‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 158 sur 305 · V. L'homme ne sait à quel ran 'tre · texte numérisé non relu

V. L'homme ne sait à quel ran 'tre

Il est visiblement égaré ci sept en lui restes d'un état heureux dont i! est déchu, et qu'il ne peut recouvrer. 11 le cherche partout avec inquiétude i iccès dans des ténèbres impénétrables.

C'est la source des combats des phi] phes, dont les uns ont pris a tin lie d'élever l'homme en découvrant ses grandeurs, et les autres de l'abaisser en représentant ses nsp- !S. Ce qu'il y a de plus étrange, c'est que chaque parti se sert des raisons de l'autre, pour établir son opinion; car la misère de l'homme se conclut de sa grandeur, et sa grandeur se conclut de sa misère. Ainsi Les uns ont d'autant mieux conclu la misère, qu'ils en ont pris pour preuve la grandeur; et les autres ont conclu la grandeur ai d'autant plus de force, qu'ils l'ont tirée de I i misère même. Tout ce que les uns ont pu dire pour montrer la grandeur n'a servi (pic d'un argument aux autres pour conclure la misère; puisque c'e^t être d'autant plus misérable, qu'on est tombé de plus haut : et les autres au contraire. Ils se sont élevés les uns sur les autres par un cercle sans (in : étaut certain qu'à mesure que les hommes ont plus de lumière, ils découvrent de plus en plus en L'homme de la misère et de la grandeur, lai un mol, l'homme connaît qu'il est misérable. 11 est donc misérable, puisqu'il le connaît; mais il est bien grand, puisqu'il connaît qu'il est misérable.

Quelle chimère est-ce donc que l'homme, quelle nouveauté, quel chaos, quel sujet de contradiction! Juge de toutes choses, iml cile ver de terre, dépositaire du vrai, amas d'incertitude, gloire et rebut de l'univers: s'il se vante, je l'abaisse; s'il s'abaisse, je le vante, et le contredis toujours, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible.

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