CHAPITRE X
MLMSTRES.
Ce sont ceux-là, Sire, qui pour avancer leurs desseins particuliers, émeuvent des tumultes et scandales contre nous, afin de couvrir leur jeu et afin que le (rouble qu'ils énit IIvent soit imputé zèle de religion : car ils ne peuvent souffrir un roi. quoique catholique romain, s'il n'est persécuteur de ses sujets , et s'il ne met le feu en son royaume.
RÉrONM .
C'est une grande marque d'Ignorance ou de malice, quand celui à qui on fait du bien , publie qu'on lui fait du mal.
Vous vous plaignez des jésuites . ël toutefois vous n'en receveJ que du bien, étant clair que si vous estimez qu'ils vous fassent du mal, c'est en ce qu'ils combattent votre créance, ce qui vous est avantageux; saint Augustin nous faisant connaître {Augùst.tn
DES PRINCIPAUX POINTS DE LA FOI
mal. XXX, concil. t), que plus on recherche le salut des hérétiques , plus doit-on ramentevoir la vanité de leurs erreurs. Les jésuites n'ont autre dessein que celui du salut des âmes et de la gloire de Dieu : tous les moyens dont ils se servent se rapportent à cette un, et non à émouvoir des tumultes et faire des scandales. Travailler pour vous ramener au giron de l'Eglise, est-ce exciter des troubles? Confirmer le roi en sa religion, est-ce l'émouvoir à vous persécuter? Vous convier à éteindre le feu qui un jourcomsumera vos âmes , est-ce rallumer en ce royaume? Le blessé a le chirurgien odieux, tandis qu'il lui coupe la jambe; mais lorsqu'il est guéri, il se reconnaît son obligé. Ainsi espéré-je que vous vous louerez un jour des jésuites, puisque maintenant vous ne vous en plaignez que pour l'affection qu'ils ont à votre bien, et le soin qu'ils ont de procurer le salut de vos âmes. Ils désirent la paix en ce royaume et en vos consciences. En quoi ils sont bien différents des vôtres, qui font gloire des troubles et des tumultes, estimant qu'en cela consiste leur bien.
Vous direz, peut-être, que ce que je dis n'est pas véritable ; mais pour me tirer du pair, je mettrai en jeu Luther, votre premier père, assuré qu'au jugement de tout le monde, vous ne viderez pas avec lui ce différend à votre avantage : Tu te plains, dit Luther (1), de ce que par notre Evangile tout le monde est en tumulte; je rends grâces à Dieu, foi voulu qu'il arrivât ainsi, et je serais bien misérable, s'il était arrivé autrement.