J001 DÉMONSTRATION
autres ; on sorte qu'il n'y en a aucun qui puisse se passer du lecoara des autres chrétiens. Ce no sont point nos prions seules qui nous obtiennent la continuation dos grâces de Dieu, ce sont les prières de tout le corps et de ceux en particulier que nous engageons à prier pour nous. On tomberait à tout moment, et on ne se relèverait point de ses chutes si l'on n'était soutenu parla charité générale de l'Eglise et par celle des personnes qui s'appliquent à nous aider. Comme nous ne pouvons donc nous passer des autres, il naît de cette nécessité une obligation indispensable de rendre aux autres ce qu'on reçoit d'eux, et de contribuer de notre part aux besoins de la société générale ; autrement nous méritons d'être exclus des secours que nous recevons de celte société. Qui ne prie point pour les autres ne mérite point d'avoir part à leurs prières; qui ne fait point pénitence pour les autres ne mérite point d'avoir part à la pénitence générale de l'Eglise; qui ne compatit point aux misères du prochain ne mérite point qu'on ait compassion des siennes ; qui le traite durement dans ses fautes mérite d'être traité durement dans les siennes; qui est impatient dans les faiblesses d'autrui mérite de n'être pas supporté dans ses propres faiblesses. Il n'y a donc point de meilleur moyen d'obtenir que nos faiblesses et nos péchés soient soulagés par la charité de l'Eglise cl de ceux qui nous aiment selon Dieu, que de contribuer de notre part au soulagement des autres en portant leurs faiblesses et leurs péchés, et en- faisant ce qui nous est possible pour les aider à en sortir. Ainsi, ayant besoin d'être instruits dans nos fautes de surprise, nous devons pratiquer envers les autres la charité de les instruire ; ayant besoin qu'on use envers nous de condescendance et de douceur, nous devons en user envers le prochain ; autrement Dieu permettra ou que personne ne nous aidera à reconnaître nos fautes, ou qu'on le fera d'une manière disproportionnée à notre besoin, et qui nous nuira au lieu de nous servir.
C'est encore la charité de l'Eglise qui louche le cœur de Jésus-Christ, et qui le porte à redonner la vie aux pécheurs. Ce ne sont point eux qui commencent de prier pour eux-mêmes ; mais c'est l'Eglise qui prie pour eux, qui leur obtient les premiers mouvements de conversion et de vie. Elle répand des larmes pour eux ; et ce sont ses prières et ses larmes qui obtiennent les premiers commencements de la résurrection de ses enfants morts. Ainsi les pécheurs ne doivent pas seulement à l'Eglise leur première naissance et leur première justification, mais ils lui doivent aussi leur résurrection et le recouvrement de la vie, quand ils l'ont perdue. Voilà les avantages que l'on trouve dans la communion des saints.