‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 4 sur 305 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Ayant appris de saint Augustin que c'est folie de parler sans preuve en matière de religion, et voyant que l'écrit sur le sujet duquel j'ai entrepris cette défense des principaux points de la foi (Aufjust., I. II, contra litler. l'etiliani, c. 39), touchait toutes questionssans en prouver aucune, j'ai longtemps estimé qu'il était plus digne de mépris que de réponse.

Mais ayant su qu'ainsi que c'est la coutume des faibles de triompher de peu, et de feindre par artifice des avantages pour publier des victoires qu'ils n'ont point: ceux de la religion prétendue réformée de ces quartiers donnaient grande vogue à cet écrit, et publiaient partout que c'était un arsenal qui en peu d'espace contenait des pièces pour ruiner de fond en comble la vérité de la religion catholique, et considérant avec saint Hilaire avec combien de fraudes et de dois l'hérésie tâche de pervertir la foi ( Hilar., inpsal. Gk ), je jugeai qu'il était meilleur d'y répondre que de se taire, et pour cette raison je me résolus de l'entreprendre.

Mon but est de faire voir que les ministres deCharenton sont mal fondés en toutes leurs prétentions ; qu'ils ont toute occasion de se louer de nos ruis, et non sujet de s'en plaindre comme ils font ; que leur créance n'est pas haïe pour les raisons qu'ils prétendent, mais bien digne de haine pour beaucoup d'autres qu'ils dissimulent ; enfin que 1 Eglise catholique, ses ministres et tous ceux qu'ils accusent, demeurent déchargés des crimes qu'ils leur imposent.

Pour parvenir à cette fin j'ai divisé ce livre en 19 chapitres, es 11 premiers desquels je satisfais de point en point à L'écrit des ministres , employant les o autres à déduire les raisons pour lesquelles leur doctrine doit cire abhorrée de tout le inonde.

Le lecteur saura, s'il lui plaît, qu'ayant eu dessein d'être bref en cette réponse, je ne prétends pas apporter sur chaque chose tout ce qui se pourrait dire, mais bien dire assez pour qu'il soit impossible à nos adversaires d'ébranler ce que j'établis.

Il saura en outre que je me ser- le plus souvent qu il m'est possible, de la confession

de foi de ceux avec qui je traite, et du témoignage de leurs propres auteurs, alin qu'ils

ne puissent sans rougir, et se démentir tout ensemble, révoquer en doute la vérité que je mets en avant.

Je me fusse attaché à leur seule confession de foi, si elle eût été aussi entière qu'elle est défectueuse, mais ne contenant pas la moitié des points qui sont controversés entre nous, et parlant le plus souvent avec obscurité ou retenue de ceux qu'elle contient, j'ai été contraint d'avoir recours à leursauteurs, entre autres à Calvin et à Luther, dont ils ne peuvent rejeter l'autorité : de Calvin, parce qu'ils s'en sont rendus particulièrement sectateurs, tirant leur confession, leurs prières ecclésiastiques , leur catéchisme cl la forme d'administrer les sacrements , de ses œuvres ; de Luther, puisqu'ils le tiennent pour l'apôtre qui a rétabli la pureté de l'Evangile, et qu'ils reconnaissent ceux qui embrassent sa doctrine ne faire qu'une église avec eux (1).

Je supplie messieurs les ministres, s'ils me répondent, de le faire avec ingénuité, satisfaisant à tous les points de ce îivr . • o sorte que je puisse tenir pour confes qu'ils n'auront pas conteste. le les conjure, on qu'en répondant ils confessent ingénuemenl ce que nous soutenons , ou qu'ils se défendent sans ambiguïté de paroles. S ils nous font connaître clairement quel!

leur créance, nous leur serons beau obligés, vu que d'ordinaire nous avons plus de peine à la découvrir qu'à la convaincre. Ce que saint Jérôme avait expérimenté, puisque p triant aux hérétiques de son temps il use de ces termes : C'est une victoire pour l'Eglise quand vous dite» ouvertement ce r/uê cous croyez (2).

Au reste ce> m sssieurs n'estimeront pas, s'il leur plaît, que ce soit suffisamment ré— pondre, lorsque j'apporte un passage de leurs auteurs qui dit une chose, d'en produire un autre qui dise le contraire : cela ne concluant pas qu'ils n'aient pas enseigné ce que je prétends, mais seulement que cesl l'ordinaire des hérétiques de se contredire eux-mêmes.

(I) Calvin. I. i. De libéra arbilrio contra Pigkium. Witaker. ad ration. 8. Campiabi.

j Ëieronym. ad Clesipb. contra Pelagian. Ecclesiao vicloria est vos «perle dicereouod s-.-niius.

DES PRINCIPAUX POINTS DE LA FOI

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