quelquefois. Ils ne soûl pas toujours sur leurs trônes; ils s'y ennuieraient. La grandeur a besoin d'être quittée pour être sentie.

L. Mon humeur ne dépend guère du temps J'ai mon brouillard et mon beau temps au dedans de moi ; le bien et le mal de mes affaires mêmes y font peu. Je m'efforce quelquefois de moi-même contre la mauvaise fortune ; et la gloire de la dompter me la fait dompter gaiement, au lieu que d'autres fois je fais l'indifférent et le dégoûté dans la bonne fortune.

LI. En écrivant ma pensée, elle m échappe quelquefois : mais cela me fait souvenir de ma faiblesse, que j'oublie à toute heure : ce qui m'instruit autant que ma pensée oubliée ; car je ne tends qu'à connaître mon néant.

LU. C'est une plaisante chose à considérer, de ce qu'il y a des gens da n s le monde qui. avant renoncé à toutes les lois de Dieu et de la nature, s'en sont fait eux-mêmes auxquelles ils obéissent exactement : connue, par exemple, les voleurs, etc.

LUI. Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants : c'est là ma place au soleil : \oila le commencement et l'image de l'usurpation de toute la terre.

LIN '.Vous avez mauvaise grâce; excusezmoi, s'il vous plaît. Sans celte excuse.je n'eusse pas aperçu qu'il y eût d'injure. Révérence parler, il n'y a de mauvais que 1 excuse.

LV. On ne s'imagine d'ordinaire Platon et Aristote qu avec de grandes robes, el comme des personnages toujours graves et sérieux. C'étaient d'honnêtes gens, qui riaient comme les autres a\ec leurs amis : et quand ils ont fait leurs lois et leurs traites de politique, c'a été en sejouanl et pour se divertir. C'était la partie la moins philosophe et la MOÉni rieuse de leur vie; la plus philosophe était de vivre simplement et tranquillement.

LVI. L'homme aime la malignité : uia n'est pas contre les malheureux, mail contre les heureux superbes ; et c est se tromper que d'en juger autrement.

L epigraimne de Martial sur les borgm

PENSÉES DE PASCAL

vaut rien parce qu elle ne les console pas, et ne fait que donner une pointe à la gloire de l'auteur. Tout ce qui n'est que pour l'auteur ne vaut rien : ambitiosarecidet ornamenta (1). Il faut plaire à ceux qui ont les sentiments humains et tendres, et non aux âmes barbares et inhumaines.

LVII. Je me suis mal trouvé de ces compliments : Je vous ai donné bien de la peine ; je crains de vous ennuyer : je crains que cela ne soit trop long : ou l'on m'ennuie , ou l'on m'irrite.

LVIII. Un vrai ami est une chose si avantageuse, même pour les grands seigneurs, afin qu'il dise du bien d'eux, et qu'il les soutienne cnleurabsence même, qu'ils doivent tout faire pour en avoir un. Mais qu'ils choisissent bien; car s'ils font tous leurs efforts pour un sol, cela leur sera inutile, quelque bien qu'il dise d'eux : et même il n'en dira pas du bien, s'il se trouve le plus faible; car il n'a pas d'autorité, et ainsi il en médira par compagnie.

LIX. Voulez-vous qu'on dise du bien de vous, n'en dites point.

LX. Qu'on ne se moque pas de ceux qui se font honorer par des charges et des offices; car on n'aime personne que pour des qualités empruntées. Tous les hommes se haïssent naturellement. Je mets en fait que s'ils savaient exactement ce qu'ils disent les uns des autres, il n'y aurait pas quatre amis dans le monde : cela paraît par les querelles que causent les rapports indiscrets qu'on en fait quelquefois.

LXI. La mort est plus aisée à supporter sans y penser, que la pensée de la mort sans péril.

LXII. Qu'une chose aussi visible qu'est la vanilé du monde soit si peu connue, que ce soit une chose étrange et surprenante de dire que c'est une sottise de chercher les grandeurs, cela est admirable !

Qui ne voit pas la vanité du monde, est bien vain lui-même. Aussi, qui ne la voit, excepté des jeunes gens qui sont tous dans le bruit, dans le divertissement, et sans la pensée de l'avenir? Mais ôtez-leur leurs divertissements, vous les voyez sécher d'ennui; ils sentent alors leur néant sans le connaître : car c'est être bien malheureux que d'être dans une tristesse insupportable aussitôt quon est réduit à se considérer ou à n'en être pas diverti.

LX11I. Chaque chose est vraie en partie, et fausse en partie. La vérité essentielle n'est pas ainsi : elle est toute pure et toute vraie. Ce mélange la déshonore et l'anéantit. Rien n est vrai en l'entendant du pur vrai. On dira que 1 homicide est mauvais : oui, car nous connaissons bien le mal et le faux. Manque dira-t-on qui soit bon? la chasteté; je dis que non, car le monde finirai!. Le mariage? non, la continence vaut mieux. De ne point tuer? non, car les désordres seraient horribles, et les méchante (lieraient tous les bons. De tuer? non, car cela detruitla nature Nous

(I) H-.rst. Art. poet. , v. 446 et 447.

n'avons ni vrai ni bien qu'en partie , et mêlé de mal et de faux.

LXIV. Le mal est aisé, il y en a une infinité; le bien presque unique. Mais un certain genre de mal est aussi difficile à trouver que ce qu'on appelle bien; et souvent on fait passer à cette marque le mal particulier pour

bien Il faut même une grandeur d'âme

extraordinaire pour y arriver comme au bien.

LXV. Les cordes qui attachent les respects des uns envers les autres, sont en général des cordes de nécessité. Car il faut qu'il y ait différents degrés, tous les hommes voulant dominer, et tous ne le pouvant pas, mais quelques-uns le pouvant. Mais les cordes qui attachent le respect à tel et tel, en particulier, sont des cordes d'imagination.

LXVL Nous sommes si malheureux, que nous ne pouvons prendre plaisir à une chose qu'à condition de nous fâcher si elle nous réussit mal ; ce que mille choses peuvent faire, et font à toute heure. Qui aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans être touché du mal contraire, aurait trouvé le point.

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