‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 233 sur 305 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Qu'est-ce que vous ;i\e/ \ u dans ce lieu?

De l'eau, il esl vrai, mais bien d'autres elio-

etteore. 11 y avait des diacres pour le ser-

DÉMONSTRATION i .11 IQUE.

vice du pontife, qui faisait des prières e( des consécrations. Or, avant toutes choses, l'Apôtre nous avertit de ne nous point arrél r aux choses visibles II t or., IV. IN . mais d'aller jusqu'à celles que bous ne voyons point, pane que !<••, première ne durent qu'un temps et que les invisibles Boni éternelles. Et comme il dit ailleurs I /"«- (huis invisibles de Dieu, tapuieanee éternelle

et sa divinité se [mit ronnoiti < DOS N - <"" rages visibles), depuis lu création <in moi [Rom., I, lOj. D'où rient aussi que Noire-Seigneur dirait aux Juifs : Si tous ne me crogrz pas, croyez du moins an I < \.

38). Croyez donc pareillement que Dit u esl présent à ce mystère. Pouvez-vous croiic qu'il y opère sans \ être présent? et n'est-il pas certain que sou opération suppose sa | sence? Remarquez au reste combien ce mystère est ancien, puisque nous en avons une figure dès l'origine même du monde : Au commencement, quand Dieu créa le ciel et la terre, l'Esprit était porté sur les eaux (Gen., I, 2). Mais y était-il sans y rien faire".' non sans doute, il y faisait quelque chose, présence est donc marquée eu ce qu'il était porté dessus, et pour ce qu'il y faisait, api . nez-Ie du prophète : Les deux on' été affermis par les paroles du S'igneur, et (mit ce qu'ils ont leur vient du souffle de sa bouche (Ps. XXXII, G;. Vous voyez l'un et l'autre appuyé du témoignage d'un prophète. David nous assure (Je faction, et Moïse de la présence. En voulez - vous encore une autre marque? Toute chair était corrompue par le péché; et mon Esprit , dit le Seigneur, ne demeurera plus parmi les hommes, car ils ne toni que chair (Gen., VI, 3, tl). Par où Dieu nous apprend qu'il détourne son esprit et sa grâce de tous ceux qui tombent en de grands péchés, en suivant la cupidité de la chair. C'est pourquoi voulant réparer cette corruption universelle par le déluge, il fit retirer dans l'arche le juste Noé. Ce patriarche. sUr la lin du déluge, lâcha le corbeau qui ne retourna plus, et ensuite la colombe qui revint ai une branche d'olivier. Vou.s voyez là de l'eau. du bois, une colombe, et \ou> pouvez bien penser que tout cela n'est pas sans mystère. Ce&te eau ne représente autre chose que le baptême, où la chair doit être lavée et nettoyée de tout péché. C'est là que sont noj s et ensevelis tous les vices. Ce bois esl la croix de Notre-Scigneur, sur laquelle il a expire pour nous. La colombe marque le Saint- Esprit qui s'est montré sous celle ligure, comme on voit dans le Nouveau Testament; c'esl lui qui met la paix dans votre âme, i la tranquillité dans votre cœur. Et le corbeau esl l'image du pèche, qui s'en \a pour ne revenir jamais, tant que vous conserverez le caractère' de la justice. Nous axons encore un autre témoignage dans saint Paul : ffos p'i dit-il, ont tons été SOUS la nuée, ils ont ton* passé la mer Ronge . ils ont tous eu baptù sons Moïse, dans la nuée et dans la mer (I Cor., X. P. Et c'est enfin ce que dit Moïse même dans son Cantique : Vous avez envoyé votre Esprit, et la mer les a engloutit t ■ , XV,

PREUVES POUR LE TRAITÉ DE L'EUCHARISTIE

10). Tellement que le passage de la mer Rouge, où l'Hébreu se sauve pendant que l'Egyptien périt, nous fait voir dès ce temps-là une figure du baptême. Car n'est-ce pas ce qui arrive dans ce sacrement, où le péché meurt et l'erreur est détruite, et où l'innocence et la piété rencontrent leur asile? Nos pères marchaient sous la nuée, mais une nuée salutaire qui modérait la chaleur des passions. C'est cette heureuse et favorable nuée qui défend et met à couvert ceux dont le Saint-Esprit s'est rendu le maître; et ce fut ce Saint-Esprit qui survint dans la sainte Vierge, et la vertu du Très-Haut, qui la couvrit de son ombre quand elle devint mère de notre Sauveur. Ce même mystère est encore figuré par un miracle de Moïse, mais où le Saint-Esprit n'assiste qu'en figure et non selon la vérité, puisque, comme dit l'Ecriture : La loi a clé donnée par Moïse, mais c'est par Jésus-Christ que la grâce et la vérité nous ont été données (Jean, 1, 17). Les eaux de la fontaine de Mara étaient si amères qu'on ne pouvait en boire, Moïse y jette un morceau de bois, et cette amertume se change en douceur {Exode, XV, 23) ; c'est-à-dire que l'eau ne fera rien pour notre salut, si elle n'est jointe à la vertu de la croix de Jésus- Christ : mais dèslors qu'elle est sanctifiée par le mystère de la croix, elle devient propre à l'usage du baptême et du calice du salut. De même donc que Moïse jeta du bois dans cette source amère, ainsi le prêtre bénit ces fonts sacrés par la vertu de la croix de noire Sauveur, et leur donne la douceur de la grâce. Ne vous en rapportez donc pas seulement à vos yeux : ce qui se voit le mieux est ce qui ne se voit point ; car l'objet de vos sens n'est qu'une chose temporelle; et ce qui ne peut être aperçu que par l'esprit, se voit éternellement Apprenez-le encore de ce qui est écrit dans l'histoire des rois. Naaman était un riche seigneur de Syrie infecté d'une lèpre incurable "(IV Rois, V, 1). Une jeune captive d'entre les Juifs l'avertit qu'il y avait en S.imarie un prophète qui le guérirait assurément; et lui, s'étant pourvu d'argent en abondance et de tout ce qui était nécessaire pour son voyage, s'en alla aussitôt trouver le roi d'Israël. Le roi qui se vit demander une chose à quoi le pouvoir des rois ne s'étend point, ne prit cela que pour un prétexte de lui faire la guerre; mais Elisée lui manda qu'il ne fallait que lui envoyer cet homme, et qu'on verrail bientôt qu'il y avait un Dieu en Israël. Et quand Naaman fut arrivé, il ne lui ordonna autre chose que (h; se baigner sept fois dans le Jourdain. Celui-ci qui s'était baigné plusieurs fois dans les eaux de son pays, qu'il croyait beaucoup meilleures que celles «lu Jourdain, et qui n'en av&il \u aucun effet, ne conçul que du mépris et du dépit contre le prophète ; et il ne pensait qu'à hâter son retour, lorsque si; laissant vaincre ;iu\ prières de "-es gens, il voulut éprouver ce remède, et guérit en effet parfaitement ; mais il connul en même temps que c'était

bien moins un ellet de l'eau que d'une gi\, (Suivons maintenant l'allégorie de cet événe-

ment.) Qu'est-ce que cette jeune captive, sinon cette nouvelle assemblée de Gentils, qui forme l'Eglise du Seigneur? Elle gémissait autrefois sous la captivité du péché, n'ayant pas encore reçu la liberté de la grâce. Mais depuis que ce peuple infidèle, inspiré par cette même grâce, a quitté ses vanités pour croire les oracles des prophètes, dont il avait douté si longtemps, et qu'il a mis leurs instructions en pratique, il s'est incontinent vu délivré de tous ses vices. Ce lépreux a douté quelque temps avant sa guérison. Mais pour vous, qui avez l'avantage d'être déjà guéris, yous n'avez plus lieu de douter.

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