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CHAPITRE XIX

La religion prétendue réformée enseigne que aucune loi des princes spirituels ou temporels ne peut obliger en conscience.

Ni le pape , ni Vévéque, ni aucun homme, dit Luther (3), n'a pouvoir d'obliger le chrétien.àunc syllabe, si ce n'est de son consentement. Je crie, dit-il (k) au même endroit, hardiment aux chrétiens, que ni les hommes, ni les anges ne leur peuvent imposer aucune loi, qu'en tant qu'ils le veulent, car nous sommes libres de toutes lois. Nous résolvons, dit Cal-

(1) Lil). I. de Ainiss. grat. cl slalu peccali. c. 8. Esse veniale ci impulari sunt pugnantia, quia peccaluin esse veniale csl pcccaïuin venia donari, non puniri.

(2) Woiionus in Apolog. prolestant. Tract. II. c. 3. fteinillilur pcccalum, seu polius nnlcquain commillalur, adcpia ab domine scmcl iusliflcalo plena omnium peccatorum prxscnlium cl fuluroruni (nota) remissionc.

(7i) Lit», de Captivit. Babylon. Ncrpic Papa, ncque cpisebpus, nequeullus hominum habet jusunius syllabœ consliluendse super bominem clirislianum, nisi tiai ejusdem consens».

(i) lbid. Clamo fldenler christiania nihil ullojuro posas impuni legum, sive ab hominibllS, sive ab angclis, nisi quantum voluiil, liberi enimsumus ab omnibus.

vin (1), que la conscience est exempte de la puissance de tous les hommes. Ensuitedcquoi il prouve que les lois politiques ne peuvent obliger en conscience. Nos consciences, dit Danseus (2), ne sont pas astreintes par les commandements des hommes, toutes autres lois (que les divines) ne peuvent rien sur les consciences; et par après, les lois qui sont faites, soit du magistrat , soit de l'Eglise, ne perdent ni ne sauvent les âmes. Jésus-Christ, ditWitakerus (3), a voulu que nous obéissions aux décrets des hommes avec liberté de conscience. Les consciences (4) ne sont astreintes par aucune loi que par les divines.

Donc il paraît que vous enseignez disertement que les lois humaines n'obligent en aucune façon les consciences, qui est une. doctrine détestée de l'Eglise catholique, et qui le doit être universellement de tout le monde : attendu qu'elle ouvre une grande porte à la désobéissance, en ce qu'on ne saurait mieux apprendre à mépriser l'autorité de l'Eglise, des rois et de tous les magistrats, et à violer leurs lois et ordonnances, qu'en persuadant à chacun qu'il n'y en peut avoir aucune qui oblige les consciences.

Maintenant il ne me reste autre chose à faire qu'à vous supplier de rentrer en vousmêmes, pour vous disposera entrer au chemin de votre salut. Quoi 1 demeurerez-vous en une religion qui se vantant de beaucoup, ne peut se prévaloir d'aucune chose? Qui ne voit qu'il y a 1,000 ans que Jésus-Christ a établi son Eglise avec promesse de perpétuité, celle qui est née depuis cent ans ne peut être la sienne ? Qui ne voit que ces noms de catholique et chrétienne étant propres à l'Eglise, la religion qui ne les peut avoir, et à qui les qualités qu'ils signifient ne peuvent convenir, ne se peut vanter d'avoir la vraie Eglise? Qui ne voit que la religion qui contredit manifestement l'Ecriture en plusieurs points principaux de sa créance n'est pas celle qui nous a été laissée de Jésus-Christ et des apôtres? Qui ne voit que ceux qui, sous prétexte de l'honneur de Dieu lui font injure ; qui faisant état de l'Ecriture sainte de parole, substituent en effet celle des hommes en sa place et s'en servent pour fondement de leur foi, qui ne voit, dis-je, que telles gens ne portent pas le flambeau qu'il faut suivre? Qui croira que celui qui nie la plupart des mystères, parce qu'ils lui sont onéreux, qui les nie pour se chercher soi-même, qui ne veut point de chef visible en l'Eglise pour être affranchi de son obéissance , qui pour s'exempter de tout travail, ne veut pas

(1)111. Institut, c. 49. § IL Omnium hominum potcslale exemptas esse ( conscienlias ) consliluimus.

(2) In Anti Bellarm. lil). »lc Bapt. Ergo mandalis hominum nostrx conscienlix non obslringunlur... Alix enim nihil ad consnenliam loges illx (quœ lum a magistral» fiiint lum ab Ecclesia ) neque perdunt , ncque servant animas.

(">) Ad ration. VIII. Eampiani, Chrislus voluit ut hominum decrelis libéra conscienlia pareamus.

(i) Lib. VI II. contra Durx. Conscienlix nullis legibus

udstringunlur nisi divinis.

lé

que ! ■• -..nti^ de Jésus-Christ puisse rendre nos actions purgatives, propitiatoires, un méritoires; en ua mot <|ui bannit toute peine pour gagner à son aise le paradis;

qui croira, dis-je, celui-là être au chemin (lu ciel, mais qui ne verra qu il se prépare une \ oie assurée aux peines éternelle-, ?

V a-i-il quelqu'un assez grossier, pour ne reconnaître pas, que ceux qoi promettent au peuple la liberté entière d'user de l'Ecriture, sans toutefois lui en donner d'autre que de voir les caractères, et entendre le son des paroles : et qui lui mettent en main pour moyen de salut une bible, qu'ils reconnaissent non authentique, et qui est altérée et corrompue, sont des moqueurs et des trompeurs en chose importante au salut ? Qui ne verra qu'en n'est pas assuré en une religion, en laquelle toute l'assurance du salut dépend de l'opinion des hommes, et d'un chacun en son fail propre, en une religion dont les auteurs meurent désespérés ? Suivra-t-on ceux qui professant de suivre Jésus-Christ de point en point, font le contraire de ce qu'il a fait en cet auguste mystère, qu'il institua devant sa mort? Eslimera-t-on vraie religion celle qui banni! tout sacrifice, quoiqu'il n'y en ait eu aucune qui en ait été destituée ?

Qui ne jugera que le vrai chemin pour n'aller pas avec les saints est de suivre ceux qui s'en rendent ennemis, vomissant mille blasphèmes contre leur honneur et leur pureté ? Quelqu'un croira-l-il que blasphémer contre Jésus-Christ , ce soit le moyen de le suivre ? Les aveugles ne verront-ils pas que faire Dieu auteur du péché et de la damnalion des hommes, c'est se damner et se perdre soi-même ? Mais si celui qui sépare le corps mystique de Jésus -Christ, commet un plus grand crime, au jugement des pères, que s'il déchirait son vrai corps, qui ne reconnaîtra votre religion détestable pour le schisme dont elle est convaincue? Qui est celui qui ne la condamnera, la voyant composée d'un amas d'anciennes hérésies, et partant, condamnées par soi-même, puisqu'elle l'est par la primitive Eglise, qu'elle reconnaît vraie Eglise? Un homme vertueux et qui hait le vice, pourra-t-il suivre une société qui bannit toute vertu? Ne verra-t-il pas clairement qu'ouvrir la porte à tout vice, c'est s'ouvrir celle de l'enfer ? Qui ne verra qu'une société (jui ne veut être sujette à aucune loi des magistrats spirituels et temporels, ne peut s'assujeltir à celle de Jésus-Christ?

Ceux qui ne verront celte lumière seront bien plus qu'aveugles. Que chacun ouvre les yeux,clque nul ne soit trompé par l'opinion que plusieurs ont, que le désir de faire leur salut les met à couvert en quelque lieu qu'ils soient. Qu'ils sachent que si l'intention elail suffisante pour nous justifier, ceux qui pensaient laire service cl sacrilice à Dieu, en tuant les apôtres, eussent fait leur salut, et non perdu leurs âmes. Qu'ils sachent que celui qui est dans le chemin de Gehèl e et a la volonté d'aller à Rome, n'y va pas pour cet effet. Qu'ils sachent qu'il n'y a point de salut

DÉMONSTRATION l'.\ \ m.H.Ioi \..

hors de l'Eglise. Qu'ils apprennent dei qu'on n'est à l'abri de l'ire de Dieu au

qu'on n'est à l'abri de lire de Dieu qi

son toil. Que les simples ne M trompent |

estimant que leurs ministres ne prêcheraient point si hardiment qu'ils font, s'ils n'étaient

assure-, de ce qu'ils dlsenl : puisque, s il siCh-

sait aux hérétiques, pour faire approuver

leurdoctriiie.de publier qu'elle est bonne, et affirmer que toute autre contrai, e ne raut rien, on ne pourrait accuser d'impiété les | I grands hérésiarques qni aient jamais i d'autant qu'ils ont toujours défendu leurs blasphèmes avec telles armes.

Je sais bien que le, i ms sont diffi-

cile : qu'ainsi qu'on dit que le cœur d'un homme empoisonné ne peut être consumé par le feu : ainsi Dieu qui est un vrai feu cou- limant, enllamme-t-i! difficilement le* cours empoisonnés d'erreur , à cause d les qu'il y trouve ; mais il le peut et le fera, si chacun se dépouillant de passion, y apporte la disposition requise, et embrasse les moyens qui ont été prescrits par les pères. Si tù veux, dit saint Augustin, (1J parlant à celui qui cherche s. m salut, mettre fin à tes travaux, mit la voie de la discipline catholique ,qui parlesapôtrM if il,- Jésus-Christ, jusqu'à nous, et qui .continuée en notre postérité, c'est-à-dire suis l'Eglise romaine, qui seule se trouve descendue de Jésus-Christ par succession non interrompue. C'est en cette Eglise, messieurs, qu'il faut venir, et saint Augustin \ou- \ convie par un autre lieu encore plus exp; Doutons-nous (2) dit-il, de nous retirer un ron de cette Eglise, qui un jugement de tout le genre humain par la succession des éré dérivée de la chaire apostolique a acquis le comble d'autorité, nonobstant les abus des hérétiques condamnés, soit par le jugement du peuple, soit parle poids des conciles, soit , la majesté des miracles ? Les conditions exprimées en ce passage ne con\ iennent en aucune façon à votre église prétendue, puisque tant s'en faut, qu'au jugement de tout le monde, elle lire sou origine des apôtres par suce sion non interrompue, qu'il n'y a personne qui ne soit contraint de reconnaître qu'elle a été inconnue jusqu'au dernier siècle, auquel elle s'est élevée d'elle-même. Mais on peut dire avec vérité, et ce au jugement de tout le •j,cnvc humain, que l'Eglise romaine est venue au comble de l'autorité où elle es!. par la succession des évèques non interrompue, dérivée de la chaire apostolique, nonobstant les abois des novaliens , ariens , pélagiens cl autres hérétiques du vieux temps, et ceux

(I) De Uiilii. creden. cap. 8. Si jasa lihi s.uisj m i.i ■ lus videris, Bnemque hujusmodi luboribus vis unponere, sequere viain calbolica: discipliiue, qu i Chrisio per nposiulos ad ims nsque manavil, et a!» bine ad posieros raanalura asti

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