‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 237 sur 305 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Après tout cela , on vous a donné des habits blancs pour montrer que vous êtes nettoyés des ordures du péché et revêtus de la pUreté et de l'innocence , selon ce que dit le prophète : 1 ous m'arroserez avec Vhyssope, et je serai pur; vous me laverez, et je deviendrai blanc comme la neige (Ps. L, 9). Il semble, en effet, qu'il se fasse deux manières de purification dans celui qui reçoit le baptême : l'une selon ia loi, comme lorsque Moïse, avec une poignée d'hyssope , répandait du sang de l'oiseau sacrifié (Lév., XIV, 6) ; l'autre selon 1 Evangile, où nous voyons que Jésus-Christ parut en des habits blancs comme la neige, quand il fit voir les glorieuses marques de sa résurrection. Car celui de qui les péchés sont remis, devient plus blanc que la neige, selon ces paroles d'Isaïe : Quand vos péchés seraient de la couleur des Ethiopiens, je les rendrai blancs comme la neige (ls., 1,18). C'est après s'être revêtue de pareils habits au baptême, que l'Eglise dit dans le Cantique : Je suis noire, mais belle, filles de Jérusalem (Cunl., I,

5). Si je ne suis pas belle par la condition de l'humanité, je le suis du moins par un effet de la grâce. Si j'ai la noirceur des pécheurs, j'ai la beauté de la foi et des sacrements. C'est à la vue de ces habits, que les filles de Jérusalem s'écrient tout étonnées : Qui est donc celle-ci que nous voyons revenir si blanche? elle était toute noire; où a-t-elle pris cette nouvelle blancheur ? Les anges mêmes ont été surpris voyant ressusciter Jésus- Christ ; et ces puissances célestes ne pouvaient comprendre que la chair pût être ainsi élevée dans les cieux. Qui est, disaientils, ce roi de gloire ? Et quand on leur répliquait : Ouvrez les portes à votre prince, ouvrez—vous, portes éternelles, et laissez entrer ce Roi de gloire [Ps. XX1I1 , 8 et 10), ils doutaient encore, et demandaient : Qui esl-it donc, ce Roi de gloire (Ps. LXI1I, 1) ? C'est dans le même doute quïsaïc fait dire à ces esprits célestes : Qui est celui qui vient d'Edom, avec ses habits rouges de la teinture de Bosor, et de qui la robe est si éclatante? Et Jésus-Christ lui-même qui , comme on lit dans Zacharie, s'était caché sous de pauvres habits, en faveur de son Eglise ; lorsqu'il la voit briller dans la blancheur et la propreté des siens, ou qu'il voit une âme qui vient d'être purifiée et renouvelée par le baptême : Que vous êtes belle, dit-il à l'une et à l'autre, que vous êtes belle, mon épouse ! vous avez les yeux comme une colombe (Cant., IV, 1)1 11 compare ses yeux à ceux des colombes, parce que c'est sous la figure d'une colombe que le Saint-Esprit est descendu du ciel. Et plus bas : Vos dents ont la blancheur de ces chèvres qui sortent du lavoir, nouvellement tondues, chacune suivie de deux petits , et parmi lesquelles il ne s'en trouve point de stériles. Vos lèvres sont comme un ruban d'écarlalc (Cunt., IV, 2; et VI, 5). Ce ne sont pas là de petites louanges. La comparaison des Chèvres est tout à fait juste, en ce que nous voyons qu'elles paissent sans danger sur les collines et en des lieux escarpes, et que quand on les tond, on les décharge des superfiuités qui les incommodent. Car l'Eglise contient ainsi en soi un grand nombre de différentes vertus pour le salut des âmes. 11 y en a qui servent à nettoyer par le. baptême ce qui leureslcomme un poids qui les charge, c'est-à-dire les péchés : d'autres sont comme un canal pour porter à Jésus-Christ les mérites de la foi et des bonnes œuvres. H y en a qui représentent les souffrances de Notre- Seigncur. Et tout cela donne à l'Eglise une si grande beauté, que c'est sur quoi le Verbe, son époux, lui dit : Vous êtes toute belle, ma bien-aimée, et il n'y a rien à redire en vous, puisqu'il ne vous reste pus la moindre tache. Venez du Liban, mon épouse, venez du Liban ; vous passerez et repasserez dès que vous aurez reçu la foi (Cant.,\X,7 et 8). C'est-à-dire qu'en renonçant au siè< le, elle a quitté le monde pour passer à Jésus-Christ. Que vous êtes belle, dit-il encore, que vous êtes charmante, cl qu'il est doux de vous siffler t Votre taille ressemble au palmier, vos mamelles <} des grains de raisin (tant., VII, 0). A quoi l'E-

^lisi' répond : Ni vous verrai-je point, mon frère, quand ma mire vous allaitera, "/'" 7»e je mus embrasée et <juc je ne toi» plus exposée au méprit de personne. Je voue prendrai par

In main, je vous mènerai à la maison (te ma mère, je vous ferai entrer Jusque» dans sa chambre [Cant., VIII, 1). Voyez comment, toute transporter des charmes de la grâce, elle ne cherche plus qu'à pénétrer dans les mystères les plus gecrets cl se consacre entièrement à son époux, et comme elle lâche toujours d'accroître l'ardeur qu'il a pour elle, en exhortant même les filles de Jérusalem d'y contribuer de leurs secours. Ce sont les âmes des fidèles, en fav eur desquelles elle souhaite d'enflammer de plus en plus les chastes désirs de son époux. Aussi leSeigneur Jésus, touché de cette grando ardeur de leur charité, de leurs beautés et de leurs grâces, après que leurs taches ont été effacées par le baptême, leur dit à son tour : Mettez-moi comme une enseigne sur votre cœur (Cant., VIII, 6), pour faire voir votre foi dans toute la plénitude de ce mystère. Met te --moi comme une enseigne à votre bras, afin qu'on y voie éclater vos bonnes œuvres et qu'elles portent le caractère de celui qui vous a faites à son image (Cant., VIII, 7). Toute l'eau du monde n'éteindra pas le feu de votre charité, il n'est point de. persécution qui puisse l'affaiblir; les plus grandes eaux ne l'amortiront pas, les fleuves ne l'étoufferont jamais. Et pourquoi ? C'est que vous avez reçu la marque du Saint-Esprit, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de science et de piété, l'esprit d'une crainte salutaire du Seigneur (Ps. XI, 2).. Conservez précieusement ce trésor. Dieu le Père vous a inarqués de son sceau, et Notre-Seigncur Jésus-Christ vous l'a confirmé en vous mettant les armes du Saint-Esprit dans le cœur, comme parle l'Apôtre (II Cor., V, 5).

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