‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 160 sur 305 · ARTICLE III · texte numérisé non relu

ARTICLE III

Quand il serait difficile de démontrer l'existence de Dieu par les lumières naturelles, le plus sûr est de la croire (1).

I.I.Parlons selon les lumières naturelles. S'il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque , n'ayant ni parties ni bornes, il n'a nul rapport à nous ; nous sommes donc incapables de connaître ni ce qu'il est ni s'il est. Cela étant ainsi , qui osera entreprendre de résoudre cette question? Ce n'est pas nous, qui n'avons aucun rapport à lui.

II. P. Je n'entreprendrai pas ici de prouver, par des raisons naturelles, ou l'existence de Dieu, ou la Trinité, ou l'immortalité de l'âme, ni aucune des choses de cette nature , non seulement parce que je ne me sentirais pas assez fort pour trouver dans la nature de quoi convaincre des athées endurcis (2) , mais encore parce que celte connaissance sans Jésus-Christ est inutile et stérile. Quand un homme serait persuadé que les proportions des nombres sont des vérités immatérielles ,

(1) Cet article, dans loutos les éditions, excepté celle de 1787, a pour titre : Qu'il est difficile de démontrer l'existence de Dieu pur les lumières naturelles, nutis que le plus sûr est de la croire. Ce titre annonce une proposition affirmative qu'on ne peut supposer dans l'intention de Tauleur des Pensées. C'est ce (pie l'éditeur de 1787 a trèsbien senti. Il n'a vu, dans les premiers paragraphesde cet article, qu'une suite d'objections que Pascal met dans la bouche d'un incrédule pour y répondre victorieusement. J'ai en conséquence adopté la forme d'un dialogue régulier qui m'a paru évidemment le but de l'auteur, et qui justilie le litre que j'ai mis en tête de l'article. J'ai distingué par les lettres 1 et P, l'incrédule et Pascal. lEdit. de 182-i). v

(2) Ce n'est pas que Pascal n'aperçût dans la même nature des preuves convaincantes de l'existence de Dieu, et qu'il n'en sentit toute la force [voyea part, t, art. i, §11). Il

n entend parler Ici que de Y lurcftsement des athées ,

qui seol est capable do résister a la force de ces preuves. (/:<//(. te 18231

DÉMONSTRATION ÊVANCÉI

éternelle! et dépendantes d'nne premièi ritéeB c^ui elles subsistent et qu'on appelle Dtiu.'yi ne le trouverais pas beaucoup avancé

pour son salut.

III. 1. C'est une chose Admirable que jamais auteur canonique ne s'est servi de la nature pour prouver Dieu : tous tendent à le faire croire, et jamais ils n'ont dit : il n'y a point de vide . donc il y ■ un Dieu. Il fallait qu'ils fussent plus habiles que les plus h. gens qui sont venus depuis , qui s'en sont tous servis.

P. Si c'est une marque de faiblesse de prouver Dieu par la nature , ne méprise; pas l'Ecriture.; si c'est uni' marque de force d'avoir connu ces contrariétés , cslimez-en l'Ecriture (1).

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