‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 161 sur 305 · IV. I. L'unité jointe à l'infini ne l'augm · texte numérisé non relu

IV. I. L'unité jointe à l'infini ne l'augm

de rien, non plus qu'un pied à une mesure infinie. Le fini s'anéantit en présence de l'infini et devient un par néant. Ainsi notre esprit devant Dieu, ainsi notre justice devant la justice divine. Il n'y a pas si grande disproportion entre l'unité et l'infini qu'entre notre justice et celle de Dieu.

V. P. Nous connaissons qu'il y a un infini, et nous ignorons sa nature. Ainsi , par exemple, nous savons qu'il est faux que Les nombres soient finis, donc il est vrai qu'il y a un infini en nombre ; mais nous ne savons ce qu'il est. 11 est faux qu'il soit pair, il est faux qu'il soit impair; car, en ajoutant l'unité , il ne change point de nature, cependant c'est un nombre et tout nombre est pair ou impair; il est vrai que cela s'entend de tous nombres finis.

On peut donc bien connaître qu'il y a un Dieu sans savoir ce qu'il est: et vous ne devez point conclure qu'il n'y a point de Dieu, de ce que nous ne connaissons pas parfaitement sa nature.

Je ne me servirai pas, pour vous convaincre de son existence, de la foi par laquelle nous la connaissons certainement , ni de toutes les autres preuves que nous en avons, puisque vous ne voulez pas les recevoir. Je ne veux agir avec vous que par vos principes mêmes; et je prétends vous faire voir, par la manière dont vous raisonnez tous les jours sur les choses de la moindre conséquence, de quelle sorte vous devez raisonner en celle-ci, et quel parti vous devez prendre dans la décision de celle importante question de l'existence de Dieu. Vous dites donc que nous sommes incapables de connaître s'il y a un Dieu (2). Cependant il est

(t) C'esl-à-dire xc méprise:- pas l'Ecriture, on tous prétendez no pas trouver ce genre de preuve; mais estimez l'Ecriture qui tend tout entière à Eïire croire l'existence do Dieu, sans employer selon vous ces preuves, ci qui semble ainsi se contrarier en voulant nous faire croire ce qu'elle vous parait ne pas prouver. Elle parle h un peuple qui reconnaît l'existence île Dieu; et i Ho saii tirer de la nature même les preuves de ce dogme, quand l'occasion s'en présente [Kdit. de. 1787).

(-2) Celle i nrase, qui est bien certainement dans le manuscrit de Pascal , manque dans quelques é litions modi rnes : po voit, qu'elle sert à ramener l'interlocuteur au point de la question principale, et qu'il ne rappelle ici la proposition au son adversaire, (pie pour y appliquer de suite la manière même de raisonner de l'incrédule [i.dit. de 1822),

certain que Dieu est, ou qu'il n'est pas ; il n'y a point de milieu. Mais de quel coté pen-

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peut rien y déterminer : il y a un chaos infini qui nous sépare II m j ue un jeu à cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile.

Que gagnerez-voos? P r raison, vous ne

p >uv< r ni l'un ni l'autre; p ir*rai-

vous ne pouvez nier aucun des deux.

Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont fait t.n choit; car vous ne savez pa6 s ils Olll loi t, et g'il6 Ont mal cfa

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