‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 204 sur 305 · PREUVE DE CE QUI EST DIT DANS CET ARTICLK · texte numérisé non relu

PREUVE DE CE QUI EST DIT DANS CET ARTICLK

que les protestants de France par leurs propres principes ne doivent point se séparer de l'Eglise, si elle n'avait point d'erreur fondamentale et contraire au salut (1).

Nous avouons que toutes erreurs ne nous donnent pas un juste et suffisant sujet de rompre avec ceux qui les tiennent; car l'Apôtre nous commande de recevoir à nous celui qui est débile en la foi, et ne le point travailler par débats de dispute ; et lui-même nous en donne l'exemple, en supportant doucement ceux qui n'étaient pas de son avis en toutes choses. Nous tous gui sommes parfaits, dit-il, ayons ce sentiment : et si vous sente: quelque chose autrement, Dieul e vous révélera aussi (Phil. III,, 15 ; Gai.. I, 8, 9). Il est évident que cette faiblesse en la foi et cette diversité de sentiment dont parle saint Paul, est une erreur. Puisqu'il veut qu'on la supporte, et qu'ailleurs néanmoins il prononce anathème contre ceux qui évangéliseront autrement qu'il ne nous a évangélisés; il faut de nécessité conclure qu'il y a deux sortes d'erreurs en la religion : les unes , que l'on peut supporter sans rompre avec ceux «lui les tiennent ; les autres, dont il faut fuir la communion. Et cette différence dépend de la nature des erreurs mêmes. Car comme les vérités de la foi ne sont pas toutes d'une égale importance, les unes étant principales etsi absolument requises, que l'on ne peut parvenir au royaume des cieux en les ignorant ; les autres étant utiles, mais non si nécessaires, que l'on ne puisse sans les connaître servir Dieu et) jouir de son salut ; de même en est-il des erreurs. Les unes sont pernicieuses et incompatibles arec la vraie piété; les autres sont moins nuisibles et ne mènent pas nécessairement les hommes en perdition. Saint Paul nous découvre assez clairement cette distinction en la première

(Il Daillé ; Apologie |->our les Eglises P, K. île France, 3"2 et suivantes.

aux Corinthiens (I Car., W, 13,15), le , après avoir dit que nul ne peut poser asti fondement que celui qu'il a | Jésus-Christ; il ajoute que ceui <|ui auront

édifie sur CC fondement du boi*. et du loin, et

du ( baume , feront perte '!<■ leur ou lorsqu'il sera examine: mais que quant a

eux ils seront sauvés, tout, loi- ainsi I <>mmc

par le feu, < esUa-dire diflh ilement, et i omme s'ils échappaient leur seule personne d'un

embrasement où serait demeuré tout leur bien; signe évident qu'il y a des erreurs qui

ne privent pas leurs auteur* mêmes du salut, bien loin d'en lorclore «eux qui les ont crues après eux , et sur leur foi seulement. El en effet, ouest celui qui ne voie qu'il \ B dreurs qui choquent et renversent "le- fondements du christianisme , en non- engafj inévitablement en des chose* incompatibles avec le salut , et d'autres qui ne le sont pas? Par exemple, c'est une erreur de la première sorte, d estimer qu'il faille adorer le soleil. Car puisque le soleil est une créature, et que «eux qui adorent les créatures n'ont point de part au royaume des cieux, il est clair que ceux qui ont une telle opinion ne peuvent parvenir au salut. Ainsi en est-il de toutes les aulres erreurs qui choquent quelqu'un des premiers , nécessaires et fondamentaux articles de la religion chrétienne. Mais l'erreur de ceux qui croyaient jadis que l'Eglise demeurerait quelque temps avec Jésus-Christ en la terreaprès la résurrection, n'esl contraire ni à la piété envers Dieu, ni à la charité envers le prochain, cl ne choque directement aucun i!e* fondements de l'Evangile, bicnqu'ell à mon avis, contraire a divers passages de saint Paul, et peu convenable a la nature du royaume de Jésus-Christ. A peine saurait-on croire combien il esl nécessaire de remarquer celle différence entre les erreurs des hommes sur les matières de la religion, pour se garantir de l'importun chagrin de certains esprits mélancoliques qui condamnent toutes cfj également et foudroient d'un seul et même anathème tout ce qui s'éloigne tant soit peu de leur sentiment ; et pour ne tomber de l'autre côté dans l'indifférence de* profanes qui s'accommodentàtout et engloutissent le chameau aussi bien que le moucheron. Certes, le fidèle se gardera de toute erreur, et en repurgera son prochain, autant qu'il lui possible. Car quelque petite et légère que soil une erreur, lanl il v a que t est une erreur ; c'est-à-dire une ignorance et une contradiction à la vérité , et par conséquent un mal. Mais il ne laissera pas pourtant de l'aire soigneusement cette distinction entre les erreur*, et de reconnaître que lune est beaucoup plu* dangereuse que l'autre, et les aura plus ou moins en horreur, selon qu'il les jugera plus ou moins périlleuses. Si elles sonf du premier rang, à savoir, de celles qui renversent les fondements du christianisme . il tâchera avec toute la prudence et dextérité possible, selon sa vocation cl ses dons, à en tirer sou prochain ; et s il ne peut rien gagner, du moins sauvera-t-il son .'une propre en se tiranl de la communion de ceux qui les tiennent. C'esl

PREUVES POUR LE TRAITÉ DE L'EXAMEN EN GÉNÉRAL

ce que pratiquèrent autrefois les fidèles à l'endroit do Paul de Samosale, évoque d'Antioche , et d'Arius , prêtre d'Alexandrie , qui tenaient que Jésus-Christ était une pure créature, ruinant tout le christianisme de fond en comble par cette abominable doctrine. Mais si l'erreur est de la seconde sorte , non pernicieuse ni incompatible avec les fondements de notre foi , nous tiendrons à beaucoup de bonheur d'en pouvoir commodément délivrer nos prochains : car il serait à désirer que nous fussions entièrement exempts d'erreur ; que si nous n'en pouvons venir a bout , il ne faudra pas pour cela rompre avec eux, mais y supporter doucement ce qui ne s'y peut changer, et qui au fond ne préjudicie pas à leursalut, et moins encore au nôtre, etc. » Et plus bas.

« Car cette opinion que les luthériens ont (à savoir que le corps du Seigneur osl réellement présent dans le pain de l'eucharistie) demeurant dans ces termes, n'a aucun venin. Elle n'abolit point le sacrement, elle n'abolit point le signe dont il consiste, elle ne l'adore point , elle ne le divise point , elle n'en fait point un sacrifice expiatoire de nos crimes , elle, lui laisse et sa nature et sa vertu, et n'ôte non plus à Jésus-Christ formellement, directement et immédiatement ni sa substance, ni ses propriétés ; seulement posc-t-elle que Jésus-Christ, pour nous livrer la vertu de sa mort et nous communiquer son corps et son sang, ainsi que parle saint Paul, c'est-à-dire l'efficace de l'un et de l'autre, il se trouve au sacrement de l'eucharistie présent selon son humanité, d'une façon qu'ils confessent être incompréhensible. Cette hypothèse ne nous engage en rien qui soit contraire ou à la piété, ou à la charité, ou à l'honneur de Dieu, ou au bien des hommes. »

Article V, pag. 25. « Saint Bernard même, ce bon et pieux docteur, »

PREUVE DE CE QUI EST DIT EN CET ARTICLE, que

saint Bernard, grand défenseur de la présence réelle , est appelé saint, bon et pieux docteur par les premiers prétendus réformateurs.

Mais tous les docteurs chrétiens en ont ainsi senti et parlé comme saint Augustin, semblablement saint Bernard (1).

Et néanmoins ces saints personnages (saint Grégoire et saint Bernard) ont été fort fâchés de voir ce qu'ils voyaient dès lors (2).

Article Vil , pag. 30. « Ceux-ci sont déjà persuadés de la présence réelle; il n'y a que t'adoralion qui les arrête, quoiqu'elle en soit une suite nécessaire, etc. » Voyez à la fin au chapitre qui a pour titre, Preuves de ce qui est dil touchant l'eucharistie dans le Traité de l'Examen en générai , et dans la Relation latine.

SECTION V

Arttcle IV, pag. 3i. « Non seulement leur confession de foi, mais toutes les confessions protestantes sont d'accord que la véritable

il) Insiiitition «te Calvin e» français, liv. m. chap 3, §3. i) iiu>liluliou en français, liv. IV, di. 7, £23.

Démonst Evang. III.

Eglise, où est la pureté et la doctrine, a aussi reçu du ciel le pouvoir d'excommunier. »

Confession de foi des pères réformés de France , dressée au synode national tenu à Paris, ïan 1559, et présentée, au nom des Eglises P. R. de France, par Théodore de Bèze au roi Charles IX, dans la conférence tenue à Poissy Van 1561 , et enfin confirmée au synode national tenu à la Rochelle, l'an 1571 , et après avoir été publiquement lue dans cette illustre assemblée.

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