‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 3 sur 305 · S1RE · texte numérisé non relu

S1RE

Sachant qu'il sied bien aux évéques de parler en la cause de l' E glise , et en celle de leur roi, et voyant que l'écrit que les ministres de Çharenton ont eu la hardiesse d'adresser à Votre Majesté, est contre l'Eglise catholique, et par conséquent contre vous, puisque comme son fils aîné, ses intérêts sont les vôtres , j'ai estimé que" je ne devais pas être muet, particulièrement puisque je me trouvais parmi ceux qui triomphaient en cette occasion, comme s'ils eussent remporté quelque grand avantage contre la foi de vos ancêtres.

C'est, Sire, ce qui m'a convié à employer le temps démon loisir, pour faire paraîtreà l.M. l'Eglise aussi innocente, qu'elle lui a été représentée coupable, cl la créance de ceux qui l'accusent aussi pernicieuse qu'ils veulent la faire croire sainte.

En cela j'userai de la plus grande modération qu'il nie sera possible, désirant qu'ainsi que notre créance et celte de ceux avec qui je traite sont contraires, notre procédé le soit aussi, et au lieu de l'aigreur avec laquelle ils nous imposent plusieurs calomnies, leur dire lems vérités avec tant de douceur, que s'ils se dépouillent de passion Us auront sujet d'en être contents.

Par là ils connaîtront que mon dessein est de tènr faite du bien, et hbti du mal, de les guérir, et non de les blesser, et qu'au Heu d'être hais de nous commeils d\$en\, nous les aimons

véritablement, et de telle sorte que nous ne haïssons leur doctrine que pour l'amour que nous portons à leurs personnes : étant impossible de n'avoir en horreur le couteau gui tue celui qu'on aime, et le poison qui le fait périr.

Nous les aimons, Sire, avec tant de charité, qu'au lieu de leur désirer du mal comme ils croient, nous supplions très-humblement V.M. de leur faire du bien ; travaillant de tout son pouvoir à déraciner l'erreur qui a pris pied en leurs âmes, et à procurer leur conversion.

Et afin qu'ils ne pensent pas que, sous prétexte de leur bien, ce soit leur mal que je recherche, cl que parlant de leur conversion, je veuille inciter V . M. à les y porter par force, je lui dirai que les voies les plus douces sont celles que j'estime les plus convenables pour retirer les Ames de l'erreur : l'expérience nous faisant connaître que souvent aux maladies d'esprit, les remèdes violents ne servent qu'à les aigrir davantage

Par ce moyen V. M., correspondant au glorieux litre <le très-chrétien que la piété de ses prédécesseurs lui a acquis, se rendra le plus signalé roi du monde et affermira de plus en plus le repos et la paix en son Etat : étant certain que c'est beaucoup plus de gagner des âmes que de conquérir des royaumes, et que plus vos sujets seront unis à Dieu, plus seront-ils attachés au service de V . M.

Or, d'autant qu'es maladies qui attaquent

AL' LEGTEI ».

1rs parties nobles, on doit ordonner deé remèdes qui t'y portent : voyant qu'outre que V hé' r<>ir <si comme le poison qui de ta nature tend à saisir le cœur, les ministre» ont particulièrement adressé leur écrit à V. M., qui eet le coeur qui donne i>i vie à tout ce grand Etat ; bien que je sache et que tout le monde reconnaisse que la fermeté de votre foi la pi de tout péril, j'ai cru que mon devoir m'obligeait de lui présenter ce cont ri -poison, et qu'elle l'aurait d'autant plus agréable, que mon des-

sin, , i il, I,,, i igner par celle m que toutes celles de mn vie n'auront jamais

ation que fait,

BlBB, de Votre Haji -

Le très-humble, très-obéissant e»

très-fidèle sujet et serviteur ,

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